Les Prières pour les morts
La pratique de prier pour les moïrts ne date pas des temps modernes. Elle a existé dans l’Eglise de tout temps depuis les Apôtres. Elle existait même bien long-
temps avant le venue de Jésus-Christ. Elle était en usage sous l’ Ancienne Loi.
Nous lisons dans le deuxième Livre des Maccabées (XIL, 43-46) que Judas Maccabée ‘‘ayant recueilli d’une quête qu’il fit faire, douze mille drachmes d’argent, il les envoya à Jérusalem, afin qu’on offrit des sacrifices pour les péchés des personnes qui étaient ‘mortes avec
de bons et pieux .sentiments.”” Car, ajoute l'Ecriture: ‘est une bonne et salutaire pensée de prier pour les morts.”?
Cette pratique a été suivie, À travers tous les siècles, par les plus grands Docteurs et les plus célèbres Pères de l'Eglise. IIS priaient pour les morts dans leurs oraisons du matin ef du soir, dans la récitation de l'office divin, et au saint sacrifice de Ta messe, Ils recomimandaient les âmes des défunts aux prières de leur congrévation, conime cela se fait de nos jours.
Tertullien, au deuxièine siècle, disait que #T'épouse fidèle doit prier pour le repos de l'âme de son époux défunt, surtout au jour de Panniversaire de sa mort.” (De Monegam. V. X.)
Eusèbe, au quatrième sièele, raccontant li cérémonie des funérailles de Constantin-le-Grand, fait mention des prières que les ministres de Dieu et ln multitude du peuple offrirent pour le repos de son âme, (Euseh. B. IVG TE)
St. Cvrille de Jérusalem disait qu'en ‘offrant nos prières pour les trépassés, nous obtenons pour eux le pardon de leurs fautes, par les mérites de Jésus-Christ. (Catch. No. 9-10, p, 338).
St. Ephrem demandait à ses fidèles, lorsqu'ils le porteraient en terre, de ne pas lui donner des perfums, mais plutôt de “lassister de leurs prières, parce que, disaitil, les prières des vivants sont profitables aux morts.”
St. Jean Chrysostome écrivait: “Ce n'est pas sans raison que les Apôtres ont réglé que lon fasse mention des morts, au saint sacrifice de la messe, parce qu'ils saaient bien que les morts en retirent un grand avantage.”
St. Augustin (Confession, Book EX) rapporte que sa mère, étant sur le point de mourir, lui demanda de se souvenir d'elle, au saint sacrifice, quelque part où il fût.
Et il rapporte, dans le même livre, la formule des prières qu’il adressait à Dieu pour le repos de l’âme de sa mère.
Plusieurs des monuments érigés en l'honneur des défunts, dans les premiers temjis du Christianisme, ont été conservés jusqu’à nos jours. On y lit des épitaphes demandant pour les âmes des trépassés les prières des vivants.
Les Liturgies des apôtres St, Jacques, St. Mare, et St. Pierre renferment des prières pour les morts: preuve que la pratique de prier pour les défunts était en usage du temps des apôtres.
Les Réformateurs Protestants, en rejetant la croyance au Purgatoire et les prières pour les morts ont done, encore ici, détruit une institution aussi ancienne que l'Eglise.
Nous ne pousserons pas plus loin cet examen. Nous en avons assez pour établir notre thèse, que la Réforme protestante, à déformé l Eglise au lieu de la réformer.
IV, Conséquences du Protestimtisme.
Le prophète Esaie décrit le rovaume spirituel de Jésus-Christ comme un rovaume où l'union règne parmi tous, les savants comme les ignorants, les barbares comme les nations civilisées.
Jésus-Christ ordonna à ses disciples de demeurer unis par les liens de la charité fraternelle. C’est à cela qu’il voulait reconnaître les siens.
L’Apôtre St. Jean ne cessait de recommander aux premiers chrétiens de s’aimer les uns les autres.
Les Apôtres et, après eux, leurs successeurs et les Pè-
res de l’Eglise ont toujours enseigné que Jà où se trouve la vérité, règne la charité mutuelle.
Les premiers chrétiens ne formaient entre eux qu'un seul cœur et une seule âne, Ils vivaient ex frères. Les païens eux-mêmes en étaient surpris: voyez, disaientils, comme ils s’aiment les uns les autres.”
Donc l'union dans les liens de la charité fraternelle est la marque du corps des chrétiens qui sont en possession de la vérité.
La Réforme Protestante a-t-elle révélé ce caractère distinctif? —Elle a engendré la désunion de tous côtés: division entre ses apôtres, contradiction dans ses enselgnements et multiplication des sectes.
Mélanchton s'écriait, en voyant les contentions qui règnaient entre les fondateurs de la Réforme: “La rivière de l’Elbe toute entière ne pourrait donner à mes yeux assez de larmes pour pleurer les misères de la Réforme en guerre avec elle-même." (Epist. 1, IV.)
Casaubon écrivait à son ami Vittembogaerdt, À propos des querelles de Luther, de Zwingle et de Calvin: “Si nous allons de ce train-là, qu'allons-nous devenir?” (Palge, Réf. Prot. p. 118]
Calvin écrivait À Mélanchton: TL est de la plus grande Enportance que nos dissensious demeurent inconnues à la postérité. Car nous ferions une drôle de figure si, pendant que nous déclarons la guerre À tout l'univers, nous exhibons tant de divisions entre nous, dès le début de la Réforme.” (Ep. ad Melanch. fol, 143).
Capiton se plaignait de ee que les fondateurs de la Réforme se servaient de la chaire pour tonner les uns contre les autres, et exprimer leur haine mutuelle.
Tout le monde connait l’incident de la taverne de l’Ours-noir, où Luther et Cartostadt, après s'être défiés
l'un l’autre, se séparèrent en se disant: ‘‘puisses-tu te casser le cou avant de sortir de la ville. ”?
Luther appelait Zwingle et Œcolampade ‘des fous, des blasphémateurs, des hommes de rien, des réprouvés pour qui il n’était pas permis de prier.”
“Luther”, ripostaient les Zwingliens, ‘nous appelle une secte exécrable, Mais ne voyez-vous pas que cet homme obéit à l'impulsion du diable? Quelle langue sale! Quelles paroles diaboliques sortent de sa bouche!”?
Nos gens, disait Beze, sont poussés par tout vent de doctrine, tantôt dans une direction, tantôt dans une autre toute opposée. On peut à peine trouver un seul point sur lequel les églises qui font la guerre au pape puissent s’accorder, Si vous vous donnez la peine d'examiner tous leurs articles de foi, depuis le premier jusqu'au dernier, vous n’en trouverez pas un seul qui ne soit accepté par les uns et rejeté par les autres." (Polge, Ref, Prot. p. 124,)
George Major écrivait: ‘Les papistes nous objectent nos discordes. Je confesse que nous ne saurions trop Îles déplorer, Elles font naître le trouble dans Pâmedes fidèles, au point qu’ils ne savent plus où est la vérité, et qu’ils doutent s’il y a encore une Eglise de Dieu sur la terre. ??
Capiton, dans une lettre confidentelle À Fürel, dit: “La multitude se soustrait À tout contrôle. [Is sont assez osés pour nous dire: Je connais assez PEvangile; je sais lire, et pas conséquent, je n'ai pas besoin de vos sermons.”” (Ibid. 125)
Conz, après avoir été témoin des scènes de désordre qui suivaient les sermons de Calvin et de Farel, leur adressa ce reproche: “Vous n'êtes que des perturbateurs de la paix. L'Eglise de Suisse était en paix, mais vous ÿ avez apporté le désordre avec vos innovations. ??
Calvin répliqua: ‘Vous appartenez à cette classe de gens détestables qui seraient prêtes à faire la paix avec les Turcs, et donneraient le baiser fraternel aux papistes, plutôt que de nous accorder une armistice de quelques jours.” (Ibid.)
Il n'est pas étonnant que la Réforme, fondée par des hommes qui ne pouvaient s'entendre entre eux et étant elle-même un principe de divisions, ait engendré des divisions et des subdivisions dès les premières années de son existence.
Les 360 et quelques sectes contradictoires qu'elle a enfantées montrent assez son pouvoir de désorganisation. Ce serait trop long de donner même la simple nomenelature de toutes ces différentes sectes. Nous en avons mentionné quelques-unes des plus importantes aux premières pages de cette brochure. Cela doit suffire.
La eonséquence finale du Protestantisme est la perte de la foi.
Le Protestant conséquent avec ses principes ne peut pas faire un acte de foi. C’est impossible pour lui. [ne peut sortir du domaine du doute. Il peut formuler une opinion, rien de plus. Aussi la foi s’en va-t-elle, disparaissant tous les jours de plus en plus parmi les protestants.
Combien en trouve-t-on, de nos jours, qui sont fiers de dire: je n’appartiens à aucune église, et je me trouve aussi bien comme cela.
Comptez, si vous le pouvez, le nombre des personnes non baptisées parmi les descendants des anciennes familles protestantes.
Le protestantisme s’en va à vue d'œil, absorbé par Pindifférence et l’infidélité. Bientôt il n’existera plus que dans l’histoire, comme les autres hérésies qui l'ont précédé. |
L’ Eglise seule demeure debout sur le roc sur lequel Jésus-Christ l’a bâtie il y a dix-neuf cents ans, en disant: ‘Les portes de lReniar, ne préyagdroné,.pas contre elle. 7?
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