L'impraticabilité du principe protestant, Î
La volonté de Jésus-Christ.
La volonté de Notre Sauveur nous est manifestée d'a bord par ses paroles et ses actes, et de plus par ce qu'ont fait les Apôtres formés À son école. Or, 10. Jésus-Christ n'a jamais écrit, mais a toujours prêché pour enseigner sa doctrine; 20, a commandé à ses Apôtres de précher et non d'écrire; 30, les Apôtres ont tous préché, quelques-uns seulement ont écrit,
Jésus-Christ n'a jamais écrit, mais à toujours préché pour enseigner sa doctrine.
Si Notre Seigneur avait voulu que sa parole écrite fût le moyen principal qui servit à propager sa doctrine dans le monde, il est bien probable, pour ne pas dire plus, qu'il aurait lui-même écrit quelque chose.
Or nous lisons en St. Mathieu (V. 2): “Et ouvrant la bouche il les instruisit, en disant. On lit quelque chose de semblable dans bien d’autres passages des Saintes Ecritures. Aucune part ne lit-on: “Et prenant la plume, il les instruisit, en Cerirant,.
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2. Jésus-Christ commanda aux Apôtres de précher, non d'écrire.
Le Sauveur, après avoir prêché sa doctrine durant trois ans, d'un bout à l'autre de li Judée, chargea ses Apôtres de porter ses divins enseignements aux quatre coins de la terre. Or ilne leur dit past Allez, écrivez des Bibles et colportez-les chez toutes les nations, niats il leur dit: ‘Allez, et instruisez toutes les nations... enseignez-leur à observer tout ce que je vous af commande.” (Math. NXVIIL 20).—#Allez par toute la terre, et prèchez V'Evangile à toute créature. (Mark XVE 15.)
‘Allez et préchez, 7 voilà ce que Jésus-Christ commanda à ses Apôtres, selon le rapport des Tivres saints Nulle part on trouve Pordre de faire des Bibles. Et cependant si tel ordre eût jamais été donné aux Apôtres, on devrait certainement en trouver quelqu'indice dans le texte sacré. Mais rien, absolument rien à cet effet,
Or, après la rédemption opérée sur la croix du calvaire, Pacte le plus important de Ja mission terrestre de l'Homame-Dieu a été certainement la charge donnée À ses Apôtres de porter à toute la terre les bienfaits de cette rédemption. Peut-on raisonnablement supposer que, dans une matière aussi importante, le Sauveur aurait commis l'erreur de dire à ses Apôtres: ‘allez et prêèchez,? si réelleinent son intention eût été de leur faire convertir le monde par des écrits? Et lorsque le texte des Saintes Écritures fait dire à Notre-Scigneur, “allez et prêchez,?”? peut-on raisonnablement conclure que son intention était de faire porter la bonne nouvelle au monde par des écrits et non par la parole?
L'idée seule d'une telle conclusion peut-elle être reconciliée avec le plus simple bon sens?
9. Les Apôtres ont tous prèché: quelques-uns seulement ont écrit.
La volonté du Seigneur ne pouvait être connue de personne mieux que des Apôtres, formés à son école.
Or dans l’idée des Apôtres, l'intention de leur divin Maître était de faire arriver ses enseignements au monde par la prédication verbale, comme moyen principal, et non par des écrits. Trois faits bien connus mettent ceci hors de tout doute possible:
10 Les Apôtres ont tous prêché durant leur vie: cinq d’entre eux seulement ont écrit;
20 Ces cinq n’ont pas même écrit la moitié du Nouveau Testament;
50 Leurs écrits, aussi bien que ceux des autres hommes inspirés, sont loin de donner en entier l'exposé de la doctrine chrétienne. Ils se résument en de courtes esquisses historiques et quelques énoncés de doctrine sur certains sujets particuliers, et présupposent évidemment la connaïissanee du système chrétien, au lieu de la donner.
1. Des douze qui reçurent la commission apostolique, Si l’on compte St. Mathias à la place de Judas, cinq seulement ont écrit quelque chose: St. Mathieu, $t. Jean, St. Pierre, St. Jacques et St. Jude, Les sept autres n’ont rien écrit,
Or si l'intention de Jésus-Christ avait été de faire arriver ses divins enseignements au monde par des écrits comme moyen principal, on se trouverait forcé d'admettre une des trois conclusions suivantes: où bien les Apôtres n’ont pas compris la charge qui leur avait été imposée; où bien, l'ayant comprise, plus de la moitié d’entre eux ont failli à leur devoir; ou bien, si cinq ont suffi à la tâche, le Sauveur à fait un faux calcul en
appointant douze ouvriers pour faire une besogne qui ne demandait que cinq.
Il est évident que ces trois conclusions sont également inadmissibles.
2. De plus, les écrits des cinq Apôtres sus-nommiés ne forment pas même la moitié du Nouveau Testament, [> Evangile selon St. Mare, PEvangile selon St. Lue, les Actes des Apôtres, les Epitres de St. Paul en forment la plus grande partie. Et, cependant, leurs Auteurs n'étaient pas du nombre de ceux à qui Notre Seigneur donna primitivement la commission apostolique.
Si done Jésus-Christ avait chargé le collége apostolique d'enseigner les nations plutôt par leurs écrits que par la parole, on se trouverait encore en face de deux conclusions inadmissibles: où bien les douze Apôtres ont laissé leur œuvre à peine à moitié faite, et le Naïint- Esprit a dû inspirer d’autres écrivains pour la compléter; ou bien ces derniers ont écrit des choses inutiles, du superflu. |
3. En catre, un coup d'œil tant soit peu attentif jeté sur les Saintes Ecritures suffit pour convaincre tout esprit sérieux que la Bible n’a pas été écrite dans le but de donner un exposé complet de la doctrine chrétienne.
D'abord, les Ecrivains sacrés ne se sont pas le moins du monde entendu entre eux pour travailler de concert à la composition d’un traité contenant les enseignements de leur divin Maître. Ils ont écrit à de longs intervalles, à de grandes distances les uns des autres, sous Pinspiration du moment, pour des raisons particulières fournies par les besoins spirituels de ceux à qui leurs Epitres étaient spécialement adressées. Pas le moindre indice d’un dessein arrêté de travailler ensemble à former un tout. Rien ne mois re un plan commun dont
ils se seraient divisé le travail de lexécution, Pas même un soupçon dune entente mutuelle de laisser aux soins de Pun les points non traités par l’autre. Au contraire, les quelques incidents que le texte sacré rapporte de la vie de Jésus-Christ sont racontés souvent dans presque les même termes par les quatre Evangélistes. Répétition inutile, si ces écrivains s'étaient partagé un travail commun. Voilà ce que révèle avec évidence la nature même des pages des Saintes Ecritures.
Or si les Auteurs sacrés avaient voulu présenter au monde et laisser aux générations futures un corps de doctrines contenant tous les enseignements de Jésus- Christ, ils auraient certainement eu recours aux movens sugecrés par la plus simple prudence pour arriver sûrement à leur but. Ils n'ont pas pris ces movens. Donc ils n'ont pas eu la fin en vue,
En second lieu, leurs écrits ne donnent pas toute la doctrine chrétienne. Hs ne renferment pas tout ce qu'ils ont préché. Les quatre évangiles sont d’une brièveté remarquable, Ts se résument en quelques suggestions et quelques esquisses. TS ne rapportent pas la centième partie des paroles et des actes du Sauveur du monde. [x ne disent presque rien de Pintervalle écoulé entre la résurrection de Jésus-Christ et son ascension. Et cependant ces quarante jours sont de Ja plus haute Hnportance dans Phistoire de Pétablissement du Christianisime, Cest durant ce temps-là que le divin Maître acheva d’'instruire ses Apôtres, leur parla clairement sans paraboles, leur donna les pouvoirs dont ils devaient être investis, institua plusieurs des sacrements de sa religion, Les Evangélistes se sont contentés d'écrire ce qui était propre à prouver la mission divine de Jésus- Christ, afin de gagner les hommes à croire en Lui, se
réservant de leur donner, une fois convertis à Ja foi, plus amples informations par leurs prédications ordinaires. C’est, du reste, ce que St. Jean nous apprend en toutes lettres dans les deux derniers versets du vingtième chapitre de son évangile.
Le même Apôtre a éciit son évangile vers la fin Au premier siècle, Cest le dernier de tous les Livres du Nouveau Testament qui a été écrit. Or l'Auteur sacré termine en disant que Jésus à fait bien des choses qui m'ont pas été écrites, et ajoute que, si tous Nes actes étaient écrits, le monde pourrait à peine contenir Îles livres qui les rapporteraient. —(Voir Chapitre XXE, 25.)
En mettant cet énoncé en regard du petit volume que nous ont laissé les Ecrivains sacrés, 11 est facile de voir que le dépot de la tradition renferme beaucoup plus de choses que n’en rapportent les pages du Nouveau Testanent,
St. Paul, de son côté, cerivant aux Theskaloniens, leur recommande de ne pas oublier les traditions dont ils ont acquis la connaissance tant par la prédication que par sa lettre. —(Voir 2e, Thess. IT, 15.)
est done évident que, dans l'intention de Jésus- Christ telle qu'elle nous est maniftestée par ce qu'il a fuit et ce qu'il a dit, de mme que par les actes et les paroles des Apôtres formés à son école, le monde devait arriver à la connaissance de l'Evangile par la prédication comme moyen principal et non par la lecture de la Bible,
Cette conclusion $'impose encore avec plus de force si lon examine la question du côté de la Bible elle même,
Pusuffisance de lu Bible.
Nombreuses, très nombreuses même, sont les difficul-
tés que la Bible laisse dans le chemin de celui qui n’a qu'elle pour guide.
Passer toutes ces difficultés en revue serait trop long et demanderait des volumes. Nous nous bornerons aux trois suivantes:
10 La Bible ne peut prouver par elle-même qu’elle est inspirée et authentique,
20 La Bible, étant une !ttre morte, ne peut s'expliquer elle-même. I lui faut un interprète vivant.
50 La Bible contient beaucoup de passages obscurs non-seulement pour les gens illettrées, mais même pour les hommes d'étude,