‹ Le Protestantisme comparé au Catholicisme dans ses rapports avec la civilisation Européene (volume 2)Chapitre 32 sur 55 · D1VUS THOMAS · texte numérisé non relu

D1VUS THOMAS

De Regimine Principum , liber III , caput xi.

Hic Sanctus Doctor déclarât de dominio régal i, in quo consistit , et in quo differt à político , et quo modo distinguitar diversimodo secundum diversas ratioues.

Nunc autem ad regale dominium est procedenduni , ubi est distinguendum de ipso secundum diversas regiones, et prout à diversis varié invenitur traditum. Et primo quidem, in Sacra Scriptura aliter leges regalis dominii traduntur in Deuteronomio per Moysen, aliter in 1. Regum per Samuelem prophetam , uterque tamen in persona Dei différente* ordinal regem ad utilitatem subditornm, quod est propium regum, ut philosophus tradit in 8 ethic. Cuir. , inquit , constitutus fuerit rex , non inultiplieabit sibi equos, nec reducet populum iiiyEgyptum , equilatus numero sublevatus, non habebit uxores plurimas, qua* allieiant animam ejus, ñeque argenti , aul au ri ¡inmensa pondera : quod quidem qualiter habet inlelligi , supra traditur in hoclib. , describetque sibi Deuteronomium legis hujus, et habebil secum , legetque illud omnibus diebus vita.' sine, ut discat timere dominum Deiim suum, et custodire verba ejus et cseremonias, et ut videiieel possit populum dirigere secundum legem divinam, unde et rex Salomón in principio sin regiminis liane sapientiani àDeopetivit, ad directionem sui regiminis pro utilitate subditorum , sicut seribitur in .*> lib. Regum. Subdil tero dictas Moyses in eodem lil». Nec elevetur cor ejus in superfluum sul>er fratressuos, neque declinet in partent dexteram, vel sinistram , ut longo tempore régal ¡pse et lilius ejus super Israel. Sed in primo Regum, traduntur leges regni, inagis ad utilitatem Régis, ut supra patuit in lib. 2 hujus operis , ubi po-

ountur verba omnino pertinentia ad eomlitiouem servilem, et lamen Samuel leges quas tradil oùm sinl peaitùs despoticse dicit esse regales. Philosophus autrui in s etbic. nuisis concordai t uni primis legibus. Tria enim ponil d\- rege in eo. 4, videlicet, quod ill<- legitimusesl rexqui principaliter bonum snbditorum intendit, item, iile res esl, qui curam subditorum babet, ut bene operentnr quemadmodum pastor ovina. Ex quibns omnibus manifestum est, quodüixta ¡stum, modum despoticum muitum différai a regali, m idem Philosophus videtur dicere in l politic. Item, quàd regnum non esl propter rtgem, sed res propter regnum, quia ad hoc Deus providii de eu, ut regnum regañí et gubernent, et unumquenunu in tuo jure conservent: et hic esl finis regiminis, quodsi ad oliud faciunt in seipsos commodum retorquendo , non suni reyes sed tyranni. ('.nuira quoi dicit Dominus in Exech. Vae pastoribus Israel, qui pascunt semetipsos. Nonne grèges pascuniuràpastoribusl Lac comede bâtis, et Kanis operiebamini , et quod crassum era! bcciedebatis : gregem autem meum non pasce- Latis : quod infirmum luit, non consolidases, et quod agiotum non sanastis, quod confractum non alligastis, quod abjectnm non réduxistis, et quod perierat non qusesistis; sed cum susténtate imperabatis eis et cnm potentia. lu quibus verbis nobissufficienter forma regiminis traditur redurguendo contrarium. Amplius autem regnum ex bominibus constituitur, sicut domus e\ paiietibus , el corpus liuinanum ex meinbris, ut Philos, dicit in 3 politic. Finis eryo régis est, ut régimen prosptretur, quod homines conserventur per regem. El bine babet commune bonum cujuslibel prinçipatus participationem divins bonitatis : unde bonum commune dicitur à Philosopho in 1 etbic. esse quod oninia appetunt, et esse honmn divinum, ut sicut Deus qui est rex regum, et dominus dominantium, cujus virtute principes imperant, ut probatum est supra, nos régit et gubernat non }>><>]>i<r seipsum, sed propter nostram ta* lutitn : ité et reges faciant et ulii dominatores in orbe.

NOTE à , PAGE 116.

.l'ai dit quelques mots <\'- l'opinion de l>. Félix Amat. archevêque de Palmyre, par rapport a l'obéissance qui esl due au\ gouvernements de l'ait, .l'ai observé que les principes de cet écrivain , outre qu'ils sonl taux, sonl éminemment contraires aux droits des peuples. L'archevêque de Palmyre pareil s'être trouvé embarrassé de découvrir une maxime a laquelle il lût possible de se conformer dans toutes les csr-

constances qui pouvaient survenir , et qui en effet ne surviennent que trop souvent. II redoutait l'obscurité et la confusion qui se mettent dans les idées dès qu'il s'agit de définir la légitimité en un cas donné; il voulut remédier au mal; mais je crois qu'il l'a extraordinai rement aggravé. Voici comment il expose son opinion dans l'ouvrage intitulé Idée de V Eglise militante, chap. m, art. -2 :

<r Plus je rélléchis , dit-il , sur les difficultés que je viens d'indiquer, plus je vois qu'il est impossible de les résoudre, même celles qui sont anciennes, avec quelque certitude; or, il est encore plus impossible d'en tirer quelque lumière pour résoudre celles qui se forment aujourd'hui par la lutte entre l'esprit dominant d'insubordination vis-à-vis du jugement et de la volonté de celui qui gouverne, et l'effort contraire qui se fait pour borner de plus en plus la liberté civile de celui qui obéit. Prenant pour jalons les points divers et les notions que je viens d'établir relativement à la suprême puissance de toute société véritablement civile, il me semble qu'an lieu de perdre le temps dans des discussions spéculatives, il pourra être utile de proposer une maxime pratique, juste et opportune, pour conserver la tranquillité publique, spécialement dans les royaumes ou républiques chrétiennes, et pour donner le moyen de la rétablir ou de la consolider lorsqu'elle a été troublée ou anéantie.

« Maxime. On ne peut mettre en doute la légitimité de l'obligation qu'ont tous les associés, d'obéir à un gouvernement qui se trouve établi de fait , avec certitude, dans une société civile quelconque. On dit établi avec certitude , parce qu'il ne s'agit point d'une invasion ou occupation passagère en temps de guerVe. Cette maxime donne lieu à deux conséquences : Io prendre partà des émeutes ou rassemblements de gens qui s'adressent aux autorités constituées pour les obliger à décréter ce que celles-ci ne croient pas juste, est toujours une action contraire à la droite raison naturelle, toujours ¡Jlégitime, réprouvée par la loi naturelle et par la loi de l'Evangile; "2" les membres individuels delà société qui se réunissent et prennent les armes , en petit nombre ou en grand nombre , pour rassembler des Forces matérielles et combattre le gouvernement établi, commettent toujours une véritable regellion, la plus contraire à l'esprit de notre divine Religion.*

Je ne répéterai point ici ce que jai déjà dit sur la fausseté, les inconvénients et les dangers d'une semblable doctrine; jeme contenterai d'ajouter que, par cela seul qu'il s'agit d'un gouvernement seulement établi de fait , il est contradictoire de lui accorder le droit de commander et de se faire obéir.

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Si l'on disait qu'un gouvernement établi défait est tenu, tant qu'il existe , de défendre la justice , d'éviter les crimes, d'empêcher la dissolution de la société, on n'établirait que dea veriles vulgaires reconnues de toul le monde et que personne

M nir ; niais ajouter qu'il est illicite,, contraire a noire divine

Religion de se réunir, de rassembler îles forces pour combattre le gouvernement de l'ait, c'est une doctrine qne les théologiens catholiques n'ont jamais professée, qui n'a jamais été admise par la vraie philosophie, et que les peuples n'ont jamais pratiquée.

J'insère ici quelques remarquables passages de saint Thomas , de Suarez , de Bellarmin , où ces auteurs expliquent les Opinions auxquelles j'ai l'ait allusion dans le texte, touchant les différends qui peuvent survenir entre les gouvernants et les gouvernes.

Je rappelle ce que j'ai déjà indiqué dans un autre endroit ; il ne s'agit pas tant ici d'examiner jusqu'à quel point telles ou telles doctrines peuvent être vraies, que de savoir quelles étaient les doctrines aux temps dont nous parlons , et quelle a été l'opinion des docteurs les plus distingués sur les délicates questions dont il s'agit.

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