‹ Le Protestantisme comparé au Catholicisme dans ses rapports avec la civilisation EuropéeneChapitre 17 sur 51 · DE LA RÉGÉNÉRATION SOCIALE. DE L'ESCLAVAGE. — L'ESCLAVAGE · texte numérisé non relu

DE LA RÉGÉNÉRATION SOCIALE. DE L'ESCLAVAGE. — L'ESCLAVAGE

POUVAIT-IL ÊTRE DÉTRUIT AVEC PLUS DE PROMPTITUDE Qu'lL NE LE FUT PAR LE CHRISTIANISME ?

Quoique l'Eglise donnât la plus grande importance à la propagation de la vérité; quoiqu'elle fût convaincue que, pour dissipercette masse informe d'immoralité et de dégradation qui s'offrait à sa vue, son premier soin devait être d'exposer l'erreur au feu dissolvant des vraies doctrines, elle ne se borna point à cela ; mais, descendant sur le terrain des faits, et suivant un système plein de sagesse et de prudence , elle fit de telle sorte que l'humanité put goûter le fruit précieux que les doctrines de Jésus-Christ font porter même aux choses de la terre. L'Eglise ne fut pas seulement une grande et féconde école, elle fut une association régénératrice ; elle ne répandit pas ses doctrines générales , en les jetant comme au-liasard , avec la seule espérance que le temps les ferait fructifier ; elle les développa dans tous leurs rapports, les appliqua à tous les objets, fit en sorte de les inoculer aux mœurs et aux lois, et de les réaliser dans des institutions qui fussent pour les générations futures un enseignement silencieux, mais plein d'éloquence. Partout on voyait la dignité de l'homme méconnue; l'esclavage régnait en tous lieux. La femme , dégradée, était flétrie par la corruption des mœurs et rabaissée par la tyrannie de l'homme. Les sentiments de l'humanité étaient •foulés aux pieds, on abandonnait l'enfance; on délaissait le pauvre et le malade ; la barbarie et la cruauté étaient portées au plus haut point d'atrocité dans le droit qui réglait les procédés de la guerre. Enfin, au sommet de l'édifice social , on voyait l'odieuse tyrannie, environnée de satellites et couverte de fer, promenant un regard de mépris sur les malheureux peuples qui gisaient enchaînés à ses pieds.

Dans un tel état de choses, ce n'était certes pas une petite i.— xi. 12

entreprise quede chasser l'erreur, de réformer et d'adoucir les mœurs, d'abolir l'esclavage, de corriger les vices de la législation , d'imposer un frein au pouvoir et de le mettre en harmonie avec les intérêts publics, de donner une vie nouvelle à l'individu , de réorganiser la famille et la société ; et cependant , c'est là , rien de moins , ce qu'a fait l'Eglise.

Commençons par l'esclavage. Voici une matière qu'il convient d'autant plus d'approfondir, qu'elle renferme une des questions les plus propres à exciter la curiosité de la science et à intéresser les sentiments du cœur, Qui a aboli l'esclavage chez les peuples chrétiens? Est-ce le Christianisme ? Est-ce le Christianisme seul , par ses idées grandioses sur la dignité de l'homme , par ses maximes et son esprit de fraternité et de charité, et aussi par sa conduite prudente, douce et bienfaisante? Je me flatte de pouvoir montrer que oui.

Personne n'ose mettre en doute aujourd'hui que l'Eglise catholique ait exercé une puissante influence sur l'abolition de l'esclavage : c'est là une vérité trop claire et qui saute aux yeux avec trop d'évidence, pour qu'il soit possible de la combattre. M. Guizot reconnaît les eiforts et le succès avec lesquels l'Eglise travailla à l'amélioration de l'état social ; il dit : « Nul doute qu'elle ne luttât obstinément contre les grands vices de l'état social, par exemple, contre l'esclavage. » Mais, à la ligne suivante , et comme s'il lui en eût coûté d'établir sans aucune restriction un fait qui nécessairement devait exciter en faveur de l'Eglise catholique les sympathies de l'humanité entière, il ajoute : « On a beaucoup répété que l'abolition de l'esclavage dans le monde moderne était due complètement au Christianisme. Je crois que c'est trop dire : l'esclavage a subsisté longtemps au sein de la société chrétienne sans qu'elle s'en soit étonnée, ni fort irritée. » M. Guizot se trompe fort s'il croit démontrer que l'abolition de l'esclavage n'est point due exclusivement au Christianisme, uniquement en représentant que l'esclavage a subsisté longtemps au milieu de la société chrétienne. Pour procéder en bonne logique, il fallait préalablement considérer si l'abolition soudaine de l'esclavage était possible, si l'esprit d'ordre et de paix qui anime l'Eglise pouvait lui permettre de se précipiter dans une entreprise qui,

COMPARÉ AU CATHOLICISME. iôî)

sans lui faire atteindre le but proposé, aurait bouleversé le monde. Le nombre des esclaves était immense; l'esclavage était profondément enraciné dans les idées, dans les mœurs, dans les lois, dans les intérêts sociaux et individuels ; système funeste, sans doute, mais qu'il était téméraire de prétendre arracher d'un seul coup, puisque ses racines pénétraient profondément et s'étendaient largement dans les entrailles de la terre.

Dans un recensement d'Athènes, on compta vingt mille citoyens et quarante mille esclaves ; dans la guerre du Péloponèse il n'en passa pas moins de vingt mille à l'ennemi. C'est Thucydide qui le rapporte. Le même auteur nous apprend qu'à Chio le nombre des esclaves était très-considérable, et que leur défection, qui les fit passer dans les rangs des xVthéniens, mit leurs maîtres dans une grande extrémité. En général , le nombre des esclaves était si grand en tous lieux, que la tranquillité publique en était souvent compromise. C'est pourquoi il était nécessaire de prendre des précautions pour les empêcher de se concerter. « Il faut , dit Platon (Dial. 6, Des Lois) , que les esclaves ne soient pas du même pays, et que, autant que possible, ils diffèrent de mœurs et de volontés; car plusieurs fois l'expérience a montré, dans les défections fréquentes que l'on a vues , chez les Messéniens et dans d'autres cités qui ont un grand nombre d'esclaves de la même langue, qu'il résulte ordinairement de là beaucoup de maux. »

Arislote, dans son Economie (1. i, c. 5), donne diverses règles sur la manière dont on doit traiter les esclaves ; il est remarquable qu'il soit du même avis que Platon, lorsqu'il dit expressément « qu'il ne faut pas avoir beaucoup d'esclaves d'un même pays.» Il nous dit dans sa Politique (liv.^.c.T) (pie les Thessaliens se virent dans de graves embarras à cause de la multitude de leurs Pénestes , sorte d'esclaves ; la même chose arriva aux Lacédémoniens, à cause des Ilotes. « Il est souvent arrivé, ditil, (pie les Pénestes se sont soulevés dans la Thessalie; et les Lacédémoniens, àjehacun de leurs revers, se sont vus menacés par les complots des Ilotes. » C'était là une difficulté qui sollicitait sérieusement l'attention des politiques ; l'on ne savait par quels moyens prévenir les inconvénients qu'amenait cette immense multitude d'esclaves. Arislote déplore la difficulté que

Ton avait à trouver la vraie manière de les traiter, et l'on voit que c'était là un sujet de graves soucis. Je transcrirai ses propres paroles : «A la vérité, dit-il, la manière dont on doit traiter cette classe d'hommes est chose difficile et plein d'embarras; car, si l'on use de douceur, ils deviennent insolents et veulent s'égaler à leurs maîtres ; si on les traite avec dureté ils conçoivent de la haine et machinent des complots. »

À Rome, la multitude des esclaves était telle que lorsque, à une certaine époque, on proposa de leur donner un costume distinctif, le sénat s'opposa à cette mesure dans la crainte que, s'ils venaient à connaître leur nombre, l'ordre public ne fût mis en danger; et à coup sur ces précautions n'étaient point vaines, puisque déjà, longtemps auparavant, les esclaves avaient causé de grands ébranlements dans l'Italie. Platon , pour appuyer le conseil que je viens de citer tout à l'heure, rappelle que « les esclaves avaient fréquemment dévasté l'Italie par la piraterie et le brigandage. » Dans des temps plus rapprochés, Spartacus, à la tète d'une armée d'esclaves, fut, pendant quelques temps, la terreur de la même contrée , et donna à faire aux meilleurs généraux de Rome.

Le nombre des esclaves était monté dans cette ville à un tel excès , que nombre de maîtres les comptaient par centaines. Lors de l'assassinat du préfet de Rome, Pedanius Secundus, quatre cents esclaves qui lui appartenaient furent condamnés à mort (Tacite, Ânn., liv. 14). Pudentila , femme d'Apuleius, en avait une telle quantité, qu'elle n'en donna pas moins de quatre cents à ses fds. C'était devenu un objet de luxe, et les Romains s'efforçaient à l'envi de se distinguer par le nombre de leurs esclaves. Ils voulaient qu'à cette question : quot pascit servos , combien paît-il d'esclaves? selon l'expression de Juvénal (Satyr. m, v. 140), on en pût montrer une multitude. La chose vint à tel point que, au témoignage de Pline , le cortège d'une famille ressemblait à une véritable armée.

Ce n'était pas seulement en Grèce et en Italie qu'on trouvait cette abondance d'esclaves : à Tyr, ils se soulevèrent contre les maîtres, et, grâce à leur nombre immense, ils purent les massacrer tous. Si nous tournons nos regards vers les peu-

pics barbares , sans parler de quelques-uns des plus connus, nous apprenons d'Hérodote que les Scythes , à leur retour de la Médie, trouvèrent leurs esclaves soulevés, et se virent forcés de leur céder le terrain en abandonnant leur patrie. César, dans ses Commentaires {De Bello Gall., I. vi), fait foi de la multitude d'esclaves qu'il y avait dans la Gaule.

On voit , puisque le nombre des esclaves était partout si considérable, qu'il était tout à fait impossible de leur prêcher la liberté sans mettre le monde en feu. Malheureusement, nous avons encore dans les temps modernes un terme de comparaison, qui, bien que sur une échelle infiniment plus petite, ne laisse pas de servir à notre dessein. Dans une colonie où les esclaves noirs seront en grand nombre, qui osera les mettre tout-à-coup en liberté ? Or , combien les difficultés s'augmentent-elles , quelle dimension colossale n'acquiert pas le péril lorsqu'il s'agit , non d'une colonie , mais de l'univers ! L'état intellectuel et moral des esclaves les rendait incapables de faire tourner un tel bienfait à leur profit et à celui de la société; dans leur abrutissement , aiguillonnés parla rancune et le désir de vengeance que les mauvais traitements entretenaient dans leur cœur, ils auraient reproduit en grand les sanglantes scènes dont ils avaient déjà , dans les temps antérieurs, souillé les pages de l'histoire. Et que serait-il alors arrivé? La société, dans cet horrible péril, se serait mise en garde contre les principes qui favorisaient la liberté ; elle les aurait regardés dès lors avec une prévention et une méfiance soupçonneuse; et les chaînes de la servitude, loin de se relâcher , auraient été rivées avec plus de soin et plus de ténacité. De cette masse immense et brutale d'hommes furieux mis, sans préparation, en liberté et en mouvement, il était impossible qu'on vît sortir une organisation sociale; car une organisation sociale ne s'improvise pas, surtout avec des éléments semblables.; et, dans ce cas, puisqu'il eût été nécessaire d'opter entre l'esclavage ou l'anéantissement de l'ordre social, l'instinct de conservation qui anime la société aussi bien que tous les êtres , aurait indubitablement amené la continuation de l'esclavage là où il aurait encore subsisté, et son rétablissement là où on l'aurait détruit.

Ceux qui se sont plaints que le Christianisme n'ait pas accompli avec assez de promptitude l'œuvre de l'abolition de l'esclavage , devaient se rappeler qu'en supposant même possible une émancipation soudaine nu très-rapide , et , sans parler des bouleversements sanglants qui nécessairement en anraientétéla suite, la seule force des choses, par les insurmontables obstacles qu'elle aurait opposés, aurait rendu absolument inutile une semblable mesure. Ecartons toutes les considérations sociales et politiques ; attachons-nous uniquement à la question économique. D'abord, il était nécessaire de changer tous les rapports de la propriété. Les esclaves y figuraient pour une partie principale ; c'étaient eux qui cultivaient les terres , qui exerçaient les oflîees mécaniques ; en un mot, c'était entre eux que se trouvait distribué ce que l'on appelle le travail , et cette distribution étant faite sur la supposition de l'esclavage , ôter cette base , c'était amener une dislocation telle que l'esprit ne peut parvenir à en comprendre les dernières conséquences.

Je veux supposer que l'on eût procédé à des dépouillements violents, que l'on eût tenté une répartition, un nivellement des propriétés , que les terres eussent été distribuées aux émancipés , et que les plus opulents seigneurs se fussent vus forcés à manier la pioche et la charrue ; je veux supposer réalisés toutes ces absurdités , tous ces songes d'un homme en délire , et je dis que cela même n'eût remédié à rien ; car, il ne faut pas l'oublier, la production des moyens de subsistance doit être en proportion avec les besoins de ceux qu'ils sont destinés à faire vivre, et cette proportion disparaissait par l'émancipation des esclaves. La production était réglée , non pas précisément d'après le nombre des individus qui existaient alors, mais dans la supposition que le plus grand nombre était esclave : or , l'on sait que les besoins d'un homme libre sont quelque chose de plus que les besoins d'un esclave.

Si, aujourd'hui , après dix-huit siècles , après que les idées ont été rectifiées , les mœurs adoucies , les lois améliorées ; après que les peuples et les gouvernements ont été instruits pur l'expérience; lorsque tant d'établissements publics , pour

le secours de l'indigence , ont été fondés ; lorsqu'on a essayé tant de systèmes pour la bonne distribution du travail; lorsque les richesses se trouvent réparties d'une manière plus équitable ; s'il est encore , disons-nous , si difficile aujourd'hui d'empêcher un nombre immense d'hommes de devenir les victimes d'une horrible misère , si c'est là le mal terrible qui , semblable à un cauchemar funeste, tourmente la société et pèse sur son avenir, que serait-il arrivé d'une émancipation universelle, au commencement du Christianisme, à une époque où les esclaves n'étaient point reconnus dans le droit comme des personnes , mais comme des choses ; lorsque leur union conjugale n'était pas encore regardée comme un mariage ; lorsque la propriété des fruits de cette union était soumise aux mêmes règles que la progéniture des animaux ; lorsque, enfin, le malheureux esclave était maltraité, tourmenté, vendu, mis à mort selon les caprices de son maître? jN'est-il pas évident que la guérison de semblables maux était l'œuvre des siècles ? N'est-ce pas là ce que nous disent unanimement l'humanité , la politique et l'économie sociale ?

Si l'on eût fait des tentatives insensées , les esclaves euxmêmes n'auraient pas tardé à protester contre ces tentatives ; ils auraient réclamé une servitude qui du moins leur assurait le pain et l'abri ; ils auraient repoussé une liberté incompatible avec leur existence même. Tel est l'ordre de la nature ; l'homme , avant tout, a besoin d'avoir de quoi vivre, et, les moyens de subsistance venant à lui manquer, la liberté même ne saurait lui plaire. 11 n'est point nécessaire de recourir à des exemples individuels qui s'offriraient à nous en abondance; des peuples entiers ont donné des preuves patentes de cette vérité. Lorsque la misère est excessive, il est difficile qu'elle n'amène pas avec elle l'avilissement , qu'elle n'étouffe pas les sentiments les plus généreux, n'ote pas toute leur magie aux mots d'indépendance et de liberté. « La plèbe , » dit César, en parlant des Gaulois ( liv. vi , De bello Quilico ) , « est presque au niveau des esclaves; de soi-même elle n'ose rien, sa voix n'est comptée pour rien ; et il est beaucoup de gens de cette classe qui , accablés de dettes et de tributs, ou opprimés parles puissants, se livrent aux nobles en servitude; on

exerce sur ceux qui se sont ainsi livrés les mêmes droits que sur les esclaves. » Des exemples du même genre ne manquent pas dans les temps modernes : l'on sait qu'en Chine il y a une grande quantité d'hommes esclaves dont la servitude n'a pas d'autre origine que l'incapacité où ils se sont trouvés , eux ou leurs pères, de pourvoir à leur subsistance.

Ces réflexions , qui ont pour appui des faits que personne ne pourra me contester, font voir jusqu'à l'évidence que le Christianisme a fait preuve d'une profonde sagesse en procédant avec tant de ménagement à l'abolition de l'esclavage. Il fit , en faveur de la liberté de l'homme , tout ce qui était possible ; s'il ne s'avança pas plus rapidement dans cette œuvre, c'est qu'il ne pouvait le faire sans compromettre l'entreprise même , sans apporter de graves obstacles à l'émancipation désirée. Tel est le résultat auquel viennent toujours aboutir , en dernière analyse, les reproches qui sont adressés à quelque procédé de l'Eglise : on l'examine avec la lumière de la raison, on le compare avec les faits, et l'on finit par se convaincre que la conduite blâmée est parfaitement conforme à ce que dicte la plus haute sagesse , ainsi qu'aux conseils de la prudence la plus délicate.

Que veut donc dire M. Guizot lorsque , après avoir confessé que le Christianisme travailla avec empressement à l'abolition de l'esclavage , il lui objecte qu'il consentit longtemps à sa durée? Est-il logique d'inférer de là qu'il n'est point vrai que cet immense bienfait soit dû exclusivement au Christianisme? L'esclavage a duré longtemps en présence de l'Eglise, cela est vrai ; mais il alla toujours en déclinant, et ne dura qu'autant qu'il était nécessaire pour que le bienfait se réalisât sans violence, sans secousse, sans que son universalité et sa durée fussent compromises. Encore doit-on retrancher du temps pendant lequel l'esclavage a duré , plusieurs siècles, durant lesquels l'Eglise fut souvent proscrite , regardée toujours avec aversion , et dans l'impossibilité absolue d'exercer une influence directe sur l'organisation sociale. On doit également mettre de côté une bonne partie des siècles postérieurs , puisque l'Eglise ne faisait que de commencera exercer une influence directe et publique, quand survint l'irruption

des Barbares du Nord , laquelle , se combinant avec la dissolution dont l'empire était atteint et qui se répandait d'une manière effroyable, produisit un bouleversement tel, une confusion si informe de langues , d'usages , de mœurs , de lois , qu'il était presque impossible de faire sentir avec fruit une action régulatrice. Si, dans des temps plus rapprochés, il a été difficile de détruire Ja féodalité; s'il reste encore aujourd'hui , après des siècles de combats , des débris de cette institution ; si la traite des nègres , bien que resserrée dans des pays et des circonstances déterminées , résiste encore au cri universel de réprobation qui s'élève des quatre coins du monde contre une telle infamie , comment osera-t-on s'étonner , comment osera-t-on reprocher au Christianisme que l'esclavage ait encore subsisté quelques siècles après que luimême eût proclamé la fraternité des hommes entre eux et leur égalité devant Dieu ?

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