LA RELIGION ET LA LIBERTE
Au chapitre XIII de cet ouvrage, nous disions : « Notre cœur s'indigne lorsque nous entendons reprocher à la Religion de Jésus-Christ une tendance à opprimer. A la vérité, si Ton confond l'esprit de la vraie liberté avec celui des démagogues, on ne le trouvera point dans le Catholicisme. Mais qu'on cesse de changer les noms ; qu'on donne au mot \w berté son acception raisonnable, juste, profitable, alors la Beligion catholique réclamera sans crainte "^ III. 1
s CHAPITRE XLYTII.
la gratitude du genre humain, car elle a cwilisè les nations qui font professée, et la civilisation est la vraie liberté. ^^
Par tout ce que nous avons démontré jusqu'ici, le lecteur peut juger si le Gatliolicisme a été favorable oQ contraire à te civilisation européenne , par conséquent, si la vraie liberté a souffert de sa part quelque détriment. Sur les points divers où nousl'avons mis en parallèle Avec le Protestantisme, on a vu ressortir les tendances nuisibles de celui-ci, aussi bien que les avantages dont celui-là est la source ; lo jqgement d'uoe raison éclairée et juste ne peutr être douteux.
Comme la vraie liberté des peuples ne consista point en des apparences, mais réside dans leur organisation intime, comme la vie réside dans le cœur, je pourrais me dispenser de comparer les deux Religions par rapport à la liberté politique ; mais je ne veux point qu'on m'accuse d'avoir évité une question délicate par la crainte que le Catholicisme n'en sortit à son déshonneur ; je ne veux pas qu'on puisse soupçonner qu'il est difficile à ma foi de soutenir le parallèle sur ce terrain, avec autant d'avantages que sur les autres.
Afin d'éclaircir complètement la question qui forme l'objet de cet ouvrage, il est nécessaire d'examiner / fond sur quoi reposent, en cette matière, les vagu accusations que l'on a adressées au Catholicisme les éloges prodigués à la prétendue réforme : il fa montrer que la calomnie seule, une calomnie to
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gratuite, a pn reprocher à la Religion catibolique de fevoriserla servitude et l'oppression; il faut dissiper, à la lumière de la philosophie et de Thistoire, ce préjugé, à la faveur duquel les incrédules et les protestants se sont efforcés de persuader aux peuples que l'Église est le boulevard de la tyrannie.
Deux lices se présentent où l'on peut vider cette querelle : celle des doctrines et celle des faits. Avant de traiter des faits, examinons les doctrines.
Celui qui a dit que le genre humain avait perdu ses titres, et que Rousseau les avait retrouvés, ne 8'est pas fatigué longtemps à examiner quels sont les véritables titres du genre humain, ni quels sont ces autres titres apocryphes mis en avant par le philoso* phe de Genève dans son Contrat social. En effet, peu s'en faut qu'on ne puisse dire, au contraire, que le genre humain avait de fort bons titres, reconnus pour tels, et que Rousseau les lui fit perdre. L'auteur du Contrat social s'est proposé d'examiner à fond l'origine du pouvoir civil ; ses doctrines inconsidérées, loin d'éclaircir la question, n'ont fait que l'embrouiller.
Je crois que, sur ce point important, on n'avait jamais eu, depuis plusieurs siècles, des idfes moins claires , moins distinctes qu'en ce moment. Les révolutions ont produit un bouleversement dans les théories compie dans les faits; les gouvernements ont été tantôt révolutionnaires , tantôt réactionnaires ; et tantôt la révolution, tantôt la réaction, ont donné leur empreinte aux doctrines. Il est
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extraordinaîrement difficile d'obtenir, au moyen des livres modernes, une connaissance claire, Téritable, exacte de la nature du pouvoir civil, de aoa origine , de ses rapports avec les sujets : dans quâr ques-uns de ces livres, vous trouverez Bousseaa'^ dans les autres M. de Bonald : Rousseau est un mi — neur qui sape pour renverser ; M. de Bonald est l^ héros qui sauve dans ses bras les dieux tutélair^^ de la cité livrée aux flammes ; mais, par crainte deL profanation, il les porte couverts d'un voile.
Au reste, il ne serait pas juste d'attribuer à seau le déplorable honneur d'avoir commencé confusion des idées sur ce point. A diverses époque des hommes pervers ont travaillé à troubler la ciétéau moyen de doctrines anarchiques. Cependant:^ réduire ces doctrines en corps, en former de séduisantes théories, cela date principalement de la nais
sance du Protestantisme. Luther, dans son livre Libertate christiana, répandait la semence d'intei minables troubles, par cette doctrine insensée, qui le chrétien n'est le sujet de personne. En vain chercha-t-il un faux-fuyant , déclarant qu'il ne parlaipoint des magistrats ni des lois civiles : les paysan^^ d'Allemagne se chargèrent de tirer la conséquence ^ ils se soulevèrent contre leurs seigneurs et allumèrent une effroyable guerre.
On a dit que le droit divin ^ proclamé par les ca tholiques, favorisait le despotisme ; on en est venu le considérer comme tellement contraire aux drc du peupUy qu'on emploie fréquemment ces deux
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pressions pour former antithèse. Le droit divin bien entendu ne s'oppose point aux droits du peuple , mais aux excès du peuple; loin d'étendre démesurément les attributions du pouvoir, il les renferme dans les limites de la raison, de la justice et de la <X)nvenance publique.
Dans ses leçons sur Y Histoire générale de la civili- ^sation en Europe, M. Guizot, parlant de ce drmt proclamé par l'Église, dit : cr Les droits de la liberté, les garanties politiques sont difficiles à combiner avec le principe de la royauté religieuse; mais le principe lui-même est élevé , moral , salutaire. » (Leçon 9^.) Lorsque des hommes tels que H. Guizot, qui font de ce genre de questions l'objet spécial de leurs études, se trompent sur ce point d'une manière si déplorable, comment s* étonner qu'il en soit de même de la tourbe des écrivains ?
Avant d'aller plus loin, faisons une observation qu'il convient d'avoir toujours présente. Continuellement, en ces matières, on parle del'écoledeBossuet, deM. de Bonald ; des noms propres sont à chaque instant mis en avant. Autant que qui que ce soit, je respecte le mérite de ces hommes et de quelques autres non moins illustres qu'a eus l'Église catholique : cepen* dant, je ferai observer qu'elle ne répond point d'autres doctrines que de celles qu'elle enseigné ; qu'elle ne se personnifie dans aucun docteur en particulier; et que, marquée de Dieu lui-même pour être l'oracle de la vérité infaillible en matière de dogme et de morale, elle ne permet point que les fidèles défèrent
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aveuglémeut à ropinion particulière d'un homnAi \ quel que soit le mérite de cet homme en sdaioe ^ \ en sainteté. Voulez-vous savoir quel est renseigne-^ \ meut de TÉglise catholique? Consultez les décùuottB ) des conciles et des souverains pontifes; consultai aussi les docteurs de réputation insigne et pur» S mais gardez-vous de confondre les opinions d'un iim.:=^ teur, quelque respectable qu'il soit, avec les docbte — nés de l'Église et la voix du vicaire de Jésus-Chriai^ • Par cet avertissement, je ne veux critiquer d'i les opinions de personne, mais simplement doi un avis à ceux qui, peu versés dans les études siastiques, pourraient confondre en certains cas dogmes révélés avec ce qui n'est que pure pensée l'homme. Ces indications faites, entrons dans la cussion.
En quoi consiste ce droit divin dont on fait de bruit? Pour éclaircir parfaitement la question, déterminons avant tout les objets sur lesquels ce droit : car, ces objets étant fort différents eux, il se trouvera aussi de grandes différences l'application qui sera faite du principe. En cette tière d'une gravité extrême, un grand nombre questions se présentent : cependant, il ne me paralC^ pas difficile de les réduire toutes à celles-ci : QueU^ est Vorigine du pouvoir civil? Quelles sont ses attributions P Est-il permis, en aucun cas, de lui résister?
Première question : Quelle est Vorigine du pouvoir civil ? Comment entend-on que ce pouvoir viefit de Dieu P II s'est introduit je ne sais quelle conf usior
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sur ces points ; et, à coup sûr, il est déplorable que, prédsément à une époque telle que la nôtre^ on ait là-dessus des idées fausses. Quoi qu'on en dise, les doctrines ne sont jamais mises entièrement de côté, ni dans les révolutions, ni dans les restaurations : les intérêts jouent alors un rôlo important, sans doute, mais ils ne figurent januds seuls.
Le meilleur moyen de se former des idées claires sur ces points est d'avoir .recours aux auteurs andens, principalement à ceux dont les doctrines respectées pendant un long cours de temps, respectées encore aujourd'hui, sont en possession d'être regardées comme la plus saine interprétation des vérités confiées à rÉglise«
Cette manière d'étudier la question qui nous occupe, doit être acceptée de ceux même qui n'ont que mépris pour les écrivains dont nous parlons ; car, ici, il ne s'agit pas tant d'examiner la vérité d'une doctrine que de rechercher en quoi consiste cette doctrine. Or, pour un semblable examen, point de témoins mieux informés, ni d'interprètes plus compétents que les hommes qui ont consacré leur vie entière à l'étude de cette doctrine. Cette réflexion ne contredit nullement ce que nous avons dit plus haut touchant le soin qu'il faut avoir de ne pas confondre les simples opinions des hommes avec les doctrines augustes de l'Église. Je rappelle simplement qu'il faut savoir consulter des écrivains dignes d'une respectueuse attention, dont les travaux, consciencieux au dernier point, n ont pu se poursuivre durant des
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siècles , sans amener quelque profit pour la Yérité* Afin de mieux comprendre Topinion de ces écrv* Tains sur la matière qui nous occupe, il faut obser^ yer la différence qu'ils mettent dans rapplication dH^ principe général du droit divin^ à l'origine du poa--* voir civil, pu à celle du pouvoir ecclésiastique : 4-** cette comparaison jaillit une vive lumière quiéclaini--'^ et résout toutes les difficultés. Ouvrez les écrits de théologiens les plus insignes, consultez leurs sur l'origine du pouvoir du Pape, et vous vei qu'en établissant ce pouvoir sur le droit divin^ ils tendent qu'il émane de Dieu, non-seulement en sens génércU, c'est-à-dire en tant que tout être vi< de Dieu ; non-seulement en un sens sacicU, eU dire en tant que, l'Église étant une société, Dieu voulu l'existence d'un pouvoir qui la gouverne: mais d'une manière très-spéciale, cest-à-dire que^^^ Dieu a institué par lui-même ce pouvoir, qu'il en établi par lui-même la forme, qu'il a désigné par luimême la personne, et que par conséquent le succet scur de saint Pierre est de droit divin suprême teur de l'Église universelle, ayant sur toute Eglise la suprématie d'honneur et de juridiction.
En ce qui touche le pouvoir civil, voici commenta ces mêmes auteurs s'expliquent. En premier lieu, tout pouvoir vient de Dieu ; car le pouvoir est un être, or Dieu est la source de tout être ; le pouvoir est une domination, or Dieu est le Seigneur, le premier maître de toutes choses ; le pouvoir est un droit, or en Dieu se trouve l'origine de tous les droits ; le
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poaYoir est un moteur moral, or Dieu est la cause irniverselle de toutes les espèces de mouyement ; le pouvoir tend vers une fin éleyée, or Dieu est la fin de toutes les créatures ; sa providence ordonne et dirige tout avec douceur et efficace. Ainsi saint Thomasy dans son opuscule De Regitnine Princtpum, affirme que « toute domination vient de Dieu, comme premier maître , ce qui peut se démontrer de trois manières : en tant que c'est un être, en tant que c'est un moteur y en tant que c'est une fin. » (Lib. lu, cap. 1.)
Ayant d'aller plus loin, réfutons fiousseau , qui, &isant allusion à cette doctrine, montre qu'il l'a fort mal comprise. « Toute puissance vient de Dieu, je lavoue ; mais toute maladie en vient aussi. Est-ce à dire qu'il soit défendu d'appeler le médecin ? » {Cim-irat social^ liv. i, c. 3.) Il est vrai que l'une des raisons pour lesquelles on afûrme l'origine divine du pouvoir, c'est que tous les êtres finis émanent de l'Être infini ; mais cette raison n'est point la seule. En effet, les théologiens savaient fort bien que cette idée toute seule, n'impliquait point la légitimité, puisqu'elle s'étendait aussi bien à la force physique : car, ainsi que l'ajoute l'auteur du Contrat social, « le pistolet que tient un brigand au coin d'un bois est aussi une puissance. » Rousseau, dans ce passage, pour se montrer ingénieux et piquant, s'est rendu futile ; il a déplacé la question de son véritable terrain. Il n'était pas difficile, en effet, de savoir que, lorsqu'on parle du pouvoir civil, il ne s'agit point tf un pouvoir physi-
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que, mais d'un pouyoir morel, d'un pouvoir légitime. Sans cela, autant yaudrait chercher d'où Tiennent les richesses, la santé, la vigueur, le courage, l'astuce et les antres qualités qui contribuent à former la force matérielle de tout pouvoir. La question portait sur l'être moral appelé puissance ; or, dans Tordre moral, la puissance illégitime n'est point puissance ; ce n'est point un être, ce n'est rien ; par conséquent, nulle nécessité d'en rechercher l'origine, ni en Dieu, ni nulle part. Donc, le pouvoir émane de Dieu comme de la source de tout droit, de tonte justice, de toute légitimité; et ce pouvoir, considéré m>n pas précisément comme un être physique, mak comme un être moral, n'a pu venir que de Dieu, en qui réside la plénitude de l'être.
Non-seulement cette doctrine, prise en général, est au-dessus de toute difficulté, mais elle doit être admise sans discussion par quiconque ne professe pas l'athéisme : aux athées seuls il est permis de la mettre en doute. Descendons maintenant dans les détails, et sachons si les docteurs catholiques enseignent quelque chose qui ne soit pas de tout point raisonnable, même aux yeux de la philosophie.
L'homme , d'après eux, n'a point été créé pour vivre seul ; son existence suppose une famille , ses inclinations tendent à en former une nouvelle, sans laquelle le genre humain ne pourrait se perpétuer. Les familles sont unies entre elles par des rapports intimes, indestructibles ; elles ont des besoins communs \ aucune pe saurait èt^^ heureuse, ni même ^
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(msenety uaoM le Beomxn des autres; donc ellesont dà se réunir en société. GeHe société ne pondait snbliBter Sans ordre, ni l'ordre sans justice ; et la jnstiœ ainsi que l'ordre avaient besoin d'un gardien^ d'un interprète, d'une force eiécutiTe. Voilà le pouvoir dvil. Dieu, qui a créé l'homme, qui a vonlu la eonw^tation du genre bumain, a voulu par conséquent l'existence de la société et l'existence du pouvoir dont eelle-d arait besoii^ Donc l'existence du pouvoir civil se trouve conforme à la volonté de Dieu, sa même titre que l'existence de la puissance pater^ lielle : si la famille, en effet, a besoin de la puissance paternelle, la société n'a pas moins besoin du pouvoir civil. Le Seigneur a daigné mettre à l'abri des arguties et des erreurs cette importante vérité, en nous déclarant, dans l'Écriture sainte, que toutes les puissances émanent de lui, que nous sommes obligés de leur obéir, que quiconque leur résiste, résiste k l'ordre de Dieu.
Je cherche yainement ce qu'il est possible d'objecter à cette façon d'expliquer l'origine de la société et du pouvoir qui la gouverne. Cette doctrine sauve le droit naturel, le droit divin et le droit humain ; ces droits s'enlacent les uns aux autres, s'appuient mutuellement ; la sublimité ici rivalise avec la simplicité ; la révélation sanctionne ce qui est dicté par la raison, la grâce fortifie la nature.
Voilà donc à quoi se réduit le fameux droit divine cet épouvantail que l'on montre aux ignorants, pour leur faire accroire que l'Église catholique, lorsqu'elle
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enseigne Tobligation d'obéiiwiux puisBanoes légitimes, en fondant cette obligation sur la loi de Dieu, propose un dogme attentatoire à la liberté humaine, incompatible avec la vraie liberté.
A entendre certains hommes se moquer du droit dîmn des rois, on dirait cpie les catholiques supposent, au profit des individus ou des femilles royales, une sorte de bulle d'institution envoyée du ciel ; on dirait que nous ignorons grossièrement Thistoire des vidssitudes des pouvoirs civils. Avec un peu plus d'attention, on aurait comiuris que nous ne faisons qu'établir un principe dont la nécessité fut reconnue de tous les l^islateurs de l'antiquité , et que notre dogme se concilie parfaitement avec les saines doctrines philosophiques et les événements dont rhistoire fait foi. Voyez avec quelle admirable lucidité saint Jean Ghrysostome explique ce point dans rhomélie 23, sur l'Épitre aux Romains : « Il n'y a point de puissance qui ne vienne de Dieu. » Que dites-vous? Tout prince est donc constitué de Dieu? Je ne dis point cela, puisque je ne parle d'aucun prince en particulier, mais de la chose en ellemême, c'est-à-dire de la puissance elle-même : j'affirme que l'existence des principautés est l'œuvre de la divine sagesse, et que c'est elle qui fait que toutes choses ne sont point livrées à un téméraire hasard. C'est pourquoi l'Âpôtre ne dit pas « qu'il n'y a point de prince qui ne vienne de Dieu ; >» mais il dit, parlant de la chose en elle-même : « Il n'y a poiut de puissance qui ne vienne de Dieu, »
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« Non est potestas^^si a Deo. Quid dicis? £rgo ■ omnis princeps a Deo constitutns est? Tstud non « dico. Non enim de qnoi^is principe mihi sermo
< est, sed de re ipsa, id est de ipsa potestate. Qaod
< enim principatus sint, quodque non simplidter et « temere canota ferantnr , di\inœ sapientiœ opns esse « dico. Propterea non dicit : Non enim princeps est, • nisi aDeo. Sed de re ipsa dissent dicens : Non est «potestas, nisi a Deo. » (Hom. 23, in Epist. ad Bom.)
Comme on le voit, d'après les paroles de saint Jean Ghrysostome, ce qui est de droit divin» c'est qu'il existe un pouvoir pour gouverner la société, et que celle-ci ne soit point abandonnée à la merci des passions et des ftintaisies. Cette doctrine qui assure Tordre public, en fondant sur des motifs de conscience l'obligation d'obéir, ne descend pas dans les questions subalternes qui ne touchent point au principe fondamental.
Mais, objectera-t-on peut-être, pourquoi le texte sacré présente-t-il un enseignement que la raison toute seule nous donne avec une parfaite évidence ? A cela nous répondrons : V que la sainte Ecriture prescrit expressément plusieurs obligations que la nature même nous impose indépendamment de tout droit divin , comme d'honorer nos parents, de ne point tuer, de ne point voler, et autres choses semblables; 2** que, dans le cas dont il s'agit, les apôtres avaient une très-forte raison de recommander particulièrement l'obéissance aux puissances légitimes, et