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fidélité envers son seignenr, de même celui-ci est tenu à ce qu'il a promis par on pacte solennel ; c'est même du côté du prince qu'on doit le moins présumer la rupture du pacte. Si la parole royale doit aToir force de loi, celle qui est donnée dans un contrat solennel exige encore plus de solidité. » {Proelanation catholique, § 27.)
Les courtisans poussaient le monarque à user de b force pour faire rentrer les Catalans dans Tordre ; farmée de Gastille se préparait à pénétrer dans la Principauté. En cette extrémité, après avoir épuisé les moyens de représentation et de prière, les conseillers s'expriment ainsi:
• Finalement, des hommes qui ont voué une inextinguible haine aux Catalans ont travaillé avec tant de succès, par leurs continuelles persuasions, que l'on a détourné la rectitude et lequité de Votre Majesté des moyens de paix et de tranquillité pro- ^sés par nous, et qui devaient être admis, ne fût-ce ^u'à titre d'expérience. Pour mettre le comble à ^ malice, on propose encore à Votre Majesté, comme Xne obligation stricte, de poursuivre l'oppression )e la Principauté au moyen d'une armée, qui porterait partout le sac et le pillage, selon le caprice )a soldat. Ce qui mettrait ce pays dans le cas de Sire (n'étaient l'amour et la fidélité qu'il a eus, qu'il ^ et aura toujours pour Votre Majesté) qu'un tel Knanquement à la foi jurée le laisse libre, chose à laquelle la province ne veut seulement point penser «t qu'elle prie Dieu de ne pas permettre. Et cepen-
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dant la Principauté sait par expérience que ces soldats n ont de respect ni de pitié pour rien, ni pour personne, femmes mariées, vierges innocentes, temples, ou Dieu lui-même, images des saints ou vases sacrés de nos églises ; il n^est pas jusqu aa saint Sacrement de Tautel qui n'ait été deux fois livré aux flammes cette année par ces soldats. iittSft la Principauté est-elle partout sous les armes, afin de défendre^ dans une extrémilé si pressante et sans espoir de remèdCy la fortune^ la vte, l'honneur, la libertin la patrie^ les lois^ et par-dessus tout, les saints templeSj les images sacrées et le très^aint Sacrement di l'autel, loué soit-il à jamais 1 En pareil casj les sacrée théologiens ne se contentent pas d'établir que la défense est licite ; ils disent encore quCy pour prévenir le mal^ r usage des armes est permis à tous^ depuis h lai(fue jusqu au religieux; que les biens séculiers et \ ecclésiastiques peuvent et doivent contribuer à la dé- j fense; que les peuples envahis peuvent, puisque la j cause touche tout le monde , s'unir^ se confédérer, former des juntes^ afin de s'opposer avec prudence à ces maux. » (§ 36.)
Tel était le langage qu'on parlait aux rois à une époque où la religion dominait tout. Les conseillers, selon Tusage du temps, avaient eu soin de citer en marge les sources où ils avaient puisé, et je ne sache pas que leurs doctrines aient jamais été condamnées comme hérétiques. On ne pourrait, sans une insigne mauvaise foi, confondre ces doctrines avec celles de plusieurs protestants et révolutionnaires modernes;
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il suffit de jeter on coup d'œil sur ces écrits pour y Teoonnaitre à Tinstant combien les principes et les intentions diffèrent.
Lorsqu'on soutient qu'en aucun cas, lors même qu'il s'agirait de ce qu*il y a de plus précieux et de plus sacré, il n'est permis de résister à la puissance dYile, on croit fortifier les trônes, car c'est presque toujours des trônes qu'il est question ; mais il faut fidre attention que cette doctrine s'étend à tous les pouifoirs suprêmes, sous toutes les formes de gou- Ternement. Les textes de l'Écriture, qui recommandent l'obéissance aux pouvoirs , ne se rapportent pas uniquement aux rois, mais en général aux puissances supérieures^ sans exception ni distinction ; il s'ensuit qu'on ne pourrait non pins, en aucun cas, résister an président d'une république. Dira-t-on ^e les droits du président sont déterminés ? Mais les droits du roi ne le sont-ils pas aussi? N'y a-t-il pas jusque dans les gouvernements absolus des lois qai fixent les limites du pouvoir? Et n'entcndons- QOQs pas à chaque instant les défenseurs de la mo- Hrehie répondre cela à leurs adversaires, qui confondent la monarchie avec le despotisme. « Mais, rtpliquera-t-on, le président d'une république n'est qnc pour un temps. » Et s'il était à perpétuité? B'ailleurs les facultés ne se trouvent ni agrandies, ni amoindries, par cela seul qu'elles ont plus ou moins de durée. Si un conseil, un homme, une famille sont revêtus de tel ou tel droit, en vertu de telle on telle loi^avec telle ou telle restriction^ mais
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par certains contrats et ayec certains sermenti) ce conseil, cet homme, cette famille, sont obligés à ce qu'ils ont stipulé et juré , quelle que soit retendue de leurs facultés, quelle qu*en soit la durée, à temps ou perpétuelle. Ce sont là des principes de droit naturel, si certains et si simples, qu*il ne saurait y avoir de difficulté.
Les théologiens , même les plus attachés au Soa- Tcrain Pontife, enseignent une doctrine qu'il faot mentionner, à cause de l'analogie qu'elle présente avec le point en discussion. On sait que le Pape, reconnu infaillible lorsqu'il parle ex cathedra^ ne l'est cependant pas comme simple particulier, et que, en cette qualité, il pourrait tomber dans l'hérésie. Ce cas échéant, les théologiens sont d'avis que le Pape perdrait sa dignité ; les uns soutenant qu'il faudrait le destituer, les autres que la destitution résulte du seul fait qu'il s'est écarté de la foi . Voici donc un cas où la résistance deviendra permise ; et pourquoi? parce que le Pape se sera scandaleusement éloigné de l'objet de son institution, aura foulé aux pieds la base des lois de TÉglise, le dogme, et par conséquent aura frappé de caducité les promesses, les serments d'obéissance qui lui ont été prêtés. Spedalieri, en énonçant cet argument, observe que les rois ne sont certainement pas d'une meilleure condition que les Papes, que la puissance leur a été accordée aux uns et aux autres in œcU/icationem , not^ in destruclionem ; ajoutant que, si les souverains pontifes autorisent cette doctrine par rapport à eux,
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les souYerains temporels ne peuvent s'en offenser par rapport à eax -mêmes.
Étrange et curieuse contradiction! les protestants et les philosophes incrédules font un crime à la Religion catholique d'avoir permis de soutenir dans son sein qu'en certains cas les sujets peuvent être déliés du serment de fidélité; tandis que d'autres philosophes de la même école lui reprochent d'avoir prêté appui au despotisme par sa détestable doctrine de la non-risistancey comme s'exprime le docteur fieattie.Lespm55ance5 directe, indirecte ^déclaratoire des Papes ont servi d'épouvantail pour effrayer les rois ,' les principes dangereux des ouvrages de théoogie étaient un excellent prétexte pour faire entendre 'es cris d* alarme, pour présenter le Catholicisme -f^mme une école de maximes séditieuses. L'heure Les révolutions sonna, les circonstances aussitôt •liangèrent. Les catholiques, naguère séditieux et 'jgides, furent alors déclarés fauteurs de despotisme, Diats adulateurs de la puissance civile. Naguère, les lésuites, d'accord avec Y infernale politique de la :x)ur romaine, minaient partout les trônes pour élever sur leurs ruines la monarchie universelle du Pape; mais le fil de l'horrible trame fut découvert; le monde, sans cela, était sur le point d'éprouver un épouvantable cataclysme. Or, tandis que les Jésuites sont expulsés, qu'ils expient leurs crimes dansTexil, la révolution française, prélude de tant d'autres, éclate ; la face des choses change aussitôt. Les protestants, les incrédules, les défenseurs de Vancienne m. ' 11
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ilMCipIiMP, les sêlis adversaires des abu$ de Ja coUr romaine^ comprenant» fond la nouvelle situation, s'y conforment à Tinstant, Dès ce moment les Jésuites, les Catholiques, le Pape, ne sont plus ni des sédîlîetu, ni des tjrannicides, mais des soutiens machiaTéllques de la tyrannie, des ennemis des droits et de la liberté des peu pies ; el de même qa'on avait découvert entre les Jésuites et le Pape une ligue pour fonder la théocratie universelle, on découvre, grâce aux investigations des philosophes et des chrétiens sévères, incorruptibles, le pacte infâme des Papes avec les Rois pour opprimer, avilir, dégrader la misérable humanité.
Voulez-vous le mot de l'énigme? I* voici. Lorsque les rois sont puissants, lorsqu'ils régnent tranquilles sur leurs trônes, lorsque la Providence tient enchaînées les tempêtes, et que le monarque, levant vers le ciel nn front orgueilleux, commande aux peaples d'an air allier, l'Église catholique ne le flatte point. • Tu es poussière, lai dit-elle, et tu retournenu en poussière ; la puissance ne t'a point été donnée ponr détruire, mais pour édifier; tes prérogativessont vastes, mais elles ne sont pas sans limites; Diea est ton juge, comme celui du dernier de tes sujets.» Alors l'Église est accusée d'insolence; et si quelque théologien se hasarde à fouiller l'origioe du pouvoir civil, à marquer avec une généreuse liberté les devoirs auxquels ce pouvoir doit être soumis , & écrire, en on mot, sur le droit public avec prn-
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dence, mais sans serTilisme, les catholiqaes sont des séditieux.
La tempête éclate, les trànes sont renverses ; la TéYolution commande, \erse à torrents le sang des peuples, tranche des tètes angustes, le tout au nom de la liberté ; l'Église dit : « Ce n'est point là la liberté : ce n*est qu'une suite de crimes ; jamais la fraternité et l'égalité, enseignées par moi, n'ont été Tos orgies et vos guillotines.» A ce moment l'Église devient une vile adulatrice ; ses paroles, ses actions ont indubitablement révélé que le Souverain Pontife est le fauteur du despotisme, la Cour romaine s'est soaillée par un pacte infâme (6).