‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec la civilisation europénnne;Chapitre 42 sur 84 · INFLUENCE DU CATHOLICISME SUR LE DEVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU CATHOLICISME SUR LE DEVELOPPEMENT

DE l'intelligence.

n a été bien établi, dans le cours de cet ouvrage, que la fausse réforme n'a contribué en rien à la peribction de Tindividu ni de la société : il suit de là m. 18

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naturellement que le dëyeloppement de Tintelligence ne lui doit pas davantage. Je ne veux cependant pas laisser cette Térité sans éclaircissement. On peut porter la discussion sur les avantages que le Proteitantisme a procurés aux diverses branches du savoir humain, sans que le Catholicisme ait rien à redouter du débat.

Lorsqu'il s'agit d'examiner des questions qui, par leur nature, embrassent un si grand nombre de rapports , il ne suffit pas de prononcer certains noios brillants , de citer emphatiquement tel ou tel fait. Présentée d'une certaine manière , telle discussion peut présenter à des regards peu pénétrants un air d'universalité, d'élévation, de hardiesse, lorsque, en réalité, elle ne fait que flotter incertaine» sans direction fixe , à la merci de tout vent de contradiction.

Prenons en main le principe catholique et le priûcipe protestant , clierchous au fond de leur essence jusqu'à quel point il s'y peut trouver quelque chose qui aide ou contrarie le développement de l'esprit humain. Outre cet examen, nous devrons parcourir l'histoire derintelligence, faire halte, d'une manière particulière, aux époques où chaque principe a pu le mieux exercer son influence; l'esprit, alors, placé à la hauteur convenable , observant avec attention, et avec un désir sincère de connaître la vérité, saura découvrir si les considérations philosophiques sont d'accord avec les faits. Au surplus , dans un pareil examen, il convient de laisser de côté les exceptions

l'intblligsngb et lb gatholicismb. S15

bizarres qui ne prouvent ni pour ni contre , auan bien que les faits trop petits ou trop isolés.

Un des principes fondamentaux du Catholicisme, tm de ses caractères distinctifs , est la soumission de Tîntelligence à l'autorité en matière de foi. C'est là le point vers lequel ont toujours été et sont encore dirigées les attaques des protestants ; ce qui est tout i fait naturel , puisque les protestants professent comme principe fondamental la résistance à l'autorité. Leurs autres erreurs ne sont que des dérivations de cette source funeste. Or, s'il se trouve dans l^ Catholicisme quelque chose qui soit capable d'arï^er le mouvement de notre esprit, de rabaisser la stiblimité de son vol, ce doit être, sans aucun doute, le principe de la soumission à l'autorité : c'est ce principe qui est cause de tout le mal, si tant est que la Religion catholique soit coupable de quelque tort à cet égard.

Soumission de Vintelligence à une autorité. On ne peut nier que ces mots, avant qu'on en sache le vrai sens, et que l'on connaisse les objets déterminés auxquels se rapporte cette soumission, ne présentent quelque chose de contraire au développement intellectuel. Aimez -vous avec passion la dignité de l'homme, les progrès scientifiques, vous plaisezvous aux brillants élans de l'esprit humain , vous éprouverez une sorte de répulsion à l'encontre d'un principe qui semble porter en soi la servitude. Mais en ex:aminant ce principe tel qu'il est , en l'appliquant aux diverses branches de la sdence , en ob-

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servant quels points de contact il présente avec les méthodes de la culture intellectuelle, trouverez-yous un fondement à ces craintes? Que restera-t<il de véritable dans les calomnies auxquelles le Gatholidsme a été en butte? Combien vides et puériles vous paraîtront souvent les déclamations sur ce sujet ?

Entrons pleinement dans l'examen de la difficulté; analysons le principe catholique au regard d'une impartiale philosophie. Parcourons toutes les sdeooes, interrogeons le témoignage des plus grands hommes ; si nous trouvons que ce principe ait été opposé quelque part au développement d'une branche quelconque des connaissances ; si les génies les plus illustres, levant la tète du fond de leur sépulcre, nous disent que le principe de la soumission à l'autorité enchaîna leur intelligence , obscurcit leur imagination , sécha leur cœur , nous avouerons que les protestants ont raison dans leurs incessants reproches.

Dieu , l'homme, la société, la nature , la création entière, tels sont les objets dont peut s'occuper notre esprit. 11 ne saurait sortir de cette sphère, car elle est infinie. Hors de là, il n'y a plus rien. Eh bien! ni par rapport à Dieu, ni par rapport à Thonmie, ou à la société, ou à la nature , le principe catholique n'oppose le moindre obstacle au progrès de Tesprit. Ce principe peut être considéré comme un phare élevé qui, loin de contrarier la liberté du navigateur, lui sert de guide, et Tempèche de s'égarer.

Dans tout ce qui touche à la Divinité , en quoi le

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principe catholique s'opposerait-il à l'essor de l'cs^ prit humain ? Assurément, les protestants ne diront pas qu'il y ait le moins du monde à rectifier l'idée que la Beligion catholique nous donne de Dieu. D'accord avec nous touchant l'idée d'un Être étemel, immuable , infini , créateur du ciel et de la terre , juste, saint, plein de bonté , rémunérateur du bien , Tengeur du mal, cette idée est la seule qui leur paraisse digne d'être présentée à l'intelligence humaine.

La Religion catholique joint à cette idée un mystère incompréhensible , profond , ineffable, couvert de cent Toiles aux yeux du faible mortel, l'auguste mystère de la Trinité *, mais, sur ce point , à moins de se déclarer Sociniens, les protestants n'ont aucun reproche à formuler contre nous. Les Luthériens, les Calvinistes, les Anglicans, plusieurs autres sectes, condamnent avec nous ceux qui nient cet auguste mystère : il est même à remarquer que Calvin fit brûler Mchel Servet à Genève, à cause de ses doctrines hétérodoxes touchant la Trinité.

 la vérité, le Socinianisme a produit de grands ravages dans les Églises séparées , là où le droit d'examen privé a changé les chrétiens en philosophes incrédules ; mais cela ne fait point que le mystère de [a Trinité n'ait été respecté longtemps par les principales sectes protestantes, et qu'il ne le soit encore, du moins extérieurement, chez la plupart d'entre Biles.

Dans tous les cas, qaelle entrave ce mystère apis.

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porte-t-il à l'exercice de la raison humaine dans ses contemplations sur la Diyinité ? L'empèche-tril ' de s'étendre dans nn horizon immense? Quelle limite pose-t-il à cet océan infini renfermé dans le saint nom de Dieu ? Jette-t-il qudque obscurité sar ces splendeurs ? Lorsque notre esprit s'éleyant pardessus les régions créées, se détadiant du corps qui lui pèse, s'abandonne aux délices d'une méditation sublime sur l'Être infini, créateur du ciel et de la terre, l'auguste mystère de la Trinité se présente-t-il pour arrêter ou gêner son essor P Demandez-le à ces Tolumes innombrables écrits sur la Diyinité, témoignage éloquent, irréfragable de la liberté laissée à l'intelligence de l'homme, partout où domine la Re* ligion catholique.

Les doctrines du Catholicisme relatives à la Divinité peuvent être considérées sous deux aspects : en tant qu'elles se rapportent à des mystères qui surpassent notre intelligence ; en tant qu'elles enseignent ce qui est à la portée de la raison. Quant aux mystères, ils résident dans une région si haute, ils tiennent à des choses d'un ordre tellement supérieur à toute pensée créée, que celle-ci, en dépit des investigations les plus étendues, les plus profondes et en même temps les plus libres, ne saurait, sans une révélation préalable, concevoir même une lointaine idée de ces ineffables merveilles. Des vérités entièrement différentes, séparées les unes des autres par des distances immenses, ne sauraient se causer un embarras réciproque. L'intelligence peut fixer ses

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l- ni(?ditatîons sur Tune de ces vérités, s'y abîmer, ï sans même songer à l'autre : qu'y a-t-il de commun \ entre l'orbite de la lune et ces astres qui se perdent dans la région des étoiles fixes ?

Craignez- vous que la révélation d'un mystère ne bome l'espace où peut s'étendre votre raison? Craignez-vous, lorsque vous avez pour carrière l'immensité, d'être étouffé par l'étroitesse de votre prison? l'espace manqua-t-il au génie de Descartes, de Gassendi, de Malebranche ? entendit-on ces hommes illustres se plaindre que leur intelligence fût limitée, emprisonnée? Comment tous les grands esprits des temps modernes qui ont traité de la Divinité se se- I raient-ils plaints , eux qui reconnaissent devoir au Christianisme leurs plus hautes» leurs plus sublimes pensées ? Les philosophes de l'antiquité , sur ce sujet de la Divinité, restent à une distance incalculable du moindre de nos théologiens ou métaphysiciens : Osez comparer Platon lui-même à Louis de Grenade, à Louis de Léon, à Fénelon , à Bossuet ! Avant l'ap- I^arition du Christianisme, avant que la foi de la chaire de saint Pierre se fût emparée du monde, les ^lotions primitives touchant la Divinité étant tombées dans l'oubli, Tintelligence humaine errait au gré de mille erreurs, de mille cliimères. L'homme, sentant la nécessité d'un Dieu, mettait à la place de ce Dieu les fantômes de son imagination. Mais depuis que l'ineffable splendeur descendue du Père a projeté sur la terre entière ses clartés , les idées re- Ifttives à l'Être diviii demeurent tellement fixes,

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nettes, et en même temps tellement grandes et sublimes, que la raison humaine en a été élargie : te Toile dont se couvrait l'origine de Tunivers a été soulevé, le but du monde a été marqué , rhomme a reçu la clef qui explique les prodiges dont il est lui-même rempli, et les prodiges qui l'environneiit.

Les protestants ont senti la force de cette vérité. Leur haine contre tout ce qui venait des catholiques approchait du fanatisme; néanmoins, en ce qui toor l^t che l'idée de Dieu , généralement parlant, ils ont resr j^ pecté notre foi. G*est sur ce point que l'esprit imiovateur s'est fait le moins sentir. 11 n'en pouvait être autrement. Le Dieu des catholiques était trop grand pour qu'il fût aisé de le remplacer par un autre Dieu. Nev^ton, Leibnitz, embrassant dans leurs spéculations le ciel et la terre, ne trouvèrent rien à dire sur lauteur de tant de merveilles que ce qui en avait été dit par la Religion catholique.

Heureux les protestants , si, conservant du moins ce trésor au milieu de leur égarement , ils eussent suivi fidèlement les traces de leurs prédécesseurs , s'ils eussent repoussé cette philosophie qui menace de ressusciter toutes les erreurs anciennes et modernes , et conmience par substituer au Dieu sublime des chrétiens le monstrueux panthéisme. Que les protestants amis de la vérité , dévoués à rhomieur de leur communion, au bien de leur patrie, à l'avenir du monde, le sachent à Tavance : si le panthéisme vient à dominer, ce ne sera point la /p, philosophie spiritualiste qui aura triomphé, mais la 1 ^^

l'hitblugencb et lb catholicisme. 831

philosoi^iie matérialiste. En yain les philosophes air kmands condamnent le sensualisme du dernier siècle : un Dieu confondu avec la nature n'est plus ])ieu, un Dieu qui s'identifie avec tout n'est rien : le panthéisme est la divinisation de l'univers, en d autres termes la négation de Dieu.

De quelles réflexions douloureuses n'est- on point assailli lorsque l'on considère la direction que prennent les espîrits en différents pays de l'Europe, particulièrement en Allemagne ! Les catholiques avaient prédit qu'après avoir résisté à l'autorité en niant un dogme, on finirait par les nier tous , qu'on se précipiterait dans l'athéisme ; le cours des idées durant ks trois derniers siècles a confirmé pleinement cette prédiction. Chose bien remarquable! la philosophie allemande s'est attachée à opérer une réaction contre l'école matérialiste , et tout son spiritualisme a fini par la rendre panthéiste. Il semble que la Providence ait voulu rendre stérile pour la vérité le sol d'où sont sortis les hérauts de l'erreur. Hors de l'Église tout est vertige, délire : celui-ci embrasse la matière, se fait athée ; celui-là divague à travers des régions idéales , s'élance à la recherche de l'esprit, et devient panthéiste ! Ah ! Dieu hait encore l'orgueil, et se plaît à renouveler le terrible châtiment de Babel. C'est un triomphe pour la Religion catholique, mais un bien triste triomphe.

Je ne comprends pas davantage comment il se peut faire que le Catholicisme arrête l'essor de l'intelligence en ce qui regarde l'étude de l'homme.

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Qu'exige de nous TÉglise sur ce point? Quel est son enseignement? En quel cercle sont renfermées les doctrines qu'il nous est défendu de contredire?

Les philosophes se sont partagés en deux écoles t matérialistes et spiritualistcs. Pour les premiers, no» tre àme n'est qu'une portion de matière , laquelle, modifiée d'une certaine fiiçon, produit au dedans de nous ce que nous appelons pensée et vouloir. D'après les seconds, l'activité qui accompagne la pensée et la volonté est incompatible avec l'inertie de la matière ; ce qui est divisible , ce qui se compose de plusieurs parties, par conséquent de plasieurs êtres, est incompatible avec l'unité simple qui nécessairement forme le propre de l'être qui pense , qui veut, qui se rend compte à lui-même de tout et possède le profond sentiment du moi : appuyés sur ces raisons, et sur bien d'autres, les spiritualistcs soutiennent que l'opinion contraire est fausse, absurde. L'Église catholique, intervenant, a dit : « L'àme de l'homme n'est point corporelle, elle est esprit; si vous voulez rester catholique, vous ne pouvez être matérialiste. » Mais demandez à l'Église d'après quels systèmes doivent s'expliquer les idées, les sensations, les actes delà volonté, les sentiments de l'homme; elle vous répondra que vous avez pleine liberté de penser là-dessus ce qui vous paraîtra le plus raisonnable : le dogme ne descend point à ces questions ; elles font partie de ce monde, li^Té par la volonté même de Dieu aux disputes des hommes.

Avant la lumière de l'Évangile, les écoles philoso-

l'iutelligbucb bt i,b catsoligisme* 323

} pbiqaes étaient dans une ignorance profonde au sujet de notre origine et de notre destinée ; nul philosophe ne savait expliquer les contradictions moustmeuses qui se remarquent dans Thomme ; nul ne signalait la cause de ce mélange informe de grandeur, de petitesse, de bonté, de méchanceté, de sa- Toir, d'ignorance, de sublimité, de bassesse. La Religion survint et dit : « L*homme est l'ouvrage de IXen ! sa destinée est de s'unir pour toujours à Dieu ; l'homme n'est plus tel qu*au sortir des mains du Créateur v le genre humain tout entier subit les conséqu^ices d'une grande chute. » Or, je défie tous lès philosophes and^is et modernes de me montrer en quoi l'obligation de croire cela s'oppose aux progrès de la véritable philosophie.

Le dogme catholique est si loin de contrarier ces progrès, qu'il en est au contraire une source féconde dans tous les sens. Lorsqu'il s'agit de s'avancer au sdn d'une science , ce n'est pas peu de chose que d'avoir un point fixe autour duquel l'intelligence puisse tourner; c'est une heureuse chose d'éviter, mx premiers pas , une foule de questions qui nous emprisonneraient à jamais, ou desquelles nous ne sortirions que pour tomber dans des absurdités dé- {Aorables : enfin, on doit estimer heureux de trouver ces questions résolues par avance dans ce qu'elles contiennent de plus important. Le philosophe se voit alors dans la position d'un homme qui, sûr de l'existence d'une mine en un certain endroit, ne perd point son temps à la découvrir : fixé sur le véritable

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terrain, il met aussitôt à profit toutes ses rechercluift, tous SCS travaux.

Telle est la raison de Timmense avantage qui, dm ces matières , appartient aux philosophes modenes comparés à ceux de l'antiquité : ces derniers s'ayançaient dans les ténèbres , à tâtons ; ceux des temps modernes marchent à leur but, précédés de brilkor tes clartés, d'un pas ferme et sûr. Peu importe qu'on les entende se vanter à chaque instant de leur dédain pour la révélation ; peu importe qu'ils la combattent : dans ce cas même, la Religion les éclaire, dirige leurs pas, car ils ne sauraient mettre de cèté mille idées lumineuses empruntées à la Beligion; idées trouvées dans les livres, apprises dans le catécliisme, sucées avec le lait ; idées répandues partout, qui imprègnent, pour ainsi dire, comme un élément vivifiant, l'atmosphère intellectuelle. Les hommes des temps modernes, en repoussant la Beligion, portent bien loin l'ingratitude ; dans le moment même qu'ils l'insultent, ils profitent de ses bienfaits.

Ce n'est pas ici le lieu d'alléguer des preuves à l'appui de ce que je viens de dire ; il suffirait pour cela d'ouvrir les œuvres du premier venu d'entre les philosophes modernes et de le comparer aux philosophes de l'antiquité. Un semblable travail resterait incomplet pour ceux qui ne sont point versés dans ces matières, il serait superflu pour ceux qui les connaissent. Je livre cette question à la perspicacité de mes lecteurs : ils conviendront avec moi que, toutes les fois que les philosophes modernes ont parié

L^lNTELLTCHtNCB ET LE CÀTHOLIGISMB* SIS

de rhomme a^ec Ter i té et dignité, leur langage s'est trouvé tout empreint de la sayeur des idées chrélieDDes.

Telle est l'influence du Catholicisme sur ces scien^ ees : qae dirons-nous de son influence sur les études iiorales? Tous les philosophes ensemble ont-ils déeonvert, en fait de morale, quelque chose qui ne «e trouve pas dans l'Évangile ? Quelle doctrine l'emporte en pureté , en sainteté, en élévation sur celle qu'enseigne la Religion catholique? Il faut sur ce point rendre justice aux philosophes même les plus ennemis de la Religion catholique. Ils ont attaqué ses dogmes, l'ont raillée sur la divinité de son origine ; mais, dès qu'il s'est agi de sa morale , ils se Sont montrés respectueux. Je ne sais quelle force ^tïcrète les a contraints de faire cette confession : « Oui, on ne saurait le nier, la morale du Gatholinsme est excellente. »

Le Catholicisme présente encore d'autres articles le foi. La Religion catholique est une religion rêvéée, d'un ordre fort supérieur à tout ce que peut îoncevoir l'esprit humain; son but est de nous conluire à une destinée que nous ne saurions atteindre, li même imaginer, par nos propres forces ; elle est ondée sur ce principe, que la nature , déchue , cor* rompue, a besoin d'une réparation, d'une puriflcaion ; il est Ciair qu'elle doit contenir certains dignes enseignant comment s'opère cette purification, expliquant les moyens dont Dieu a voulu se servir 30ur conduire les hommes au bonheur. Voilà les HT. td

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dogmes de rincamation, de la Rédemption, de la gr&ce et des sacrements.

Ces dogmes embrassent un vaste champ ; les rapports qu'ils présentent avec Dieu et avec les hommes sont fort étendus ; la foi de l'Eglise catholique dans ses dogmes est et a toujours été inaltérable. Eh bien! en dépit de leur étendue, on ne trouve pas un seul point sur lequel ces dogmes arrêtent la libre action de Fintelligence, dans ses multiples investigations. Ce fait s'explique par une raison que j'ai déjà iadiquée. Tous œux qm ont fait une étude comparative des sciences philosophiques et théologiques, ont pu observer que la théologie, en ce qui touche les points extrêmes dont j*ai parlé , s'élève dans une région si supérieure, qu'à peine garde-treUe un point de contact avec l'atmosphère où se meut la philosophie. Ce sont deux orbites, grandes, immenses, mais qui occupent, dans les profondeurs de l'espace, des positions fort distantes Tune de l'autre. L'homme parfois essaye de les rapprocher ; il veut qu'elles se touchent, qu'elles se croisent, qu'un éclair de lumière terrestre pénètre dans la région des incompréhensibles mystères : mais à peine sait-il comment s'y prendre ; lui-même, pénétré de sa faiblesse, confesse qu'il ne parle que par convenances^ par analogiesy uniquement afin de rendre les choses plus claires. L'Eglise tolère cet effort, à cause de la bonne volonté qu'elle y découvre; parfois même elle l'encourage, pleine du désir que les mystères s'accom-

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modent autant que possible à la faible capacité des peuples.

Au dernier terme de leurs raisonnements sur les attributs de la DiTinité et sur les rapports de l'homme «r£€ -Pieu, les philosophes ont-ils trouvé quelque diose qui s'oppose à ces dogmes du Catholicisme? lies yérités révélées ont-dlcs été sous leurs pas une pierre d'ad^oppement qui les ait empêchés de pousser plus loin leurs investigations? n est bon de remarquer, dans la révolution philosophique provoquée au dix-septième siècle par Descartes, un fait singulier qui jette sur cette matière une vive lumière. On connsdt la doctrine catholique relative à Taugaste mystère de l'Eucharistie ; on sait en quoi eoQsiste le dogme de la transsubstantiation, et on n'ignore pas que plusieurs théologiens, afin d'expliqi^^ le phénomène surnaturel qui a lieu après la oonsommation du miracle, ont eu recours à la doctrine des accidents^ qu'ils distinguaient de la sobstance. La théorie de Descartes et de presque tous les philosophes modernes se trouvait incompatible nvee cette explication, car ils niaient l'existence des amdents en. tant que distincts de la substance, n semblait, au premier coup d'œil, qu'il dût résultor de là quelque embarras pour la doctrine catholique; que l'Église dût entrer en lutte avec les systèmes des philosophes. Il n'en a rien été. En examinant la question à fond, on a trouvé que le dogme catholique réside infiniment au-dessus de la région où se meut et s'agite cette théorie philosophique, qui par

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raissait y toucher de si prà. Les thëologiens ont eu beau discuter, s'accabler de mutuels reproches, présenter la nouvelle théorie comme dangereuse, TEglise est demeurée étrangère à ces disputes et snrv^ ricure aux pensées des hommes. Fil'" ?V^ x . . r :: dans cette allitii^" jr«s... i»} :î':.;1,.. . .;.>: ;jd ?; bien •'• • •■ ;.. • m;su^-'.î.;'>>î « {h^'-tv !;: . • V't:.Sacré do Lh '^*('h •»• V'ile i;- i-i iL#i:ilé accordée par 1*Éuîisi» îu. a '■ . ics philosophes. L'Église n'a nul be- >uïii d'opposer à chaque instant des restrictions, des conditions : les dogmes dont elle est la dépositaire se trouvent placés dans une sphère si élevée, que l'esprit de l'homme, dans ses courses hardies (pourvu toutefois qu'il ne sorte pas des sentiers de la vraie philosophie) parvient à peine à les rencontrer. IMais cette raison humaine, si grande et en même temps si faible, se gonfle parfois et lève un front arrogant. Au nom de la liberté, de l'indépendance, elle réclame le droit de blasphémer Dieu, de dénier à l'homme son libre arbitre, à l'àme sa spiritualité, son immortalité, la sublimité de son origine et de sa destinée • î> '^c r-r-r:./ ..„»> 1 .:w)^: ;, , i ■^.' »

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^icLiC v>u cuux ue la dignité humaine. Ou la voit alors opposer une fermeté inflexible à cette liberté funeste, qu'on pourrait définir la liberté des extravagances. Cette liberté, les catholiques ne l'ont point et ne la veulent point; car ils savent qu'il existe dans ces matières, comme en toute chose, une ligne

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sacrée séparant la liberté de la licence. Heureuse servitude, dirons-nous, qui nous prive de mettre en doute si notre âme Tient de Dieu, si elle tend à Dieu, iû existe pour l'infortuné mortel, après cette vie, me autre vie éternellement heureuse, préparée par les mérites d'un Homme-Dieu !

Je puis, ce me semble, me dispenser de défendre la Beligion catholique par rapport à ces sciences dont la société forme l'objet. Les longues considérations dans lesquelles j'ai exposé ses doctrines, son influence, relativement à la liberté civile et politique des peuples, établissent avec la dernière évidence que l^lise, sans descendre sur le terrain des mesquines passions, enseigne une doctrine éminemjnent favorable à la vraie civilisation.

Je traiterai brièvement aussi des rapports du |)riucipe catholique avec l'étude des sciences natu- Irdles. A coup sûr, il n'est pas facile de voir en quoi ce principe pourrait nuire, dans ce genre de connaissances, au progrès de l'esprit humain. Je dis que cela n'est pas facile, je pourrais ajouter que cela est impossible, par une raison fort simple, savoir, que la Beligion catholique se montre d'une réserve extrême en tout ce qui a trait aux connaissances purement naturelles. Il semble que Dieu ait voulu sur ce point infliger une leçon sévère à notre excessive curiosité : lisez la Bible, vous serez convaincu de ce que j'avance.

Ce n'est pas qu'il n'y soit question de la nature. Le livre sacré nous présente la nature sous son aspect

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le plus beau, le plus grande le plus Bublime; il nom l'offre dans son yi^ant ensemble, avec tous ses rapports et sa sublime fin. Mais la Bible n'entre nulle' ment dans l'analyse de la nature : le pneean dn peintre, Timagination du poëte trooteront dans \m saintes pages de magniflqueft modètes ; robservateor^ le naturaliste j dierchemit Tainanont les rensëgnements qu'ils Tondraient. Le Saiitt-Esprit, en nom peignant la création, nous la présente oniquemeit sous l'aspect le plus propre à exciter notre gratitude en?er8 rAutehr de tant de bienifiits : il n'a poiat Toulu faire de nous des naturalistes. Lanatore, tells qu'elle est montrée dans le texte sacre, satisfait pea la curiosité philosopbique ; mais, en éAange, die récrée, agrandit l'imagination^ toudie elk pénètre le cœur.

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