‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec ..., Volume 2Chapitre 12 sur 78 · UNE BBBEUB DB MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

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et les divinisant sous des formes enchanteresses.

Comment, à travers de tels préjugés, était-il possible d'apercevoir la vérité dans les institutions modernes? Tout se trouvait bouleversé d une manière déplorable ; tout ce qui existait se voyait condamné sans appel, et qui osait le défendre passait pour un. esprit borné ou de mauvaise foi. La Religion, les institutions politiques semblaient ne pouvoir plus compter sur un autre appui que les préjugés, ou les intérêts du gouvernement. Aberration déplorable de l'esprit humain ! Que diraient aujourd'hui ces écrivains s'ils sortaient de leurs tombes? Un siècle s'est écoulé depuis l'époque où leur école commença à prendre de l'influence : maîtres de régler le monde à leur fantaisie, ils n'ont fait que répandre des torrents de sang, et accumuler dans Ihistoire de l'humanité leçons sur leçons, déceptions sur déceptions !

Mais revenons à Montesquieu. Ge publiciste, qui s'est tant ressenti de l'atmosphère dans laquelle il a vécu, et qui n'a pas peu contribué pour sa part à pervertir son siècle, aperçut les résultats de la conscience publique créée chez les peuples européens par linfluence chrétienne* Mais, tout en remarquant les effets, il ne remonta pas à la véritable cause, et il s'efforça d'ajuster les faits au système qu'il avait imaginé. En comparant la société antique avec la société moderne, il découvrit entre l'une et l'autre, dans la conduite des hommes, une différence remarquable ; il observa que nous voyons fréquemment s'accomplir parmi nous les actions les plus

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belles, les plus héroïques, tandis qu'une grande partie des Tices qui souillaient les . anciens sont évités : mais, d'un autre côté , Montesquieu, comme tout le monde , ne peut s'empêcher d'observer que les hommes de nos sociétés ne sont pas toujours doués de cette haute trempe morale qui devrait être le motif de leur louable conduite. La cupidité, Fambition, l'amour des plaisirs, les diverses passions régnent encore dans le monde ; il suffit de jeter un regard autour de soi pour les découvrir partout. Ge^ pendant ces passions ne s'emportent pas jusqu'aux excès que nous voyons chez les anciens : un frein mystérieux les retient; avant de se précipiter vers l'appât qui les attire, elles promènent autour d'elles un regard cauteleux, elles n'osent se livrer à certains emportements sans être assurées qu'un voile épais les couvrira. Elles craignent d'une façon singulière le regard public ; il leur faut la solitude et les ténèbres. Quelle est la cause de ce phénomène? se demandait à lui-même l'auteur de V Esprit des Lois. Les hommes, dut-il se dire, agissent souvent, non par vertu, mais par considération pour le jugement que les autres hommes porteront sur leurs actions : c'est agir par honneur. Or, c'est là un fait que Ton remarque en France et dans les autres monarchies de l'Europe : ce sera donc un caractère distinctif des gouvernements monarchiques ; ce sera la base de cette forme politique, la distinction entre la république et le despotisme.

Entendons l'auteur lui-même : « Dans quel gou-

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