‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec ..., Volume 2Chapitre 2 sur 78 · DE LÀ VIK6ISIITB. S · texte numérisé non relu

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Mais qu'on persécute ces saintes institutions par système, qu'on excite contre elles les passions de la populace, qu'on les attaque grossièrement dans leur origine et dans leur objet, cela est plus que brutal et inhumain. C'est enfin une chose quon ne peut plus qualifier, lorsque ceux qui s'en rendent coupables se yantent d'être des réformateurs, des sectateurs de la pureté éyangéiique, se proclament les plus fervents disciples de Celui qui, dans ses conseils sublimes, a signalé la virginité comme l'une des plus belles vertus qui puissent orner la couronne du chrétien. Or, ce fut là une des entreprises auxquelles le Protestantisme s'attadia avec le plus (J'ardeur.

La femme dépouillée de la pudeur oiMra un appât à la sensualité, mais n'attirera jamais l'âme par le mystérieux sentiment qu'on appelle amour. Chose remarquable ! le désir le plus impérieux du cœur de la femme est le désir de plaire ; mais, à peine oubliet-élle la pudeur, qu'elle déplaît et repousse : ainsi, par une loi pleine de sagesse, ce qui blesse le plus vivement son cœur sera le châtiment de sa faute. C'est pourquoi, tout ce qui contribue à relever chez les femmes le sentiment de la pudeur les relève ellesmêmes, les embellit, leur assure un plus puissant ascendant sur le cœur des hommes, leur marque une place plus distinguée dans Tordre domestique couune dans l'ordre social. Ces vérités ne furent pas comprises du Protestantisme, lorsqu'il condamna la virginité. Sans doute, la virginité n'est point une condition nécessaire de la pudeur ; mais elle en estle beau

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idéal, le type par&it : assurémenton ne pouvait faire disparaître ce modèle, en nier la beauté, en condam* ner l'imitation, sims porter une grave atteinte à la pudeur elle-même, qui, continuellement attaquée par la passion la plus puissante du cœur de l'homme, ne se conserve dans sa pureté qu'autant qu'elle est accompagnée des {Hrécautions les plus exquises. Cette fleur délicate ne peut supporter, sans se flétrir, le souffle le plus léger.

Mais, pour combattre la virginité, on me parlera peut-être du préjudice qu'elle cause à la population; on comptera comme \m larcin feit à la multiplication du genre humain chaque ofiGrande apportée sur les autels de cette vertu. Heureusement, les observations des économistes les plun distingués cmt dissipé cette erreur, émanée du Protestantisme et mise en honneur par la philosophie incrédule du dix-huitième siècle. Les faits ont démontré, d'une manière convaincante, deux vérités qui vengent les doctrines et les institutions catholiques : l"" que la félicité des peuples n'est point en proportion nécessaire avec l'accroissement de leur population ; 2^ que l'augmentation comme la diminution de la population dépend du concours de tant d'autres causes, que le célibat religieux, si tant est qu'il figure parmi ces causes, n'y doit être considéré que comme ayant une influence insignifiante.

Une religion mensongère, une philosophie bâtarde ont prétendu assimiler les secrets de la multiplication humaine à ceux de la multiplication des autres

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êtres viTants. Ona fait abstraction de tous rapports avec la religion; on n'a vu dans Thumanité qu'une vaste pépinière où il convenait de ne rien laisser stérile. Par là, on a préparé la voie à cette doctrine (jui considère Findividu comme une machine dont on doit tirer tous les profits possibles. On ne songea plus à la charité ni au sublime enseignement de la Religion sur la dignité et les destinées de l'homme; et c'est ainsi que l'industrie est devenue cruelle, que^ l'organisation du travail, établie sur des bases purement matérielles, augmente le bien-être présent des riches, mais en menaçant d'une manière terrible leur avenir.

Profonds desseins de la Providence! La nation qui a porté le plus loin ces principes se trouve actuellement surchargée d'hommes et de produits. Une misère effroyable dévore ses classes les plus nombreuses, et toute l'habileté de ses hommes d'État sera impuissante à la sauver des écueils vers lesquels elle se prâsipite, poussée par la force même des éléments auxquels elle s'est abandonnée sans réserve. Les docteurs éminents de l'Université d'Oxford, qui, ce semble, commencent à reconnaître les vices radicaux du Protestantisme, trouveraient ici un riche sujet de méditations; ils devraient rechercher jusqu'à quel point les prétendus réformateurs du seizième siècle ont préparé la situation critique dans laquelle se trouve l'Angleterre, en dépit de ses immenses progrès.

Dans le monde physique, tout est disposé avec

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nombre j poids et mesure; les lois de Tunivers montrent, pour ainsi dire, un calcul infini, une géométrie infinie ; mais gardons-nous de nous imaginer que nous pouvons tout exprimer par nos signes mesquins, réduire tout à nos étroites combinaisons. Gardons-nous de la prétention insensée d'assimiler trop le monde moral au monde physique , d'appliquer sans distinction au premier ce qui est uniquement propre à lautre , de bouleverser par notre orgueil l'harmonie mystérieuse de la création. L'homme n'est point né seulement pour procréer ; ce n'est pas une simple roue attachée en son lieu dans la grande machine de l'univers. C'est un être à l'image et à la ressemblance de Dieu, qui a sa destinée propre, destinée supérieure à celle de tout ce qui l'environne sur la terre. Ne rabaissez point cette élévation ; ne courbez pas ce front vers le sol ; ne comprimez pas ce cœur en le privant de sentiments nobles et grands, en ne lui laissant d'autre goût que celui des jouissances matérielles. Sises pensées religieuses Finelinent vers une vie austère, s'il se sent porté à sacrifier les plaisirs de cette vie sur l'autel du Dieu qu'il "ïidore, pourquoi l'en empêcherez-vous .»^ De quel droit méprisez-vous un sentiment qui, certes, exige une trempe d'âme plus forte que celle dont il serait besoin pour s'abandonner lâchement à la jouissance des plaisirs?

Ces considérations, qui regardent les deux sexes, acquièrent une importance particulière lorsqu'elles s'appliquent à la femme. Imagination exaltée, cœur

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passionné, esprit léger, oelle<îi a besoin, plus encore que l'homme, d'inspirations sévères, de pensées sérieuses et graves : il faut un contre-poids à la mobilité avec laquelle elle parcourt tous les objets ; il faut un frein à cette sensibilité qui lui fait recevoir si vivement toutes les impressions et communiquer à son tour, tel qu'un agent magnétique, ces impressions à tout ce qui l'environne. Permettez donc qu'une partie de ce sexe se livre à une vie de contemplation et d'austérité; permettez que les jeunes filles et les épouses aient constamment devant les yeux un modèle de toutes les vertus, un type sublime de celle qui est leur plus bel ornement, la pudeur. Ces vierges ne sont ravies , croyez-le, ni à la famille ni à la société ; l'une et l'autre recouvreront avec usure ce que vous imaginiez qu'elles avaient perdu.

Qui peut mesurer l'influence exercée sur les mœurs de la femme par les cérémonies augustes dont l'Église catholique entoure la consécration d'une vierge ? Qui calculera les saintes pensées, les chastes inspirations qui sont sorties de ces silencieuses demeures de la pudeur, placées tantôt dans des lieux retirés, tantôt au milieu de cités populeuses ? La jeune fille dont le cœur commence à se sentir agité par une passion brûlante, l'épouse qui a donné accès dans son âme à des inclinations dangereuses, n'outelles pas trouvé mille fois un frein à leur passion dans le seul souvenir de la sœur, de la parente, de Tamie qui, là, au fond de cette demeure silencieuse, élève vers le ciel un cœur pur, offrant en holocauste

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aa Fils de la Vierge tous les enehantemeato de la jeunesse et de la beauté? Gela ne se calcule pas, il est vrai ; mais, du moins, est-il certain que cette institution n'a domié naissance ni à une pensée légère ni à une inclination sensuelle. Gela ne se calcule pas; mais calcule-t-on l'iniluence qu'exerce sur les plantes la rosée du matin? Galcule->1non l'action vivifiante de la lumière sur la nature ? À-t-on calculé comment l'eau qui s'infiltre dans les entrailles de la terre la féconde, la fertilise, en fait sortir les fleurs et les fruits ?

Il existe donc une infinité de causes dont on ne saurait nier l'existence ni l'efficacité, et qu'il est néanmoins impossible de soumettre à un calcul rigoureux : ce qui fait ressortir l'impuissance de toute conception exclusivement propre à l'esprit de l'homme. Get esprit est incapable d'embrasser l'ensemble des rapports qui s'entrelacent dans des faits de ce genre ; il lui est impossible d'apprécier comme il convient les influences indirectes, parfois occultes, imperceptibles, qui y agissent avec une délicatesse infinie. Voilà pourquoi le temps dissipe tant d'illusions, dément tant de pronostics, prouve la faiblesse de ce que l'on croyait fort et la force de ce que l'on croyait faible. En effet, le temps révèle mille rapports dont on ne soupçonne pas l'existence, met en action mille causes que l'on ignore ou que l'on méprise : les résultats se développent peu à peu ; chaque jour ils se présentent d'une manière plus sensible, jusqu'au moment où l'on se trouve tout à

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coup en préBence d'une situation nouyelle : alors il est devenu impossible de fermer les yeux à l'évidence des faits, il n'est plus donné de résister à la force des choses.

Or, voici une des méprises les plus choquantes des adversaires du Catholicisme. Jamais ils ne parviennent à voir les choses que sous un seul aspect ; ils ne comprennent, pour une force quelconque, d'autre direction que la ligne droite; ils ne voient pas que le monde moral, aussi bien que le monde physique, est un ensemble de rapports infinim^it variés, d'influences indirectes agissant parfois avec plus d'efficacité que les influences directes ellesmêmes. Tout forme un système de corrélation et d'harmonie, dans lequel il faut se garder d'isoler les parties plus qu'il n'est absolument nécessaire pour mieux connaître les liens cachés qui les unissent avec le tout. Il faut d'aiUeurs se rappeler que le temps est un élément indispensable de tout développement complet, de toute œuvre durable.

Qu'on nous pardonne cette courte digression, nécessaire pour bien inculquer des vérités que l'on n'aura jamais assez présentes, lorsqu'il s'agira d'examiner les grandes institutions fondées par le Catholicisme. La philosophie se voit obligée de dévorer aujourd'hui d'amères déceptions, de rétracter des propositions avancées avec trop de légèreté, de modifier des principes établis avec une généralité imprudente : elle aurait évité cette peine et ce travail par plus de circonspection dans ses arrêts, par plus

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de mesure dans ses investigations. liguée avec le Protestantisme, elle déclara une guerre mortelle aux grandes institutions catholiq[ues ; elle réclama à grands cris la destruction de l'ancienne centralisation morale et religieuse. Et voici qu'une clameur unanime s'élève des quatre coins de la terre pour invoquer un principe d'unité. L'instinct des peuples chiche ce principe ; les philosophes, pour le découvrir, creusent les secrets de la science : vains efforts ! Nul ne peut établir un autre fondement que celui qui est déjà posé : or, ce fondement dure depuis assez longtemps pour qu'on n'en puisse mettre en doute la solidité.

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