PREMIERS SOLITAIRES
Je Tiens d'exanûmr les ordres religieux à nn point de Yue général, en les considérant dans kars rapports avec la religion et aTec l'esprit hnmain : je vais maintenant jeter nn regard sur les points prindpanx de leur histoire. Cet examen, à mon aTis, nous révélera une importante vérité, saToir, que lapparition de ces institutions sous différentes formes a été une sa*' tisfaetioQ donnée à dé grandes nécessités sociales, et un puissant moyen aux mains de la Providence pour procurer non-seulement le bien spirituel de TÉglise, mais aussi le salut et la régénération de la société. On comprend qu'il me sera impossible de passer en reyue les n<Hnbreux instituts religieux qui ont existé : ce serait, d'ailleurs, un sotn superflu pour l'objet que je me propose. Je me bornerai donc à jeter unregard sur tesprîndpales phases de l'hkitoire des ordres religieux, comme un voyageur qui ne peut s'arrêter dans le pays qu'il traverse, se contente de le considérer des sommets les ptus élevés. Je eommence par les soMalres de l'Orîrat*
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Le colosse de Fempire romain menaçait ruine. Des symptômes d'une corruption irrémédiable se manifestaient dans son sein, et précisément, au moment où l'esprit de Tie se retirait de lui, les hordes barbares se présentaient de toutes parts. Dans cette crise, la société même se trouvait à la veille d'une épouvantable catastrophe. Tout le monde connu allait subir un changement ; le lendemain ne devait plus ressembler à la veille. La culture la plus raffinée se trouvait en présence de la férocité barbare, l'énergie des enfants des forêts en présence de la mollesse des peuples méridionaux : le résultat de la lutte ne pouvait être douteux. Lois, coutumes, monuments, arts et sciences, toute la civilisation amassée durant le cours de plusieurs siècles était mise en péril. Tout pressentait une ruine prochaine ; tout faisait comprendre que Dieu avait marqué l'instant où devaient finir la puissance et l'existence même des dominateurs du globe.
. Le monde allait être la proie du chaos; mais la lumière devait-elle surgir enfin de ce chaos? L'hur manité devait-elle se fondre comme l'or dans lecreuset, pour en sortir plus brillante et plus pure? Les idées sur Dieu et sur l'homme devaient-elles se rectifier? La morale devait-elle reprendre et perfectionner son empire? Était-il réservé au cœur de l'homme de s'ouvrir à des inspirations nouvelles, de s'élancer loin de la corruption, pour respirer dans une atmosphère digne d'un être immortel ? Oui : la Providence l'avait amsi réglé, et sa sagesse conduisait les éyénements à
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ce terme par des chemins que l'homme ne pouvait deviner.
Le Christianisme se trouvait déjà propagé sur toute la face de la terre : ses doctrines, fécondées par la grâce, poussaient le monde vers une régénération complète, mais il fallait que l'humanité reçût encore de ses mains divines une impulsion; il fallait que l'esprit de l'homme, ébranlé par une secousse, prit enfin son essor, et s'élevât d'un bond à la hauteur d'où il ne devait plus descendre. L'histoire atteste les obstacles qui s'opposèrent à l'établissement et au développement du Christianisme. Dieu fîit obligé de prendre son épée et d'embrasser son bouclier, selcm l'expression du prophète ; à force de prodiges, il brisa la résistance des passions, détruisit toute science qui s'élevait contre la science de Dieu, anéantit tous les pouvoirs qui s'insurgeaient contre lui. Enfin, après trois siècles de persécution, la victoire se déclara en faveur de la religion véritable; les temples des fausses divinités devinrent déserts, et les idoles qui n'étaient pas encore renversées tremblèrent sur leurs piédestaux. Le moment était venu, pour le Cliristianisme, de réaliser d'une manière permanente les hauts conseils donnés trois siècles auparavant à la Palestine. La sagesse des philosophes ayant été vaine, il fallait que la sagesse du charpentier de Nazareth achevât de se manifester au monde.
Les vertus des chrétiens étaient sorties déjà de l'obscurité des catacombes ; elles devaient resplendir à la lumière du ciel et au sein de la paix, comme
yGooçle
fit cHAmm xxxix.
dansleB^âdioteetsnrtoMdierB. Le Cïiristiaiiîsme
étant devenu maître du sceptre de TEmpire eonuBe du foyer domestique, ses disciples, qui fonnaiest déjà des multitudes, ne vivai^t plus sous le i^ime de la communauté des biens; il est dair qa'imecoD* tinenoe absolue et un détachemmt complet des choses t^restres ne pouTai^t être la forme de vie deh généralité des familles. Le mondedetait se perpétuer; tous les chrétiens ne devaient point observer ce conseil qai change la vie de l'homme, dès cette terre, en une vie angéiique. Un grand nombre d'entre eux devafent se contenta à l'avenir de garder les préceptes, sans aspirer à la perfection qui résulte du renonc^nent à tout ce qui est terrestre et de Fabnégation complète de soi-même. Cependant le fondateur de laReligkm chrétienne ne voulait point que les consdls donnés par lui aux hommes fussent un seul instant sans compter des disciples au milieu de la dissipation du monde. Il ne les avait pas donnés en vain : d'ailleurs la pratique de ces conseils, quoique bornée à un eerde restreint de fidèles, faisait sentir de tous côtés une influence qui facilitait et assurait Tobservance des préceptes. La force de l'exemple exerce un si grand ascendant sur le cœur de Thomme, qu'elle suffit souvent à triompher toute seule des résistances les plus opiniâtres. Quelque chose incline notre cœur à sympathiser avec tout ce qui l'approche, soit le bien , soit le mal ; il semble qu'un aiguillon secret nous presse dès que nous voyons d'autres hommes prendre sur nous les devants en une direction quel-
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conqtBfe. d'est 00 qai rmd si ayantageûx rétablissement des institats religieax dans lesquels les vertus et raustérité de la vie s<mt données en exemple et opposent à l'égarement des passions un reproche éloquent.
La Providence voulait atteindre ce grand objet par des moyens extraordinaires. Les déserts de la Thébaïde, les solitudes embrasées de l'Arabie, de la Palestine et de la Syrie présentent des hommes que l'Esprit de Dieu vient de susciter. Un manteau de poil de chèvre, un grossier capuchon, tel est le luxe par lequel ils confondent la vanité et l'orgueil des mondains. Leurs corps exposés aux rayons du soleil et à tcmte la rigueur du froid, exténués par de longs jeûnes, ressemblent à des spectres sortis des sépulcres; l'herbe des champs est leur unique aliment, l'eau leur braivage ; le travail de leurs mains leur procure les faibles ressources dont ils ont besoin. Soumis à la direction d'un vieillard dont les titres au gouvernement sont une longue vie passée dans le désert, et des cheveux blanchis au milieu des austérités, ils gardent constamment le silence. Leurs lèvres ne s'ouvrent que pour articuler des prières. Pour eux, le monde a cessé d'exister; les rapports d'amitié, les doux liens de famille et de parenté, tout est rompu par un esprit de perfection porté à une hauteur qui dépasse toutes les pensées de la terre. Avant de se retirer au désert , ils ont vendu tout ce qui leur appartenait et en ont distribué le prix aux pauvres. Les saintes Écritures sont la nourriture de
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leur esprit; ils apprennent par cœur les paroles de ce divin livre, ils les méditent sans cesse, suppliant le Seigneur de leur en accorder la véritable intelligence. Dans leurs réunions, on n'entend que la voix de quelque cénobite expliquant avec une simplicité naïve le sens du texte sacré, mais toujours de manière à tirer de ses leçons quelque profit pour la purification des âmes.
Le nombre de ces solitaires fut si prodigieux que nous n'y pourrions croire, si des témoins oculaires, dignes du plus grand respect, n'en faisaient foi. Quant à la sainteté, à l'esprit de pénitence, à la pureté de vie que nous venons de peindre, on ne saurait les mettre en doute après le témoignage de Buffin, de Pallade, de saint Jérôme, de saint Jean Chrysostome, de saint Augustin, de tous les hommes illustres de ce temps. Le fait est singulier, prodigieux ; mais nul n'en peut contester la vérité historique : ce fait eut pour témoin le monde entier, qui accourut de toutes parts au désert pour y chercher lumière, remède et pardon.
Je pourrais apporter ici mille autorités; je me contenterai d'une seule, qui suffit pour toutes, celle de saint Augustin. Voici comment le saint docteur décrit la vie de ces hommes extraordinaires : « Ces Pères, non-seulement très-saints dans leurs mœurs, mais très-avancés dans la doctrine divine, hommes excellents sous tous les rapports, ne gouvernent point avec orgueil ceux que l'on appelle leurs fils (nom justement employé à cause de la haute autorité
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de ceux qui commandeut, et de la prompte volonté de ceux qui obéissent). Au déclin du jour, chacun d'eux, encore à jeun, sort de son habitation, et tous accourent pour entendre leur Maître. Chacun de ces Pères en a sous sa direction trois mille au mains, car le nombre en est parfois beauicoup plus grand. Ils écoutent, avec une attention incroyable, dans un profond silence, manifestant, par leurs gémissements, par leurs pleurs , ou par une joie modeste et tranquille, les divers sentiments que le discours excite dans leur àme. » (Saint Augustin, lib. 1, de Moribm Ecclesix^ cap. 31.)
Mais:, dira-ton, à quoi ces hommes étaient^ils utiles, si ce n'est à se sanctifier eux-mêmes? De quel profit étaient-ils pour la société.^ Quel changement amenèrentrils dans les idées ou dans les mœurs? Admettons que cette plante du désert a été belle et parfumée : de quoi ser\it*«Ile? elle demeura stérile.
Certes, ce serait une grave erreur de penser que tant de milliers de solitaires n'exercèrent point une grande influence. En premier lieu, et pour ne parler que de ce qui a rapport aux idées, il faut observer que les monastères de l'Orient s'élevèrent tout près des écoles des philosophes. L'Egypte fut le pays de la vie cénobitique par excellence : or, personne n'ignore le haut renom dont jouissaient, peu de temps auparavant, les écoles d'Alexandrie. Sur toutes les côtes de la Méditerranée , le long de cette ceinture de terre qui, commençant à la Libye , allait se terminer à la mer Noire , les esprits étaient à cette époque dans II. 14
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un mouvement extraordinaire. Le Christianisme et le Judaïsme, les doctrines de l'Orient et celles de TOcddent, tout s'était réuni , accumulé en cet endroit du monde. Les restes des anciennes écoles de la Grèce s'y trouvaient mêlés aux trésors que le cours des siècles et le passage des peuples les plus fameux de la terre avaient apportés dans cette contrée. Des événements gigantesques étaient venus répandre des torrents de lumière sur le caractère et la valeur des idées ; les esprits avaient éprouvé des secousses qui ne leur permettaient plus de se contenter des leçons paisibles contenues dans les dialogues des anciens mattres. De ces pays illustres sortirent les hommes les plus éminents des premiers temps du Christianisme, ceux dont les ouvrages nous font le mieux connaître le degré de puissance et d'élévation auquel l'esprit humain était parvenu à cette époque. Était-il possible qu'un phénomène aussi extraordinaire fût sans effet sur le cours des idées ; que cette multitude de monastères et d'ennitages placés en face des écoles philosophiques, n'exerçât pas sur les esprits une influence puissante? Les idées des soUtaires passaient incessamment du désert dans les villes; car, en dépit de tout le soin qu'ils mettaient à éviter le contact du monde, le monde les cherchait, s'approchait d'eux, venait continuellement recevoir leurs inspirations.
Lorsque l'on voit les peuples accourir vers les solitaires les plus éminents, implorer de leur sagesse remède et consolation, lorsqu'on voit ces hommes
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vénérablea répandre avec onetion les leçons qu'ils ont apprises dans de longues années de méditation et de prière, il est impossible de ne pas comprendre à quel point ces communications durent être utiles pour rectifier et élever les idées touchant la religion et la m(»rale, pour corriger et purifier les mœurs.
Ne perdons pas de vue que l'intelligence humaine se trouvait, pour ainsi dire, matérialisée par la cor* ruption et la grossièreté de la religion païenne. Le culte de la nature, des formes sensibles, avait poussé de si profondes racines, que, pour élevar les esprits à la conception des choses supérieures, il fallait une réaction puissante, extraordinaire ; U fallait en quelque sorte anéantir la matière pour ne présenter à l'homme que l'esprit. La vie des solitaires de l'un et de l'autre sexe était ce qu'il y avait de plus propre à produire cet effet. 11 semble, en lisant l'histoire de ces solitaires, qu'on se trouve transporté hors de ce m(mde : la chair a disparu; il ne reste plus que l'esprit. On a dompté la chair à tel point, on a insisté tellement sur la vanité des choses terrestres, qu'en effet la réalité même se change en illusion, le monde physique s'évanouit pour céder la place au moi^ intellectuel et moral. Tous les liei» de la terre ont été rompus; l'homme se met en communication intime avec le ciel. Les miracles se multiplient prodi* gieusement dans ces Vies; les apparitions s'y reoou* vellait sans cesse. Les demeures des solitaires sera* blent une arène dans laquelle les bons anges hittent contre les mauvais angts, le dA cmtre Tenler, Dieu
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contre Satan : la terre n'est là que pour servir de «hamp de bataille , et le coi^ps pour être consumé comme un holocauste sur les autels de la vertu. ^ Qu'est devenu ce culte d'idolâtrie que la Grèce décernait aux formes sensibles, cette adoration qu'elle offrait à la nature en divinisant tout ce qu'il y avait de délices et de beautés, tout ce qui pouvait intéresser les sens et le cœur? Quel changement profond! Ces mêmes sens sont assujettis aux privations les plus terribles ; la plus dure circoncision est infligée au cœur; l'homme qui naguère ne parvenait plus à élever son esprit au-dessus de la terre, le lient maintenant sans cesse attaché au ciel.
11 est impossible de se former une idée de ce que nous tâchons de décrire, si on n'a lu les Vies de ces solitaires ; pour concevoir tout l'effet de ces prodiges, il faut avoir passé de longues heures à parcourir ces pages, où l'on ne trouve, pour ainsi dire, rien qui suive le cours ordinaire des choses. Il ne suffit pas de s'imaginer des vies pures, des austérités, des visions, des miracles ; il faut voir tout cela accumulé et porté au plus haut point de l'extraordinaire.
Si l'on se refuse à reconnaître dans des faits si surprenants Faction de la grâce et quelque chose de surnaturel; si l'on va jusqu'à supposer que la mortification de la chair et Télévation de l'esprit y sont portées à un excès répréhensible, on ne pourra cependant pas refuser de convenir qu'une réaction semblable était très-propre à spiritualiser les idées, à
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réveiller chez rhomme les forces inteUigentes et morales, à lui donner le sentiment de cette vie intérieure, intime, dont jusqu'alors il ne s'était jamais occupé. Ce front, jusque-là courbé vers la poussière, devait s'élever vers la Divinité ; quelque chose de plus noble que les jouissances matérielles se trouvait offert à l'esprit, et le débordement brutal qu'autorisait le scandaleux exemple des divinités du Paganisme apparaissait enfin comme une offense à la haute dignité de la nature humaine.
Sous le rapport moral, l'effet devait être immense. L'homme , jusqu'alors , n'avait pas même imaginé qu'il lui fût possible de résister à l'entraînement de ses passions. La froide moralité de quelques philosophes présentait, il est vrai, certaines maximes de conduite dont l'objet était de mettre un frein au déchaînement des passions dangereuses : mais cette morale n'était que dans les livres, le monde ne la regardait point conune praticable, et si quelques hommes tentèrent de la réaliser , ils le firent de telle manière que, loin de lui donner crédit, ils parvinrent à la rendre méprisable. Qu'importe d'abandonner les richesses, d'afficher le détachement de toutes les choses du monde, comme firent quelques philosophes, si en même temps l'homme se montre tellement vain, tellement plein de lui-même, qu'on voie clairement que tous ses sacrifices iSOnt offerts à la divinité de l'orgueil.^ C'est renverser toutes les idoles pour se placer soi-même sur l'autel, et y régner sans dieux rivaux ; ce n'est point diriger les passions , ni les soumettre
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à la raisoa » ouik créer une passiez oftoastnieu^ ^ qui s'élève sur toutes les autres et ks absorbe. L'humilité, pierre fondamentale sur laquelle les solitaires basaient l'édifice de leur \ertu, les plaçait tout d'un coup infiniment au-dessus de ces philosophes plus oa moins austères de l'antiquité. Les solitaij^s enseignaient à fuir le vice, à pratiquer la vertu, non plus pour le plaisir futile d'être regardé et admiré, mais par des vues supérieures, tirées des rapports de l'homme avec Dieu et du sentiment de ses destinées éternelles.
L'utilité des sublimes exemples donnés dans le désert, n'était nullement afEaihliepar l'effet de ce dogme du Christianisme qui défend d'attribuer à la seuk énergie de l'homme le mérite des actions qui lui acquièrent la vie éternelle. Ce dogme, qui se trouve d'ailleurs si bien d'accord avec les leço»s journalières de l'expérience sur la fragilité humaine, loin d'abattre l'esprit, l'anime, au contraire, de plus eu plus. Lorsque l'homme se croit seul, lorsqu'il ne se sent point soutenu par une main toute-puissante , il ne marche qu'en chancelant comme un enfant qui essaye ses premiers pas : la confiance en lui-même, dans ses propres forces, lui manque ; le but vers lequel il se dirige lui semble trop éloigné, l'entreprise trop ardue, et il défaille. Le dogme de la grâce, expliqué par le Catholicisme, n'est pmnt cette doctrine fataliste, mère du désespoir, qui a glacé les cœurs parmi les protestants, ainsi que le déplorait Grotius. C'est une doctrine qui, laissant à rhomme son libre arbi-
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tre tout entier, lui ensetgne là nécessité d'un geooim supérieur : o€ ee secours lui sera fourni aboudam* ment par rinfinie bonté d'un Dieu qui a yersépour lui son sang dans les tourments et l'ignominie.
Nedirait*on pas que la Pirovidence aityoulu choisir spécialement un climat où Ilimnanité pût faire C(mim« une épreuTC de ses forces -vivifiées et soutenues par la grâce? Ce fut sous le del en apparence le mieux fait pour la corruption de Tàme, dans ces contrées où le relàchem^t des corps conduit naturellement au relâchement des esprits , où l'air même qu'on respire excite au plaisir ; ce flU là que se déploya toute l'énergie de la volonté, qae les plus grandes austérités forent pratiquées, que les plaisirs des sens forent proscrits avec le plus de rigueur. Les solitaires fixèrent leur demeure dms des déserta où pouvaient encore arriver les souffles embaumés qu'on respirait dans les contrées voisines; du haut de leurs montagnes, ils apercewent ces lieux riants qui invitaient à la jouissance et au plaisir : semblables à cette vierge chrétienne qui abandonna sa grotte pour se placer dans les fentes d*un rocher d'où elle contemplait le palaiâ désespères, débordant de richesses et de délices. Dès lors, tous les dhnatsse trouvaieni bons pour la vertu ; l'austérité de la morale ne dé-* pendait plus du pins ou du moins de prcaimité de l^i ligne de réfuateur ; la morale de l'homme, comme rhomme lui-même, pouvait vivresous toutes les latitudes. Après que la continence absolue eut été pra^ tkpiée d une manière si admirable sens le ciel que