‹ Le protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec ..., Volume 2Chapitre 60 sur 78 · IL · texte numérisé non relu

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« Sexto» de hoc quod relîgiosi gaudent de his quaB per eos Deus magnifice operatur. Gap. 18.

<r Seplimo, de hoc quod religiosi curias principum fréquentant Cap. 19. »

Lorsque l'on prétend se rendre compte des ^ets d'une institution, it n'est point inutile de savoir quels sont ses ennemis; pour apprécier les moyens employés par cette institution, il n'est point superflu de considéra* quels sont ceux qui attirent spécialement les attaques : il nous paralt dès lors aisé de comprendre à quel point les nouveaux instituts firent preuve d'habileté dans la défense de la vérité.

Il est encore une remarque à faire. Dans ce temps reculé, comme de nos jours, on ne manqua point de combattre l'influence des moines en imputant à la communauté entière, à l'institut même, les excès dont un petit nombre de religieux se rendaient coupables; comme Ton voit, l'argument nommé dans l'École à particulati ad universale s'est trouvé depuis longtemps en usage. Le saint Docteur est obligé de repousser celte sorte de calomnie. Il reproche à ses adversaires la mauvaise foi avec laquelle ils exagèrent, en vue de discréditer les religieux, les vices dans lesquels tombe toujours, plus ou moins, la faiblesse humaine. Emportés par leur haine> les ennemis des moines mendiants les appelaient /awa? apôtres, faux prophètes t précurseurs de F Antéchrist ^ xm même Antechrists. Ainsi, lorsque les protestants ont adressé cette injure au pape, ils n'ont fait que renouveler une insulte familière aux sectes d*un autre temps. Les catholiques, du moins, lorsqu'ils répondent à leurs adversaires, n'ont point coutume de tant s'alarmer; leur langage garde plus de mesure. Ils laissent l'Antéchrist pour le

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temps que Dieu sait : les sectaires^ trop semblables cependant par bien des côtés à Xhomme de perdition^ ne sont point légèrement gratifiés par nous d'un tel surnom.

Ces exemples du treizième siècle devraient être pour nous une leçon salutaire. Craignons de nous laisser surprendre par les ennemis de FÉglise. Leur tactique favorite est celle-ci : £n cent endroits à la fois, ils font entendre un cri de réprobation contre l'objet qui a excité leur haine ; puis ils nous disent : « Écoutez cette clameur universelle qui condamne ce que nous condamnons. Vous faut-il quelque chose de plus pour être convaincu que notre cause est juste, que la méchanceté et l'hypocrisie sont nos seuls adversaires? » Trop de gens sont dupes de ce langage. L'impiété mêle habilement à ses clameurs les clameurs des siècles passés; mais elle se garde de dire que ceux qui crient aujourd'hui sont les continuateurs de ceux qui crièrent dans les siècles passés. Ainsi, tout ce bruit prouve uniquement que l'Église a eu dans tous les temps des ennemis nombreux. Hélas ! nous le savions ; il y a dix-huit siècles que le Divin Maître l'a annoncé.

Lorsque de nos jours on a prétendu que certaines clameurs dirigées contre des institutions saintes étaient un écho de l'opinion des personnes éclairées et sensées, on a oublié qu'à toutes les époques il en a été de même. Si les entreprises louables devaient être empêchées par de telles oppositions, jamais nulle n'aurait été réalisée. Je ne prétends point pour cela que toute objection doive être méprisée, qu'il soit sans danger d'omettre un examen approfondi de l'état des choses; sans aucun doute, il est de la véritable prudence de scruter les moindres circonstances; et le nom même donné à certaines vertus nous dit qu'il importe de discerner y de regarder autour de soi

(discernement, circonspection). Mais ce que j'ai précédemment dit est loin de se trouver en opposition avec ces vertus; il serait bien plus juste de reconnaître que c'en est une application.

En effet, quel meilleur usage fera-t-on du discernement, que de distinguer les justes plaintes des plaintes affectées, les réclamations fondées des réclamations mensongères ? Les gémissements exlialés par saint Bernard, par saint Bonaventure, doivent-ils être confondus avec les lamentations hypocrites des hérétiques de leur temps? Bevra-t-on attribuer à Luther, à Calvin, à Zwingle, la même intention qu'à saint Ignace, à saint Charles Borromée, à saint François de Sales? Voilà ce qu'il importe véritablement de ne point confondre, lorsqu'on veut être fixé sur les abus qui, à telle ou telle époque, ont affligé l'Église. Oui, condamnons le mal en quelque lieu qu'il se trouve; mais faisons-le avec sincérité, avec une intention pure et un vif désir d'y porter remède, non pour le criminel plaisir d'étaler aux regards des fidèles un tableau affligeant. Gardons-nous bien de ce faux zèle qui n'a de respect pour rien; sous le prétexte de favoriser la réforme, ne nous faisons point nous-mêmes instruments de destruction. On ne doit point croire à tout esprit; il ne faut pas plus oublier la prudence du serpent que la simplicité de la colombe.

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