SOREL
fini;
L'ÉGLISE DE TROYES
à la classe de Xeufchàtel.
Salit par nostre Seigneur Jésus-Christ.
Très chers el honorez frères, la commodité ne s'est adonnée plustost de vous mander de mes nouvelles a cause qu'après avoir esté icy arrivé je fus envoyé sur les champs. Car il y a beaucoup de lieux circonvoisins qui sont destitués de ministres et n'ont aulcune prédication que par le moyen des ministres de ceste ville. Nous avons beaucoup de peines et d'occupations et bien peu de loysir et de repos. Mais aussi avons grande matière de rendre grâces à Dieu de l'accroissement et prospérité qu'il donne ici de jour en jour a son église. Les prestres qui sont en grand nombre el les papistes ne scavent quasi ou ils en sont. Nous faisons assemblées et de jour et de nuict et ny vient moins de 4 à 5 cents personnes. Il y en a de plus de mille personnes et si il ny a cloebes pour les y appeler. Mais s enquierent ou se doivent faire les dictes assemblées pour ce qu'on change tous les jours de lieu. Nous ne trouvons plus maison assez grande pour contenir le peuple qui accourt, pour oyr la parole de Dieu. Nous avons administré la Cène du Seigneur depuis peu de temps ou se sont trouvé gens qui sont venus de bien loing. Nous sommes trois
ministres icy mais il fuult que lun so>t toujours sur les champs, pour se ourir les circonvoisins qui sont destitués. Il y a assez bonne police en ceste église. Tl y en a douze deuz qui ont toute charge de l'Eglise et sont appeliez le Conseil et s'assemblent souvent pour consulter des affaires de l'Eglise. Oultre cela il y a le Consistoire ou assistent tous les surveillants qui sont bien jusques au nombre de 15 avec les ministres et s'assemblent un jour chaque sepmaiue. Chascun surveillant a un advertisseur pour signifier à ceulx de sa compaignie les lieux et heures de l'assemblée. Les dimenches et festes nous faisons assemblées en plein jour le matin et le vespres a la veu des papistes, nonobstant que par le Roy aient este défendues les dictes assemblées et neantmoins n'avons eu jusqu'icy empeschement, par la grâce de Dieu. Je ne doubte que Dieu ne tienne bridez les ennemys moyennant vos sainctes prières et des aultres églises. 11 \ous plaira doue de poursuivre de prier le Seigneur pour nous et pour les églises de par deçà au milieu de beaucoup de dangers et qui avons beaucoup d'ennemys autour de nous. Je suis joyeux d'avoir entendu qu'avez ottroye M Pierre Clément a l'église de Vitri. Si en pouviez laisser encores quelcun sans dommage de l'Eglise de par delà et nous le faire signifier on l'envoyroit quérir car il y a \ ou â villes icy à lentour qui en désirent fort.
Nous navons encore des temples connues a Orléans et a Meaux ou les églises se portent fort bien. Je n'ay eu la commodité de veoir Monsieur Jeremie ./. Vallet qui est à Loisir. Je luy ai escript et luy ay envoyé les lettres de ses parents qui désirent veoir leur fils. Il \ a souvent icy des gens du dit lieu qui font bon rapport de luy et se porte fort bien et est en grande estime. Parquoy en telle nécessité qui est par deçà de ministres et que le dit frère esl
bien nécessaire an dit lien taschez de resjouir les dits pareils et qu'ils soyent admonestés de prendre en bonne part si le dit Jeremie ne va par delasitost qu'ils vouldroyent;
L'église de Challons ou esl Monsieur V. Fornelet se porte bien. Il y avait ces jours gens de la dicte Eglise envoyés icy qui m'ont dit que le dit frère se porte fort bien, Dieu mercy, et qu'ils vouloient envoyer bientost quérir sa famille.
Quant à mo\ frères, estant revenu des champs de faire quelques visitations, j'ay entendu que l'église d'ici avait escrit de moy à Genève et à vous pour demander mon congé entièrement et m'ont prié de vous le demander d'autant que de 3 ministres que nous sommes, il n'y a qu'un qui soit à eux du tout. Car il y en a un qui a esté envoyé pour Digeon qui est bien scavant, mais a cause de trouble qui advint au commencement qu'il fut la pour un baptesme, il n'a peu despuis subsister là et cependant leglise d'icy la prié de demeurer ici en attendant qu'il soit redemandé. Combien que nous sommes après de l'avoir du tout pour ceste ville puisque eeulx de Digeon sont si froitz et en avons escrit à Genève. Et moy vous scavez que n'ay couché que pour demi an, dont ils craignent qu'ils n'ayent grande peine d'en trouver s'ils sont en bref destitue/, de deux de nous et combien que nous démoulassions tous trois il leur en faudroit davantage bien tost a cause de la grandeur de la ville et du grand nombre des fidèles. Je vous prie, frères, quant à ce point de mon congé, advisez y comme il vous semblera bon et aussi à l'église à laquelle je me tiens encore obligé. Je n'ose vous presser de costé ou d'aultre, pour ce que je suis redebvable aussi bien au pais au delà ou j'ay esté une bonne partie de mon aage, comme je le suis à ces pays icy, de ma nativité. D'aultre part je veux avoir ma conscience libre ;t suivre non pas
mon \ouloir mais nu je suis appelle légitimement. Je ne doubte pas que ces commencements qui sont en ces pays, mon labeur ne fructifie plus selon l'apparence extérieure que par delà et que l'affection à son propre pays est naturelle. Touttesfois jay résolu en mon cueur de suivre vostre avis et conseil ce pouvant que je seroi membre de vostre corps, et ne me chaull ou je finisse ce peu qui me reste de cestepoure \ie. moyennanl (pièce soyt en l'église de Dieu. Si vous jugez, que je demeure par deçà et qu'ottroiez mon congé en pourvoyant en ma place, je pourroi retirer mon mesnage au moins ma femme par deçà. Si aultrement est arrestéje m'efforceray de suivre cela comme le conseil de Dieu. Quant il adviendroit que vous fussiez. d'advis de ne me donner entièrement mon congé de Pontareuse qui est grande ne puisse demourer si longtemps sans pasteur, je me consens bien qu'il lu\ >o\\ pourveu d'un homme de bien qui en prend la charge entièrement, et que vous tarie/, de ce qui lui competera et adviendra du bien comme si je y estois. Et en ce cas je ne laissera; a tenir fidélité pour retourner par delà pour servir ou il plaira a Dieu. Chers frères pour faire lin je vous recommande ce qui vous est ja assez, recommandé, l'honneur de Dieu, le lien de paix et le soin du trouppeau à vous commis et qui est racheplé d'un si grand pris. Sur quo> après m'cstre recommande a vous et a vos sainctes prières, je priera; leternel \ou^ avoir en sa protection el vous augmenter en toutes bénédictions. Je désire a estre recommande a Monsieur le Gouverneur et a Messeigneurs nos ehaslelains ancien et nouveau et a Madame de Colombier qui na voulu mettre empeschemenl a ce mien voyage qui aura servj a quelques ungs par la grâce de Dieu.
— -2 il» —
le vous prie aussy, mes frères, me recommander a vos familles.
De Troues, ce 13 october 1561.
1 otre Frère et Amy, Jaques SOREL.
Les principaux de teste Eglise vous saluent affectueusement se re-
roniniandiint ;t vos prières.
'25 Octobre 1561, — M^s. Ncocomens.
L'EGLISE DE TROYES
à la classe fie \«'«ifehàt«'l.
Grâce Vols son et paix de par nostre Seigneur Jésus.
Tics chers seigneurs et frères, nous \ous remercions grandement de ce qui! vous a pieu nous faire tant de bien que de nous envoyer nostre frère Monsieur Sorel a fin qui put icy travailler en loeuvre du Seigneur et servir à son pays auquel il estoit grandement désiré et ou nous espérons grand fruit de son labeur comme aussi pour telle fin et en ceste espérance vous nous laves ottroyé. Et maintenant nous sentons, grâces à Dieu, vostre espérance et la nostre nestre vayne, mais rlustost estre surmontée par lissue que sen est ensuivie. De quoy nous avons a vous remercier grandement. Nous premièrement, a qui les fruicts en viennent par l'accroiscement de nostre Eglise et vous aussi de la compagnie desquelz est sorti celuy pour lequel tout le pays vous est grandement obligé. Mais parceque vous ne fistes mention que de six moys par lesquels il pourroit demeurer avec nous voila pourquoy nous vous avons voulu supplier que, continuant vostre bonne affection, laquelle vous avez monstre jusquicy et le zèle a lavancement de l'Evangile, quel soit vostre plaisir a le nous accorder pour tousjours comme nous espérons que feres, aydant Dieu, veu que pouves substituer en sa place quelque homme docte desquels le nombre est grand entre vous
qui pourra faire la charge non avec moins édification el contentement de ceux de la paroisse que pourroit taire le dit M1 Sorel. Et cependant nous espérons que Dieu se servira tellement de lui de par deçà qu'aurez encore plus grande occasion de glorifier Dieu avec nous a cause de luy qui a este reçu de ceux de son pays et est oui d'aultant plus attentivement qu'il avoit esté longuement attendu et désiré. .Nous croyons aussi que lobligation quil a particulièrement àceulx de sa nation l'excitera a travailler davantage et faire diligence en son debvoyr. Il ne se pourroit maintenant départir de ce trouppeau sans le grand dommage de l'Eglise et grande joye des adversaires d'icelle. Ce (pic ne permettrez comme nous espérons mais exhorterez par lettres, sil vous plaist, que voyant 1 oeuvre que Dieu veut l'aire par luy quil poursuive bien et heureusement a glorifier Dieu et amener les hommes a sa cognoissance comme nous tous ne demandons aultre chose. Et ce faisans nous vous serons de plus en plus obligés et demeurons vos serviteurs a jamais. Qui sera (in, esperans vous estre recommandés à vos bonnes grâces et prières, nous prions Dieu quil vous augmente ses grâces et bénédictions à sa gloire et édification de son église, (le -2."> jour d'octobre 1501. Duchat au nom de toute l'église de Troyes.
« Seigneur Jehan André Drapier demeurant a Gpuerc entre la Fusterie et le Molard a esté le porteur de ces présentes. »
13 Décembre 1561. — MsS, NeoCOOen».
L'ÉGLISE DE TROYES
au\ Pasteurs clt* >cufeliàtel.
La Grâce et la paix de Seigneur vois soient multipliées.
Messieurs et pères vous ne trouvère/, estrange s'il vous plaist, si nous vous prions humblement pour la troisième fois de nous accorder que nostre frère Sorel soit du tout uostre. Si vous estiez eu nostre place, Messieurs et pères, voiant le fruict qu'il faict et pourroit faire a ladveuirvoiant qu'il seroit si agréable au menu peuple que rien plus, pour le grand proffit qu'il tireroit touts les jours de ses serinons plains de sainctes exhortations a pieté. Joinct que ses affaires particulières requéraient bien icy sa présence nous ne doublons point que ne tissies instance comme nous, a ce qu'il nous fust donné pour tousjours. Nous vous prions donc de ne trouver point mauvais si encore ceste fois nous vous supplions au nom de Dieu qui a rachepté son Eglise du pris du sang de son fils Jésus, que vous aies pitié de ce petit trouppeau de Troyes, affamé de la parolle de vie. Si vous dous privez Messieurs et pères de la présence d'ung pasteur si nécessaire il ne nous en demeurera plus qu'un lequel ne pourra pas fournir à la ville tant s'en fault qu'il puisse planter églises au Seigneur selon coustume, confermanl celle- qui sont ja toutes dressées, non seullement è.> environs de Troyes ains aussi a sept, neuf et quinze lieues loing non sans un fruict merveilleux. Et y a appa-
rence qu'il pourra ;i ladvenir estre encor plus grand, nostre frère Sorel taisant les voyages à sa commodité qu'un aultre a faict auparavant. Seulement Messieurs et pères octroies nous ce don sil vous plaist et espérés par vostre moyen en ce pais un grand advencement du règne du Seigneur Jésus, vous obligeans avec toute la compagnie de plus en plus a prier a tout jamais pour vous et tout le trouppeau que le Seigneur vous a commis. Le Fils de Dieu vous bénie et gouverne par son sainct Esprit tellement vostre cueur en ceste affaire que nous aions telles response que nous demandons.
De Troyes ce XIII jour de décembre.
Votre fils, Jehan Grayelle dit Dt Pin
Au nom de l 'Eglise <ie Troyt>s,
ifi Décembre 1561. — Mss. Neoconjens
L'ÉGLISE DE TROYES
à \ciifchntel.
Messieurs ies bienfaicts que nous avons reçus de vous nous sont en si grande recommandation que toute nostre vie aurons occasion de vous remercier pour nous avoyr envoyé Monsieur Sorel annoncer la parolle du Seigneur, homme tel que sa bonne vie et prédication sont envers nous d'un tel pri\ et sont agréable au peuple que chascun le désire et souhette et duquel le Seigneur a tellement béni lœuvre que son trouppeau en est grandement augmenté et augmente par chacun jour. Et tout ainsy que sa venue nous a este joyeuse et profitable, nous craignons que son absence nous soyt dommageable. Qui fait que nous vous supplions au nom du Seigneur permettre qu'il parachève le cours du ministère quil a icy commencé, et vouloir envers nous estre tant favorables que de nous en envoyer encores d'aultrcs pour en departyr a nos voysins qui par faulte de ministres demeurent sans cognoissancc de Dieu combien que la désirent. Ce quavons estimes que ferez voluntier, nous accordant ceste requeste qui ne tend a aultre lin que laugmentation du règne du Filz de Dieu (lui] tiel nous scavons que estes relateurs. Et ce faisans sommes asseurés que le Seigneur bénira tellement leur labeur et de ceulx qui sont par de la que toulte nostre campaigne combien quelle soyt de longue eslendue en bref
recepvera la parolle du Seigneur au profil dung chascun
de nous, contentement de vous et gloire du Seigneur lequel nous prions Messieurs vous maintenir en sa saincte garde.
Vos humbles Serviteurs de l'Église de Troyes.