AVANT-PROPOS
Objet de cette seconde partie. — Méthode qu'on y suivra. — Manière de la traiter.
Pour faire triompher une cause qu' on veut défendre, il ne suffit pas de renverser 'tes raisons qui la combattent; il faut de pkis faire valoir les motifs qui l'établissent. Or, nous n'avons fait autre chose jusqu'ici que de renverser la règle de foi adoptée par le protestantisme ; il nous faut donc , pour compléter notre travail , démontrer la règle de foi propre à l'Église catholique.
Dès l'introduction de cet ouvrage, nous avons exposé en quoi consiste cette règle, savoir, qu'elle consiste dans* l'infaillible autorité de l'Église, seule revêtue de l'autorité légitime pour interpréter dogmatiquement l'Écriture sainte, et juger en dernier ressort les controverses qui s'élèvent sur la foi. Notre intention dans cette seconde partie est donc de prouver que cette règle est la seule donnée par Jésus- Christ pour l'instruction et la conduite de son troupeau ; qu'elle est la seule qui remplisse toutes les conditions voulues pour une règle de foi , la seule raisonnable, la seule reconnue et pratiquée en tout temps, la seule enfin qui procure la sécurité en matière de foi , et qui puisse fonder un christianisme positif avec les -conséquences qui en résultent. Nous couronnerons ce travail en démontrant à la fin que cette règle ne peut se trouver ailleurs que dans l'Église catholique romaine, ou dans l'Église universelle en communion avec le siège de Rome.
Que si nos lecteurs, soit protestants, soit même de ces catholiques faibles qui seraient en doute sur la vérité de leur croyance, veulent avoir la patience de soutenir seulement la lecture de cette discussion jusqu'au bout, pour en faire l'examen impartial avec l'unique désir de découvrir la vérité, comme cela est nécessaire dans une chose de cette importance, j'ose espérer qu'ils se rendront à la force des preuves que je vais leur présenter. Ce n'est que dans le but de
me rendre utile à tous, dans ce temps d'agitation où nous sommes, et par motif de charité et de bienveillance fraternelle, que j'ai entrepris cet ouvrage ; et par conséquent, je continuerai à m' abstenir de toute expression qui pourrait inspirer de l'éloignement à qui que ce soit. La cause de la vérité n'a pas besoin de formes acerbes, irritantes et moqueuses ; elle les réprouve même, puisqu'on dernière analyse elle est une même chose avec la charité.