SI
jamais se lier aux versions qu'on leur distribue? Non. assurément. Les motifs, en effet, ne leur manquent pas de s'en défier, et de soupçonner même avec fondement qu'on cherche à les séduire. Ils peuvent, sans témérité et sans injustice, se demander à eux-mêmes si ces versions sont bien fidèles, et contiennent ré' 'Hument la pure parole de Dieu , ainsi qu'on veut le leur persuader. Les prétendus missionnaires qui le leur disent n'ayant leur mission d'aucune autorité qui soit respectable à leurs yeux, d'aucune Église qu'ils reconnaissent comme divine, et n'ayant à leur présenter aucun caractère surnaturel qui les recommande personnellement, aucun motif de crédibilité qui puisse les déterminer à croire sur leur parole à l'entière conformité de leur version avec 1»' texte original, ils ne voient en eux que des commerçants qui viennent avec leurs femmes et leurs enfants chercher fortune sur leurs terres ; et comment pourront-ils se convaincre que ce ne soient pas des aventuriers abordés dans leur pays (1) ? Leurs soupçons doivent s'ac-
2] Outreles preuves rapportées par Hœninghaus. ouvr. cit., c. îx, et beaucoup d'autres qu'on pourrait donner pour établir que les missionnaires protestants gagnent plus de livres sterling que d'âmes, sans excepter même ceux d'entre eux qui cherchent réellement à gagner ces dernières, je me contenterai d'en citer ici un exemple. M. Oukes, un des premiers missionnaires protestants de l'Australie, est parvenu à un âge si avancé, que, par décision de la cour suprême, ses affaires, et entre autres celles de sa mission, ont été remises en curatelle
croître encore, quand ils voient ces hommes n'être pas d'accord entre eux-mêmes et chercher à les attirer chacun dans son parti ; quand ils les entendent s'expliquer différemment les uns des autres, se contredire les uns les autres : l'anglican, par exemple, faire la guerre au méthodiste, le presbytérien à l'épiscopnl, le calviniste au luthérien , et chacun affirmer de sa propre doctrine qu'elle est l'unique vraie, la seule fidèlement rapportée dans le livre qu'ils leur mettent entre les mains. Quelle sécurité, quelles garanties peuvent avoir ces malheureux pour calmer des appréhensions si justes, des soupçons si légitimes? Ils n'en peuvent avoir aucune. Et pourtant il s'agit pour eux d'une affaire de la plus haute importance. Que serait-ce donc, s'ils venaient à découvrir qu'effectivement ces traducteurs de Bibles ont été pris en faute plus d'une fois, et ont été convaincus par leurs fin d'Europe d'une déloyale infidélité dans leurs versions (1). Et c'est cp qui ne serait pas du tout im-
àsa famille. Or, par son honnête industrie, il s'est trouvé avoir amassé une fortune immense, savoir plus de 100,000 livres sterling, c'est-à-dire plus de 2,400,000 francs à partager entre 1rs membres de sa famille. Miss Hutchinson, épouse de sir Hutebinson, missionnaire wcsleyen, aura pour sa part plus de 10,000 livres sterling, ou de 240,000 IV. \.li/stro/asie Rrrior. août 1842.) D'autres sont tout occupés à acheter des terrains et à se faire des établissements dans ce pays. (Vf nivers, 5 août 1842.)
I Voir dans l Apparat tu biblievs, du P. Chérubin» • pi
possible, on supposant .seulement l'entrée dans ce
naire catholique, qui 1 trait au courant de semblables fraudes. Alors, comme on le voit, tout le tVuit à recueillir de cet apostolat s'évanouirait pleinement.
Sixième raisoj}. Accordons libéralement toutefois que les infidèles donnent leur confiance entière à distributeurs de Bibles, et tiennent pour sincères les versions CIIU '(HH* son^ mises entre les mains : serontils en éjtaj d'extraire de ce livre par leurs seuls moyens les vérités à croire et à professer? pourrontils avec cela composer, formuler leur symbole de foi? Le lecteur me prévient pour répondre à ma place qu'ils ne le sauraient absolument. Ils ne le peuvent, parce que c'est trop au-des>us de leur propre capacité. En effet, c'est à quoi ne réussiraient pas, je ne dirai pas seulemenl les simples fidèles, quoique dans le sein du christianisme, élevés dans ces idées, formés par tant d'instructions, placés par le privi
Saint -Joseph, t. îv, diss. xiv, les accusations mutuelles d'infidélités et d'altérations de toutes sortes dans leurs versions de la sainte Ecriture que s'adressaient les uns aux autres les novateurs du xvie siècle et leurs partisans; on y verra comment l«s calvinistes accusaient de falsifications manifestes, en en fournissant les preuves, les versions luthériennes, comme les luthériens, à leur tour, taxaient de même les versions calvinistes et zwingliennes. Et ces falsifications se sont continuées jusqu'à nos jours, comme l'a prouvé Mgr Malou dans son ouv spécialement par rapport aux versions anglicanes.
de leur naissance dans une atmosphère religieuse ; mais pas même les savants les plus exercés, qui ne se trouveraient pas peu embarrassés si on leur demandait à chacun, ou bien encore à plusieurs ensemble, une profession bien nette de foi positive, et il est certain qu'ils n'y parviendraient pas. Si quelque catholique voulait se donner du plaisir en disputant contre un ministre protestant , même de ceux qui passent pour les plus instruits, il n'aurait qu'à le presser de faire sur chaque article sa profession de foi positive et parculière, commune cependant à la secte dont il est le ministre ; il verrait par le fait que ce ministre ne serait pas dans le cas de la lui faire. Pour lever cette difficulté, ou pour mieux dire, cette impossibilité déformer un symbole de ce genre qui ait l'assentiment de tous , les protestants ont imaginé d'avoir recours à deux expédients, selon la différence de dispositions des deux classes entre lesquelles ils se partagent. L'un a été de renoncer à tout symbolisme de foi positive, pour professer le piétisme et le sentimentalisme, c'està-dire pour suivre, sans s'inquiéter d'autre chose, un aveugle instinct de sentiment religieux ; le second. de faire la guerre aux livres symboliques, c'està-dire aux professions ou confessions de foi, comme contraires à l'essence du protestantisme (1). Sem-
I Les piétistes et les scntirnentn listes sosont déclarés les pi emiers rontrp tout symbolisme, comme source de divisions potu
- 4H5 — blables les uns et les autres sur ce point à un général d'armée qui, voyant une bataille perdue et ses alïaires désespérées, crie à ses soldats : Sauve qui
ceux qui professent des sj mboles divers. Voir Amand Saintes, Hist. critique du rationalisme en Allemagne : ch. xvn. Puis sonl venus les rationalistes, qui ont donné aux symboles leur coup de grâce. En Suisse, dans le canton de Vajid en particulier, la
confession helvétique a été abolie par un décret du grand-conseil, déterminé à prendre ce parti par les raisons qu'alléguèrent plusieurs ministres qui en étaient membres, et entre autres l'avocat de Mieville, qui dit : " Quand on veut conserver les principes sans admettre les conséquences, on se fait illusion à soi-même- >• En parlant du principe du libre examen comme incompatible avec la confession de foi : La confession de lui. ajoute Drue}, remplace le pape. •• •• La confession de foi, dit à son tour l'avocat Jaccard, est contraire à l'esprit du protestantisme; le vrai caractère de la Réforme du xvr siècle a été un grand élan de liberté de L'esprit humain. La Réforme a été une insurrection de l'esprit humain contre l'absolutisme dans l'ordre spirituel. Dans une Église réformée, tout membre de l'Église s'approprie l'Évangile comme il l'entend... Le joug de l'autorité pesant sur la pensée, voilà la confession de foi. Autant vaudrait-il avoir les conciles avec l'infaillibilité du pape. Qu'on change la confession de loi sous quelque forme qu'on le veuille, elle sera toujours opposée au principe du protestantisme et du libre examen. » De La Harpe ajouta : « La confession de foi n'est pas la règle évangélique; elle n'est que la règle d'un homme. L'ensemble des vérités du christianisme reconnues et admises par tous les membres de l'Église se trouve dans la Bible, et non ailleurs. .. Je demande qu'elle remonte à la source, à ses Écritures, et qu'elle ne s'arrête pas aux ouvrages des hommes. -• Et ainsi des autres. Ce sont là les vrais logiciens. Voir Baudry, La religion du civxr, Lyon, 1640, p. 341-343.
peut! Que si ceux-là mêmes qui présentent leurs Bibles aux infidèles ne sont pas capables d'en tirer une confession distincte de foi, d'en extraire un nombre fixe d'articles pour en former le symbole, voudrat-on en supposer capables les pauvres sauvages des montagnes Rocheuses ou les pêcheurs de l'Orégon ? J'en appelle ici à la bonne foi, a la conscience des protestants : qu'ils répondent eux-mêmes.
Après toutes ces considérations, personne ne pourra être surpris de' l'indifférence complète qui se voit dans tous les infidèles pour les Bibles qu'on leur distribue avec tant de prodigalité. La plupart les déchirent, et s'en servent pour les usages les plus vils, ou comme d'enveloppes pour leups effets ; d'autres en font un objet de spéculation et de commerce, et quelqu'un même m'a rapporté , comme témoin oculaire, qu'on a trouvé en Amérique un immense espace de terrain dont les arbres et les plantations avaient été greffés à l'aide du papier des Bibles fournies par 1rs missionnaires protestants. Les cordonniers de la Chine en font emplette pour s'en faire des formes de souliers. S' étant aperçus enfin, quoique tard, de l'impossibilité de recueillir aucun fruit de cette distribution de Bibles, ces missionnaires ont engagé les sociétés bibliques à composer et à publier dans de mêmes volumes avec la Bible de petits traités où fussent oxpne! expliquées lés vérités à croire. Les sociétés ont pris cette demande en considération, et en cm-
séquence se sont mises à distribuer une grande- quantité de ces traités. Bien entendu que chacun y met les vérités, ou pour mieux dire, les erreurs de sa propre communion. En outre, plusieurs de ces missionnaires y ajoutent, notamment dans l'Océanie, leurs propres productions, où ils s'appliquent surtout à signaler dans de longs verbiages les abus de l'Église romaine, pour mettre en garde leurs néophytes, en grande partie protestantisés de force (1 ) , contre les superstitions des catholiques, et entreprennent tout le monde avec de semblables arguments, dans lesquels vous ne sauriez bien distinguer si les calomnies et les plus grossiers mensonges surpassent l'ignorance, ou li c'est l'ignorance qui surpasse les calomnies. L'arrivée d'un missionnaire catholique dans ces parages est le fléau que redoutent le plus les protestants bibliques, parce qu'ils savent par expérience qu'il suffit alors de quelques jours pour que leur proie s'échappe de leurs mains (-2).
[1] Voir Hœninghaus, ouvt. cité, t. n, p. 1&9 et suiv., où
l'auteur rapporte à ce sujet des anecdotes singulières.
(2) C'est une chose passée en proverbe que la stérilité des missions protestantes pour la conversion des infidèles. Ils se vantaient cependant, il y a quelques années, d'avoir gagne an christianisme la population entière d'O'taïti dans l'Océanie. Mais ce triomphe éphémère s'est tourné bientôt en ignominie. Ce ne lut que par Ks plus horribles traitements qu'ils rendirent chrétiens ces infortunés O'taïtiens, ou pour mieux dire, qu'ils les contraignirent à faire profession du christianisme, sans avoir
Reprenant maintenant le fil de notre discours, voici comme nous raisonnons : Il est certain que le Christ, voulant sauver tout le monde et appeler tout le monde à la foi , a dû fournir à tous un moyen convenable, un moyen qui fût à la portée de tous, c'està-dire de toutes classes de personnes savantes ou ignorantes, civilisées ou sauvages, et pour tous les temps, afin que quiconque le voudrait pût connaître
la conviction de sa vérité ; ce ne fut, dis-je, que par les cruautés les plus inouïes, et dont il n'y a peut-être pas d'exemple dans toutes les annales du christianisme. Qu'il suffise de dire que, d'après le témoignage des protestants eux-mêmes, la population d'O'taïti, à l'époque de l'arrivée des missionnaires, s'élevait, suivant Forster, à 130,000; mais accordons qu'il se fût trompé de 50,000 dans son calcul, il resterait toujours 80,000. Or, pour opérer leurs conversions, ces missionnaires bourreaux réduisirent toute cette population à 8.000, après en avoir immolé les neuf dixièmes. Tout aujourd'hui dans cette île n'offre que désolation, deuil et mort, comme l'atteste le chevalier Otton de Kotzebue, capitaine de vaisseau au service de l'empereur de Russie, dans la relation de son t'oi/age de 1823 à 1620, Weimar, t. i, p. 92-100, 115-118, et comme le rapporte aussi en le confirmant la Ouater/// Review, mars 1841, p. 440. qui nous apprend de plus que le nombre de 8,000 est réduit à 6,000, par suite de la sanglante importation de la religion qui a joué le rôle de la mortalité la plus contagieuse; et on attribue le dépeuplement de l'île au système destructeur du méthodisme, qu'on qualifie de faux christianisme. Tout est changé dans cette île malheureuse, autrefois si gaie, si ilorissante, si commerçante, si industrieuse ; aux chants, à l'industrie, aux plaisirs, ont succédé le deuil, l'inertie, la crapule. Tels sont les fruits) produits par ces nouveaux apôtres.
avec certitude cette même foi; qu'il a dû par conséquent établir une règle sûre qui ôtât toute possibilité d'illusion, d'erreur, de déception. Or ce moyen ne peut être obtenu, comme je' l'ai démontré de la manière la plus évidente, avec la règle assignée par le protestantisme, qui es! l'interprétation individuelle de la Bible. Par là même est donc démontré aussi ce que j'avais à prouver.
Celte règle étant ainsi impraticable pour les infidèles, on s'explique pourquoi, dans toute l'antiquité, ni hérétiques ni catholiques n'ont jamais songé a propager la foi avec la Bible parmi les nations idolâtres. Ce paradoxe pratique était réservé au protestantisme, qui, étanl pour ainsi dire le représentant des utopies religieuses, en a prononcé le dernier mot par cette invention contraire au bon sens. Lui-même n'y songeait pas d'abord : toui occupé dans ses commencements à faire la guerre aux catholiques, son activité. s'en trouvait absorbée, en sorte qu'il ne lui restait pas de loisir pour s'appliquer au salut des infidèles. En cela il suivait, comme à son insu, un instinct commun à toutes les hérésies, comme l'observait dès son temps Tertullien, lorsqu'il disait que l'affaire des hérétiques est de pervertir les catholiques, et non de convertir les infidèles (1).
(1) Voici les paroles de Tertullien , de Prœscript., c. 12 : « Cùm hoc sit negotium iliis (hœreticis), non ethnicos convoi-
Deux siècles entiers s'écoulèrent Sans qU8 ta protestants eussent la pensée d'évangéliser les pan Ils tournaient même en plaisanterie le zèle de pi « lytisme, ainsi l'appelaient-ils par dérision, que montraient les catholiques. Ce ne fut que vers la fin du jrVli8 siècle, ou vers le commencement du \vin\ que les Frères Moraves, les premiers, commencèrent à tenter une semblable entreprise. Leurs efforts ne furent couronnés d'aucun succès notable ; mais, dans ce premier essai, on n'avait pas encore imaginé l'A*postolat de la Bible, et on se borna à suivre l'usage
" tendi, sed nostros evertendi, banc magis gloriam captant, si « stantibus ruinam, non si jacentibus elevationem operentur... ■• Xostra suffodiunt ut sua sedificent. » Que ce mot de Tertullien se vérifie à la lettre, même de nos jours, dans la personne des protestants, c'est de quoi nous assurent les aveux formels des protestants eux-mêmes. Je vais rapporter un fait de la Gazette officielle d'Allemagne, qui se publie àLeipsick, et qui, parlant d'un synode protestant établi à Bade, s exprime ainsi : « Avant tout, il convient de formuler une question : l'Eglise protestante [il n'existe, à dire vrai, s'il en est une, que des communions protestantes dans l'Eglise chrétienne), avec sa doctrine du libre examen de l'Ecriture et de sa libre interprétation , est-elle propre aux missions chez les peuples plus ou moins sauvages >.... pour cela qu'il est évidemment mieux d'abandonner à l'Eglise Catholique l'œuvre des missions, que depuis des siècles elle exerce avec fruit, et d'attendre que le temps produise dans jeunes communes une ré formation nouvelle; cax évidemment la notre n'est pas un ingrédient propre au christianisme dans sa jeunesse. » CëS dernières paroles disent tout. Voir Yl'ni> octobre 1843.
des rtîissionhairea catholiques. Plus tard, piqdés d'émulation par les heureux et brillants sucées du catholicisme dans tous les pays du monde, ils penfc sérieusement à se faire missionnair- - qu'il leur
vînt encore l'idée d'exécuter ce projet par la distribution si commode de la Bible. Ce ne fut qu'en I8O/1 que les protestants s'avisèrent de convertir les peuplés Idolâtres en faisant circuler parmi eux la Bible ml garisée en autant de langues qu'il y avait dé nations à convertir. Dans ce dessein fut créée à Londres la première société pour mettre à exécution cette gigantesque entreprise. Pour en assurer le succès, beaucoup de personnes opulentes y concoururent par d'abondantes largesses. On dépêcha de tous côtés des agents actifs, et l'œuvre se propagea rapidement sur tous les points de là terre; il s'éleva dans tous lis pays protestants de nombreuses sociétés succursales qui contribuent et communiquent avec la principale devenue société-mère, et c'est ainsi que l'œuvre à pris une proportion immense. Des millions de Bibles ont été publiées (1). et leur distribution confiée à des
(1) Dès 1847, la Société comptait plus de 20,000,000 Bibles distribuées dans l'espace de 43 ans, c'est-à-dire depuis s dation. Aujourd'hui ce nombre s'est accru sans mesure. Durant l'année 1849, la Société a distribué 18,245,411 exemplaires d'écrits édifiants; elle a fondé (i.V7 religieuses.
Depuis la lin de 1850, elle a répandu, en diverses pai monde, plus de 500 millions d'exemplaires d'écrits religieux,
colporteurs qui les répandent avec profusion en tous lieux, sans exclusion des pays catholiques (rangés parmi les idolâtres par les protestants) , pour avancer le grand ouvrage de la conversion (1). Les effet-, pour cela, n'ont pas répondu à la cause ; ou , pour mieux dire, ils y ont répondu pleinement, mais par une complète stérilité qui se rapporte très bien à la nature du moyen choisi pour la fin proposée, moyen impropre, moyen nul , et qui par conséquent est resté sans résultat sous ce rapport (2) .
Après s'être aperçus de leur illusion, ils ont songé
et a fondé 9,000 bibliothèques de livres de dévotion. Ibid., 18 mars 1850. Avec tout cela, les fruits sontnuls. Voir Y Univers, 27 juin 1847.
(1) Dans la France seulement, les exemplaires de la Bible distribués cette même année s'élevaient à 111,581. A Barcelone, pour la distribution des Bibles en Espagne , on avait établi une typographie. A Rome, en 1848 et 1849, c'est-à-dire sous la ré publique Mazzinienne , on avait publié dans le même but, à un nombre monstrueux d'exemplaires, une édition de la version calviniste de Diodati.
■ 2 11 serait beaucoup trop long de rapporter ici les divers documents qui servent à prouver la stérilité des missions protestantes. C'est pourquoi je renvoie le lecteur pour ce sujet à l'ouvrage d'H(ENlNGHA.US , la Réforme contre la Réforme, t. n, ch. IX, p. 137-175, où se trouvent recueillis les aveux multipliés des protestants eux-mêmes et de leurs missionnaires de toute secte. J'y ajouterai laveuqu'a fait un protestant à Mgr Véroles, vicaire apostolique en Chine, qu'il n'avait pu réussir à convertir en trente années un seul Chinois. Voir Yl'nivers, 22 juillet 1847.
à employer une autre ressource, outre celle des petits traités. Cette ressource a consisté dans la fondation d'écoles d'enfants des deux sexes. Ils se sont donné toute sorte de mouvements pour engager tant les parents que les enfants, les uns à y envoyer, les autres à s'y rendre, leur donnant à cette fin de la nourriture, des vêtements, de l'argent. 11 est vrai que ces moyens de séduction venant à manquer, les écoles redevenaient vides; on ne cessa pas toutefois l'entreprise, mais ce fut toujours en vain. Maintenant, que prétendons-nous prouver ou inférer de tout ce détail qui aille à notre bul ? Précisément la conclusion que nous nous sommes proposée, savoir : que la Bible n'est pas propre par elle-même à l'instruction des peuples, et que la règle du protestantisme est impraticable par rapport à la conversion des infidèles. Car ces écoles et ces petits traités donnés pour supplément à la Bible ont été une substitution réelle de la prédication à la simple lecture biblique^ et par là même un aveu tacite de l'insuffisance, disons mieux, de l'inaptitude de la règle de foi imaginée par les protestants. C'est une justification de la régie catholique, en même temps qu'une réprobation au moins pratique de la leur; c'est une inconséquence manifeste, et, ajoutons encore, une violation du grand principe du protestantisme, en vertu duquel c'est à chacun à se former à soi-même sur la Bible son symbole et sa foi.
En terminant ce chapitre, il sera bon, pour récréer l'esprit fatigué des considérations sérieuses où il nous a fallu entrer, de rapporter quelques traits d«-.discours emphatiques prononcés dans leurs tournées par ces enthousiastes suppôts des sociétés bibliques. Voici comme s'exprimait un d'entre eux : « C'est (la Société biblique) en mécanique une machine dont le levier est le diamètre du globe, et le point d'appui la parole de Dieu. C'est en optique une lentille spirituelle taillée par le Très-Haut pour recueillir en un seul foyer les rayons éparpillés de l'opinion. C'est en hydrostatique une fontaine entretenue par des milliers de courants auxiliaires. En magnétisme, elle opérera des merveilles et sera en réalité un magnétisme animal; et, comme telle, elle doit changer la polarité de l'aiguille, et éveiller une attraction mutuelle entre les corps qui s'étaient jusqu'ici repoussés les uns les autres. En astronomie, elle sera le centre d'attraction de tous les divers systèmes du monde » (l). D'autres l'ont surnommée une nouvelle Pentecôte, l'étendard arboré par le fils de Jessé, le contre-pied de la tour de Babel, un arbre de vie dont les feuilles serviront au salut des nations. D'autres lui ont appliqué ce passage de l'Apocalypse (Apoc, \i\, (5) : « Et je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciejj portant l'Évangile éternel pour Pan-
(1) CoiTERn 's Speech < ' //-1 Patteties.
noncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple. Kisum teneatis , antici! Mais c'est assez di exemples.