CONCLUSION
Récapitulation. — Solidité de la règle catholique. — Imprudenc des non-catholiques et témérité qu'il y aurait à s'appuyer sur lu règle qu'ils font valoir. — Le protestantisme est une aiK>stasic de la foi chrétienne. — Triste condition des protestants.
J- L. J — ' De l'antithèse établie par nous entre ces deux pre-
mières parties de notre ouvrage, où nous avons suivi pour les deux le même ordre jusque dans nos preuves, il résulte que la règle catholique est la seule qui repose véritablement sur un fondement biblique ; la seule qui ait une solide base dans l'histoire ; la seule qui résiste à la discussion théologique ou polémique, morale ou rationnelle, et que cette règle n'a sa vérité que dans l'Église catholique romaine, ou en communion avec le siège de Rome. 11 en résulte par conséquent qu'elle est la seule que les honunes aient reçue de Dieu pour pouvoir connaître avec toute assurance les vérités qu'il a révélées, et auxquelles le salut de chacun est attaché. Il s'ensuit encore nécessairement qu'il faut ou désespérer de trouver cette règle, ou la chercher et la reconnaître dans la seule Église catholique.
Cette règle, outre les traits décisifs et en quelque sorte proéminents qui dénotent en elle une règle vraiment divine par son immutabilité, son universalité et son unité, se distingue aussi par. les caractères surhu-
mains qui lui sont exclusivement propres. Au moyen de cette règle, qui s'identifie avec la doctrine et Tautorité de TÉglise instituée par Jésus-Christ et surpasse en ancienneté les écrits du Nouveau Testament, nous connaissons avec une certitude infaillible le canon des livres saints avec leur sens dogmatique, et par là même Tunique vraie doctrine révélée, sans mélange d'erreur, sans danger de séduction. Elle seule est cette colonne lumineuse soutenue par la main de Dieu pour nous guider, à travers le désert de ce monde, vers la véritable terre promise, ou vers cet héritage du ciel auquel aspirent de concert tous les vrais enfants de Dieu. C'est cette même colonne qui sépare les Israélites des Égyptiens, ces implacables persécuteurs du peuple élu. Et par conséquent, ceux qui, dédaignant par orgueil de se laisser guider par cette colonne radieuse, s'attachent à la poursuite de ces traînées brillantes de vapeur légère qui un instant se dégagent de la fange pour disparaître l'instant d'après, ne doivent imputer qu'à leiu* pi'opre imprudence le malheur de se trouver dans d'épaisses ténèbres et dans la plus terrible incertitude. Ce sont eux qui , par le seul caprice de leur volonté, abandonnent la véritable lumière, pour courir après tous ces feux fugitifs, fantastiques et trompeurs, qui s'évanouissent aussitôt qu'ils ont brillé; ils ne doivent donc accuser qu'eux-mêmes de leur chute funeste dans les précipices et dans les abîmes.
Si) au lieu de se mettre dodlement bous la conduite d'un Moïse ou d'un Josué, ils se choisissent par fantaisie des cliefs inexpérimentés pour condDattre à leur suite contre les géants chananéens» à qui, si ce n est à eux-mêmes^ devront-ils imputer la honte de leur défaite ?
Or, telle est précisément la conduite des protestants, qui, en même temps qu'ils font une profession apparente de ne prendre pour guide que la Bible, la Bible seule et toute la Bible^ ne se laissent guider dans la réalité que par eux-mêmes, par leurs rêveries fantastiques, par les illusions de leurs systèmes religieux, par leur propre volonté, en un mot La Bible I en eflet, sans un interprète qui ait autorité pour en fixer le sens légitimot est comme un cadran sans soleil. Ceux qui se fondent sur leur interprétation individuelle et privée, pour se faire à eux-mênnes leur symbole de foi, ressemblent à ce pilote qui conduit son navire sans autre carte marine que les lignes qu'il aurait tracées lui-même sur un papier conmie au hasard ou sans coimattre l'art du dessin. Quelle merveille ensuite si , au moment où il y songera le moins, il se trouve ou engagé dans des grèves d'où il ne pourra plus sortir, ou potissé contre des écueils où son navire se brisera, ou entraîné par les courants sur des plages désertes et inhospitalières ob il mourra faute d'aliments? La Bible, entre les mains d^s ministres protestants, est ce que fut po«r Absa*
— 6T5 — km te (Bamfiee quMl feignit tf offrir à Hébron : un prétexte pour soulever le peuple contre son propre père. Ou bien encore, c'est entre leurs mains comme un instrument meurtrier dont ils se servent pour ôter la vie à la mère vénérable qui leur a donné le jour.
Triste condition du protestantisme, de ne pouvoir 8e justifler lui-même, sans justifier en même temps toutes tes héréirîes, si impies, «extravagantes qu'elles soient, qui se sont élevées depuis les temps apostoliques jusqu'à nos joure, ou qui auront à ei^élever dan» tous les siècles à venir ; de ne pouvoir accuser d'erreur rÉglise qu'il a reniée, sans donner un démenS formel à son divin fondateur, sans accuser son Dieu ou d^infidélité, ou d'imprévoyance, ou d'impuissance; d'être dans son acte même de révolte permanente une apostasie véritable de la foi chrétienne, et de i» laisser à ses partisans d'autre ospérance de salut que dans l'ignorance invincible où ils seraient des erreurs quMls professent, ou de la véritable Église dont ils sont s^rés (1)1 S'il leur manque seulement cette
(1) Tout ce que jious disons ici^ en récapitulant les preuves développées dans cette seconde partie, se trouve confirmé tout récennneirt par la relation que M. Franz de Florbncourt, imisaiea de Tiaissanœ, a donnée de sa isonversiendu froteatantisme à la religion catholique. D rapporte entre autres choses qu'il a reconnu : « Que le protestantisme n'est dans son principe,Teii»ne dans ses erreurs particulières, qu'une grande aposiasie^ et tme révelte contre fa doctrine et fautorifé de Jéfu^
planche si frêle de salut, leur perte étemelle est irréparable. Que nos frères égarés se fassent illusion tant qu'il leur plaira, c'est un décret (ii\an, aussi immuable que Dieu même, que, si quelqu'un meurt en état de péché mortel, il n'y a pas pour lui de salut. Or, parmi les péchés les plus graves, il faut compter certainement l'hérésie et le schisme, et quiconque s'y trouve impliqué aura pour juge Dieu lui-même, celui qui sonde et pénètre les reins et les cœurs; c'est Dieu qui verra, avec son regard souverainement intelligent, si ces hommes auront participé au schisme ou à l'hérésie par une malice coupable, ou s'ils ne l'auront fait que par simplicité et par une ignorance invincible, tout en ayant sans cesse devant les yeux, et retrouvant devant eux à chaque pas l'Église catholique, ce phare qui projette ses rayons sur tous les points du globe, sans qu'eux-mêmes s'en mettent en peine, si toutefois ils ne tournent "ailleurs leurs regards pour ne pas le voir. Pensée effrayante ique celle-là !
C'est cette Église qui seule possède l'arche où sont renfermés les tables de la loi écrite de la main du Dieu vivant; la verge d'Aaron , qui reverdit toujours de nouveau dans son sacerdoce impérissable ; l'autel sur lequel est offert à l'auteur suprême de la nature et de la grâce le sacrifice qui l'honore et apaise sa
Christ, » Voir VUnivers, 29 août 1862, feuilleton : Ma cmwer* Mon à l'Eglise chrétienney par M. Fi*anz de Fiorenoourt.
justice, et d'où s'élève jusqu'au ciel l'encens d'agréable odeur pour se convertir en une pluie féconde de bénédictions et de grâces, qui tombe et se répand sur le peuple fidèle; c'est cette Église enfin sur le front de laquelle seule, comme sur celui du grand-prêtre, se lisent gravés ces mots : Vérité et Sainteté.
Le protestant au contraire, comme tout sectaire en général, est sorti de ce sanctuaire unique de la vérité et de la sainteté pour immoler sur les hauts lieux, et dans des bocages sombres, des sacrifices profanes, sur les autels sacrilèges de Baal ; et c'est ainsi qu'il a prostitué sa dignité, en se mettant à la suite de misérables aventuriers qui se sont sont amusés de sa simplicité. Cependant, il n'est qu'en passant sur la terre, et ce passage n'est que d'un instant; il ne touche à l'espace et au temps que comme par un point mathématique, et malgré lui il est poussé, ou pour mieux dire, précipité vers l'immense océan des siècles éternels, où tout voile sera levé, où la vérité lui apparaîtra seule et sans nuage, et où le repentir sera inutile, la pensée même de revenir sur ses pas sera folie!...