ARTICLE IV
Considérée au point de Tue théohgique, la règle de foi catiidique est la sevle ^i jmt^ rinstîtation de l'Église.
L^institution de VËglise est déjà en soi la condamnation de toutes les hérésies et de toutes les sectes. — Amour perpétuel de Jésus-Christ pour son Église et union îndiesolubk^ qu'il a voulu contracter avec elle. — Prérogatives dont il lui a fait part dans ce dessein. — La règle protestante rend inutile rinstitution de TÊglise. — n en est de même de la règle théosophique. — Celle-ci rend de plus inutile l'Écriture ellemôme. — Le sentimentalisme rend de même inutile rinstitution de l'Église. — Il est contre toute logique d'admettre comme vraie une communion ou une secte, quelle qu'elle soit, qui se porte pour rivale de TÊglise de Jésus-Christ. » Objection des sectaires. — Réponse. ~ En quoi consiste le tort des non-catholiques. — Dans l'hypothèse protestante, l'institution de l'Église ne serait pas seulement inutile, elle serait en outre pernicieuse. — On le prouve par la nature même de la chose, — par le fait. — Confirmation de cette vérité par le procédé qu'ont suivi les apologétiques protestants.
Le seul fait de rinstitution de F Église fondée par Jésus-Christ est en soi, et comme à priori^ la condamnation décisive de toutes les hérésies, de toutes les sectes et de tous les schismes avant même qu'Os s'élèvent. Par cette seule institution, Jésus-Christ a ôté à tout jamais aux sectaires Tespérance de pouvoir justifier devant Dieu et les hommes leur séparation,
ou, pour nûeux dire» leur révolte, la secte enfin dont ils se font les auteurs» les promoteurs ou les membres. Par cette seule institution, son divin auteur a imprimé à chacune des communions ou des sociétés séparées de rÊglise la marque ignominieuse, le caractère ineffaçable, le signe étemel de la réprobation et de la malédiction divines. Que les sectaires se donnent tous les mouvements, qu'ils s'indignent, qu'ils frémissent (je parle, comme on le voit, des sectaires ou des hérétiques formels, ou qui sont par leur faute hors de T Église catholique} ; ou bien, qu'ils se rient, qu'ils se moqpient, ils n'empêcheront pas que ces redoutables paroles, semblables^ à la foudre, ne leur soient un jour adressées par le Sauveur : Je ne sais qui vous êtes. Car c'est là une conséquence nécessaire de l'institution de l'Église; c'est ce qu'exige la fin pour laquelle elle a été fondée ; c'est ce que requiert la mission qui lui a été confiée ; c'est ce que sq;)posent les privilèges qu'elle a reçus de Jésus- Christ; c'est ce que réclame enfin l'autorité qu'il lui a communiquée. Développons brièvement chacun de ces points; la vérité de nos assertions en résultera (Telle-même, et nous pourrons en inférer comme conséquence indubitable que la règle de l'Église catholique est la seule qui justifie l'institution de cette ËgUse même.
Commençons par prouver ce que nous avons dit en premier lieu. Que Jésus-Christ ait institué et fondé
une Église , je ne pense pas que cette vérité puisse être niée, ou même seulement révoquée en doute, par un seul de tous ceux qui ont lu la Bible. Ces paroles u rapportées par saint Mathieu : Je bâtirai mon Église^ sont si remarquables, qu'il n'y a pas de sceptique si impudent qui puisse ou qui veuille en éluder la force. Je ne m'en tiendrai pourtant pas encore là; mais je serai bien aise de faire voir aussi que TËglise de Jésus-Christ a toujours été l'objet de son amour tendre et généreux. Je dis généreux, puisqu'il se l'est acquise au prix de son sang au jour de ses douleurs et de ses opprobres, comme l'Apôtre nous le déclare (1) ; je dis tendre, puisqu'il l'a aimée comme son épouse chérie ; tellement que le même apôtre a présenté cet amour de Jésus-Christ pour son Église comme le type de l'amour conjugal (2). Et cet amour n'a pas été en Jésus-Christ un dévoûment passager, mais une affection constante, comme doit l'être jusqu'à la mort celle que se portent l'un à l'autre des époux chrétiens. C'est pour cela que l'union de Jésus-Christ avec l'Église a reçu les dénominations analogues de fiançailles et de mariage, le Verbe divin se l'étant physiquement unie en ne faisant des deux natures divine et humaine qu'une personne unique, comme il se l'unit tous les jours moralement par la grâce sanctifiante.
(1) Jet. XX, 28.
(2) Eph. V, 26.
Et cet amour ou cette union de Jésus-Christ ne s* est refroidie ni ne se refroidira jamais, au moins de son côté à lui-même, et de la part aussi de son Église prise dans son universalité morale (1). Le divorce n*a jamais lieu que par rapport aux individus qui la com-
fd) Cette indissolubilité de l'union de Jésus-Christ avec son Église nous est positivement déclarée dans plusieurs endroits des saintes Écritures. Dans le prophète Osée, n, 19-20, Dieu annonce en ces termes sa future alliance avec TÉglise : « Spontabo te miM in sempUemnmy et iponsabo te mihi in fustitià et Judicio, et in misericordid et in miurcUionibuSj et sponsabo te miki in pde. » Et dans Isaie, ux, 31 : « Hoc fœdus meum cum eis, dicit Dominus, spiritus meus qui est in te, et verba mea quœ posui in ore tuo, non recèdent de ore tuo, et de are Kmbds tui, amodô usqué in sempitemum. » Le même oracle est répété par Jérémib. xxxm, 14 et suiv. : « Ecce dies ve^ nknt, dicit DominuSy et susciiabo verbum bcnum, quod locutus stm ad domum Israël et ad domum Juda. In diebus illiSj et in tempore illo germinare fadam Daioid germen justitiœ : et faeiHjudicium etjustittam in terré. In diebus illis salvabiiur Juda, et Jérusalem habitabit cm/identer; et hoc est nomen quod vocabunt eum : Dominus justus nosfer... Et factumest verbum Domini ad Jeremiam dicens : hxc dicit Dominus : Si irritum potest fieri pactum meum cum die, et pactum meum tum noete, ut non sit dies et nox in tempore suo; et pactum meum irritum esse poterit cum David servo meo, ut non sit ex eo lUius, qui regnet in throno ijus, et levitœ et sacerdotes fnl* mstri met. Sicut enumerari non possunt stellx cceli, et metiri ûrena maris, sic multiplicabo semen David servi mei, et /évftas ministros meos. •* L'ange qui annonça à la Vierge le divin mystère qui allait s*opérer en elle dit de même de Jésus-Christ et de son royaiune, c'est-à-dire de son Église : « Hic eri maçnus, et filius AUissimi voeabitur, et dabit illi Dominus
posent, et encore ne vient-il pas de Jésu&-(3irîsl luimême, mais de TAme infidèle , qui , en se souinant d*un crime quel qu*îl soit, rejette la grâce qui l'unissait & Bon divin époux. Ce que nous venons de dire de Tuniôn et de Tamour qui existent entre Jésus-Christ et son Église n'est pas une simple conjecture ascétique; mais tout cela trouve son fondement biblique dans les épîtres de l'Apôtre. Void ses paroles : • Le mari est le chef de la femme, comme Jésus-Christ est le chef de l'Ëglise, qui est son corps , et dont il est aussi le Sauveur. Comme donc l'Église est soumise à Jésus-Christ, les femmes aussi doivent être soumises en tout à leurs maris. Et vous , maris , aimez vos femmes, comme Jésus-Christ a aimé l'Église et s'est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier après ravoir purifiée dans le baptême de l'eau par la parole de vie, pour la faire paraître devant lui pleine de gloire, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais dans l'état de sainteté et de justice. Ainsi, les maris doivent aimer leurs femmes comme leurs propres corps. En effet, celui qui aime sa femme s'aime lui-même : car nul ne hait sa propre chair; mais on la nourrit et on l'entretient, comme Jésus-Christ fait à Fégard de TÊglise, parce que Q0U6 sommes les membres de son corps, formés de
De^is sedem David patris sut, et refftiabii in drnno Jacob in fetcrnum, et regni ejus non erit finis. » Luc. i, 32^33.
sa chair et de ses os. Cest pourquoi Thomme abandonnera son père et sa mère pour s* attacher à sa femme : ils deviendront tous deux une seule chair. Ce sacrement est grand : je dis en Jésus-Christ et dans rÉglîse. » Tel est le langage de TApôtre écrivant aux Éphésîens (1). Que si Jésusr-Christ s'est miî pour tous les siècles d'un lien indissoluble avec son Église devenue son épouse, s'il la nourrit, s'il Fentretient, îî nous fait donc voir, par ce seul fait, que c'est par l'Église qu'il veut que ses enfants spirituels luî soient engendrés, que c'est à elle que ceuxci doivent être soumis comme à leur mère et ^ leur reine, que c*est à elle qu'ils devront demander Talimentde leurs âmes, Tinstructîon, la règle des mœurs. Il nous fait voir que c'est sous la direction de cette Église quMl veut que ses enfants ou ses disciples soient unis entre eux dans une même communion par une mutuelle charité. Et, pour empêcher que personne ne vînt à perdre, à son égard, ces sentiments de confiance que des enfants doivent ^voir pour leur mère, il a enrichi et orné son Église des dons les plus propres à lui concilier leur estime et leiDr req>ect, tels que le privilège d'infaillibilité, dû à Tassistance continuelle qu'il luî a promise, et à l'assistance également de son divin Esprit, et les prérogatives semblables à cette première d'indéfectibi-
Ephes, V, 23-32.
— Meute, de perpétuité, comme nous Tavons démontré il n'y a qu'un instant. Mais, par-dessus tout, afin qu'elle pût remplir efficacement sa misâon d'appeler et de conduire ses enfants à l'étemelie félicité, au moyen de la foi et des bonnes mœurs, il lui a conféré toute l'autorité nécessaire pour qu'elle puisse, au besoin, punir et rejeter de son sein ses enfants rebelles et opiniâtres. Qui osera nier que ces principes ne soient formellement contenus dans la Bible, ainsi que les conséquences qui en découlent (1)?
Eh bien ! une institution si digne de la sagesse de Dieu, et qui a coûté à notre divin Rédempteur tant de peines et de souffrances, serait tout-à-fait vaine, aussi bien qu'inutile, dans le système protestant; car si, en vertu de ce système, chacun est en droit d'interpréter l'Écriture, sans égard à quelque autorité que ce soit ; si chacun peut et doit préférer à toat autre symbole celui qu'il se sera formé à lui-même d'après son interprétation individuelle et privée; si chacun a toute liberté de l'étendre ou de le diminuer
(1) n est à regretter que le D' Léo, dont nous parliooa tout à l'heure, dans sa réponse à une lettre du pasteur Krommadier qui a été insérée dans le FolksblaU, de HaUe, au commenoement de 1852, ait laissé échapper l'expression suivante : • Si la doctrine de l'autorité est le point faible du côté des romaios* ceUe de l'Église et de sa tradition est le nôtre n (c'est-à-dire le point faible des protestants). Bien loin que rautorité soit le point faible des romains, c'est leur côté le plus fort, le plus invincible, et duquel dépend tout le reste.
eofflmc il Tentend ou en n'obéissant qu'à ses proprescmviciiofts; en un mot, si chacun est juge suprême de sa propre foi, à quoi pourra servir l'institution de l'Église ? Dans l'hypothèse dont nous nous occupons, chacun serait son Église à soi-même, ou, ce qui revient & la même chose, il n'y aurait plus d'Église au monde (1). A moins donc de dire que Jésus-Christ se serait mis en contradiction avec lui-même, c'est une nécessité d'en inférer qu'il n'a pas donné pour règle
(1) On peut voir des aveux formels de plusieurs auteurs protestants sur cette vérité dans HcEmNGHAUS, 1. 1, c. 3, p. 65 et 8uiv. Mais passant tous ces témoignages, je me contentenu derapp(M*ter les paroles suivantes de Vinét extraites de son écrit intitulé : L'Église et la confession de fvij p. 27 et suiv. : •• Le sens de la Bible pour chacun, c'est la Bible elle-même ; et il est bien impossible que la Bible, invoquée à la fois par des opinions qui s'accusent mutuellement d'être anti-bibliques^ puisse servir de Sfpnbole à personne, excepté aux individus et aux communautés qui réduisent le nombre des éléments positifs de la religion au minimum relatif, je veux dire à un plus petit nombre que toute autre communauté... Quand je parle d'un symbole à vous, je n'entends pas ce symbole tout négatif, tout vide, qui rend impossible toute unité même partielle, et qui n'est, en d'autres termes, que la négation de l'Église. » Et à la page 41 : « Anarchie ou tyrarmiey voilà le nom du nouveau système... La seule unité qui reste est celle du salaire des pasteurs. Oui, l'unité de l'Ëglise consiste en ce que tous les ministres sont payés de la même bourse, et les grands dignitaires de l'Église, ce sont les receveurs du district. Telle est notoirement la pensée de quelques esprits vigoureux et conséquents. Je ne les blâme que d'une chose : c'est d'appeler cette anar^ chk vne instiiutiony et ce chaos une Église. •*
ou poor principe régulateur de foi Tinterprétatim imUvidiielle de la Bible ou la règle du protestant tiflne. Mais si Jésus-Christ n'a pas établi cette règle, s'il Ta même exclue et réprouvée par le fait en instituant rÉglise, c'est une conséquence nécessaire que le protestantisme, avec la règle qui lui a (tonné vie, est réprouvé et condamné par Jésus-Christ. Et, es effiet, ces deux idées d'autorité en matière de foi et de Liberté en matière de foi s'excluent réciproquement, puisque, l'autorité puisant son principe, comme dans sa source, dans l'institution de l'Église, dont le fait ne saurait être révoqué en doute, il est clair que cette institution est la condamnation anticipée et la plus formelle du protestantisme, comme elle l'est en même temps de toute autre secte qui se met en antagonisme avec l'Église de Jésus-Christ.
La même conclusion est applicable aux communions qui suivent, non la règle proprement dite du protestantisme, qui est celle de l'interprétation individuelle de la Bible^ mais le système de l'illumiDatioD intérieure et particulière à chacun de FEsprit-Saint, et qui admettent, par conséquent , cet enseignement intérieur privé comme règle de foi, à l'exdusion de toute règle extérieure quelconque : règle que nous aivons appelée théosophique, et qui est en faveur parmi les petites sectes protestantes. Car si c'est ce divin E^rit qui dirige chaque fidèle en matière de foi par son enseignement intérieur ou sa lumière immédiate;
s'il noos instruit tous par lui-même, il est évident qoe nous n*avoD8 plus besoin de TÉglise. Et, de bonne foi, est-ce que TEsprit-Saint, nous instruisant ainsi immédiatement par lui-même, ne serait pas pour noos un bien meilleur maître que tout maître extérieur? Dans cette hypothèse, qui est exactement cefle des anabaptistes, des mennonites, des quakers, chacun ne serait-il pas en droit de récuser tout maître extérieur, comme faisant outrage à Dieu, ou à TEsprit^int, dont les enseignements seraient supposés ainsi avoir besoin des leçons supplémentaires de l'homme (l)î
Mais non-seulement TÉglise, dans cette hypothèse, devrait être rejetée comme inutile; il faudrait écarter au même titre TÉcriture sainte elle-même. Car à quoi servirait cette lettre morte, dès là qu*on aurait un maître intérieur infaillible qu'on pourrait suivre en toute assurance, sans le moindre danger de tonh
il| Voir Mœhler, 5jrm6o/tçw^, t. n (!*• édit.), Hv. 2, cb. I «t 2. Qui croirait qu'encore de nos jcura un homme de tendimoe rationaliste, Cougnabd pour tout dire, dans la conférence t^iue à 6ené7e dans Téglise de la Madeleine au commencement de 18S3, nar le libre examen, ait soutenu cette illumination immé- <l»te de rEsprit-Saint, sans doute pour attribuer à l'Esprit- Saint toutes le» iaterprétetions divei^es que les indÎTiduB, dba» cun de leur côté, donnent à la Bible! Il en est pourtant ainsi, ^^onime si les protestants avaient juré de ne nous faire grâce «l'aucune extravagance. Voir Annales catholiques de Genève^ ^ Uvraison 1863, p. 346 et suiv.
ber dans l'égarement? Il n'y a rien à répondre à raisonnement, avec lequel les anabaptistes mettaient aux abois les luthériens, leurs adversaires (1). Or, c'est un fait cependant que non-seulement il existe une Écriture sainte, qui nous vient de Dieu, mais qu'il existe aussi une Église, qui nous a été donnée à tous pour guide et maîtresse par notre divin Rédempteur; et ni les anabaptistes ni les quakers n'ont envie de nous le contester. Donc il faut en conclure que le théosophisme ne vient pas de Dieu, puisque Dieu ne peut pas être en contradiction avec luimême. Donc, en instituant l'Église, Dieu a d'avance donné l'exclusion au théosophisme, et l'a condanmé longtemps avant sa naissance Tet il a condamné en même temps toutes les sectes qui adopteraient le théosophisme pour règle de foi.
Appliquons de même ce raisonnement au sentimentalisme, et nous arriverons toujours à la même conclusion, au même résultat. Cette fraction du protestantisme doit son origine au désespoir qui a pris plusieurs de trouver sûrement la vraie foi en suivant la règle de leur conmiunion ; et au lieu de dire : Revenons donc à notre ancienne mère ou maîtresse* qui seule nous offre la vraie foi avec une pleine assurance, emportés par les préjugés contraires à l'Église catholique, qui, dès leur enfance, ont envahi
|1) Symbolique, t. n, § 55 et suiv.
leurs âmes, ils ont préféré faire abandon de toute croyance, ou du moins ne plus s'en occuper ni s'en mettre en peine. Ils se sont persuadé que Tessence de la religion ne consiste tout entière que dans Tamour, dans Taccomplissement de la loi morale, dans un certain sentiment de piété et de dévotion , sans qu'il soit besoin de foi précise, de symbole ou de formulaire, comme ils disent, déterminé (1). Mais, s'il en était ainsi, ni Jésus-Christ ni les apôtres n'auraient prêché la foi et son absolue nécessité, et Dieu n'aurait point donné de révélation aux hommes, si ce n'est tout au plus pour leur servir de règle de conduite. Et pourtant c'est un fait que rien , dans l'Écriture, ne nous est plus recommandé ni plus inculqué que la foi. « Celui qui ne croit pas est déjà
(1) Ce piétisme remonte à Spener, né en Alsace en 1635. Cet homme, après avoir achevé le cours de ses études à Strasbourg et à Bâle, passa à Francfort, puis à Berlin et à Dresde, où il établit les conférences connues sous le nom de collèges de piété, d'où est venu à la secte le nom de piétiste. Il publia une préface sous le titre de Pia desideria, et un opuscule intitulé : Sdence générale de Dieu, On le voit dans ces ouvrages, dégoûté de la polémique protestante, abandonner tout symbole de foi pour s'en tenir à la pratique seule. Puis est venu le système que j'appellerais dUndifférentisme pratiquey développé par Jacobi et par d'autres, et qui a fini par se résoudre dans le sentimentalisme de Schldermacher, de De Wette, de Jwesten et autres de cette trempe dont le système n'est qu'un rationalisme flentimental.
condamné» » a dit notre Seigneur (1)« « Celui qui ne croira pas sera condamné, » a-tr-il dit encore (2). « On croit dans son coaur pour être justifié, > a dit à son tour F Apôtre (â). Mais il serait superflu d'entreprendre la preuve d'un fait qui se retrouve presque à toutes les pages tant de l'Ancien que du Nouveau Testament, c'est-à-dire que nous atteste l'Écriture sainte tout entière, au point que les premiers protestants avaient fait de la foi la cause immédiate et formelle de la justificatioa, à l'exclusk» des bonnes œuvres. Mais laissant ce paradoxe pour ce qu'il est, il est du moiœ certain que Jésus-Chri^ a chargé l'Église d'enseigner à toutes les créatures, c'est-à-dire à tout le monde présent et à venir, les vérités à croire, avec obligation par conséquent, pour chacun, une fois instruit de la divine mission de l'Église, d'ajouter foi à ses enseignements. Si donc Jésus-Christ a établi l'Église en qualité de mère et de maîtresse pour enseigner à tous les hommes, non-seulement à bien vivre^ mais ausa et surtout à en poser le fondement » qui est de bien croire^ comme le dit Bossuet, puisque, mm la foij ile$i impomble de plaire à Dieu {h) « et que te juste vit
|1) JoAN. m, 18.
(2) Marc. ult.
(3) Rom. X, 10.
(4) Hebr, ii, 6.
— aea —
éeki fin {l)^ il est évident que le Bentimentaliisme tt le piétiflme, étQBt en opposition a^ec la foi, et par là même avec sa règle, nesontpaB de Diea, etsofnt, au contraire, réprocrvés par lui^ par le fmi de Tinstitatim de TÉgUse (S)« Car k ifOLoi bon une Église se doimast potur guide et pour maitresse des chrétiens,