ÉTUDE D'ÉCONOMIE SOCIALE
On parle beaucoup aujourd’hui de la décadence des races latines. Elles déclinent rapidement, dit-on, et l’avenir appartient à la race germanique aivsi qu’à la race slave,
Je ne crois pas que les latins soient condamnes au déclin en raison du sang qui coule dans leurs veines, c’est-à-dire par suite d’une cause fatale, car un peuple ne peut changer de nature, ni modifier sa constitution physique ; mais ce qui semble résulter de l’histoire et surtout des événements conter porains, c’est que les peuples catholiques progressent beaucoup moins vite que les nations ayant cessé de l'être et que, relativement à ces dernières, ils paraissent reculer. Le fait est si apparent que les évêques mêmes et leur organe de France, l’ Univers, en font un texte de reproches aux catholiques infidèles.
Différents motifs m’empêchent d’attribuer ce fait, qu’on ne peut vier, à des influences de race.
Certes, la destinée des nations dépend en parte de leur constitution physique. Si même on remonte à l’origine, on ne trouve que deux causes qui puissent expliquer les destinées différentes des divers peuples : la race et le milieu ; la constitution de l’homme d’une part ù et, d'autre part, l'influence de la nature extérieure, le climat, la situation géographique, les produits du sol, l’aspect des lieux, la nourriture. Mais actuellement, quand il s’agit de natiors qui ont un sang aussi mélangé que les peuples européens et qui, d’ailleurs, descendent d’une souche commune, il est très difficile de rattacher, avec
me certitude quelque peu scientifique, les faits sociaux à l’action de a race,
Les Anglais s'entendent mieux que les Français à pratiquer le ré- £ime parlementaire et les libertés pratiques. Est-ce l’influence du
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sang ? Je ne le pense pas, car jusque vers le xvie siècle la France, l'Espagne et l'Italie avaient des libertés provinciales très semblables aux libertés anglaises. La seule différence notable était que celles-ci avaient pour organe un parlement unique ét un régime centralisé qui se montra assez fort pour tenir tête à la royauté. La conquête normande ayant unifié l’Angleterre, un parlement unitaire put se constituer, et la royauté étant très forte, x noblesse et ies communes s’unirent pour la combattre, tandis qu'ailleurs elles furent constamment en lut e.
ment différentes qu’à partir du xvie siècle, quand les puritaips eurent vaincu les Stuarts, et que Louis XIV, en expulsant les réformés de France, en eut extirpé les derniers restes de l’autonomie locale et les seuls éléments de résistance sérieuse à opposer au despotisme.
Quand on voit les protestants latins l’emporter sur des populations germaniques mais catholiques, quand, dans un même pays et dans un même groupe, de même langue et de même origine, on constate que les réformés progressent plus vite et plus régulifrement que les catholiques, il est difficile de ne pas attribuer la supériorité des uns sur les autres au culte qu’ils professent.
On a trop souvent apporté dans l'étude de ces questions des passions de secte ou des préjugés anti-religieux, Il est temps d’y appliquer la méthode d’observation et l’impartialité scientifique du physiologiste et du naturaliste. De la simple constatation des faits résulteront des conclusions irréfrageb\es,
Il est admis que les Ecossais et 184 Irlandais sont d’origine celtique. Les uns et les autres ont été soumis aux Anglais. Jusqu'au xvie siècle, l’Irlande était bien plus civilisée que l’Ecosse. La verte Erin était, perdant le premier moyen âge, un foyer de civilisation, quand l’ Ecosse était encore un repaire de barbares,
Depuis que les Ecossais ont adopté la Réforme, ils ont dévancé même les Anglais. Le climat et la nature du sol s’opposent à ce que l’Ecosse soit aussi riche que i’Angleterre ; mais Macaulay constate que, depuis le xvrie siècle, les Ecossais l’emportent sur les Anglais dans tous les genres. L’Irlande, au contraire, dévouée à l’ultramontanisme, pauvre, misérable, agitée par l’esprit de rébellion, semble incapable de se relever par ses propres forces. Quel contraste, même en Jrlande, entre le Connaught, exclusivement catholique, et l’Ulster, où domine le protestantisme !
L'Ulster est enrichi par l’industrie, le Connaught présente l’image des dernières extrémités de la misère humaine !
Je m'’interdis d'établir une comparaison entre les Etats-Unis et les Etats de l'Amérique du Sud, ou entre les nations du Nord et celles du
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Midi de l’Europe. On pourrait expiiquer les différances que l’on constate par le climat ou par la race. Mais allons en Suisse et comparons la situation des cantons de Neuchâtel, de Vaud et de Genève (surtout avant l'immigration récente d°8 catholiques savoyards) à celle de Lucerne, du Valais et des cantons forestiers. Les premiers l’empertent extraordinairement sur les seconds sous le rapport de l'instruction, de la littérature, des beaux-arts, de l’industrie, du commerce, de la richesse, de la propreté, en un mot, de la civilisation sous tous ses aspects et dans toutes les acceptions.
Les premiers sont latins, mais protestants ; les seconds, germains, mais soumis à Rome. C’est donc le culte et non la race qui est la cause de la supériorité de ceux-là,
Transportons-nous maintenant dans un même canton, celui d’Appenzell, nabjté tout entier par une population germanique entièrement identique. Entre les Rhodes intérieures catholiques et les Rhodes extérieures vrotestantes, on constate exactement le môme contraste qu'entre les habitants de Neuchâtel et ceux du canton de Lucerne ou d'Uri. D'un côté, l'instruction, l’activité, l’industrie, des relations avec le monde extérieur et, par suite, la richesse. De l’autre côté, l’inertie, la routine, l’ignorance, la pauvreté (1).
(1) Ecoutons M. Hepworth Dixon, dont certes aucun préjugé de
secte n’influence le jugement. Voici ce qu’il dit dans son livre récent sur la Suisse :
“Comparez, dit-il, un canton protestant à un canton catholique, Apperzell, Rhodes extérieures, par exemple, à Rhodes intérieures, et prononcez vous-même, en toute connaissance de cause,
‘ [1 y a autar* de différence entre ces deux demi-cantons qu'entre le canton de Berne et celui du Valais. Dans la partie basse du pays, les villages sont construits en bois, il est vrai ; mais le tout est coquet et propre. Une fontaine, d’où partent de charmants ruisseaux, occupe le centre du village. Tout auprés se trouvent l’église, la maison commune et i’école primaire. Chaque cottage est entouré d’un jardin. Des plantes grimpantes revêtent tous les murs et couvrent presque tous les toits. On entend, de toutes parts, les bruits des métiers à tisser ; les gamins chantent en se rendant à l’école. Les rues sont propres, les marchés bien approvisionnés, tous les gens que vous rencontrez bien vêtus. Dans la montagne, au contraire, pauvreté et désolation partout, On rencontre peu de villageois. Les paysans vivent dans des huttes, dispersés çà et là: au rez-de-chaussée, des étasles pour les porcs et les bestiaux ; au-dessus, des chambres à coucher, tout comme en Biscaye et en Navarre. Ces huttes sont cer-
tainement solides, mais aucun goût n’a présidé à leur grossière construction,
‘Chaque berger vit à part ; il ne rencontre ses concitoyens qu’à la messe, au pugilat ou au cabaret, Chacun sait lire et écrire, car ils sont Suisses ot assujettis aux lois cantonales ; mails ils ne connaissent ni livres, ni journaux ; à peine rencontret-onu quelque vie des saints,
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Partout où dans un même pays les deux cultes sont en présence, les protestants sont plus actifs, plus industrieux, plus économes et, par suite, plus riches que les catholiques.
‘6 Aux Etats-Unis,” dit Tocqueville, ‘la plupart des catholiques sont pauvres. ??
Au Canada, les grandes affaires, les industries, le commerce, les principales boutiques dans les villes sont aux mains des protestants.
M. Audiganne, dans ses remarquables études sur les populations ouvrieres de la Frence, remarque la supériorité des protestants dans l’industrie, et son témoignage est d’autant moins suspect qu’il n’attribue pas cette supériorité au protestantisme, ‘La majorité des ouvriers nimais, dit-il, notamment les taffetassiers, scnt catholiques, tandis que les chefs d'industries et du commerce, les capitalictes, en un mot, appartiennent en général à la religion réformée.
Quand une même famille s’est divisée en deux brfches, l’une restée dans le giron de la croyance de ses pères, l’autre enrôlée sous l’étendard des doctrines nouvelles, on remarque presque toujours, d’un côté, une gêne progressive et, de l’autre, une richesse croissante, ”’—‘ A Mazamet, l’Elbœuf du Midi de la France,’ dit encore M. Audiganne, ‘‘ tous les chefs d’industrie, excepté un, sont protestants, tandis que la grande majorité des ouvriers est catholique. Il y a moins d’instruction parmi ces derniers que parmi les familles labo” rieuses de la classe protestante. ??
Avant la révocation de l’édit de Nantes, les réformés l’emportaient dans toutes les branches du travail, et les catholiques, qui ne pouvalent soutenir la concurrence, leur firent défendre, à partir de 1662, par plusieurs édits successifs, l'exercice de différentes industries où ils excellaient, Après leur expulsion de France, les protestants apportèrent en Angleterre, en Prusse, en Hollande leur esprit d’entreprise et d'économie ; ils enrichissaient le district où {ls se fixaient. C’est à des latins réformés que les Gcrmains doivent en partie leurs
uelques feutlles populaires, quelques recueils de remèdes de bonnes Autos, au lieu de nouvelles fraiches et excitantes.
4 Le demi-canton protestant devient chaque jour plus riche et plus peuplé ; le demd-canton catholique croupit dans la pauvreté et la faiblesse. Et rien d'étonnant à cela, car le premier reçoit tous les étrangers, quelle que soit ieur religion, accueille avec joie toutes les idées nouvelles et adopte sans retard touteg le8 améliorations apportées au métier à tisser, source dé 8a richesse ; le second, au contraire, ferme ses portes à tout le monde, aux protestancs de tous es pays et aux catholiques qui ne sont pas n6s dans le canton ; il conserve ses jeux antiques et son vieux costume, il exécute ses travaux zustiques tout comme au moyen âge, il célèbre ses jours de fêtes et ses luttes au pugilat ; il se nourrit de pain de seigle grossier et de petit lait; il dédaigne souverainement, enfin, l’industrie qui enrichit son voisin.
Ds ce; progrès. Les réfugiés de la Révocation ont introduit en Angleterre et, différentes industries, entre autres, celle de la sole, et ce sont les dis- | ; ciples de Calvin qui ont civilisé l’Ecosse. | sauf Comparez la cote à la Bourse des fonds publics des Etats protes- | tants et des Etats catholiques, la différence est grande. Les 3 p. c. les anglais dépasse 92, les 3 p c. français flotte vers 60, La rente de la ts. Hollande, de la Prusse, du Danemarck, de la Suède sont au moins au 2e pair ; celle de l’Autriche, de l’Italie, de l'Espagne et du Portugal est e moins élevée d’un tiers où même de moitié. at- Aujourd’hui, dans toute l’Allemagne, le commerce des œuvres de Fee l'esprit, livres, revues, cartes, journaux, est presque entièrement aux
, mains des juifs et des protestants.
Lu. En présence de tous ces faits concordants, il est difficile de ne pas avouer que c'est le culte et non le sang qui est la cause de la prospéane rité extraordinaire de certains peuples.
ous La Réforme a communiqué aux pays qui l’ont adoptée une force aïs, dont l’histoire peut à peine se rendre compte. Voyez les Pays-Bas : ois- deux millions d'hommes sur un sol moitié sable et moitié mare‘s ; ils br résistent à l'Espagne qui tenait l’Europe dans ses mains et, à peine nts,
affranchis du joug castillan, {ls couvrent toutes les mers de leur pa- . villon, marchent à la tête du monde intellectuel, possèdent autant de navires que tout le reste du continent ensemble, 3e font l’âme de toutes les grandes coalitions européennes, tiennent tête à l’Angleterre ent et à la France, alliées contre eux, offrent aux Etats-Unis le type de
er l’union fédérale qui permet l’accroissement indéfini de la grande réà 62, publique, et donnent l’exemple des combinaisons tirancières qui où
contribuent si puissamment au dévelcppement actuel de la richesse, ap les banques d’émission et les sociétés par actions.
mu La Suède, un million d'hommes sur une terre granitique, ensevelie 34 sous les neiges pendant six mois de l’année, intervient sur le continent, sous Gustave-Adolphe, avec la puissance que l’on sait, bat l’Autriche par les mains de ses merveilleux stratégistes Wrangel nes Torstenson et Banner, oct sauve la Réforme. Aujourd’hui, l’Anglelus terre est la reine des mers, la première des nations industrielles et fai- commerciale ; elle gouver:e, en Asie, deux cents millions d'hommes F4 À et envahit le globe par les essaims qu’elle y lance. Il faut voir dans | au le beau livre de Sir Charles Diflke, Greater Britain, le tableau de la me puissance anglo-saxonne dans le monde entier. Les Etats-Unis, RUE croïissent avec une rapidité vertigineuse. Ils comptent 42 millions he + d’habitants. Vers la fin du siècle, ils en auront 100 millions. Ils pu- À sont déjà le peuple le plus riche et le plus puissant du globe. E il ; La Prusse protestante bat deux empires, chacun deux fois plua
peuplé qu’elle, le premier en sept semaines, le second en sept mois.
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Dans deux siècles, l'Amérique, l’Austra!ie et l'Afrique australe appartiendront aux Anglo-Saxons hérétiques et l’Asie aux Slaves schismatiques.
Les peuples soumis à Rome semblent frappés de stérilité ; {ls ne colonisent plus (1), {ls n’ont aucune puissance d’expansion. Le mot, émployé par M. Thiers pour peindre leur capitale religieuse, Rome, viduit as et sterilitas, pourrait s’appliauer aussi à eux. Leur passé est brillant, mais le présent est sombre et l’avenir inquiétant. Est-il une situation plus triste que celle de l’Espagne ? La France, qui a rendu de sf grands services au monde, est aussi bien à plaindre, non parce qu’elle a été vaincue sur les champs de bataille—des revers militaires peuvent se réparer— mais parce qu’elle semble &estinée à être ballottée sans cesse entre le despotisme et l’enarchie. Aujourd’hui encore, à l'instant où, pour se relever, elle aurait besoin de l’accord de tous ses enfants, les partis extrêmes se disputent la prééminence, au risque de déchainer encore une fois la guerre civile. C’est l’ultramontznisme qui est la cause des malheurs de la France; c’est lui qui a affaibli le pays par cette action délétère que nous analyserons plus loin, C’est lui qui, par l’impératrice Eugénie, organe du parti clérical, a fait entreprendre l’expédition du Mexique, pour relever les nations catholiques en Amérique, et la guerre de Prusse, pour mettre obstacle au progrès des Etats protestants en Europe (2).
L'Italie et la Belgique paraissent plus heureuses que la France et que l'Espagne ; mais la liberté est-elle définitivement établie dans ces deux pays? De bons esprits en doutent. Récemment, un journal de Rome, Z! Diritto, publiait un remarquable travail sur la situation de l'Italie, sous ce titre significatif : l’Z{alia nera, Les peuples soumis au Pape sont morts déjà, ou meurent, s’éerie l’auteur avec épouvante.
1) Voici un exemple pris au hasard,
e comte de Beauvoir arrive à Canton. Il y voit un îlot, Sha-Myeu, situé au milieu de la rivière et cédé à la France et à l'Angleterre. Le voyageur est frappé du contraste que présentent la partie cédée à l'Angleterre et celle qui appartient à la France :
‘* En six ans (1867), il y a là déjà une petite bourgade anglaise, une église protestante, un criquet ground, un terrain d’entraînement pour les courses, des villas spacieuses et des godowns magnifiques pour les gd maisons théifères de la Chine. Un sentier sépare le ! srritoire
tannique du territoire français. Sur le nôtre, il y a de: touffes d'arbres incultes, des ordures, des chiens errants, des ch ts, des taupes, mais pas une maison.” ( Voyage autour du monde, t. II, p. 427.)
(2) C’est ce que M. de Bismarck affirmait récemment du haut de la tribune à Berlin. L’impératrice disait en juillet 1870: Ceci est ma guerre, C’est elle qui, dars le Conseil suprême de Saint-Cloud, a fait décider la guerre, dont l’empereur voyaft clatrement le péril.
Re -
Il popoli di reliqione papale: 0 sono g'a morti o vanno morendi, ‘‘8i l’Italie,”’ ajoute-t-11, ‘ paraît moins malade, c’estfparce que le clergé, attendant la restauration du Pape d’une intervention autrichienne d’abord, et aujourd’hui d’une intervention française, n’a pas encore attaqué la liberté et la constitution comme force intérieure, Dans les élections, le parti clérical s’est abstenu ; mais cela changera. Déjà 1l est descendu dans l’arêne à Naples, à Rome, à Bologne. L'Eglise couvre le pays d'associations inspirées par les jésuites, et les congrégations s’emparent de la nouvelle génération qu'elles élèvent dans la haine de l’Italie et de 8es institutions.” Cette appréciation est juste. L'Italie est «ujourd’hui dans la situation où s’est trouvée la France après 17€9, et la Belgique après 1880 ; le souftle de la liberté emporte la nation entière, m ême dans le clergé. Le patriotisme, l'espoir d’un brillant avenir, l'enthousiasme du progrès enflamment tous les cœurs et font oublier les dissidences ; mais bientôt éclatera l’incompatibilité entre la civilisation moderne st les idées romaines. Le clergé, les jésuites suriout, soumis à 12 voix de Rome, se mettent déjà à l’œuvre pour miner l’édifice des libertés politiques à peine assis sur le 801. C’est exactement ce qui s’est passé en Belgique depuis 1840.
Récemment, l’un des auteurs de la Constitution belge, et le plus éminent, peut: être, me disait, l’Âme remplie de tristesse : ‘ Nous avons cru que, pour fonder la liberté, il suffisait de la proclamer, en séparant l'Eglise de l'Etat. Je commence à croire que nous nous sommes troinpés. L'Eglise, s'appuyant sur les campagnes, veut imposer son pouvoir absolu. Les grandes villes acquises aux idées modernes ne se laisser ont pas asservir sans chercher à se défendre. Nous dérivons vers une guerre civile, comme en France. Nous sommes déjà da une situation révolutionnaire. L'avenir me paraît gros de troubles,” Les dernières élections ont commencé à faire apparaître le danger. Les élections pour les Chambres ont fortifié le parti clérical, tandis que celles pour les communes ont donné le pouvoir aux libéraux dans toutes les grandes villes. L’antagonisrae entre les villes et les campagnes, une des causes de la guerre c: le en France, se montre déjà aussi en Belgique. Tant que le guvernement sera aux mains d'hommes p:udents plus disposés à servir le pays qu’à obéir aux évêques, des désordres graves ne sont pas à craindre. Mais si les fa. uatiques, qui acceptent ouvertement le Sylabus comme programme politique, devaient arriver au pouvoir, des chocs terribles s’ensuivraient.
Les pays catholiques, des deux côtés de l’Atlantique, sont donc en proie à des luttes intestines qui consument leurs forces ou tout au moins qui les empêchent d’avancer aussi régulièrement et aussi rapidement que les peuples protestants.