RETRO EN RD LE PA
CO Re DSTI
ss DO
pas. Qui n’est pas pour moi est contr: moi, t-il. Il faut donc se résigner ou à lui obéir ou à lui résister, et je ne saurais dire quel est le parti le plus sûr.
Les nations catholiques du continent ont emprunté à l’Angleterre et à l'Amérique des principes et des institutions qui nés du protestantisme, donnent de bons résultats, saus son influence. Mais on commence à voir sur le continent où elles mènent, lorsqu'elles sont combattues ou exploitées par un clergé ultramontain. Elles aboutissent au désordre, quand les masses perdent la foi, comme en Espagne ou en France, et au règne de l’épiseopat, quand elles la conservent, comme en Belgique.
L'étude attentive et désintéressée des faits contemporains semble donc aboutir à cette désolante conclusion que les nations catholiques ne parviendront pas à conserver les libertés nées du protestantisme. En se soumettant à la domination absolue de l’Eglise, elles pourraient peut-être jouir d’un bonheur paisible et d’une vie médiocre et douce si elles étaient isolées. Mais un danger du dehors semble les menacer, dans un avenir rapproché, à moins qu’elle ne refusent d’obéir à la voix de l’épiscopat.
Buckle, parmi les mérites de notre siècle, comptait celui de l’indifférence, qui nous préscrvait des guerres de religion. Cet-aAvantage, si c’en est un, notre temps ne le conservera pas. Tout semble se préparer pour un grand choc, dont la religion sera un des principaux mobiles. Déjà, en 1870, c’est l’ultramontanisme qui a déclaré la guerre à l'Allemagne. Si Henri V ou Napoléon IV arrivent au trône, ce sera avec le concours du clergé, et celui-ci poussera À une rouvelle croisade pour délivrer ses frères persécutés au delà du Rhin, dont il promettra l’appui. Les Etats où dominera le parti clérical seront probablement entraînés dans la guerre sainte. Voilà la politique que prêchent, en France, l’Univers et, ailleurs, les autres organes de la curie romaine. La restauration des souverains légitimes dans les trois pays latins, l'Espagne, l’Italie et la France, Rome rendue au Pape et le contrôle suprême à l’Eglise, le retour aux vrais principes du gouvernement, c’est à dire à ceux que proclament le Syllabus ét la tradition catholique, voilà le plan grandiose, dont les ultramontains préparent partout la réalisation. Réussiront-ils ? Qui peut le dire? Mais, s’ils succombent dans cet assaut contre le protestantisme germanique, que) sera le sort des vaincus ? On frémit en songeant aux malheurs que prépare à l’Europe le rêve de rendre à l'Eglise la domination universelle qu’elle revendique en ce moment avec plus d’audace et d’acharnement que jamais.