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parce qu'elle supprime l’autre face de la. vie morale et qu’ainsi elle la mutile. Il est très juste de faire appel à la solidarité ; nous avons suffisamment insisté sur son action capitale dans la vie morale de l’individu et de la société. Maïs, quand on prétend fonder toute la vie morale sur la conscience de la dette que nous avons envers l'humanité, on oublie que cette dette ne constitue en aucune façon une obligation morale. Nous devons tout au travail des généra= tions antérieures et nous sommes pris dans l’engrenage, toujours plus compliqué, de lasoli= darité sociale présente. C'est vrai; mais des générations antérieures n’ont pas travaillé "à notre intention et de nos jours chaque individu, en remplissant sa fonction sociale, ne travaille pas pour me rendre service, mais pour satisfaire à ses propres besoins. À l'écard-de nos contemporains la solidarité se réduit à une simple division du travail. A l'égard du passé nous ne sommes tenus à aucune reconnaissance, Nous ne bénéficions de son œuvre que par le fait, indépendant de sa volonté, que, dans l’enchaînement universel des causes et des effets, nous sommes nés en cette partie de l'espace et du temps. Les autres hommes sont nos égaux ; nous leur devons comme ils nous
doivent. Il y a entre nous et eux simple échange de services. Ce n’est pas sur cette seule base que … l’on peut fonder la vie morale.
… Elle ne trouve son assise solide que dans le sentiment de notre dépendance absolue à 4 Si de l’ordre universel. Nous lui devons tout. Il ne nous doit rien. Là est le fondement de la religion et de la morale, indissolublement 4 associées dans les profondeurs de l’âme hu- maine;là est le principe de l'obligation morale, ja source de l’énergie, la puissance de résignation bienfaisante et d'activité joyeuse et con-
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fiante. Les races les plus nobles et les plus ‘à … fortes ont été celles qui ont le plus vivement res- À ie senti cette assurance intérieure. Avec l’ Évangile fs 1 nous faut aimer Dieu en l’homme et l’homme Se (1
Ilest bon de rester sur cette parole. Mieux qu'aucune autre elle résume la pensée et la foi du protestantisme libéral. À ceux qui réclament
% une définition, même pour des principes mo-
raux qui sont essentiellement esprit et vie et
qui nese laissent pas emprisonner dans une
rmule, — à ceux qui, peu familiarisés avec les débats de l’ordre théologique ou religieux,
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désirent une parole simple et brève, en laquelle se condense notre conception de la religion“et de la morale, — à ceux qui, fidèles encore aux habitudes séculaires, demandent à chacun sa confession de foi, nous n'avons pas autre chose à répondre. La profession de foi du protestantisme libéral — ou du christianisme libéral, car les deux dénominations se confondent — tient tout entière en ce précepte unique : {4 aimeras le Seigneur ion Dieu de toute ton âme et ton prochain comme toi-même.
Les protestants libéraux ont conscience d’être ici au cœur même du christianisme originel"et authentique, en communion spirituelle, profonde et vivante, avec le Christ, puisque c'est Jésus lui-même qui a résumé la Loi et les Prophètes, c’est-à-dire la règle de vie et le principe de l'inspiration morale, en ce commandement suprême. Ils ont conscience, également, d'être en communion spirituelle avec les maîtres de la vie religieuse et morale du passé et avec la légion de ceux qui ont passé sur cette terre, humbles et inconnus, mais qui, à tra= vers les doctrines ou les rites de leur temps; ont pénétré jusqu'au sanctuaire intime “de l'Évangile, avec ceux qui ont vraiment aimé Dieu tel qu’ils le connaissaient, la vie divine
MISSION DANS LA SOCIÉTÉ MODERNE 179 telle qu'ils la comprenaient, l'humanité telle u’elle se présentait à eux dans les conditions de leur temps. Leurs dogmes, leurs doctrines métaphysiques, leurs rites, leurs sacrements, … leurs règlements ecclésiastiques ont été divers ; la poussière de l’histoire est faite de tous les débris de ces institutions et de ces théologies . quiles ont si profondément divisés. Tous ont "3 dé d'accord dans la profession de l'Évangile moral. Il est l’unité supérieure qui relie, à travers le temps et l'espace, toutes les âmes pures et # pnntes, tous ceux qui ont lutté contre le mal et aspiré à une vie meilleure.
HER Les protestants libéraux ont l’assurancequ'au- jourd'hui même, dans notre société si troublée ir le problème religieux, dans les confessions ecclésiastiques les plus diverses et sous les étittes les plus variées, parmi les catholiques meurant religieux, mais qui ne peuvent plus croire, ni pratiquer avec leur église, parmi Depiestanis encore rattachés officiellement à s confessions dogmatiques traditionnelles, mais qui n'ont plus pour le dogme que des amages muets, parmi les libres penseurs n pement éloignés de toute église tradi-