Voir dans le commentaire les diverses variantes
3. Cf. E. Tisserant, L' Ascension d' Isaie, Paris, 1909. — La dépendance nous semble bien établie par Zahn, Forschungen zur Geschichte des N. T. Kanons, t. vi, p. 312, note. « Cette dépendance est évidente. La descendance davidique de Marie : Ascens., x1, 2 — Protev., x,1. L'attribution de Marie à Joseph par le sort : Ascens., xz, 3, 5, 10 = Protev., virr-1x. De plus, la vision de Marie quise reflète sur son visage, Ascens. ,
VIRGINITÉ «IN PARTU » 9b
une femme de la famille du prophéte David, dont le nom était Marie; et elle était vierge, et elle était fiancée à un homme du nom de Joseph, un artisan, lui aussi de Bethléem de Juda, et 1l entra en possession de son lot, et lorsqu'elle fut fiancée, elle se trouva enceinte et Joseph l'artisan voulut la renvoyer. Et l'ange de l’Esprit apparut en ce monde, et aprés cela Joseph ne la renvoya pas,et il garda Marie, mais il n'y eut personne à qui il révéla cette affaire. Et il n'approcha pas de Marie, et il la garda comme une vierge sainte, bien qu'un enfant fût dans son sein. Et1l ne demeura pas avec elle pendant deux mois. Et aprés deux mois de jours, Joseph se trouvait dans sa maison, ainsi que Marie son épouse, mais tous les deux seuls; et il arriva, comme ils étaient seuls, que Marie regarda alors de ses yeux et vit un petit enfant et elle fut effrayée. Et après qu’elle fut effrayée, son sein se trouva comme précédemment avant qu’elle ait conçu. Et lorsque son époux Joseph lui dit : « Qu’est-ce qui t’a effrayée ? » ses yeux s’ouvrirent et 1l vit l'enfant, et il loua le Seigneur, car le Seigneur était venu dans son lot. Et une voix s’adressa à eux : « Ne dites cette vision à personne. » Et une rumeur courut dans Bethléem au sujet de l’enfant; il y en eut qui dirent : « La vierge Marie a en- «fanté avant qu'il y eüt deux mois qu'elle füt mariée. » Et beaucoup dirent : « Elle n'a pas enfanté, et il n'est «pas monté de sage-femme et nous n'avons pas entendu «les cris de douleur. » Et tous furent aveuglés au sujet de l'enfant, et tous le connaissaient, mais ils ne savaient pas d’où il était. » xr, 2-14 1. — Le docétisme de cette narration semble évident, surtout quand on la compare à celle qui lui a donné naissance. Au mo-
xi, 8-11, n'est certainement pas indépendante de Protee., xvi, 2. » Nous ne croyons pas pouvoir accepter l'opinion de Charles, adoptée par Tisserant, qui établit entre l’Ascension et le Protévangile la relation inverse. Tisserant, L. c., p. 58-60.
(1) Tisserant, L. c., p. 203-205.
ment décisif l'enfant apparait dans les bras de Marie, et. Joseph qui est présent n'a rien vu. L'auteur a donné au. Christ naissant les qualités que les Évangiles canoniques | attribuent au Christ glorieux et ressuscité, il est visible | ou invisible à son gré. On a pris soin de supprimer tous : les petits traits qui dans le Protévangile font voir que law naissance de Jésus ressemble en plusieurs points à celle de tous les hommes, la sensation qu'a Marie, par exemple, de sa prochaine délivrance (Protee., xvii, 3), l’idée qu'une sage-femme pourrait être nécessaire (xvin, 1), lintervention de la sage-femme pour constater l’état de Marie. L'ensemble de la scène se passe d’une manière tout à fait mystérieuse, si bien que ni Marie ni Joseph ne « se rendent un compte exact de ce qui est arrivé. — L'opposition entre les deux récits est manifeste, et puisque d'autre part la dépendance de l' Ascension par rapport au Protévangile peut être considérée comme établie, il reste donc que l'auteur du second récit a trouvé le docétisme du premier si peu évident, qu'il s'est cru obligé de lui donner un relief plus accentué.
Concluons : Rien de moins certain que le docétisme du Protévangile ; rien de moins certain non plus que l'origine docéte de la doctrine catholique sur l'enfantement virginal.