Les remaniements latins
Nous aurons à rechercher plus tard les raisons qui ont empêché le Protévangile de Jacques de s’acclimater tel quel dans l'Occident latin. Qu'il nous suffise de dire que d'assez bonne heure la légende grecque s'est transformée en un récit latin, que nous désignerons avec Tischendorf sous le titre d? Éeangile de Pseudo- Matthieu. Un remaniement postérieur de ce texte a donné naissance à une légende beaucoup plus sommaire, l' Évangile de la nativité de Marie (De nativitate Mariz). Analysons brièvement ces deux textes.
1. Évangile de Pseudo- Matthieu. Tel que Tischendorf l'a restitué, cet écrit se présente comme le résultat de la fusion de plusieurs textes originaux indépendants. La première partie, 1-xv11, reproduit dans ses grandes lignes le Protévangile, avec des additions et des suppressions caractéristiques; la seconde, xvir-xxiv, consacrée à décrire la fuite en Égypte, est un remaniement d'un texte original encore inconnu, mais dont l'Évangile arabe de l'enfance offre une recension célèbre ; la troisième partie, xxv-xLir, rapporte les miracles accomplis par Jésus adolescent. Elle traite en somme le méme sujet que l' Évangile de Thomas, le philosophe israélite, sur l'enfance du
Seigneur. Ces deux derniers cycles n'ayant rien à faire avec le sujet que l'on étudie ici, nous les laisserons dorénavant complètement de côté,
La première partie de Pseudo-Matthieu reproduit, disons-nous, les grandes lignes du Protévangile. Dans le texte rétabli par Tischendorf, elle se donne comme le livre de la naissance de la bienheureuse Marie et de l'enfance du Sauveur, écrit en hébreu par le bienheureux évangéliste Matthieu, et traduit en latin par le bienheureux Jéróme prétre. De quoi témoignent d'ailleurs deux lettres conservées en téte de la légende.
1-v rapportent les circonstances qui précèdent et accompagnent la naissance de Marie, C'est le théme du Protésangile, à cette différence près que le séjour de Joachim au désert dure beaucoup plus longtemps, que l'apparition de l’ange à Joachim, simplement indiquée dans l'original, est développée en un long chapitre, et qu'une attention plus particulière est accordée à la rencontre d'Anne et de Joachim, rencontre toujours rattachée désormais à la Porte d'Or.
vi-vir. Le séjour de Marie dans le temple et ses occupations sont décrits avec une complaisance toute particulière. Par une anecdote qui lui est propre, et qui cadre d'ailleurs assez mal avec le théme général de son modèle, l'auteur met en évidence le vœu de virginité de Marie, et lui fait plaider avec éloquence la cause de la chasteté perpétuelle.
vin, Cette détermination de la Vierge cause aux prétres un grand embarras. L'oracle divin leur indique à quel signe on reconnaítra celui qui doit recevoir en sa garde cette vierge trés pure. Une épreuve analogue à celle du Protéeangile est instituée ; mais une première fois elle ne réussit pas, Joseph, l’élu de Dieu, ayant négligé de s’y soumettre complètement. Il est finalement désigné par le miracle attendu et accepte d'emmener la Vierge en sa maison, à une condition toutefois, c'est qu'on lui