LES REMANIEMENTS LATINS
adjoindra des jeunes filles de son âge et de son rang qui pourront lui tenir compagnie.
ix-x11. La scène de la double annonciation à la Vierge est brièvement rapportée, Joseph de retour au logis constate l’état de Marie, mais n’ose interroger la Vierge ellemême. Les explications des compagnes de Marie sont loin de le rassurer, et 1] se décide, non plus comme dans saint Matthieu (τ, 19) ou dans le Protévangile à renvoyer la Vierge, dans le plus grand secret, mais à fuir lui-méme en un lieu retiré. L'ange le rassure ; Joseph fait part à Marie et à ses compagnes de la vision qu'il a eue et implore son pardon. Cependant les deux fiancés sont convoqués devant le grand-prétre, qui a entendu parler dela situation de Marie. L'épreuve des eaux amères, décrite assez longuement, tourne à leur justification, et donne à Marie une occasion nouvelle de parler de son vœu de virginité.
xir-xvir rapportent les circonstances de l'enfantement virginal. Comme dans le Protévangile, Marie trouve abri dans une grotte, est visitée par deux sages-femmes, dont l'une a de suite la foi, tandis que l'autre reste incrédule. Mais, dans son désir de concilier les données du Protévangile avec celles de saint Luc (11, 1-20), l'auteur fait changer de place à Marie le troisième jour après la naissance du Sauveur. Elle quitte la grotte dela nativité pour entrer dans une étable, et dépose dans la créche le saint enfant, Suit la narration sommaire de la circoncision, de la purification et de la présentation de Jésus au temple, Les mages n'arrivent que postérieurement (le texte est incertain et difficile à établir). Joseph, informé en songe des projets homicides d'Hérode, part pour l'Égypte par la route du désert, C'est la transition toute naturelle à l'histoire des prodiges qui marquent le voyage et le séjour de la Sainte Famille sur une terre paienne, :
2. L' Évangile de la Nativité de Marie a un caractère très différent. Tandis que Pseudo-Matthieu se plaisait à amplifier les légendes du texte original, on sent chez l’au-
teur de ce très court récit une sobriété voulue, qui lui fait élaguer des textes antérieurs tout ce qui ne va pas à son but, tout ce qui dans les récits précédents peut choquer la bienséance, telle, du moins, que lui-même la comprend. En dix chapitres assez courts 1] esquisse une biographie de la Vierge jusqu'au moment de l'annonciation, aprés quoi il juge sa tâche terminée ; les évangiles canoniques sont suffisants pour nous apprendre les circonstances de la nativité du Sauveur. Le titre De nativitate Mariz, proposé par Tischendorf, convient donc trés bien à cet opuscule.
1-11 présentent les parents de la Vierge, décrivent leur tristesse de ne point avoir d'enfant, la retraite de Joachim au désert.— 111-1V. Un ange appparaît à Joachim d'abord, à Anne ensuite pour leur annoncer la naissance d'une fille, qu'ils devront appeler Marie. Dès son Jeune âge elle devra être consacrée au Seigneur, car elle est réservée dés maintenant à l'honneur d'enfanter le Sauveur du monde. — v. La rencontre des deux époux a lieu, à la Porte d'Or, c'est le signe auquel ils reconnaissent que la parole de l'ange s'accomplira. — vi-viri. À l’âge de trois ans la Vierge est présentée au temple; deux lignes suffisent pour y caractériser sa conduite. À quatorze ans, quand les prêtres veulent la marier, elle répond simplement qu'elle ἃ voué sa virginité au Seigneur. Les prétres sont tirés d'embarras par l'oracle divin, qui, finalement, désigne Joseph, comme celui qui doit épouser la Vierge. Les fiancailles célébrées, Joseph retourne à Bethléem sa ville natale, tandis que Marie, accompagnée de sept Jeunes filles, rentre en Galilée dans la maison de ses parents. — 1x. C'est là qu'elle recoit la visite de l'ange Gabriel. L'auteur rejoint ici l'Évangile de saint Luc (1, 26-38) qu'il se borne à commenter. Le chapitre x rapporte briévement, et en suivant de trés prés saint Matthieu (1, 18-24), les troubles de Joseph et la communication qui lui est faite par l'ange. Le livre se clôt par une trés bréve mention de la naissance de Jésus à Bethléem.