PSAUME XLIII
Deus , auribus nostris audmmus.
Ce psaume est d'un bout à Tautre une prière que le Psalmiste , par esprit de prophétie , met dans la bouche des Israélites , qu'il Toit dans l'avenir opprimés, dispersés et captifs, comme dans le psaume Super flumina. Les circonstances y sont même assez détaillées pour qu'il ne soit guère possible de les rapporter à un autre temps qu'à celui de la captivité de Babylone , qui dura soixante-di]$L ans. Le prophète représente ici la confiance en Dieu que conservent les Israélites dans leurs malheurs , fondée sur ses anciennes bontés pour Israël , et les sentimens de fidélité et d'attachement à son culte , qui leur font préférer la mort à l'idolâtrie. C'est en même temps une exhortation et une prédiction ; car en effet ils ne furent jamais plus fidèles à Dieu que durant cette captivité : aussi leur répète- t-il souvent dans les livres saints , qu'ils ne se souviennent de lui que quand il les frappe , ce qui est généralement aussi vrai des autres hommes que des Juifs : heureux encore ceux qu'il ne châtie pas en vain!
Seigneur, nous avons entendu, et nos pères nous ont raconté ce que vous avez fait de leur temps et dans les jours anciens.
Votre main a détruit les nations de Chanaan , étiabli nos pères à leur place : vous avez frappé les peuples vos ennemis, et vous les avez chassés de Jeurs demeures.
Non, ce n'est pas la force de leur glaive qui mit nos pères en possession de la terre promise , et ce n'est pas leurs bras qui les fit vaincre.
Ce fut votre droite , votre bras tout - puissant qui fit leur salut : ils marchaient à la lumière de
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HEURES DU VENDREDI. 38i
^wotre visage, parce que vous vous plaisiez à les rotéger.
Vous êtes mon roi et mon Dieu ; et c'est vous ui ordonnez le salut de Jacob.
C'est par vous seul que nous pouvons encore battre nos ennemis , et fouler aux pieds ceux qui élèvent sur nous.
Je ne mettrai point mon espérance dans mon , ni mon salut dans mon épée.
Car c'est vous qui avez repoussé ceux qui nous dirigeaient, et confondu ceux qui nous haïssaient. Tous les jours nous nous glorifierons dans notre Dieu, et nous célébrerons son nom dans les siècles. Mais aujourd'hui , Seigneur, vous nous avez rejetés et méprisés, et vous ne marchez plus à la tête de nos armées.
Vous nous avez chassés en arrière devant nos ennemis, et nos oppresseurs se sont emparés de nos dépouilles.
Voilà que nous sommes comme des brebis destinées à la mort ; nous sommes dispersés parmi les nations.
Vous avez vendu votre peuple sans même en demander le prix, et personne n'a mis l'enchère sur nous.
Vous nous avez rendus l'opprobre de nos voisins , la fable et la risée de tout ce qui nous environne.
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