PSAUME CXXXVIII
Domine y probâsti me y et cognovisti me.
Le Psalmiste rend hommage à la présence , à la science , à la puissance
. de rÉternel.
Seigneur, vous m'avez éprouvé et vous m'avez connu, et toutes mes actions vous sont présentes.
Vous avez compris de loin mes pensées ; vous avez observé ma course et ma carrière.
Vous avez prévu toutes mes voies quand la parole n'était pas encore sur ma langue.
Vous savez également ce qui est ancien ou nouveau : vous m'avez formé , et vous avez établi votre main sur moi.
La science que vous avez de tout ce qui est en moi est une merveille : cette science est trop haute pour que je puisse y atteindre.
Où irai-je pour y échapper ? où fuirai-je pour être où vous ne soyez pas ?
Si je monte au ciel ; vous y êtes : si je descends aux enfers , vous y êtes aussi ^
disaient aux moissonneurs et aux faneurs : « Que le Seigneur « soit avec vous. » Saint Augustin *.
* Il est question de cet usage dans le liv. de Ruth, ch. 11 , vers. 4 • {J- L.)
' Le sens est que la toute-puissance de Dieu est partout et se fait sentir partout : l'enfer n'existe que parce que Dieu le
Si je prends les ailes de l'aurore , et que je m'envole aux extrémités des mers, c'est votre main qui m'y aura porté , c'est votre main qui m'y arrêtera.
Et j'ai dit : Peut-être que les ténèbres me couvriront ; et voilà que la nuit éclaire à vos yeux les plaisirs que j'ai cru y cacher.
Car les ténèbres n'ont rien d'obscur pour vous : pour vous la nuit est comme la lumière, et la lumière comme la nuit.
Tout ce qu'il y a de plus secret et de plus intime en moi est dans votre dépendance ; et vous avez daigné me protéger dès le sein de ma mère.
Je vous louerai , Seigneur , parce que vous avez signalé votre puissance en me formant : votre œuvre est admirable , et mon âme en est pénétrée.
Ma substance vous était connue , lorsqu'elle a été conçue dans le secret, lorsqu'elle était préparée dans les entrailles de la terre '.
Vous m'avez vu, quand mes membres n'étaient qu'une masse informe : avant qu'ils fussent, ils étaient écrits dans votre livre; mes jours y étaient comptés, et pas un n'était encore.,
veut; et on lit dans rÉcritnre que les mauvais anges reçoivent ses ordres comme les bons. Voyez le livre de Job *.
* La Harpe a voulu dire les prophéties d'Amos, ch. ix , vers. 2. (7. L.)
' Où sont les élémens physiques de la formation et de la nutrition de tous les corps animés , mais qui n'ont d'action que par la toute-puissance qui veut et crée sans cesse ?
J'honore ceux qui vous aiment , Seigneur , et ils sont dignes d'être honorés : leur prééminence est affermie sur une base inaltérable. .
Si je veux les compter , leur nombre surpasse celui des sables de la mer ^ : je me réveille de ma méditation, et je me retrouve avec vous.
Mais pour les pécheurs, vous les exterminerez : hommes de sang, éloignez-vous de moi.
Car vous avez dit au juste , dans votre pensée : Tu n'habiteras pas la cité que Dieu te promet.
Seigneur , n'ai -je pas haï tous ceux qui vous haïssent ? n'ai-je pas séché de. douleur à la vue de vos ennemis !
Oui , je les hais d'une haine parfaite ^ ; et vos ennemis sont les miens.
' Le nombre des élus est petit , mais par comparaison avec celui des réprouvés. En lui-même il est très-grand , et Tapôtre saint Jean dit de l'Eglise du ciel : Turba quant dinumerare nemopoterat; X] ne multitude que personne ne pouvait compter. Apocalypse, chap. vu, vers. 9.
* C'est-à-dire qu'il hait parfaitement la perversité qui les rend ennemis de Dieu , qu'il ne compose en aucune manière avec elle, ce qui est si commun et si coupable. Le juste n'a aucune animosité personnelle contre le méchant, même contre celui qui lui a fait le plus de mal, et il ne désire nullement de lui en faire. Mais il hait en lui le péché, parce que Dieu le hait; et Dieu lui-même qui aime toutes ses créatures , dit partout dans les livres saints qu'il hait les méchans , et surtout les sacrilèges dont il s'agit ici, ceux qui haïssent Dieu^ qui sont en révolte ouverte contre lui , soit en niant son existence , soit en blasphémant contre son culte et contre sa loi.
4oo LE PSAUTIER.
Éprouvez-moi , Seigneur, et pénétrez le fond de mon cœur ; interrogez-moi et visitez mes voies.
Vous seul pouvez voir si elles sont celles de l'iniquité : Seigneur , conduisez-moi dans la route de la vie éternelle.
Gloire au Père , etc.
PSAUME cxxxix.
Eripe me, Domine, ab homine malo.
David supplie le Seigneur de faire justice des artificieuses calomnies des méchans, et il prophétise leur chute et leur punition.
Seigneur, délivrez -moi de l'homme méchant; délivrez-moi de l'homme injuste.
Ils ont médité le mal dans leur cœur ; ils on passé les jours à préparer leurs attaques.
Ils aiguisent leur langue comme celle du ser pent ; le venin de l'aspic est sur leurs lèvres.
Préservez -moi, Seigneur, de la main du pécheur, et de l'homme d'iniquité qui cherche à m faire tomber.
Les superbes ont caché leurs pièges ; ils on tendu leurs filets pour m'y surprendre; ils on mis des pierres sur ma route.
Et j'ai dit au Seigneur : Vous êtes mon Dieu ^ exaucez contre eux la voix de ma prière.
O Seigneur, mon Dieu ! vous êtes la force qu-î fait mon salut ; c'est vous qui avez couvert ma. tête au jour du combat.
Ne me livrez pas au pécheur quand je vous ïplore contre lui ; il a conspiré ma perte; ne l'abandonnez pas, et qu'il n*ait pas à s'enor- ^oeillir de ses succès.
L'arme de mes ennemis , c'est la calomnie tra-
"vaillée sur leiu's lèvres : elle retombera sur eux.
Des traits brûlans les écraseront : vous les ren-
"Verserez dans les flammes, et ils ne se relèveront
pas de leur chute.
Le calomniateur ne prospérera point sur la 'terre; et le malheur saisira l'homme injuste au xnoment de sa mort.
Je sais que le Seigneur fera justice à l'opprimé , ^t qu'il vengera les pauvres.
Oui, les justes, ô mon Dieu ! loueront votre ïxom ; et les hommes au cœur droit habiteront ^vec vous.
Gloire au Père , etc.
HTMNE.^
Pleurez, anges de la paix ! un Dieu, qui a voulu se faire homme, prend la ressemblance du péché , et souffre la peine des coupables.
O prodige de l'amour ! ô insensibilité du cœur humain ! un Dieu innocent se livre à la mort , et les criminels refusent de souffrir !
Cest votre croix, ô Jésus ! qui nous tire des flammes éternelles : châtiez-nous ici-bas avec le
Psautier. 26
4o2 LE PSAUTIER.
fer et le feu , pourvu que vous nous fassiez grâce dans l'éternité.
La faiblesse de notre chair en murmure ; mais la volonté du Père céleste nous presse. Faites , ô Jésus ! que nous accomplissions par votre force ce que vous nous enseignez par votre exemple.
Guéris par vos plaies et lavés par votre sang, ne permettez pas que nos péchés renouvellent, pour vous le supplice de votre croix.
Gloire au Père qui a livré son Fils ! gloire ai«: Fils qui s'est fait victime ! gloire à l'Esprit sainr dont l'amour allume le feu du sacrifice !
Ainsi soit-il.
COMPLIES