PSAUME XXXVII
Domine^ neinfurore tuo,„ quoniam sagittœ.
Ce psaume est Texpression du profond repentir et de la profonde humilil de David pénitent : c'est le ni* des PénUentiaux.
Seigneur, ne me reprenez pas dans votre fureu et ne me châtiez pas dans votre colère.
Vos flèches m'ont percé de toutes parts , et votr main s'est appesantie sur moi.
Il n'y a rien en moi qui n'ait ressenti vos coup^ ^ il n'y a plus de paix dans mon âme à la vue de mes péchés.
HEURES DU VENDREDI. 4o3
Mes iniquités se sont élevées au-dessus de ma tête ; elles pèsent sur moi comme un fardeau audessus de mes forces.
Mes plaies se sont envenimées et corrompues à la vue de mes égaremens.
Le poids de mes maux m'a courbé incessamment vers la terre : j'ai marché dans la tristesse pendant tout le jour.
Mes entrailles sont remplies d'un feu dévorant : rien n'est resté sain dans ma chair.
Je suis tombé dans l'excès de l'affliction et de l'humiliation ; et le cri de mon cœur est comme un rugissement.
Seigneur, tous mes désirs sont devant vous, et vous entendez mes gémissemens.
Les agitations de mon âme m'ont ôté mes forces ^ et la lumière a fui de mes yeux.
Mes proches se sont unis contre moi avec mes ennemis : ceux qui auparavant se tenaient à mes côtés ise sont éloignés de moi , et ceux qui en vou-* laient à ma vie ont renouvelé leurs efforts pour me l'ôter*
Ceux qui me voulaient du mal se sont répandus en calomnies contre moi; et tout le jour ils ont tramé de nouvelles perfidies.
Et moi j'ai paru ne pas les entendre ; je suis demeuré comme le muet qui ne peut ouvrir la bouche*
4o4 LE PSAUTIER.
Je suis devenu semblable à un homme qui n'entend rien , et qui n'a point de réplique sur sa langue.
Mais vous répondrez pour moi , ô mon Dieu ! parce que j'ai espéré en vous.
J'ai dit : Ne souffrez pas que mes ennemis triomphent de moi ; car, dès qu'ils m'ont vu chanceler, ils ont fait éclater leur insolence.
Mais je suis prêt à tous les châtimens, et la douleur de mon péché ne me quitte pas.
Je déclarerai moi-même mon iniquité, et ma faute sera toujours dans ma pensée.
Et mes ennemis vivent et sont puissans contre moi ; et ceux qui me haïssent injustement se sont multipliés.
Ceux qui rendent le mal pour le biçn ne cessent
de me noircir , parce que je m'efforce de faire le bien.
Vous, Seigneur, ne m'abandonnez pas; ne vous éloignez pas de moi ; soyez attentif à me porter recours , vous qui êtes le Dieu de mon salut.
Gloire au Père , etc.
HEURES DU VENDREDI. 4o5