PSAUME LXXII
Quam bonus Israël Deusl
l'objet de ce psaume est d'expliquer aux hommes le secret de la Providence sur la prospérité passagère des méchans.
Que Dieu est bon envers Israël , envers tous . ceux qui ont le cœur droit !
Cependant , je l'avoue, mes pieds ont été presque ébranlés, mes pas ont presque chancelé, parce que mon cœur s'est soulevé quand j'ai vu la prospérité des méchans.
Ils ne paraissent pas penser à la mort, et ils semblent se fortifier par les coups qu'on leur porte.
Ils ne souffrent pas avec les autres hommes, et ne partagent point les calamités communes.
Et l'orgueil s'est emparé d'eux : ils sont comme enveloppés de leur impiété , et recouverts du mal cpi'ils ont fait.
Leur iniquité sort tout orgueilleuse du sein de leur abondance : leur impiété a été au delà du cœur humain ^
' D'après le texte hébreu et rinterprétation de saint Augustin.
rga LE PSAUTIER.
Ils ne pensent que le mal , et ne disent que le ,mal ; ils proclament l'injustice à haute voix.
Leur parole monte j usqu'au ciel pour l'outrager , et leur langue impie parcourt la terre.
Aussi mon peuple a toujours les yeux sur eux, et passe les jours aies considérer avec étonnement.
Il s'est dit à lui-même : « Dieu les voit -il? Le Très-Haut en a-t-il connaissance?
« Voilà que ces pécheurs sont les heureux du siècle , et les possesseurs des richesses. »
Et moi-même j'ai dit : C'est donc en vain que j'ai attaché mon cœur à la justice, et que j'ai lavé mes mains parmi les innocens.
Je n'en ai pas moins éprouvé les fléaux de chaque jour; et chaque matin a été marqué par mes disgrâces ^
Mais, Seigneur^ quand je parlais ainsi, je faisais injure à toute la race des justes, vos enfans;
J'ai cherché en vain à pénétrer ce mystère , et cette pénible pensée m'a tourmenté inutilement;
Jusqu'à ce que vous m'ayiez fait entrer dans
* David ne parle ici que des époques de sa vie où il fut éprouvé et persécuté, puisqu'on voit d'ailleurs en mille endroits les secours qu'il a reçus de Dieu. Le résultat général de ce psaume est que Dieu ne laisse prospérer quelque temps les impies que pour les perdre , le plus souvent mêm.e dès cette vie; et qu'il ne laisse opprimer les justes que pour les éprouver, les secourir et les consoler dans ce monde , et les récom.penser dans l'autre.
^^ sanctuaire de votre providence, et que vous "'^'ayez fait comprendre la fin des méchans.
l'ai vu alors que 43'était un piège que vous mettiez devant eux, et que vous les éleviez pour les renverser.
Comme ils sont tombés tout à coup dans la défaillance! comme ils ont défailli en un moment! Ils ont péri; leur. iniquité les a perdus.
Leur postérité est devenue comme le rêve d'un homme qui s'éveille : ils seront exterminés de votre cité sainte ; il n'en restera pas même l'ombre.
Et moi, Seigneur, parce que mon cœur a senti le feu de votre amour, et mes reins l'aiguillon de vos corrections paternelles ;
Parce que je suis i^esté devant vous dans le néant de mon ignorance , et que , semblable à l'animal docile qui se laisse conduire à la main, je suis toujours demeuré près de vous,;
Vous m'avez tenu par ma droite ; vous m'avez guidé selon votre volonté , et vous m'avez soutenu avec gloire.
Car qu'y a-t-il pour moi dans le ciel , et que puis-je vouloir de vous sur la terre, hors vous seul, ô mon Dieu!
Je me suis écrié dans l'extase de mon âme et de mes sens : O Dieu de mon cœur ! vous êtes mon partage pour l'éternité.
Tous ceux qui s'éloignent de vous périront;
Psautier. i3
VOUS perdrez tous ceux qui prostituent leurs hommages, adressés à d'autres qu'à vous.
Mon bonheur est de m'attacher à Dieu, de mettre toute mon espérance dans le Seigneur mon Dieu, afin que je puisse faire entendre vos louanges aux portes de la fille de Sion.
VEPRES.