‹ Le psautierChapitre 64 sur 140 · PSAUME LXXVIII · texte numérisé non relu

PSAUME LXXVIII

Deus^ venerunt gentes in hœreditatem tuam.

Ce psaume est une prophétie claire et formelle , puisque le Psalmiste y fait une peinture détaillée des malheurs qui n'arrivèrent aux Juifs que plusieurs siècles après , soit que la prophétie regarde Nabuchodonosor II, '" '- qui brûla le temple , soit qu'il s'agisse d'Antiochus , qui le profana ; et tous deux accablèrent de maux Jérusalem et Israël ; en sorte que la prophétie convient également à tous les deux. Mais saint Augustin observe avec raison qu'elle ne peut concerner la dernière catastrophe sous Titus , parce que le psaume est en forme de prière , et que le Saint- Esprit, qiû l'a dicté , ne peut intercéder en faveur d'une ville qui, après son déicide , était dès-lors condamnée à une destruction totale et sans retour, ce qui n'avait pas encore eu lieu jusque-là , puisqu'elle avait été rebâtie après Nabuchodonosor, et que le temple fut réparé et puriiié après Antiochus. Le prophète prédit aussi la punition des destructeurs et des profanateurs, qui, après avoir été les insti'umens de la vengeance divine , finirent , comme il arrive toujours , par en être les victimes.

Seigneur, les nations ont envahi votre héritage ; elles ont profané votre saint temple.

' Cela veut dire qpie , soit qu'on se soumette à Dieu , soit qu'on ne s'y soumette pas, on est toujours sous sa main toutepuissante , et que ceux qui- refusent sa miséricorde n'éviteront pas sa justice; et peut-on balancer sur le choix?

HEURES DU MARDI. ^ a53

Jérusalem est devenue semblable à la cabane d'im jardinier, dans une ferme désolée '.

Nos ennemis ont jeté les cadavres de vos serviteurs pour servir de pâture aux oiseaux du ciel , et les corps de vos saints pour être la proie des bêtes sauvages.

Us ont fait couler le sang comme Teau dans l'enceinte de Jérusalem , et il ne s'est trouvé personne pour ensevelir les morts.

Nous sommes devenus un objet d'opprobre pour nos voisins , la fable et la risée des peuples qui nous environnent.

Jusqu'à quand , Seigneur , serez-vous en colère ? jusqu'à quand votre fureur sera- 1- elle allumée comme la fournaise?

Tournez votre courroux sur les nations qui ne vous connaissent pas , sur les royaumes où n'a pas été invoqué votre nom : ils ont dévoré Jacob , ils ont désolé sa demeure.

Ne vous souvenez pas plus long-temps de nos anciennes iniquités; hâtez -vous de nous prévenir ^ dans votre miséricorde : nous sommes tombés dans un abîme de misères.

' Isaïe , prédisant les mêmes malheurs , se sert de la même comparaison, pour dire qu'il ne restera dans Jérusalem que des masures; ce qui arriva en effet quand elle fut prise et pillée quatre fois sous Nabuchodonosor.

* C'est-à-dire, avancez, s'il est possible, le moment marqué pour vos miséricordes. f

a54 LE PSAUTIER.

Secourez-nous, ô Dieu qui êtes notre salut! délivrez - nous pour votre gloire ; faites grâce à nos péchés pour l'honneur de votre hom ;

Afin qu'on ne dise pas chez les nations : Où donc est le Dieu dlsraël ?

Signalez devant elle et devant nous là vengeance du sang de vos serviteurs qui' a été répandu; que le gémissement des captifs entre dans votre oreille.

Déployez la force de votre bras, et prenez sous votre protection les enfans dont les pères ont péri par le glaive.

Rendez à nos oppresseurs sept fois autant de maux qu'ils nous en ont fait : faites rentrer dans leur sein l'opprobre dont ils nous ont chargés , et songez, Seigneur, qu'ils l'ont fait retomber sur vous-même.

Et nous qui sommes votre peuple , et le troupeau de vos pâturages , nous vous rendrons d'éternelles actions de grâces, et nous répéterons vos louanges de génération en génération.

HEURES DU MERCREDI. aSÔ

MATINES

HYMNE

ous admirons , grand Dieu , le nouvel ouvrage ^votre toute -puissance, écrite en traits de feu le front étincelant des astres, omme le soleil préside au jour, la lune préà la nuit : l'armée des étoiles se range en re dans l'étendue du firmament.

€ soleil, l'ornement des cieux, a connu l'heure on coucher, la lune ses révolutions, et la care des astres a été marquée, mportés par un mouvement invariable , tour ur ils nous dérobent et nous rendent la lure. Vous, Seigneur, vous êtes toujours le , et vous ne pouvez pas tromper l'espèce de vos créatures, ourquoi notre âme serait-elle troublée et flote ? c'est vous qui nous gouvernez avec un soin rnel; et le salut nous attend, s'il est l'objet vœux de notre cœur, ouange et suprême gloire au Dieu unique en

trois personnes, qui nous ordonne de déposer dans son sein nos peines et nos afflictions. Ainsi soit-il.

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