‹ Le psautierChapitre 65 sur 140 · PSAUME IX · texte numérisé non relu

PSAUME IX

Confitebor tibiy Domine j||k toto corde meo : narraho.

L'objet moral de ce psaume , où le roi-prophète invoque le Seigneur contre ses ennemis , est de représenter Tinévitable punition qui attend les méchans , et le funeste aveuglement qui leur fait croire que Dieu ne les voit pas. Les Pères y ont observé un sens figuré , les victoires de Jésus- Christ sur les ennemis de la foi et du salut.

Seigneur, je vous louerai dans la sincérité de mon cœur, je publierai toutes vos merveilles.

Je me réjouirai en vous, ô Très -Haut ! et mes chants d'allégresse célébreront votre nom.

Vous avez mis en fuite mes ennemis : ils sont sans force devant vous ; ils périront.

Vous avez pris ma cause en main , et vous m'avez rendu justice. Vous vous êtes assis sur votre trt^ne d'équité, pour condamner les nations.

L'impie a été détruit, et vous avez effacé son nom pour toujours. •

Les lances de l'ennemi ont été rompues : vous avez renversé ses villes.

La mémoire des méchans a péri avec eux , et le Seigneur est éternel.

Il a préparé le trône du jugement ; il jugera la terre dans sa justice; il jugera les peuples dans son équité.

HEURES DU MERCREDI. aS?

Il s'est fait le refuge du pauvre , et son soutien dans le temps de l'adversité.

Que tous ceux qui connaissent votre nom, Seigneur, espèrent toujours en vous, parce que vous n'abandonnez pas ceux qui vous cherchent.

Chantez le Seigneur qui habite dans Sion ; annoncez ses desseins parmi les nations ;

Parce qu'il s'est souvenu du sang innocent et l'a vengé ; il n'a pas oublié la plainte de l'opprimé.

Ayez pitié de moi , Seigneur ; voyez l'humiliation où j'étais réduit devant mes ennemis ; souvenez-vous-en , vous qui m'avez tiré des portes de la mort , pour annoncer votre gloire aux portes de la fille de Sion ^

Le salut que vous donnez fera ma joie : mais les infidèles sont plongés dans la mort qu euxmêmes se sont préparée.

Leurs pieds se sont pris dans le piège qu'ils ont tendu dans les ténèbres.

Le Seigneur se fera reconnaître à ses jugemens, et le pécheur se trouvera pris dans les œuvres de son iniquité.

' Les portes de Sion , de la fille de Sion , se disent dans rÉcriture pour l'assemblée des fidèles , soit dans le parvis du temple , soit autour des tribunaux , qui étaient aux^ortes de la ville.

Psautier. ^7

a58 LE PSAUTIER.

Il retournera dans les enfers ^ avec les nations qui ont oublié Dieu.

Car le pauvre n'est pas dans Toubli pour toujours : la patience du malheureux ne périra p£^s.

Levez- vous, Seigneur, et que l'homme sente sa faiblesse : que les peuples soient jugés en votre présence.

Établissez sur eux un législateur ^ , afin que le* peuples sachent qu'ils sont des hommes.

Seigneur, pourquoi vous retirer de nous? pourquoi, semblez-vous dédaigner de nous secourir quand nous avons le plus besoin de votre secours?

Pendant que l'opprimé se désole , l'impie s'est enorgueilli ; il a enveloppé le pauvre dans ses filets.

Car on flatte le pécheur dans les désirs de son âme : on applaudit l'injuste dans son injustice ; et alors il lève la tête contre le ciel.

* Cette expression , qui est littérale , signifie que le péché retournera aux enfers dont il est sorti. Un interprète anglais , Robertson, traduit : Ceux qui sont hors de la justice de Dieu reviennent sous la puissance du démon ; Qui expertes sunt justitice Deiy redeunt in regnum diaboli,

* Les Pères ont vu Jésus-Christ dans ce législateur, et il est certain que c'est lui qui a donné aux hommes la véritable loi , la loi du cœur, et qui a fait connaître Thomme à Thomme. Les invocations et les plaintes qui suivent ont rapport aux persécutions barbares suscitées contre l'Église naissante par des prinqH idolâtres qui faisaient profession de mépriser Jésus- Christ et de nier sa divinité.

HEURES DU MERCREDI. . aSg

Dans sa fureur il oublie Dieu; il n'y a point de Dieu dans sa pensée , et toutes ses voies sont souillées.

Vos jugemens , Seigneur , ont disparu à ses yeux ; il souffle avec dédain sur ses ennemis.

II a dit dans son cœur : Je ne serai jamais ébranlé.

La malédiction , l'amertume et la fourbe sont dans sa bouche; sa langue ne profère que le mal.

Il se met en embuscade avec les puissans , pour égorger l'innocence.

Ses regards poursuivent le faible; il l'attend dans les embûchaii^ comme le lion dans sa caverne.

Il dispose ses pièges pour y faire tomber le pauvre et se saisir de lui.

Quand il l'aura entraîné dans ses rets, il le foulera aux pieds ; il l'écrasera de son poids ; il dominera sur les faibles.

Parce qu'il a dit dans son cœur : Dieu ne me regarde pas ; Dieu ne me verra jamais.

Levez-vous donc, Seigneur, étendez votre bras, et n'oubliez pas les humbles.

Car pourquoi l'impie vous a-t-il irrité ? c'est qu'il a dit : Dieu ne recherchera pas mes actions.

Mais vous les voyez, Seigneur, vous ne perdez pas de vue l'affliction des opprimés; et l'oppresseur sera livré dans vos mains.

C'est à vous que le pauvre s'est abandonné ; c'est de vous que l'orphelin attend son appui.

26o LE PSAUTIER.

Brisez le bras du méchant ; qu'on cherche son péché et qu'on ne le trouve plus ^

Dieu régnera dans l'éternité : nations, vous serez exterminées de la terre du Seigneur.

Il a exaucé le désir des pauvres ; son oreille a entendu le cri de leurs cœurs.

Il fera justice à l'orphelin et à l'indigent , afin que l'homme de la terre ne soit plus enflé d'orgueil.

PSA.UME LXXVii.

Attendue^ popule meus ^ legejnj^eam.

Le fond de ce psaume est historique : c'est , comme dans quelques autres qu'on a déjà vus , un résumé des merveilles que Dieu avait opérées en faveur de son peuple , et des châtimens dont il avait puni leurs infidélités. Mais en même temps on ne peut douter qu'il ne soit aussi prophétique , d'abord , parce que Jésus-Christ lui-même y parle par la bouche du Psalmiste, comme l'atteste l'Évangile de saint Matthieu *; ensuite, parce qu'on y verra un passage qui ne peut être entendu que de Jésus- Christ et de son Église.

Écoutez ma loi , ô mon peuple ! prêtez l'oreille aux paroles de ma bouche.

' C'est- à^dire qu'on cherchera les traces de la puissance injuste , et qu'il n'y en aura plus. On a déjà vu dans les psaumes des expressions semblables.

* « Et il ne leur parlait point sans paraboles , afin d'accomplir « ce qui avait été dit par le prophète , en ces termes : Je vous « parlerai en paraboles ; je ferai sortir de ma bouche les « choses cachées depuis le commencement du monde, » Saint Matthieu, chap. xiii.

HEURES DU MERCREDI. a6i

Je VOUS parlerai en paraboles , et je vous montrerai en figures les choses cachées depuis le commencement du monde '.

Que de choses nous avons entendues et apprises, et que nos pères nous ont racontées!

Ils ne les ont point cachées à leurs enfans; elles ont été transmises d'une génération à l'autre.

Ils publiaient les louanges et la puissance du Seigneur , et les prodiges qu'il avait faits.

Car il a établi un témoignage dans JacoD , et il a fait cette loi ^ dans Israël , de faire passer aux enfans ce qu'il avait ordonné à leurs pères , afin que la génération suivante en eût connaissance.

Ainsi les enfans qui naîtront, et ceux qui naîtront d'eux , instruiront successivement leur postérité ;

Afin qu'ils mettent toujours leur confiance en Dieu, qu'ils n'oublient pas ses œuvres, et qu'ils s'attachent à ses commandemens ;

Et qu'ils ne deviennent pas , comme il est souvent arrivé à leurs pères, une race mauvaise et indocile , dont le cœur n'a point été droit , et dont l'esprit n'a point été fidèle à Dieu.

' On verra dans la suite du psaume à quels passages ces paroles sont applicables.

* On trouve cette loi dans le Deutéronome , aux chap. iv , VI et xi; et de là vient ce qu'on appelle la tradition, qui est loi dans l'Église , comme elle Tétait dans Israël.

iiôa LE PSAUTIER.

Les enfans d'Éphraïm , habiles à tendre l'arc et à tirer la flèche , ont été défaits au jour du combat ^

Ils n'ont point gardé l'alliance de Dieu , ils n'ont pas voulu marcher dans sa loi.

ils ont oublié ses bienfaits, et les prodiges qu'il leur avait fait voir , et ceux qu'il avait fait voir à leurs pères dans la terre d'Egypte et dans les plaines de Tanis,

H libr avait fait un passage au milieu de la mer; il avait rassemblé les eaux comme tfeins une outre.

Il avait fait marcher devant eux une nuée pour les conduire pendant le jour, et une colonne lumineuse pour les guider pendant la nuit.

Il avait tiré de l'eau du rocher dans le désert, et les y avait désaltérés comme dans un réservoir abondant.

Il avait fait de la pierre une source , et des ruisseaux en avaient coulé comme des fleuves.

' C'est une des paraboles prophétiques annoncées dans ce psaume. Ëphraïm était une tribu puissante et belliqueuse, et souvent TÉcriture appelle du nom d'Ephraïm le royaume d'Israël , qui se forma du schisme des dix tribus soiu^ les petits-fils de David. Samarie en était la capitale et celle du schisme, souvent même de l'idolâtrie. C'est cette séparation qui est prédite ici, ainsi que la dispersion de ces dix tribus, et la destruction du royaume d'Israël par Salmanazar. On verra plus bas la réprobation d'Éphraïm et l'élection de Juda, dohit le Messie devait sortir.

HEURES DU MERCREDI. a63

Cependant ils péchèrent contre lui dans ce même désert ; ils irritèrent le Très-Haut ; ils tentèrent Dieu dans leurs coeurs , et lui demandèrent des viandes pour s'en rassasier.

Et ils parlèrent contre Dieu , et ils dirent : a Pourra-t-il nous donner de la chair dans cette solitude?

« S'il a frappé la pierre , et s'il en a fait sortir l'eau comme un torrent, pourra-t-il aussi nous donner du pain , et dresser une table pour son peuple dans ce désert ? »

Et Dieu les entendit et différa de punir ; mais son couîTou:^: s'allumait contre Jacob , et sa colère montait sur Israël , qui ne croyait pas en lui , et n'espérait pas de lui le salut, après tout ce qu'il avait fait.

Il avait en leur faveur commandé aux nuées de descendre, et il avait ouvert les portes du ciel pour en faire pleuvoir la manne dont il les nourrissait.

Il leur avait donné le pain du ciel ; et l'homme alors mangea le pain des anges % et en fut abondamment itassasié.

' Autre parabole : tous les Pères ont reconnu l'Eucharistie dans ces mots v L'homme mangea le pain des anges , etTËglise les a placés dans l'office du Saint - Sacrement. Ces mots ne signifient pas dans le psaume que la manne fut la nourriture des anges 9 mais qu'elle avait été préparée parles anges. Elle

Dieu appela le vent d'Afrique , et sa puissance fit venir le souffle du midi : il fit pleuvoir sur eux les viandes comme la poussière, et les oiseaux comme le sable des mers.

Et ils tombèrent au milieu du camp , autour des tentes des Israélites , qui en mangèrent et furent rassasiés : Dieu contenta leurs désirs, et ne leur refusa point leur demande.

Mais les viandes étaient encore dans leur bouche , lorsque sa colère s'éleva sur eux , et fit périr les plus intempérans de ce peuple; et le châtiment atteignit les chefs d'Israël ^

Au milieu de ces prodiges , ils l'offensèrent encore , et ne crurent pas à ses merveilles.

C'est pour cela que leurs jours se consumèrent

était la figure , mais imparfaite comme toutes les figures , du corps de Jésus -Christ; car Jésus-Christ lui-même compare l'un à Tautre dans TÉvangile, lorsqu'il dit aux Juifs : « C'est « moi qui suis le pain vivant qpii est descendu du ciel... Vos « pères ont mangé la manne, et ils sont morts; mais voici le npain vivant qui est descendu du ciel, afin que celui qui en « mange ne meure point. » Saint Jean, chap. vi.

' Le livre des Nombres, où ce fait est rapporté, dit que la plaie fut grande , et ne la spécifie pas ; mais ce fiit encore moins une punition de leur intempérance que de leur défiance injurieuse à Dieu et de leur ingratitude. Au reste , ce fait , qui est une leçon comme tous ceux de Tancien Testament, est l'image de ces hommes qui ne demandent jamais à Dieu , ainsi que les Juifs , que des biens temporels. Il les leur accorde quelquefois , mais dans sa colère ; et c'est pour leur malheur.

daiis des courses vaines , et que leurs années furent abrégées '.

Ils cherchaient Dieu quand il les frappait; ils retournaient à lui, et venaient le prier dès le matin.

Ils se souvenaient alors qu'il était leur appui, qu'il était le Très-Haut , leur Sauveur.

Ils lui offraient de bouche leur amour, mais leur bouche mentait à Dieu ^.

Leur cœur n'était point droit devant lui , et ils n'étaient point fidèles à son alliance.

Mais Dieu est toujours miséricordieux : il fai-^ sait grâce à leurs péchés , et ne voulait pas perdre son peuple.

Sa miséricorde abonda sur eux pour détourner sa colère , et il n'alluma pas toute sa vengeance.

Il se souvint qu'ils étaient chair, un souffle qui passe et ne revient plus.

Et, en effet, combien de fois l'ont-ils irrité dans

' On doit se rappeler ici que , dans Tespace de quarante ans , tout ce qui était sorti d'Egypte mourut dans le désert, excepté Josué et Caleb , qui seuls entrèrent dans la terre promise ; que cette course vagabonde et sans terme, dans ce désert de Sinaï, figurait les hommes égarés dans les erreurs d'une vie sans espérance , et Josué et Caleb , le petit nombre de ceux qui entreront dans l'autre vie.

* Dieu dit précisément la même chose dans Isaïe : Ce peuple m* honore des lèvres , mais son cœur est loin de moi.

:i66 LE PSAUTIER.

le désert! combien de fois ont -ils provoqué sa justice!

Combien de fois sont-ils revenus à leurs égaremens, ont-ils tenté le Seigneur et bravé le saint Israël !

Ils ne se souvenaient point de la main du Tout- Puissant, du jour où il les délivra de l'oppression, des prodiges qu'il fit éclater en Egypte et dans les champs de Tanis ;

Lorsqu'il changea les eaux en sang, afin que les hommes n^ purent en boire; lorsqu'il envoya contre les Égyptiens des insectes qui les dévoraient , et des grenouilles qui désolaient leur pays;

Lorsqu'il livra leurs grains à la rouille % et leurs récoltes aux sauterelles ;

Lorsqu'il ruina leurs vignes par la grêle , et leurs sycomores par les frimas ;

Lorsqu'il livra leurs bestiaux à la mort, et leurs possessions au feu du ciel ;

Lorsqu'il versa sur eux toute son indignation et les fléaux apportés par les mauvais anges ;

Lorsqu'il ouvrit un large chemin à sa colère, qu'il enveloppa dans une même ruine les homm et les animaux;

Lorsqu'il frappa tout premier-né dans la tei —

' La rojuille est ici une maladie des grains , qui: est une esp de poussière rousse et couleur de rouille.

ci*Égypte, toutes les prémices des fruits, toutes les espérances des tentes de Cham ;

Lorsqu'il amena tout son peuple comme des irebis, et le conduisit dans le désert comme un "iToupeau ; qu'il les fit marcher dans l'espérance , ^t loin de la crainte , et qu'il fit retomber les eaux suspendues sur leurs ennemis;

Lorsqu'il les transporta jusqu'à la montagne sanctifiée par son culte, jusqu'à l'héritage de Sion ue sa main s'était acquis ; qu'il chassa devant eux es nations, et fit un partage égal de leur territoire n'habitèrent les tribus d'Israël.

Et cependant ils ne cessèrent de tenter et d'irrier Dieu , et ne suivirent point sa loi. Ils s'éloignèrent de lui , et violèrent son alliance , "^^nsi que leurs pères ; ils devinrent semblables à 'arc qui a perdu son ressort.

Ils offensèrent le Seigneur sur les hauts lieux ^ , t blessèrent le Dieu jaloux en adorant les idoles. Il entendit leurs voix sacrilèges , et méprisa son euple; il ne daigna plus regarder Israël. Il rejeta le tabernacle de Silo, où il avait coume de converser avec les hommes.

* Il était défendu dans Israël de sacrifier sur les hauteurs , ailleurs que dans le temple ou au tabernacle. C'est une des

>révarications où ils tombèrent le plus souvent, et dont on

ut le plus de peine à les corriger.

Il abandonna la force dlsraël à l'esclavage * , et la gloire de Jacob à ses ennemis.

Il enferma son peuplé dans une enceinte de glaives , et méprisa son héritage.

Les jeunes guerriers furent consumés par le feu, et les jeunes filles périrent sans être pleurées.

Les prêtres furent moissonnés par le fer, et les veuves demeurèrent sans consolation.

Mais enfin le Seigneur s'éveilla comme d'un profond sommeil ; il se leva, semblable à l'homme fort qui a été endormi par le vin.

Il frappa ses ennemis de plaies honteuses; il imprima sur eux un opprobre éternel.

Il choisit , non pas le pavillon de Joseph , ni la tribu d'Ephraïm, mais Juda et la montagne de Sion , objet de son amour.

Il y a bâti son temple , unique comme la corne du monocéros ^; il l'a bâti dans la terre qu'il a fondée pour subsister dans tous les siècles ^.

' Sous le joug des Philistins. Voyez dans THistoire sainte leurs ravages et leurs cruautés.

* Animal qui n*a qu'une corne : c'est un synonyme de rhinocéros , et une figure usitée dans le style oriental des livres saints, pour exprimer la force ou l'unité.

^ Comme il y a dix- sept siècles que ce temple et Juda ne subsistent plus, la prophétie est nécessairement la même que celle de vingt autres endroits de l'Écriture , où Y éternité du

Il a choisi David son serviteur, l'a tiré de la bergerie et d'entre les pâtres , pour paître les brebis de Jacob et régir Théritage d'Israël.

Et David a gouverné Israël selon l'intégrité de son cœur, et a conduit ses peuples selon la sagesse des oeuvres de ses mains '.

Gloire au Père , etc.

LAUDES

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