PSAUME LXXXIX
Domine , refugium foetus es nobis.
Contraste des grandeurs de Dieu et des misères de Thomme , des effets de la justice de Dieu et de ceux de sa miséricorde.
Seigneur, vous êtes devenu notre refuge, de génération en génération.
Avant que les mcy tagnes s'élevassent , avant que la terre et le monde fussent formés , vous êtes de toute éternité.
Ne permettez pas que l'homme se tourne vers l'abjection des choses terrestres, vous qui avez dit: Enfans des hommes, tournez- vous vers moi.
Car mille ans devant vous sont comme le jour d'hier qui n'est plus , et comme une veille ' de la nuit : devant vous les années des hommes sont comme le néant.
Leur vie passe comme l'herbe, qui paraît et fleurit le matin , et qui le soir se dessèche et tombe.
C'est que nous avons été consumés par votre colère et frappés par votre vengeance ^.
\ Ifcie veille était trois heures.
4 La mort et les misères de la vie sont la suite du péché
Vous avez placé nos iniquités devant vous; et la lumière de votre visage a éclairé les souillures de notre vie.
Ainsi nos jours se sont éteints, et ont défailli devant votre colère.
Nous séchons sur le travail de la vie , comme I araignée sur sa toile ; notre carrière s'étend à soixante-dix années, et dans les plus forts à quatrevingts; et au delà il n'y a que peine et douleur.
Alors nous nous sentons humiliés, et nous nous instruisons par nos maux.
Grand Dieu , qui peut connaître la puissance de votre colère ^ ? qui peut vous craindre assez pour mesurer l'étendue de vos vengeances?
Signalez donc sur nous la protection de votre droite, et montrez-nous les hommes dont le cœur soit instruit dans votre sagesse.
Revenez vers nous. Seigneur : jusqu'à quand
originel, qui n'est ici qu'indiqué, mais qu'on trouve formellement exprimé dans le psaume l (Miserere) , en ces termes : « Car j'ai été conçu dans l'iniquité , et ma mère m'a enfanté dans le péché. » Il n'y a pas de texte plus positif.
' Après les réflexions qu'on vient de voir sur la condition
Inmaine ici-bas , l'exclamation du prophète , sur cette justice
divine qu'il n'est pas donné à l'homme de mesurer, paraît venir
<îun sentiment profond, et fait naturellement présumer qu'il a
encore ici en vue le péché originel , cet impénétrable mystère ,
^Ue du moins on n'expliquera jamais mieux que parles paroles
^« ce même verset , qui sont d'un si grand sens pour le Chrétien.
33o LE PSAUTIER.
VOUS attendrons-nous? rendez^vous propice à vos serviteurs.
Oui, nous serons remplis dès le matin des biens de votre miséricorde; nous verrons des jours de délices et d'allégresse.
Ils seront le dédommagement des jours dTiumiliation que vous nous avez envoyés , des années de calamité que nous avons vues.
Regardez vos serviteurs, regardez dans votre bonté ceux qui sont votre ouvrage; dirigez les enfans des hommes.
Que la splendeur du Seigneur notre Dieu se répande sur nous; conduisez pour notre bien les œuvres de nos mains, et que jamais elles ne s'écartent de vous.
Gloire au Père , etc.
TIERCE