PSAUME LVIII
Eripe me de inimicîs meis, Deus meus.
Le titre origmal porte que ce psaume fut composé à l'occasion du péril qu'avait couru David lorsque Saûl fit marcher à plusieurs reprises des troupes de satellites pour entourer sa maison , se saisir de lui et le mettre à mort : ce fut son épouse Michel qui le fit sauver par une fenêtre. Tel est l'objet littéral du psaume ; mais à une foule de traits qu'il présente, et qui sont étrangers à cet objet, tous les Pères ont reconnu les caractères de la réprobation des Juifs dans les menaces prophétiques du Psalmiste contre ses persécuteurs.
Seigneur, sauvez-moi de la main des ennemis; délivrez-moi de ceux qui me poursuivent.
^ S'il y a eu des exceptions à cet oracle de l'Esprit divin, elles sont infiniment rares.
Dérobez -moi aux artisans d'iniquité; sauvezmoi des hommes de sang.
Mes jours sont investis de leurs pièges; les forts se sont unis pour me perdre.
Vous savez, ô mon Dieu ! si je leur ai fait aucun mal , si j'ai péché a leur égard. J'ai marché sans cririie ^ , et j'ai dirigé mes voies dans la droiture.
Levez-vous, venez au-devant de moi, Seigneur, Dieu des armées. Dieu d'Israël !
Soyez attentif aux jours où vous visiterez toutes les nations *, où vous ix'épargnerez aucun de ceux qui commettent l'iniquité. *
Voyez ces satellites revenir du soir au matin , et parcourir la ville comme des chiens affamés qui cherchent leur proie.
Entendez-les murmurer entre eux ; le glaive de la mort est sur leurs lèvres, et ils ont (fit : Qui nous entendra?
' Il ne faut pas oublier l'époque de ce psaume et de quelques autres , où David parle de son innocence. D'abord il ne se rend ici ce témoignage que relativement à Saùl; et de plus il ne régnait pas encore, et ce ne fut que bien des années après qu'il se rendit doublement coupable, comme homme et comme roi. C'est depuis' cette époque que ces psaumes ont été , comme sa vie , le modèle de la pénitence.
* Ici, comme en plusieurs autres endroits, le prophète a devant les yeux le dernier jugement , celui où il n'y aura plus de grâce.
An
Mais votre mépris se rira d'eux , les hommes ne ^Dnt rien devant vous.
Je conserverai en vous mon courage et ma force , arce que vous êtes mon protecteur et mon Dieu, ^ que votre miséricorde viendra au-devant de moi.
Vous m'avez fait voir quelle serait la fin de mes
3inemis : Seigneur, ne les frappez pas de mort,
e peur que mon peuple n'en perde trop tôt la
émoire.
Mais dissipez-les devant vous : otezAeiflpsi puis- ^ince, ô Dieu, qui êtes mon appui !
Faites cesser le crime de leurs paroles et l'insonce de leurs langues ; faites-les tomber dans les iéges de leur orgueil.
Que l'horreur universelle pour leurs blasphèmes t leurs mensonges soit annoncée partout.
Elle le sera au jour de la consommation de votre olère; et alors ils ne seront plus.
Et l'on saura que Dieu est le maître de Jacob t de toute là terre ^
* Depuis le verset, vou.9 m*avez Jait voir, e/c, jusqu'à ^ielui où David revient à ces satellites, et répète les mêmes ^«rmes pour exprimer leurs courses répétées , tous les interprètes ont vu dans ce passage la dispersion des Juifs et la dissolution de leur état politique , qui est en effet une preuve subsistante et irréfragable de la vérité des prophéties , et un genre de réprobation unique dans le monde, de peur (dit le prophète) que mon peuple (le peuple de Jésus- Christ, qui parle ici par la bouche de David ) n*en perde la mémçire.
36o LE PSAUTIER.
^ Voyez, Seigneur, ces satellites revenir du soi au matin , et parcourir la ville comme des chien affamés qui cherchent leur proie.
Us se dispersent pour la dévorer ; et , s'il ne peuvent s'en rassasier, ils éclatent en mur^ mures.
' Pour moi, je célébrerai votre puissance, et j chanterai dès le matin vos miséricordes ;
Parc^que vous vous êtes fait mon défenseur* parce ^Pb vous avez été mon asile au jour de J^ tribulation.
Je chanterai le Dieu qui est mon aide et moi soutien , et qui a pris pitié de moi.
Gloire au Père , etc.