‹ Le pseudo-érysipèle vaso-moteur chez les tuberculeuxChapitre 19 sur 26 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

Enfant de 7 ans. Lésions tuberculeuses du seul sommet droit. Hémi-atrophie cervico-faciale droite, dont les parents ne s'étaient pas aperçus avant que leur attention fut attirée sur ce point. Ils ne pouvaient donc donner aucun renseignement sur le début de l'affection. L'enfant toussait depuis plusieurs hivers, mais ils n’avaient remarqué aucun trouble, ni aucun changement de coloration dans la région cervico faciale.

Si l’enfant guérit deses lésions pleuro-pulmonaires, et qu’ellé garde au contraire Son hémiatrophie qui paraîtra peut être de plus en plus évidente, il est possible qu'on méconnaisse plus tard la cause qui l’a très vraisemblablement produite.

En résumé, dans le premier cas, hémiatrophie faciale, troubles sudoraux, pas de troubles pupillaires.

Dans le second, troubles vaso-moteurs, trophiques et sécrétoires de la moitié gauche de la face et du cou; refroidissement, cyanose et hyperhidrose des mem-

bres supérieurs: crises d accélération cardiaque; pas de syndrome oculo-pupillaire.

Dans le troisième, hémiatrophie cervico-faciale.

Interprétant deux observations dues à Seeligmüller(1), dont l’une est rapportée d’ailleurs dans le mémoire déjà cité de Mme Dèjerine-Klumpke (2), M. Bouveyron constate que l’hémiatrophie faciale qui coexistait dans ces cas avec une paralysie radiculaire du type inférieur avec syndrome oculo-pupillaire, devait être rapportée à une atteinte du ganglion cervical inférieur, traumatique dans ces deux cas.

Dans le cas de M. Jacquet (3), il y eût d'un côté de la face des sueurs prémonitoires, et cet auteur étudiant sur son sujet les réactions sudorales provoquées par. l'emploi de la pilocarpine, vit que du côté malade, l’apparition de la sueur retardait de deux minutes sur le côté sain, et se prolongeait plus longtemps.

«Chez un malade de mon service atteint d’hémiatrophie faciale droite et d'éphidrose faciale gauche avec érythème et télangiectasie gauches, j'ai annoncé la destruction du ganglion cervical inférieur droit et des premiers ganglions thoraciques droits par une symphyse pleurale ancienne provoquée par des lésions tuberculeuses modérées, et la lésion moindre des gan-

(1) Seeligmüller. Ueber sympathicus affictionen bei Verletzung des plexus brachialis. Bertiner Klin. Woch., 22? janvier 1872, et même journal. 27 juin 1870.

(2) Mme Déjerine Klumpke. Des paralysies radiculaires. Æev. de médec., 1885, p. 750.

(3) L. Jacquet. — Note annexée au mémoire intitulé : Nature et

traitement de la pelade. Ann. de dermat., août 1900.

ms ST —

glions nerveux gauches par des lésions analogues, mais atté nuées et récentes. L’autopsie (mai 1900) a vérifié de façon complète ces prévisions. »

Nous allons maintenant rapporter l'observation personnelle d’une malade chez laquelle on constata des troubles vaso-moteurs, thermiques et pupillaires.

On interpréta ces faits par l'existence supposée d’une irritation du ganglion cervical inférieur. et l’autopsie permit de vérifier cette hypothèse.

OBSERVATION VI (Personnelle.)

(Service de M. Jacquet. Hôpital Saint-Antoine.)

Tuberculose pulmonaire cliniquement plus avancée à gauche (caverne). Rougeur intense et persistante de la pommette droite. Dilatation de la pupille droite. A l'autopsie, caverne centrale et adhérences faibles du sommet gauche ; à droite, ramollissement étendu et adhérence intime du poumon, de la plèvre et de la cage thoracique. Zmpossibilté absolue de reconnaître et de disséquer le cordon sympathique droit dans la ganque fibreuse qui l’entoure.

[... Gabrielle, 64 ans. Salle Rostan, n° 10. ‘

La malade, à son arrivée dans le service, est dans un état de cachexie profonde, presque mourante. Il est impossible de lui tirer autre chose que des mots à peine distincts et sans suite. Elle est profondément amaigrie et présente aux membres inférieurs un léger œdème avec pigmentation de la peau.

Une chose nous frappe immédiatement, dès que nous approchons de son lit, c’est une rougeur extrêmement intense de la pommette droite, si bien que, à cause de la température qui

étage

atteignait 38° 5, et de la langue un peu sèche, nous avons pensé tout d’abord à la pneumonie des vieillards.

Sur la pommette gauche, quelques varicosités, mais la coloration est à peine rosée. Au cours de notre examen. après que nous avons un peu mobilisé la malade, cette pommette est devenue légèrement plus rouge, mais elle était bien loin d'atteindre le rouge écarlate de la pommette droite pou d’ailleurs, était plus chaude de un ou deux degrés.

À lauscultation. à droite nous percevons un souffle rude assez intense dans toute la fosse sus-épineuse, surtout en arrière, et des râles humides dans tout le reste du poumon.

À gauche, râles et souffle caverneux dans toute l’étendue de la fosse sous-épineuse ; râles moins abondants dans le resie du poumon.

Nous examinons alors les pupilles, et nous constatons une dilatation très nette de la pupille droite.

Le lendemain, l’état était encore plus grave; la dyspnée avait augmenté, le pouls avait faibli et la malade n’urinait presque plus. Température : 39° 2. Mais l’hyperthermie et la rougeur de la pommette droite s'était maintenue zmmuable, ainsi que l’inégalité pupillaire.

Le surlendemain au matin, la malade mourait, et nous pûmes encore ce jour là, constater nettement l’existence des troubles vaso-moteurs et pupillaires, remarqués lors de son arrivée. n

Autopsie. — Le poumon gauche présente de petites adhérences à la cage thoracique, dans toute son étendue, mais elles se rompent facilement, et il est possible de l'enlever dans son entier. Il existe une caverne profondément située, et n’arrivant

. qu'assez loin de la périphérie, du volume d’une mandarine. Le

reste du poumon est infiltré dans sa partie supérieure et congestionné à sa base.

Le sympathique gauche a pu être assez facilement disséqué. Il présentait macroscopiquement un aspect normal. L'aponé-

vrose prévertébrale qui l'entoure au niveau du dôme pleural

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n’était que peu épaissie et à peine adhérente au sommet du poumon, probablement à cause de la situation centrale de la caverse qui n'avait produit autour d’elle qu’un minimum de réaction fibreuse.

Au sommet droit, les deux feuillets pariétal et viscéral de la plèvre sont intimement unis entre eux dans tout le tiers supérieur du poumon, moins intimement au-dessous. Jusqu'à la quatrième dorsale, la plèvre ne forme qu'une coque fibreuse très épaisse, adhérente à la cage thoracique et englobant les organes voisins, le grand sympathique entre autres, qu’il est absolument impossible de reconnaitre dans la gangue fibreuse qui l'a entouré complétement. On n’arriveà retirer le poumon qu’en le dilacérant et en laissant, adhérente aux côtes et à la colonne vertébrale, une partie de son parenchyme.

Cœur mou et gras.

Foie. 1.600 grammes, un peu gras. avec un peu de périhépatite.

Reins. Assez gros, se décortiquant facilement.

Pour compléter l'examen, tout le bloc fibreux que forme la plèvre droite au sommet de la cage thoracique est retiré eu rasant au scalpel les côtes et la colonne vertébrale. Même dans ces conditions, t/ est impossible de repérer et de disséquer le cordon sympathique droit. :

Les faits que nous venons de rapporter nous semblent constituer des preuves solides de la théorie soutenue par M. Jacquet et M. Bouveyron pour expliquer dans leurs observations, l’hémiatrophie et les troubles connexes, par M. Souques, à l’occasion des phénomènes oculopupillaires.

Mais il faut reconnaître que pour un certain nombre de ces faits, l'opinion proposée n'est pas admise par tous les auteurs.

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