Le pseudo-synod connu dans l'histoire sous le nom de Brigandage d'Ephese
Des événements, dont il est inutile de faire un ce moment le récit j nous ayant mis en rapport avec l'éditeur des Acles syriaques du Brigandage d'Éphèse (1), il ne nous fallut pas longtemps pour saisir Fimportance des documents qu'il avait entre les mains, et comme il voulut bien nous communiquer les épreuves de son livre, nous nous hâtâmes, après en avoir obtenu Tautorisation^ de signaler au
{i) Ces Actes nous ont éié cûDservês par le manuscrit 14530 do Musée ErïtaDniqae, dont on peut voir la description dans W* Wright^ Gatahgve of syriac manuscripts in the Briti&h Mmeum acqttireâ Bîncethe year 1S3S, in^4. Londres, 1872, t. 11, p. 10^21-1030. — M^ S. C. G. Perry, qui va publier le texle syriaque et la traduction anglaise, a dounc déjà, en 1867, un aperçu de son travail, dans une lïrochure dont voici le titre : An ancient syriac document ^ pwrporting lo be the record, in its chief featuret^ of the second synod of Epheèus, and dfscionng hUtorkaî Maîter inîeresting to ihe church Qt large. (Oxford, 1867, m-i de xvïn-24 pages (privatelfj printed).
nK»de savant Tintéressante découverte qu'on venait d'accomplir de lautre côté de la Manche (1). Nous allâfties même bientôt plus loin^ et nous songeâmes à exécuter pour la France ce que M. Hc^mann, avec son exactitude et son érudition accoutumées, avait déjà fait pour l'Allemagne. Ce jeune savant venait de donner une traduction intégrale du texte syriaque, faite sur le manuscrit même, pendant quelques semaines passées h Londres, en 1869(2). Nous avons eu cette traduction sous les yeux en faisant la nôtre, et quoiqu'il nous soit arrivé plus d'une fois de nous écarter de la manière de voir de M. Hoffmann, nous devons néanmoins rendre un hommage public au soin qu'il a mis à exécuter une œuvre aussi délicate. Cela nous parait d'autant plus nécessaire que sa traduction nous a été plus d'une fois d'un grand secours^ On peut le voir, du reste, en parcourant celle que nous avons donnée dans la Revue des sciences ecclésiasti-
(1) Voir la Revue des questions historiques, 1874, livraison de juillet, 5-59. Plusieurs fragments du travail que nous avons publié il y a un an reparaissent ici, mais complètement remaniés. IL nous suffit, pensons-nous, d'en faire, une fois pour toutes, l'observation.
(2) G. Hoffmann, Verhandlungen der Kirchenversammlung Zu Ephesus am. XXIL August, CDXLIX, aus einer syrischen handschrift vom jahre DXXXV, iibersezt von dr. 4}. Hoffmann ordentlichem professor der morgenlœndischen sprachen. Kiel, 1873, in-4 de 107 pages.
ques (1). Nous citons fréquemment celle de M, Hoffmann ; nous la corrigeons quelquefofsj mais nous Tapprécions toujours. Nous prions B^. Hoffmann d'agréer ici l'expression de notre estime pour son savoir et Thommage de notre reconnaissance pour sa bienveillante amitié.
Muni de l'autorisation de M*" S. G. F. Perry^ et aidé de la traduction de M. Hoffmann^ nous nous mîmes à Tœuvre. Nous nous décidâmes même à prendre le Brigandage d'Èphèse comme sujet de thèse pour le doctorat en théologie. Il le méritait bien, et tout le monde conviendra, après avoir lu ce court volume, que le sujet pourrait fournir matière h une étude beaucoup plus étendue. Ce n'est pas, en effet, une seule question d'histoire que soulève le fameux conciliabule; c'est un faisceau de questions de tout genre qu'on voit surgir autour de son nom : questions d'histoire, questions de théologie, questions de droit canon, questions de philosophie sociale, tout vient se grouper autour de lui.
Le point qui fait le fond du débat nous porte, de prime abord, sur les sommets de la théologie et nous rappelle une des plus grandes agitations reli-
(i) Il a été fait un tirage à part de deux cents exemplaires de cette traduction. On peut se la procurer, chez M. Maisonneuve, quai Voltaire, 15.
gieuses dont le monde chrétien ait conservé le souvenir; les événements qui ont préparé ou accompagné cette agitation forment une des portions les plus intéressantes des annales de TÉglise; les conséquences que ces événements ont eues laissent à travers les siècles des traces qui n'ont pas encore disparu, et réveillent dans les âmes croyantes quelques-uns de ces sentiments qui les font vibrer jusque dans leurs profondeurs. On voit passer sous ses yeux les plus grands noms et les plus célèbres figures du passé; on se trouve aux prises avec les difficultés les plus embarrassantes; on se heurte aux jugements les plus contradictoires ; on se meut au milieu des passions les plus vives ; tout enfin contribue à faire du Brigandage d' Éphèse le centre d*un cycle d'études du plus grand intérêt. Envisagé de ces hauteurs, ce n'est pas un petit volume, mais plusieurs, qu'il aurait fallu écrire pour retracer convenablement le récit de la grande lutte eutychienne. Le sujet, du reste, se partagerait naturellement en trois parties bien distinctes : les événements qui précèdent le conciliabule ou les origines du monophysisme ; les événements qui s'accomplissent au conciliabule ou l'apparition du monophysisme, et enfin les événements qui suivent le conciliabule, ou l'établissement définitif du monophysisme. Ce
serait là un plan naturel f mais, en le mettant à exécution, nous dépasserions notre but, sans compter qu'il faudrait plusieurs années de travail, pour le réaliser sérieusement.
Nous nous sommes donc placé a un point de vue moins élevé, mais plus pratique ; et voulant simplement mettre le lecteur à même de comprendre les Actes du Brî^^andagc d'Éphfese, nous nous sommes contenté d'exposer les événements qui ont précédé ou [accompagné le conciliabule. Les documents nouveaux nous ont été ici d'un grand secours; nous avons mis à profit leurs données, et, grâce à eux, nous sommes pan^enu h résoudre quelques questions de chronologie ou d'histoire demeurées insolubles jusqu'à ce jour.
Dans notre récit, nous avons évité de porler des jugements sur les hommes et sur les événe* ments, autant que cela nous a été possible, Nous n'avons pas pu néanmoins échapper toujours a la nécessité déjuger, et souvent il nous a fallu caractériser par une phrase ou par un mot les personnages que nous avons rencontrés sur notre route. Avons-nous toujours gardé la mesure qui convenait? N'avons-nous pas dépassé les bornes permises, et ne nous sommes-nous pas laissé quelquefois influencer par le talent ou par la renommée î On
le verra par la suite ; nous n'oserions pas affirmer que notre pied n'a jamais glissé sur le chemin où il nous a fallu marcher. Notre tâche n était pas, eneffet, tout à fait facile ; nous avons dû côtoyer toujours des écueils et longer partout des abîmes. Si, d'une part, Dioscore (l)etEutychès ont mérité d'encourir la réprobation qui a frappé leur mémoire, il ne nous était pas possible, d'autre part, d'excuser absolument leurs adversaires, car Ibas, Théodoret et Domnus ont laissé dans l'histoire des noms sur lesquels planent, comme autant de nuages sombres, des souvenirs néfastes. Ils avaient sans doute raison dans la controverse dont le pseudo-synode d'Éphèse, la condamnation de Flavîen et l'absolution d'Eutychès forment les points culminants; mais étaient-ils complètement irrépréhensibles ? N'avaient-ils pas donné prise dans le passé, et ne donnaient-ils pas même prise dans le présent aux soupçons et à la calomnie ? Leurs pa-
(1) Nous avions espéré trouver quelques renseignements utiles dans une vie de Dioscore qui semblait exister au Musée Britannique. Malheureusement cette vie ne s'y trouve qu'à Tclat de fragments illisibles. Depuis que ce volume est sous presse, nous avons découvert cette même vie dans le manuscrit syriaque 234 de Paris, fo 29-61 (voir Zotemberg, Catalogue des manuscrits syriaques et sabéenSj p. 189, col. 1); mais elle ne contient rien qui ait rapport au Brigandage d*Éphèse, Il y aurait cependant quelques détails à extraire au sujet du concile de Calcédoine.
rôles, leurs actes, leurs écrits, leurs liaisons avec Nestorius ou avec ses partisans ne les rendaient-ils pas, a bon droit, suspects à ceux qui défendaient le parti de Cyrille et de Torthodoxie ? Nous ne le pensons pas, et l'Église ne Ta pas cru davantage, puisqu'elle a fini par condamner leur mémoire, même quand ils ont été morts. Il est vrai qu'elle l'a fait de mauvaise grâce et presque par force ; mais il n'est pas douteux cependant que le cinquième concile œcuménique n'ait anathématisé Théodore de Mopsueste, Théodoret et Ibas, à cause de leurs écrits (1). Tout le monde le comprend dès Jors : nous avons dû tenir compte de ces condamnations, en racontant les événements ; et tout le monde comprend également qu'il nous a été impossible, en voyant les os-
(1) L'histoire du cinquième concile œcuménique est une des plus curieuses et des plus instructives qu*OQ puisse lire. On eut d* abord quelque peine à établir une distinction formelle entre les auteurs et leurs écrits. Diodore, Théodore, Théodoret et Ibas étant morts dans la communion des fidèles, FÉglise n*a pas condamné leur personne; mais elle a condamné^ comme elle pouvait et devait le faire, leurs écrits, dans ce qu'ils contenaient de faux ou de dangereux. C*est dans ce sens que le pape Vigile dit dans son décret de confirmation (23 février 554) : « Uanathème que nous prononçons aujourd*hui n'est point nouveau; car nous condamnons en Théodoret ce que le concile de Calcédoine avait déjà condamné, et ce que Théodoret avait rétracté, » (Voir Héfélé, Histoire des Conciles, UI, p. 522-528. — Darras, Histoire de l'Église, XIV, 559-560. — Mansi, Conciliorum omn, nova et ampliss, coll., IX, 414-420, 457- 488.)
dilations de leur conduite antérieure, d'accorder à ces hommes les élevés qu'ils auraient mérités, s'ils eussent été toujours ce qu'ils furent dans cette dernière phase de la controverse eutycbienne.
Si on trouve donc quelquefois sous notre planne certains mots d'éloge en faveur de Théodoret, on aura soin de les restreindre k la seconde partie de sa vie publique, qui contient en effet des choses admirables, et où cet homme parait vraiment grand, quoiqu'il ait conservé toujours certains préjugés contre les douze chapitres de saint Cyrille.
(te excusera même peut-^étre en partie ces préjugés, quand on verra à quel point Dioscore, Eutychès et ses partisans abusaient du nom et des écrits du grand patriardie d'Alexandrie. U est bien vrai, sans doute, que l'Église avait approuvé, au premier concile d'Éphèse, la doctrine et les écrits de saint Cyrille; mais elle les avait approuvés dans le sens catholique et nullement dans le sens qui pouvait prêter fadlement à l'hérésie. Or, les hérétiques raonophysites faisaient un tel ab^is du IIP anathènie de saint Cyrille, qu'il n'était pas possible de les laisser se couvrir d^une si grande autorité. Tout le t(^ de Tbéodoret est d'avoir condaiimé ces écrits de saint Cyrille sans correctif et sans distinction. Il aurait du montrer plus clairement en quel sens il fallait les en^
tendre et dans quel sens TÉglise les avait toujours entendus.
Théodoi^et est un des personnages les plus marquants de rhistoire^ mais un personnage qu'on ne doit jamais louer sans ajouter à Téloge les correctifs que réclament, et ses erreurs, et ses relations avec les partisans de Nestorius. Nous n'avons pas eu à rétudier dans toute sa vie ; si nous l'eussions fait, nous aurions peut-être mieux déterminé les traits de cette physionomie multiple et rendu un jugement plus motivé sur ses œuvres. Nous avons dû nous restreindre et porter surtout notre attention sur les dernières années de la première moitié da V* siède. Toutefois, même en n'étudiant que cette période de la carrière épiscopale de Théodore!, nous jetons un regard sur le passé, un autre sur l'avenir, et cette double vue nous impose quelque réserve dans notre admiration (1).
Que deviendrait, en effet, l'histoire de l'Église si les jugements solennels des conciles et des Souverains Pcmtifes i>e servaient pas de phare à l'historien, pour le guider à travers le dédale de fait» et
(i) Le R. PèreNewma» a éerit ime vie deThéoéor^, maâs nous n'avons pas eu occasion de ht pareeurir. Wnn» manière gèaérale, BOUS nous permettrons d'oèserver qœ le temps n'est pas encore venu d'écrire une vie définitive de Théod«ret.
d'appréciations qui forment la trame des annales ecclésiastiques ? Ne serait-ce pas s'exposer a errer sans cesse, et Fécrivain qui ne tiendrait aucun compte des jugements de l'Église ne se priverait-il pas du moyen le plus facile et le plus sûr d'arriver à la vérité ? Il n'est pas permis à un catholique de penser ou d'agir autrement : les décisions des conciles doivent le diriger dans ses appréciations, et il ne doit jamais s'en écarter,, parce qu'il déserterait, du même coup, la justice et la vérité.
Un point encore sur lequel nous avons dû modifier les jugements que nous auraient suggérés les faits, tels qu'on les présente habituellement et qu'ils sont présentés par les documents les plus connus de l'histoire eclésiastique, ce sont les relations de saint Cyrille avec les patriarches d'Antioche. Si on ne tenait compte que des faits bruts, on serait tenté quelquefois d'être sévère pour ce grand homme, que l'Église a rangé cependant au nombre de ses saints, et, de fait, on a critiqué plus d'une fois, dans ces derniers temps, la conduite de ce patriarche d'Alexandrie (1). Son langage paraît quelquefois
(1) M. Amédée Thierry, dans son ouvrage intitulé, saint Jean Chrysostôme et Vimpératrice Eudoxie, — Voir la réfutation du U. P. Largent, Saint Cyrille et le concile d'Éphèse, (Revue des questions historiques, imWei 1872.)
dur ou impérieux, et on se demande comment un patriarche d'Alexandrie osait prendre ce ton à l'égard des évêques d'Asie et même a Tégard du patriarche d'Antioche. Il y a là, évidemment, des causes mystérieuses qui doivent expliquer cette anomalie. De tels faits n^ se seraient pas produits s'il n'y avait pas eu, ou un ordre de choses accepté de tous, ou des lois formelles qui les rendaient légitimes. Tel était le problème que nous nous posions à nous-même, en méditant sur les événements auxquels nous faisons allusion, et en cherchant une solution capable de satisfaire tous les esprits, quand un de nos amis a appelé notre attention sur une circonstance peu observée jusqu'à ce jour, et généralement peu mise en relief dans l'histoire ecclésiastique. En effet, si on veut apprécier avec équité la conduite de saint Cyrille et des autres patriarches d'Alexandrie à cette époque, il ne faut pas oublier qu'ils étaient investis alors d'une espèce de suprématie, ou, à tout le moins, d'un certain droit de surveillance sur les églises d'Orient. Non seulement ils venaient les seconds dans la hiérarchie ecclésiastique, mais ils étaient, en quelque sorte, les vicaires du Pape dans les pays orientaux ; le fait est certain pour plusieurs d'entre eux, pour saint Denys au IIP siècle, pour saint Athanase au IV® et
|)Our saint Cyrille au V*. Quant aux autres, quoi- (ju^on n ait pas de preuves aussi évidentes de leur délégation, il est cependant impossible de la nier, car des faits nombreux et inexplicables en toute autre hypothèse viennent la démontrer /Comment, par exemple, expliquerait-on •sans cela l'immixtion perpétuelle des patriarches alexandrins dans les affaires de plusieurs diocèses d'Asie ? Comment saint Grégoire de Nazianze aurait-il reçu le palliunii de Pierre d'Alexandrie, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même, si ce dernier n'eût pas été le légat du Saint-Siège dans les pays orientaux (1)? C'est là une circonstance a laquelle on n'a point assez fait attention jusqu'ici, et qui seule aide cependant à comprendre pourquoi les patriarches d'Alexandrie se sont si souvent ingérés dans les affaires du patriarcat d'Asie et du patriarcat de Constantin pie. Il est bien vrai que le concile de Nicée, dans ses canons v* et vi% et le concile de Constantinople, dans son canon n*, avaient délimité les juridictions de chaque patriarcat, mais ces lois eurent de la
Kat (TuptêôXotç sri^cf, t^ç «S^vcswç*
Saint Grégoire de Nazianze, Carminum liber secundus, Historica, no XI, De vita sua^ vers 859, 862. — Patrologie grecque de Migne, XXXVII, col. 1088. — Cfr. Tiliemont, Mémoires pour servir à V histoire ecclésiastique, édit. in>4, IX, 447.
peine à détruire les coutumes contraires^ et au V** siècle nous voyons encore les évêques d'Alexandrie exercer, comme autrefois, des actes d'autorité en dehors de leur territoire. C'est ainsi que Théophile vient juger à Constantinople saint Chrysostôme, et que Cyrille et Dioscore s'occupent plus tard des affaires propres au patriarcat d'Antioche. Les canons des deux premiers conciles œcuméniques n'avaient pas pénétré dans l'usage ordinaire de la vie ; ils étaient presque restés comme non avenus.
Il est nécessaire d'avoir ce fait présent à la mémoire, quand on lit l'histoire ecclésiastique du IV^ et du V° siècle, si on ne veut pas manquer aux lois de la justice dans l'appréciation des hommes et des choses. Cela ne suffit point sans doute pour légitimer la conduite de tous les patriarches alexandrins, puisqu'ils allaient quelquefois contre des lois formelles de l'Église rassemblée en concile]; mais il y a dans l'usage reçu, quoique contraire a ces lois, un titre qui excuse les patriarches aux yeux de la postérité. Il est fâcheux pour eux que les papes ne les aient pas accrédités plus explicitement auprès des Orientaux, ou regrettable pour nous que ces titres aient disparu ; mais le fait ne nous en semble pas moins incontestable.
Ce sont Ih quelques principes généraux sur lesquels nous avons eu toujours les yeux fixés dans notre récit, pour éviter de tomber dans les écueils au milieu desquels il nous a fallu incessamment louvoyer.
Aurons-nous réussi à faire a chacun la part d'éloge ou de blâme qui lui revient? Ce n*est pas à nous qu'il appartient de le dire : c'est a nos lecteurs à en juger; mais ce que nous pouvons affirmer, c'est que nous n'avons poursuivi qu'un but : la justice et la vérité.
Cette étude sur le Brigandage d'Éphèse se divise naturellement en deux parties : la première embrasse tous les événements antérieurs au concile, la seconde tous les événements qui en signalent la tenue. A ces deux parties, il a fallu eh ajouter une troisième, en forme d'inlroduclion, l'examen critique des Actes du Brigandage.
Leur sort a été, en effet, assez singulier pour mériter d'être raconté ici, et le récit des vicissitudes qu'ils ont subies aide notablement à voir comment on s'est trompé si longtemps sur une assemblée qui a fait tant de bruit dans le monde. Nous ne dépasserons pas le conciliabule; nous ne jetterons même pas un regard sur l'avenir, pour essayer d'esquisser les conséquences fatales qu'à eues, pour le monde chvé{\en^\e Brigandage d'Éphèse, Nous laisserons
au lecteur le soin d'accomplir cette étude et de la pousser aussi loin que bon lui semblera. Nous nous permeUrons simplement de remarquer ici que les temps ne sont peut-être pas encore venus où on pourra faire Thistoire définitive du monophysisme. Pour nous, nous nous contenterons de guider le lecteur jusqu'à la sortie du concile, et nous diviserons cette étude en trois livres : le premier sera consacré à l'examen critique des Acles^ le second a l'histoire des événements qui ont précédé le concile, le troisième à l'histoire du concile même. Ce dernier livre sera court, les Actes du concile pouvant à la rigueur en tenir lieu.
Paris, 8 juin 1875.