CONCLUSION
Résumons les principaux résultats acquis : un peu avant Pâques de l'an 448, le parti eutychiea obtient à Contantinople un édit contre Irénée de Tyr et contre les nestoriens (17 février-lS avril 448); vers le même
(1) Fleury, Histoire ecclédasiiquej XXVII, 41*
temps, Domnus est saisi de plaintes contre Ibas, évêque d'Édesse ; peu après il rend un premier jugement, qui mécontente les clercs de VOsroène. Plusieurs moines eutychiens, Théodose en tête, s'en vont à Alexandrie calomnier Domnus et Théodoret, tandis que d'autres se rendent à Constantinople. Échange de lettres entre Dioscore et Domnus (avril-juin 448); exil de Théodoret dans son diocèse (juin-juillet) ; sacre de Photius, évêque de Tyr (9 septembre 448) ; lettre de Domnus à Flavien (fin-septembre 448); décret ordonnant la révision de la procédure d'Ibas (26 octobi^ 448); concile de Constantinople et condamnation d'Eutychès (8-22 novembre 448) ; synode de Tyr-Béryte-Tyr (1-25 février 449) ; recrudescence de fureur dans le parti eutychien et convocation du synode d'Éphèse (30 mars 449) ; révision de la condamnation d'Eutychès (8-13-27 avril 449); révision du jugement de Tyr-Béryte devant le comte Chéréas, à Édesse (le mardi 12, le jeudi 14 et le lundi 18 avril 449); expédition des rapports du comte Chéréas (fin-avril) ; convocation au concile des moines orientaux (13 mai et 13 juin 449); ouverture du synode d'Éphèse (8-10 août 449).
Cette rapide énumération de dates et de faits mal connus suffit pour montrer l'importance de la découverte qu'on vient de faire au Musée Britannique. Les manuscrits de Nitrie qu'on y a déposés, depuis trente à quarante ans, nous ont déjà procuré plus d'une heureuse surprise ; ils nous ont fourni de nombreux éclaircissements sur l'histoire des premiers siècles; ils nous ont livré des documents importants sur les origines du christianisme et sur le mouvement religieux dont le monde fut alors le témoin et l'acteur, et tout nous porte à
croire qu'ils ne disent pas aujourd'hui leur dernier mol; ils contiennent encore, sans aucun doute, plus d'une pièce utile à l'histoire de la pensée religieuse, et rien ne s'oppose à ce que nous comptions, pour l'avenir, sur de nouvelles découvertes. En exprimant celte espérance, il nous reste à* souhaiter que l'Angleterre possède toujours des hommes capables d'explorer ces immenses archives, afin qu'elles ne tardent pas à nous révéler les secrets dont elles sont demeurées, si longtemps, les dépositaires ignorées.