‹ Le pseudo-synod connu dans l'histoire sous le nom de Brigandage d'EpheseChapitre 23 sur 27 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Derniers évéaemeiMa du e^aelle*

Ainsi finit apparemment le Brigandage d'Éphèse. La déposition de Domnus fut la dernière iniquité dont il se rendit coupable ; tous les monuments de l'antiquité le disent, et c'est dans ce sens qu'il faut interpréter le passage de Libératus qui avait créé tant de difficultés à ses annotateurs (1). Du reste, les Actes, qu'on vient de retrouver et que nous publions aujourd'hui en français, ne contiennent plus que des pièces extra-conéiliaires. C'est d'abord un édit de l'empereur Théodose adressé à Dioscore, édit qu'on n'a retrouvé qu'en partie dans le texte syriaque, mais qu'on possède en entier, au moins pour le fond, dans Mansi (21). C'est ensuite une lettre encyclique du patriarche d'Alexandrie aux principaux évéques ; c'est enfin la formule de souscription aux actes du synode.

« Nous suppUons votre piété, disait en finissant l'em-

(1) Patrologie latine de Migne, LXVIII,col. 1005*

(2) Conciliorum omn. ampl eolL VII, 4d&*

pereur à Dioscore, nous supplions votre piété de rédiger des lettres encycliques contenant notre loi, notre symbole, et la définition des deux synodes susnommés de Nicée etd'Éphèse, avec défense à qui que ce soit d'y ajouter ou d'y retrancher une parole, même de l'expliquer, parce qu'elle s'explique d'elle-même et qu'elle est connue de tout le monde.

« Votre piété fera donc rédiger des copies (de ces actes) pour les envoyer aux révérends évêques, à celui de Constantinople, à celui de Jérusalem, ainsi qu'aux autres métropolitains, afin que tous les évêques leurs suffragants y apposent leurs signatures. Ces évêques devront ensuite nous les renvoyer avec leurs lettres. Nous voulons aussi que tout évêque qui aura un exemplaire le lise à l'église devant le peuple. Avant tout, Votre Révérence souscrira avec les évêques qui lui sont soumis, et en fera parvenir la nouvelle à l'oreille de. notre Sérénité.

« Enfin, tous les livres que votre piété saura avoir été ou être maintenant écrits contre l'orthodoxie, tous les traités infectés de la doctrine nestorienne et pernicieux aux hommes, au sujet desquels nous n'avons rien prescrit dans notre loi, faute de les connaître, votre religion ordonnera aux pieux évêques de les réclamer et de les livrer au feu, car il faut que tout ce qui est contraire à notre sainte foi soit détruit et extirpé (1). »

Nous ne possédons pas davantage, dans tout leur entier, les lettres de Dioscore aux mélropolitains et aux patriarches. Le président du faux synode ne faisait, du peste, que reproduire l'édit de l'empereur, presque

(1) Actes du Brigandage d'Éphèse, p. 178-179.

dans les termes mêmes de roriginal. a Nous ne devons pas omettre, disait-il vers la fin, de vous signaler un point que Tédit impérial a cru devoir exposer avec soin, car voici ce qu'on y lit: « Aucun partisan deNestorius, et aucun de ceux qui ont pensé comme lui ne doit arriver au sacerdoce. Celui qui y serait parvenu par surprise doit en être exclu et ne pas être compté au au nombre des prêtres. Toutes les personnes de ce genre doivent être poursuivies en tous lieux ; nul ne doit les recevoir, ni dans les maisons, ni dans les réunions publiques. Que ceux qui agiront contrairement à la loi craignent les peines qu elle édicté (1) ! »

« Voilk ce que nous^ avions à dire. A votre Religion maintenant de notifier tout cela aux métropolitains qu'elle a sous la main, en leur demandant de s'y conformer. On leur enverra des formules de votes ; tous ceux qui acceptent les mesures de notre miséricordieux empereur, ami du Christ, doivent les souscrire. Tout a été bien ordonné ; il n'y a plus qu'à observer nos prescriptions avec soin. D'ailleurs, des rapports feront connaître à notre pieux empereur comment on exécute ce que Sa Sérénité a prescrit (2). »

Dioscore recommandait ensuite à la bienveillance des êvêques le tribun Eulogc, qui devait leur remettre, avec ses lettres, une formule de souscription ainsi conçue :

c( Moi, évêque de telle ville, j'ai signé ce qui est dans la loi ci-dessus; j'approuve tout, et je promets d'observer tout ce qui est écrit dans cette lettre, sans y rien ajouter et sans y rien retrancher. »

C'est ainsi que se terminent les Actes du Brigandage*

(1) Actes du Brigandage d'Éphèse, p. 181.

(2) 76îrf., p. i8l.

d'Éphèse. Ils ne disenl rien de raualhème que Dioscore et ses plus chauds partisans lancèrent contre saint Léon (1) ; il est probable même qu'ils taisent beaucoup d'autres choses importantes et qu'ils chargent quelquefois un peu les couleurs dans les discours qu'ils font tenir aux évéques. Jamais, sans cela, on n'aurait vu pareille assemblée ; et aurait-on choisi, un à un, chacun de ses membres, qu'on n'aurait pas mieux réussi. Il ne faut donc pas l'oublier, c'est une rédaction Eutychienne ou favorable à Dioscore qui nous est parvenue ; et, cependant, malgré ses lacunes, malgré ses altérations, ses suppressions et peut-être ses fasifications, que de faits nouveaux nous sont appris I que de détails ignorés ou mal connus nous sont révélés ? que de dates précises et certaines nous sont fournies! et comme l'histoire de ces deux mémorables années ^48-449, jusqu'ici pleine de difficultés, comme l'histoire de ces deux années, disonsnous, s'éclaircit facilement I

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