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sait qu'on tend de plus en plus à faire jouer à la tuberculose un rôle actif dans l’origine de l'emphysème du poumon.
» [l m'est complètement impossible, pour le moment, d'établir la nature et la signification des liens qui me semblent exister souvent entre le psoriasis d’une part et la tuberculose d'un autre côté. Tout au plus, peut-on noter qu'il s'agit presque toujours de manifestations tuberculeuses alténuées. On peut fort bien rencontrer lupus et psoriasis sur un même sujet.
» Mais, sans pouvoir préciser davantage, je dirai seulement que, si l'on examine soigneusement les malades, on verra qu'il y à bien souvent de la tuberculose autour du psoriasis ».
Cette fois, c’est un faisceau de preuves que nous apporte en une seule communication le professeur Audry. Et nous pouvons attacher d'autant plus d'importance qu’il n’a pas toujours professé les mêmes idées; la pratique dermatologique date de 1900, ces observations de 1913, et il a fallu qu’elles soient répétées . avant que le savant dermatologiste n’ait réformé son opinion.
Au hasard de nos lectures, nous avons encore retrouvé l’opinion du docteur Nicolas qui, en fin de discussion, à la Société des hôpitaux de Lyon, disait : « Je liens à faire remarquer que cette conception de l’étiologie tuberculeuse du psoriasis ne m'est pas personnelle. C'est une opinion que j'ai entendu émettre par M. Gaucher qui a observé ces deux faits : que les psoriasiques deviennent souvent tuberculeux et que les arthropathies sont fréquentes chez les tuberculeux ».
Poncet (1) cite aussi l'observation de Balzer et Bernier : « Malade âgé de 55 ans, psoriasique depuis 22 ans, présentait des déformations ankylosantes et autres des hanches, des pieds, ete., qui nous imposèrent, après un examen personnel, le diagnostic de rhumatisme tuberculeux chronique ». Ainsi en était-il d’un malade de Bernier, dont les radiographies présentées par Jeanselme montraient des ankyloses articulaires telles que seule une infection pouvait les produire.
Poncet ajoute qu’il a souvent remarqué, pour sa part, la
(1) Poncet, La tuberculose inflammatoire, in Bibliothèque de la tuberculose.
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coïncidence du psoriasis avec une tumeur blanche du genou, avec des petits signes d'arthritisme. « Ce nous est, dit-il, une raison suffisante pour croire, dans certaines circonstances, le psoriasis être une dermatose bacillaire ».
Nous voilà done en présence d’une série de faits identiques, tous comparables entre eux et entre lesquels il est impossible de ne pas voir de relations. Si nous nous contentions de la méthode des coïncidences cliniques de Poncet, nous serions amplement satisfaits. Tripier lui-même n’en demande pas davantage : « Chez un sujet, dit-il, aux prises dès l'enfance avec l'infection tuberculeuse, on sait que les diverses localisations inflammatoires spontanées qui se succèdent au cours de son existence, et guérissent ou non, dépendent ordinairement de la même cause et qu'il est irrationnel d’aller en imaginer d’autres ».
Et de fait, en présence de coexistences aussi fréquentes, l'esprit se trouve invinciblement entraîné à se demander si le
lien qui unit ces deux affections « ne Les rattache pas du même.
coup à la même condition pathologique générale, de façon à former une seule et unique maladie » (Piéry). En un mot, devant les cas observés et devant ceux que nous avons cités, on est en droit de se demander si l’on n’a pas assisté à deux phases différentes d'une même évolution morbide. Nous allons en chercher d’autres preuves.
Ces faits sont-ils fréquents ?
Sur le conseil de M. le professeur Dubreuilh, nous avons examiné à l’hôpital militaire Saint-Louis de Gonzague de Bordeaux, treize malades atteints de psoriasis. Qu'on nous permette à ce sujet de remercier M. le médecin-chef Fage qui voulut bien nous ouvrir toutes grandes les portes de son hôpital, et M. le médecin aide-major Bernheim qui poussa l'amabilité jusqu'à examiner des malades à notre intention. |
Nous ferons remarquer avant toute chose que le milieu militaire est un des moins favorables qui soit au point de vue des affections tuberculeuses, puisque les conseils de revision ont déjà fait une sérieuse sélection. D'autre part, nos observations portent sur un trop petit nombre de cas pour que l'on puisse
en tirer de fermes conclusions; elles sont cependant intéressantes en ce sens que nous pourrons les comparer aux résultats expérimentaux obtenus. Nicolas et Gauthier ont en effet trouvé, par le procédé de la cuti et de l'ophtalmo-réaction, que le tiers environ des psoriasiques était tuberculeux. Les treize malades que nous avons examinés peuvent se diviser ainsi; des bacillaires:ou suspects, des arthritiques, des héréditaires; pour cinq d’entre eux rien ne permettait, à l'examen somatique et stéthoscopique, d’assigner une origine à leur dermatose. Voici du reste leurs observations aussi condensées que possible.