‹ Le Psoriasis et la TuberculoseChapitre 6 sur 32 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Introduction. Les tuberculoses atypiques.

Le prédisposé tuberculeux a été maintes fois décrit et tous les auteurs s'accordent pour le parer de certains attraits physiques : Tabidorum facies amabilis, disaient les anciens. « Il à, écrit Landouzy, l'œil porcelainé, de longs cils, la peau blanche el molle », et l’on a largement prêté à tous ces malheureux la beauté morbide dont Dumas a enjolivé la Dame aux camélias -et Mürger adorné Mimi.

Si cette description répond à un grand nombre de cas, si la plupart des tuberculeux et tuberculeuses peuvent contempler, durant les interminables siestes, leurs mains pâles et amaigries, allongées aux bras des chaises longues, nombreux sont ceux qui dissimulent sous leurs châles, au début de leur affection tout au moins, les maladies de peau dont ils sont atteints.

PRÉPAS

Cette particularité nous a frappé pendant l’année d'internat que nous avons passée à l'hôpital de Saint-Nazaire, où nous étions chargé du service des tuberculeux et nous amena à rechercher quelles pouvaient être les relations des dermatoses banales et de la phtisie pulmonaire. Le docteur Santini (de Donges) voulut bien nous encourager de ses conseils et nous incita à étudier les bacilloses non folliculaires. | :

Les documents ne nous manquèrent pas. Dès 1890, Landouzy avait battu en brèche la conception que l’on se faisait des lésions engendrées par le bacille de Koch : « il y a, disait-il, des tuberculoses invraisemblables, atypiques ». En 1896, au Congrès de dermatologie qui siégeait à Londres, Hyde étendit sans limites le champ des tuberculoses, tandis que Hallopeau démélait, avec une rare sagacité, ce que Darier appelait les tuberculides. Plus

que toute autre, l'École lyonnaise contribua à la diffusion de ces

idées nouvelles; sous l'impulsion puissante de Poncet, on la vit abattre avec fracas les barrières que l’on avait dressées entre l'arthritisme et la tuberculose : « Les arthritiques ou prétendus tels ne sont souvent que des tuberculeux », dit-on. Un jour, un livre parut qui synthétisait les travaux lyonnais et portait le tre de : Tuberculose inflammatoire. Le mot, parce qu’il répon-

dait à une réalité, sans doute, fit fortune et l'on entendit l’au-

teur professer : « En somme, à envisager les faits d'ensemble et sous un certain angle, on pourrait penser qu'il y a dans la tuberculose une échelle de malignité offensive et de spécificité réactionnelle. Tout au bout de l'échelle, les bacilles de Koch, très infectants, tuent par intoxication brutale, massive, sans même laisser le temps à l'organisme de faire des réactions tissulaires caractéristiques (tuberculose septicémique); un degré au-dessous, ils donnent l’éxplosion granulique; plus bas, les agents de virulence moyenne sont les tuberculoses médicales, et, s’ils sont plus faibles encore, les tuberculoses chirurgicales. A une atténuation plus grande enfin correspondent les scrofules et les petites infections de même type. La virulence peut être encore plus faible : elle crée alors des lésions bâtardes, bien connues des dermatologistes, où il faut, par exemple, une mise

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