‹ Le Psoriasis et la TuberculoseChapitre 7 sur 32 · ETES · texte numérisé non relu

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en coupe réglée de tout,un placard dermique pour trouver une

cellule géante ou quelque chose d'approchant. Enfin, tout au bas de l'échelle, le bacille de Koch, très affaibli, amoindri, aux toxines atténuées, n’a plus le pouvoir destructeur habituel. Il évolue dans les tissus, sans engendrer de réactions spécifiques ; il se borne à produire des flux congestifs, des scléroses plus ou moins durables. | |

» Ces dernières lésions sont tellement indifférentes, tellement dépourvues de toute ébauche de spécificité que leur filiation tuberculeuse ne se peut démontrer par aucun caractère histologique; leur aspect anatomique est celui des lésions inflammatoires vulgaires, engendrées par les infections quelconques.

» Pour ces diverses raisons, il nous parut très compréhensif de donner à cette tuberculose atypique le terme très général de tuberculose inflammatoire ».

Dès lors, on rechercha systématiquement à dépister ces tubereuloses à évolution banale dont on comprenait tout l'intérêt : « C’est que, disait Poncet, l'histoire d'un tuberculeux n’est pas réductible à la phtisie qui l’emporte; elle commence souvent, au début même de son existence, par un scrofule dont il triomphe: elle se poursuit par une série de manifestations très atypiques, dont on méconnaîit la nature et qu'on dit arthritiques ; elle s'achève un jour par des lésions du sommet ». Et les travaux se font nombreux; on étudie les localisations hépatiques (Gilbert), rénales (Jousset et Bernard), etc. ; mais parmi les meilleurs collaborateurs des phtisiologues, il faut compter les dermatologistes : Hallopeau, Darier, Leredde et tant d’autres multiplient leurs recherches.

On nes’en tint pas d’ailleurs aux seules données de la clinique et les expérimentateurs se mirent à l'œuvre. Nous n'avons pas à rendre compte ici des beaux travaux de Bernard, Piéry, Dor, Laroche, Jousset, Courmont, Gougerot. Leurs résultats contrôlés sont acceptés de tous aujourd'hui, résultats qui permettaient à Gougerot de conclure en fin de sa remarquable thèse sur les bacilloses non folliculaires : « Il n’y a pas un minimum de preuves exigible, nécessaire et suffisant pour affirmer la tuber-

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culose. Suivant la richesse de la démonstration, une tuberculide

sera plus ou moins certaine, voilà tout ce qu’on peut dire. La constatation du bacille l’affirmera sans contestation possible et

l’inoculation aura presque autant de force. La réaction locale à

la tuberculine rendra la tuberculide presque certaine ; la clinique, si elle est la seule preuve, la rendra probable ».

Les cliniciens avaient, en effet, signalé de longue date ces tuberculoses atténuées. Peter, Marfan, Trousseau en avaient décrit l'apparition et l’évolution; c'étaient, disait-on alors, des manifestations arthritiques ou herpétiques (Lancereaux). On reconnut bientôt à nombre de dermatoses une origine tuberculeuse; après le lupus, l’érythème induré et le pytiriasis rubra entrèrent dans cette voie; l’École lyonnaise vint affirmer que

les eczémateux étaient des candidats à la phtisieeton leur accola,

un peu timidement, les psoriasiques.

D’après nos observations personnelles, et celles déjà parues que nous avons pu retrouver, si l’on admet la tuberculose inflammatoire et ses localisations cutanées, il n’y a aucune raison pour que l’efflorescence psoriasique, dans certaines conditions, n'y soit pas rattachée au même titre que les dermatoses précitées. Qu'exige-t-on pour cela ?

M. l’agrégé Petges termine une étude sur ce sujet par ces mots : « L'avenir dira s’il est possible d'accepter la relation de causalité suggérée par M. Poncet. En ce qui nous concerne, nous attendrons des faits nouveaux de même ordre, précis et multipliés, avant d’être convaincu par ces hypothèses HU si suggestives et si troublantes ».

Ce ‘sont justement des faits nouveaux que nous apportons : deux observations personnelles que nous avons recueillies dans notre service hospitalier, au cours d’une seule année d'internat, alors que notre attention n'avait jamais été attirée de ce côté, mais qui nous frappèrent par leur netteté; une observation communiquée par le docteur Dict, chirurgien de l'hôpital de Saint-Nazaire, à qui nous avions parlé de notre étonnement en face des faits observés. Parmi nos prédécesseurs, l'École lyonnaise nous fournira une observation de Courmont, élève de

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Poncet; la clinique du professeur W. Dubreuilh, l'étude de Peiges et Desqueyroux. Enfin quelques indications de Audrey, qui, en clinicien averti, n’a pu méconnaître ce voisinage fréquent de la tuberculose et du psoriasis, viendront nous donner leur appoint. Nous y joindrons le résultat de l'enquête que nous avons fait porter sur treize psoriaques militaires.

Malgré cet ensemble, assez important par la diversité des sources où il a été puisé, nous ne nous sommies pas contenté de faire état des conclusions des auteurs et nous avons patiemment recherché s'il ne nous serait pas possible de retrouver une forme de {ransition, un de ces faits de passage dont parle Brocq, une lésion qui serait à la fois tuberculeuse et psoriasique, nous permettant de river, sans crainte d'erreur, le chainon qui unit les deux affections. Cela, nous devons l'avouer, il ne nous a jamais été donné de l’observer; mais nous avons retrouvé une communication de Hallopeau au Congrès international de la tuberculose de 1905, qui nous paraît bien remplir ces conditions. Elle est intitulée : « Tuberculide psoriasiforme du genou », et d'autant moins suspecte que l'auteur n’en tire pas les mêmes conclusions que nous. Nous n'hésitons pas à la publier cependant, persuadé : que ce rapprochement frappera l'esprit du lecteur et entraînera sa conviction.

Nous ne manquerons pas de tenir compte aussi de l’évolution curieuse que subit la dermatose en face de l’aggravation de la maladie générale, et nous verrons que loin d’infirmer ce que nous faisaient pressentir nos observations, elle n'est qu'une preuve de plus, ainsi que l'ont montré de nombreux cliniciens, en faveur de la pathogénie que nous essayerons d'établir.

Cette pathogénie, d’ailleurs, n'étant pas exclusive, nous serons amené à envisager cette étude à un point de vue général; c'est ce que nous ferons en prenant toutefois pour guide la filiation tuberculeuse de la dermatose psoriasique.

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