‹ Le puff: Adrienne LecouvreurChapitre 153 sur 176 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

MARGUERITE, pnis GUATTINARA, entrant par la porte à droite. MARGUERITE, avec impatience et eurionté.

* Qui donc... qui donc?... quel est cet Amadis, ce beau ténébreux, ce rival heureux de Tempereur Charles-Quint?...

GUATTINARA, entrant le doi tourné •

Elle est seule... avançons...

MARGUERITE

Guattinaralll...

GUATTINARA.

Marguerite II...

(Tous les deux restent un instant immobiles d'^tonnement.)

Ah!...

GUATTINARA, cherchant A se remettre de son trouble.

Vous... ici... madame... et comment?...

MARGUERITE

Je vous attendais 1

GUATTINARA.

Je ne comprends pas !

llARGUERITE.

Je vais m'expliquerî... vous veniez à un galant rendezvous!

GUATTINARA.

Moi I...

MARGUERITE

Ah ! vous y perdez, car on m'a priée de vous recevoir...

GUATTINARA, avec indignation.

Par tous les saints de TEspagne !...

4S0 COMÉDIES — DRAVB8

MARGUERITE

Yoas aviez fait provision de serments, je le sais, mais pas de dénégations, ni de détours diplomatiques ; nous n'avons pas de temps à perdre en protocoles. C'est moi qui me suis chargée des intérêts de la reine, pensant que ma présence vous serait plus agréable qu'une autre. On attend de vous des lettres 1... (Tendant la main.) il me les faut f

GUATTINARA.

Gomment... madame?... que signifie?...

MARGUERITE

Que j'ai en échange vos lettres à vous K.. mais je ne voas les remettrai...

GUATTINARA, tremblant.

Madame 1...

MARGUERITE

Que quand la signature du ministre aura été vue et approuvée par l'empereur.

GUATTINARA,, éponvanté.

Grâce ! grâce, madame I...

MARGUERITE, riant.

Ah I ah I seigneur Guattinara, vous voilà plus mort que vif, vous qui, ce matin, immoliez si lestement les amoureux qui se portaient bien!... Les lettres de l'infante... je les veux!

GUATTINARA, après les ayoîr rendues.

Je suis perdu !

MARGUERITE

Non!... vous ne Têtes point I...

Je comprends... vous voulez^ à votre tour, vous défaire d'une rivale...

MARGUERITE

Non!

GUÀTTINÀRA.

Vous voolee que je vous aide à remonter les marches du trône...

MARGUERITE

Non... je ne veux déplacer personne... pas même vous... je veux qu'on puisse dire que Marguerite a tenu dans sa main tous les secrets de la cour d'Espagne, et n'en a trahi aucun 1 peu m'importe donc que vous restiez à Charles-Quint... pourvu qu'en môme temps vous m'obéissiez.

GUATTINARA.

Moi, madame... servir à la fois...

MARGiP^lTfi,

Deux pouvoirs? est-ce là ce qui vous effraie ?

GUATTINARA.

Mais...

MARGUERITE

Il faut pourtant vous persuader que vous appartenez maintenant à deux maîtres : Tun, qui serait sans pitié...

GUATTINARA.

S'il savait!...

L'autre...

GUATTINARA.

Qui sait tout.

MARGUERITE

Et qui promet pardon et oubli... à une condition..*

GUATTINARA.

Laquelle?...

MARGUERITE

Je vous le dirai... Votre bras !...

GUATTINARA.

Comment?

4â2 COMÉDIES. — DRAMES

MARGUERITE

Votre bras... et maintenant, monseigneur, marchons!

(EJIe se dirige vers la porte de gauche. Gnattinara la sait en se courbant.)

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