‹ Le puff: Adrienne LecouvreurChapitre 18 sur 176 · SCÈNE VIL ANTONIA, ALBERT, MAXENCE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL ANTONIA, ALBERT, MAXENCE

MAXENCE, courant vivement à Albert.

Ail çà! maintenant qu'il n'est plus là, expliquons-nous! Ce . que tu viens de faire et de dire a-Ml le sens commun?

ANTONIA

Qu'est-ce donc?

MAXENCE

Je m'en rapporte à ma sœur elle-même î... qui est de bon conseil. Ce vieil avare... ce grippe-sous millionnaire, Desgaudets, en un mot, dans un moment non lucide, dans un accès de fièvre au cerveau, lui propose à lui, officier sans fortune, sa fille en mariage 1

ANTONIA

Est-il possible I

MAXENCE

Tu es comme moi, tu n'en peux revenir ! le fait te semble fabuleux, et voilà qui Test plus encore... Albert refuse...

ANTONIA

Vous, monsieur!

ALBERT, avec trouble.

Oui, mademoiselle... chacun a ses idées... je ne tiens pas aux richesses.*, qu'en auraisje fail?

LE PUFK 6îi

UAXENCE.

11 fallait toujours accepter... sinon pour toi... du moins pour tes amis... en revanche, nous t'aurions gu(^ri do la

passion !

ANTONIA, nvec eariosité.

Une passion...

MAXENCE

Autre absurdité ! à laquelle il sacrifie un avenir superbe !

ANTONIA

Et sans doute... monsieur Albert est payé de retour?

ALBERT, vivement.

Non, mademoiselle... et je n'ai jamais pensé que ce fût possible.

MAXENCE

Quelque bégueule!... quelque prude!.*, quelque dévote!...

ANTONIA

Vous la connaissez donc... mon frère?

MAXENCE

Pas du tout... il n'a jamais voulu me la nommer... ce qui est déjà mauvais signe. Lorsque j'aimais quelqu'un qui en valait la peine... tout le monde le savait... dans ces cas-là...

^Haut de la franchise... (passant à la table i gauche reprendre ses

Papiers et son portefeuille.] et il en aura peut-être plus avec toi.

ANTONIA, s'epprochant d'Albert qui vient de se jeter dans un fauteuil, &

droite.

Si ma bonne vieille tante était là... vous lui diriez tout, j'en suis sûre !

ALBERT

Peut-être !

ANTONIA, s'assejant près de lui.

Eh bien, monsieur, ne puis-je la remplacer?... et si mes conseils... si mon amitié... déjà ancienne... a sur vous encore quelque pouvoir...

Gi COMÉDIES — DR\MK8

SfAXENCB, d'un ton brasque.

Eh oui!... dis à ma sœur... ce qui en est... elle ne te trahira pas... nomme-lui la personne pour qui tu te meurs (l'amour!

ANTONIA

Oui, monsieur, parlez... Quelle est-elle?

ALBERT, après un instant d'hésitation, et & voix bosse.

Vous !

ANTONIA, se levant vivement,

ciel !

MAXENCB, se retournant de la table h gauche.

ElhbienI la connais-tu?

ANTONIA, vivement.

Non!... il refuse. Il n'a voulu rien dire !

MAXENCE

Tant pis pour lui !

ANTONIA, avec émotion.

Mais nous retenons ici monsieur Albert.., qui est attendu chez un chef de bureau... il y va de ses intérêts.

ALBERT, vivement.

Ah ! qu importe ?

ANTONIA

Non vraiment!... il ne faut pas les négliger...

MAXENCE

Certainement.

ANTONIA, timidement.

Demain, monsieur Albert... et si mon frère le permet...

MAXENCE

Comment donc ?

ANTONIA

J'aurai à vous parler.

ALBERT, avec émotion.

Est-il possible !

MAXENCE, riant.

Pour lui dire ce que tu penses de, sa conduite.

ANTONIA, avec bonté.

Oui, mon frère... (X Albert qu'elle regarde areo tendresse.) Adicu,

monsieur Albert... (Lui tendant de loin la main.) A demain!

ALBERT, la regardont nre^ expression et espoir.

A demain!...

(il sort en faisant nn geste do bonhe ir.)

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