SCÈNE VIII
L'ABBÉ, toujours à la table à gauche; ADRIENNE, seule sur derant du théâtre, à droite; puis MICUONNET.
Sur l'honneur! a-t-il dit... sur l'honneur! Maurice ne pourrait pas manquer à un pareil serment.... j'ai dû le croire ! sinon... ce ne serait plus lui...
MICHONNET, qui vient de sortir de la porte à droite, s*avaaoe sur la
pointe du pied ; il dit tout bas :
Adrienne... Adrienne... si tu savais quelle aventure...
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AOIUENNE,. «yeo distraction.
Qu'est-ce donc?
MICHONNET, i Toix b«ue.
Ce n'est pas la Duclos I
ADRIENNE, à part, aT«o joie.
Il me rayait dit I
MIGHONNET, à voix haato et riant.
Ce n'est pas la Duclos 1
L ABBÉ, se levant de la table et s'ayancant yiyement.
Gomment, ce n'est pas elle?
HICHONNET, allant au-deyant de loi.
Silence ! c*^est un secret.
l'abbé.
Qu'importe! nous ne sommes que trois... et je ne compte pasl je suis muet.
MIGHONNET.
C'est ce que chacun dit toujours dans le comité, et cependant tout finit par se savoir.
L ABBE, yivement.
Ce n'est pas la Duclos 1... et le con)te de Saxe*qui nous a avoué lui-même que c'était elle... Qui est-ce donc, alors... qui donc?...
MIGHONNET.
Je n'en sais rien... mais ce n'est pas elle... je le jure*
l'abbé.
Vous Tavez vue?
MIGHONNET.
Du touti
ADRIENNE, yiyement.
C'est bien!
MIGHONNET.
Obscurité, complète... comme si la rampe et le lustre eus-
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sent été baissés; mais j'avais, en entrant, rencontré une manche et une robe de femme, et persuadé, (a rabbé.) puisque vous me l'aviez dit, que c'était la Duclos... j'ai abordé sur-le-champ la question, et j'ai demandé, à tâtons, si, pour aider le répertoire, elle consentait à jouer demain Gléopàtre. La main que je tenais a tressailli, et une voix qui m'est inconnue s'est écriée avec fierté : a Pour qui me prenez-vous? » ' — Pour mademoiselle Duclos, ai-je répondu. A quoi on a répliqué à voix basse : « Je suis chez elle, il est vrai, pour c des intérêts que je ne puis dire... »
l'abbé.
Est-il possible !
MICHONNET.
« Mais, qui que vous soyez, » a continué la personne mystérieuse en baissant toujours la voix, « si vous me donnez < les moyens de sortir à Tinstant de cette maison sans, être « vue, vous pouvez compter sur ma protection, et votre forte tune est faite. » Je lui ai répondu alors que je n'étais pas ambitieux, et que si je pouvais seulement être nommé sociétaire... Moi, sociétaire!
l'abbé et ADRIENNE, aree impatieace.
£h bien?
MICHONNET.
Eh bien I me voilà!... que faut-il faire?
LABBE, passant deyant Michonnet et s'aTaD^aiit yers la porte.
Savoir d'abord quelle est cette dame,
ADRIENNE, se plaçant devant la porte.
Monsieur l'abbé, y pensez-vous?
l'abbé.
Elle était ici avec le comte de Saxe, je vous Tatteste.
Raison de plus pour la respecter ! une pareille indiscrétion seraij manquer à toutes les convenances... et vous, un homme du monde!... un abbé!...
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l'abbé.
C*est que vous ne savez pas*., je ne peux pas vous dire rintérôt que j*ai à connaître cette personne... c'est pour moi d'une importance !...
ADRIENNE, à part.
Maurice disait vrai.
L*ABBÉ, à part.
La princesse compte sur moi > je le lui ai promis, et à tout prix...
(Il fait un pat yen la porte.) ADRIENNE.
Non, monsieur Tabbéj.vous n'entrerez pas...
L ABBE, d'un air suppliant.
Par hasard... et sans le vouloir...
Non, monsieur Tabbé, j*en appellerai plutôt à M. le prince lui-môme, au maître de la maison, qui ne permettra pas que chez lui...
L ABBÉ, Tirement.
Vous avez raison ! je vais tout dire au prince qui sera enchanté 1 quel bonheur ! quel hasard pour lui ! la Duclos est innocente! complètement innocente... il ne s'y attendait pas... ni nous non plus.
(Il sort par le fond, Adrienne l'accompagne jusqu'à la porte et le suit encore des yeux pendant que Michonnet, qui était resté à gauche, traverse le théâtre en secouant la tôte et va se placer à droite.)