‹ Le puff;Chapitre 32 sur 71 · ALBERT, ANTONIA, CORINNE · texte numérisé non relu

ALBERT, ANTONIA, CORINNE

antonia, à part.

S'il était vrai!... une telle indignité... Corinne, s' approchant d'elle.

Eh bien!., tu as entendu mon père...

antonu, vivement.

Non, ce n'est pas possible!... tout me l'atteste, et d'ailleurs, je me suis engagée de moi-même, j'ai donné librement ma parole à M. de Marignan... et à moins qu'il ne me la rende...

CORINNE

Quoi!... si la rupture venait de lui... Albert, vivement et voyant le geste affirmatif d' Antonia.

Je n'en demande pas davantage.

antonia, effrayée.

0 ciel !... que voulez-vous faire?

ALBERT

Ce soir vous serez libre ou je ne serai pas témoin de votre mariage... car sa vi& ou . la mienne...

antonia, hors d'elle-même.

Et moi je vous défends un éclat qui nous perdrait. Il faut que sans se brouiller avec mon frère, M. de Marignan renonce de lui-même...

CORINNE

A ce mariage ?

ALBERT

C'est impossible !

CORINNE

Et pourquoi donc?... il s'agit de chercher... de trouver, c'est de l'imagination... cela me regarde...

Albert, vivement.

Et vous espérez inventer...

CORINNE

Certainement !

ALBERT

Un moyen neuf.

CORINNE

Non pas ! le neuf est dangereux... mais avec du commun on est toujours sûr de réussir! et si je connais M. de Marignan, de toutes tes vertus, celle en qui il a le plus de confiance, c'est ta dot... et si l'on pouvait lui inspirer le moindre doute sur cette vertu-là...

ALBERT

Est-ce que cela se peut!

Avec lui qui est si adroit...

CORINNE

Sans cela, où serait le mérite ?... mais sois bien persuadée que si tu avais, j'ignore comment, le bonheur de perdre tout ou partie du million qui rehausse tes charmes... les idées de M. de Marignan se trouveraient soudain modifiées... ou

changées; c'est de. tous les temps... c'est le dénouement des Femmes savantes, cela me va à moi... femme de lettres!

ANTONIA

Par malheur, M. de Marignan n'est pas un Trissotin.

CORINNE

Extérieurement, non. La forme change! Les Trissolins de nos jours ont plus de savoir faire, plus de tenue, plus d'importance... ils sont éligibles, ou mieux encore !... mais c'est la même famille... cela ne nous regarde pas... je ne songe qu'à mon plan !... laissez-moi tous deux!... (A Albert.) D'ailleurs... je vous verrai ce soir... à ce dîner... (A Antonia.) où il est invité.

ALBERT

Et que je refuse.

CORINNE

Non, vraiment...

ANTONIA

Elle a raison... Je vous prie , Monsieur, de ne rien faire... qui puisse donnera penser ou attirer l'attention. ..

corinne, à demi-voix.

Oui, oui... et puis elle désire que vousy veniez, vous le voyez bien?

albert, vivement.

Ah ! s'il est vrai !

corinne, lui montrant Antonia qui baisse les

yeux.

C'est sûr... partez!

ALBERT

Et la veuve de mon général... Ah! vous me feriez tout oublier...

corinne, saluant de la mainAntonia qui sort par

la porte à gauche et Albert qui sort par le

fond.

Adieu ! adieu!...

\ Wv \ W%-\ WV\ WVA 1

t VI'VV fcWA V

Page 1