‹ Le puff;Chapitre 56 sur 71 · LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE

C'est étonnant, tout le monde en parle !

LA MARQUISE

lit je n'ai pas encore rencontré une seule personne qui l'ait lu!

desgaudets, debout derrière le canapé à droite et s' adressant aux deux dames quiviennent de parler.

C'est qu'il est plus facile d'en parler que de le... bouvard, avec enthousiasme.

Histoire pittoresque de V Algérie et de sa conquête /., second volume, plus intéressant encore, s'il est possible... plus dramatique que le premier !.. j'espère bien que monsieur Desgaudets m'en prendra un exemplaire... dix francs le volume... il sera demain à votre hôtel...

DESGAUDETS.

Diable!., diable!., dixfrancs!,. permettez! c'est trop cher pour moi !

bouvard, s'adresmnt aux deux dames assises sur le canapé à aroite.

Il y a seulement pour neuf francs de vignettes et de gravures !

DESGAUDETS.

Je ne dis pas non !.. (A demi-voix.) C'est le reste qui est trop cher.

maxence, qui pendant ce temps s'est promené dans le salon et revenant près du comte.

Eh bien! et votre secrétaire général ?

J'ai dit que l'on servît aussitôt que sa voiture entrerait dans la cour... mais il n'est pas encore arrivé!

MAXENCE

Mon appétit l'est depuis longtemps !

DESGAUDETS.

C'est comme le mien ! si pour nous le faire oublier, monsieur de Marignan daignait nous lire... quelques pages... quelques passages... du nouveau chef-d'œuvre...

tout le monde, se levant.

Ah!., oui, monsieur le comte!

le comte.

Y pensez-vous, devant une si charmante assemblée... un ouvrage sérieux... un livre d'histoire... c'est trop...

la comtesse.

Pourquoi donc ? madame Scarron racontait une anecdote..!

desgaudets.

Quand le rôti manquait !

CORINNE

Mais quand il s'agit d'un secrétaire-général...

la marquise.

C'est bien autre chose !

la comtesse.

Et pour le remplacer...

Il n'y a rien de trop grave!

Lli COMTE.

Devant un pareil argument, je me rends ! (H prend le livre, et chacun se rasseoit ou se range autour de lui, comme pour une lecture d'apparat.) Je vous lirai donc quelques pages qui terminent ce \olume...

bouvard, faisant l'empressé.

Un verre d'eau sucrée !

le comte, avec impatience.

Et non ! pas avant dîner.

BOUVARD

C'est juste !.. (Regardant au fond.) Mais toutes les portes sont ouvertes. (Criant.) Fermez donc les portes ! la voix se perd !

le comte, de même.

C'est inutile...

CORINNE

Pour vous... mais non pas pour nous, qui ne voulons rien perdre.

tout le monde.

Chut!..

LE COMTE

Le récit d'une expédition dans l'Atlas, et d'un combat livré par le général Saint-Avold. Albert, qui jusque-' à est resté plongé dans ses

réflexions, lève la tête à ce mot, et dit à part.

Mon général... qu'est-ce que c'est ?

Cela doit être pittoresque!

le comte, lisant.

« Cerné de tous les côtés par dix à douze mille « Arabes et sans espoir possible d'être secouru, « le général avait passé une nuit horrible. Il ne

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