‹ Le puits de Deir el BahariChapitre 2 sur 3 · I.E l'UITS DK DEIP. EL liAIIARl · texte numérisé non relu

I.E l'UITS DK DEIP. EL liAIIARl

Par ime liaison d’idées assez naturelle en Egypte, le re[)us (|n'iVs-t-eni- Kheb pouvait goûter sous sa tente avait rappelé celui do la tombe, et, en conséquence, une des inscriptions soubaite à la jeune [trincesse la paix dans les bras des dieux, aux jours des cérémonies funèbres.

« (Ju’elle repose doucement en son asile suprême, enveloppé de parfums et d’encens, rayonnant de Heurs de toute espèce et embaumé comme l’Arabie ! »

« Qu’elle repose doucement dans les bras de Kbons : c’est lui qui est le maitre do la Tbébaïdo ! 11 sauve ceux qu’il aime, fussent-ils en enfer, et il livre les autres à la gébeniie. »

ANNALES nu MUSEE OUIMET

Les cei’cueils trouvés à Deir el Bahari sont tous en bois, à figure humaine et en forme de momie : on les classera suffisamment, au moinsgrune manière générale, en disant (|ue les }>lus anciens sont recouverts d’un entoilage peint en blanc, et que les })lus récents, ceux de la XXL dynastie, sont enduits d’un vernis jaune.

l’ourtant cette distinction ne doit pas être acceptée sans réserve, quanta ràg(‘ de la momi(3 renfermée dans un sarcophage, car ici apparaissent des fraudes nombreuses. On s’emparait souvent des plus riches cercueils, et on exilait leurs possesseurs dans des caisses moins belles. Huit momies au moins, sur vingt-cinq, c'est-à-dire le tiers, reposent dans d’autres cercueils que les leurs, et on ne les reconnait qu'à leur nom écrit en hiératique sur leur poitrine, ou peint en surcharge sur leur caisse.

L’ancienne reine, dont la taille était si élevée, a été mise dans le cercueil de llaa, nourrie»! d’Abmès-Nefertari ; la princesse Méri-t-Ainen, dans le cercueil d'un sciibo nommé Sennu, et la reine Se-t-Ka, dans un mauvais cercueil de la XXL dynastie; le roi Ramsès L’’, dont la momie manque, avait eu le même sort, car les débris d’un cercueil à enduit jaune portent son nom en surcharge ; le roi Pinedjem II avait, pour sa part, usurpé le cerueil de Thotmès L'’, qu’il fit sans doute ornei' à nouveau et dont la cuve fut couverte de prières à son nom. Enfin la princesse Nesi-Klionsu et le prince Djet-Ptali-an-f-ankli avaient aussi usurpé leurs cercueils.

Une |)rincesse de la XVIIL dynastie, Mes-heii-t-Tamebu, probable-

LE l'UITS DE DEIR EL BAIIARI 13

ment tille de la. reine Hen-t-Tainelm, car son nom ajustement ce sens, l'ut dépossédée comme bien d’autres ; mais son sarcophage a révélé de plus une tromperie d’un autre genre et tout à fait inattendue: il contient une fausse momie, sorte de poupée faite de chitfons qui entourent un morceau de cercueil destiné à imiter le corps et datant do la XXP dynastie, ou à peu près, car il est à enduit jaune. L’extérieur d’une momie est [)arfaitement imité, et même un manche de miroir s’est trouvé, comme d’habitude, sous les premières toiles. On songe involontairement à ces princesses des Mille et une Nuits qui se faisaient passer pour mortes et se sauvaient du harem, pendant qu’on enterrait un morceau do bois à leur place.

ANNALES DU MUSEE GülMET

Ces réserves faites au sujet des erreurs que peut suggérer à première vue l’extérieur d’un sarcophage, il faut reinar({uer encore qu’il n'y a pas conformité absolue de couleur onde facture dans chacune des séries de cercueils qui ont été distinguées tout à l’heure. Cliaqiie série olire des variétés intéressantes, et, en dehors des grandes lignes au moins, runiformité a|»parente se résout en différences réelles.

Le sarcophage de Taaten est blanc, comme ceux de son groupe ; mais il garde, particulièrement sur le contour de la })oitrine, dos traces de dorure prouvant qu'il avait été doré partout, comme les cercueils des rois Antef, de la XP dynastie. L(.“S hiéroglyphes, qui s’étendent des pieds à la tête en une bande verticale, ont été peints en brun sur l’entoilage et repassés à la pointe sur la dorure.

Le cercueil est d’une grande taille; et, h côté, les caisses d’ Ahmès et de son fils paraissent exiguës. Celle d’ Ahmès est pour ainsi dire collante, au point que le corps y semble à l’étroit. 'Foutes deux sont peintes en jaune, contrairement à riiabitude, et sans ornements. 11 est i)Ossible, du reste, que ces petits cercueils aient été mis dans de plus grands, comme c’est le cas pour la reine Ahmès Nefertari, ([ui a deux sarcophages, l’un de taille ordinaire, peint on brun, et renfermant la momie, l’autre énorme, dont le buste s’ouvre comme un colfre, et ({ui contient le prenner. La reine Ah-hotep a un grand sarcophage tout à fait smnblablo à celui de sa mère : dressés, les deux monuments (eraient deux colosses, sinhout avec la coui‘onne ronde et les })lumes droites,

Annales du Musée Guimet.

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