‹ Le purgatoireChapitre 47 sur 48 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Nous venons de voir ce que la Société des religieuses Auxiliatrices du purgatoire apporte de secours à l'Eglise souffrante. Il nous reste à faire connaître la fondatrice et le régime intérieur de cette Société (1).

Avant d'entrer dans les détails, nous dirons que la vierge qui a doté l'Eglise de ce nouvel Institut, Eugénie-Marie-Joséphine Smet, en religion Marie de la Providence, a brillé par toutes les grandes qualités des fondatrices d'ordres. Elle nous apparaît ornée dans un degré éminent des dons de la nature et de la grâce. Dieu qui la destine à être la providence de l'Église souffrante, la prépare de bonne heure à cette sublime mission. Au moment marqué dans le plan divin, elle fonde son Institut, lui donne des constitutions, le gouverne avec une rare prudence et une ad-

(1) Nous traiterons ce sujet avec la brièveté qu'exige la nature de notre écrit. Mais nous signalons au lecteur la Notice intéressante et étendue qui a été publiée en 1873. et qui se trouveà la librairie,Lecoffre,rue Bonaparte, 90, Paris. De plus nous sommes heureux de pouvoir annoncer que les Auxiliatrices du purgatoire, avec tout le zèle de la piété filiale, recueillent les divers documents destinés à une vie complète de leur vénérable fondatrice.

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mirable charité. En quinze ans elle accomplit son œuvre de fondatrice. Selon l'expression des livres saints, sa vie est un sentier dont la lumière va toujours croissant jusqu'à la fin. Dans toutes ses voies, elle est assistée par la sagesse divine. Les vertus cardinales et les vertus théologales prennent en elle de perpétuels accroissements . Enfin, son existence est un tableau sans ombre, où tout glorifie Dieu et ravit l'âme d'admiration. Elle a passé sur cette terre avec la pureté d'un ange, et elle meurt avec l'héroïque patience des martyrs.

Il est permis d'espérer que sa cause sera introduite et que l'Eglise lui décernera un jour les honneurs du culte public.

Cette puissante avocate des âmes du purgatoire naît à Lille le 25 mars 1825, fùte de l'annonciation de la Très Sainte Vierge; date privilégiée qui présage quelque chose de grand et indique combien l'enfant sera chère au Dieu fait Homme pour nous, et à sa divine Mère. Elle reçoit au baptême les noms d'Eugénie-Marie- Joséphine.

Son père Henri Smet, et sa mère Pauline de Montdhiver sont dignes par leur foi et par leurs vertus chrétiennes de donner le jour à cette vierge dont la destinée est si haute dans les desseins de Dieu.

Après la iDremière éducation du foyer, ils la confient dès l'âge de onze ans aux religieuses du Sacré-Cœur de Lille. ,

Eugénie passe sept années auprès d'elles. La future fondatrice se révèle déjà dans l'élève; l'amour des âmes du purgatoire, une confiance r.liale en la divine Providence, une grande dévotion envers saint Ignace de Loyola, sont les trois caractères distinctifs de sa piété. Universellement aimée et estimée, elle se sert du grand ascendant qu'elle exerce sur ses compagnes pour les attacher au service de Dieu. Son passage au Sacré-Cœur de Lille laisse un impérissable souvenir.

Rentrée dans sa famille le 4 septembre 1843, elle y mène la vie d'une vierge chrétienne consacrée à Dieu. Les exercices de piété, les bonnes œuvres partagent son temps. Tout ce qu'elle entreprend pour la religion et le bien spirituel des âmes est béni et couronné de succès. Mais, dans les desseins de Dieu, ces grands essais de la charité et toutes ces belles œuvres ne sont qu'une préparation et un acheminement à la mission qu'il lui réserve. Voici comment il lui envoie les premiers rayons de sa lumière.

Le jour de la Toussaint de l'année 1853^ Eugénie, dont la charité envers les âmes du purgatoire n'a cessé de grandir, conçoit la pensée d'une association en leur faveur. Et le lendemain, 2 novembre, jour des morts, tandis qu'après la communion elle s'entretient avec le céleste Epoux, elle est tout à coup frappée de cette considération : « Il y a des communautés qui répondent à tous les besoins de l'Eglise

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militante ; il n'y en a aucune qui soit entièrement consacrée à l'Église souffrante, par la pratique des œuvres de zèle et de charité ! »

Et à l'instant mêmç elle se sent intérieuremer, !; appelée à combler cette lacune, et à fonder un ordre religieux en faveur des âmes du purgatoire.

Mais la voilà en même temps en présence de toutes les difficultés d'exécution. Elle consulte sur son projet; nul n'ose lui dire : Obéissez à votre inspiration, et fondez en faveur du purgatoire un ordi-e religieux. Une année s'écoule dans les perplexités. Enfin elle se sent intérieurement portée à s'adresser au curé d'Ars, connu alors dans le monde catholique par la sainteté de sa vie et son crédit auprès de Dieu.

Cet humble prêtre, ce tliaumaturge de notre siècle, devait être en effet l'organe du Saint- Esprit auprès de la future fondatrice.

Celle-ci, par l'intermédiaire d'une de ses amies, lui ayant soumis son projet, il répond par ces paroles : « Dites-lui qu'elle établira un ordre pour les âmes du purgatoire quand elle le voudra. »

Malgré la clarté de cette réponse, Eugénie,pour plus de sûreté, souhaite que l'homme de Dieu médite encore son dessein dans la prière, et lui fasse part des lumières qu'il aura reçues. Après avoir longtemps prié, il lui fait écrire, le 27 novembre 1855, par l'abbé Toccanier qu'il l'encourage à exécuter une entreprise si utile à l'Eglise militante et à l'Eglise souffrante.

Et quelque temps après, clans une nouvelle lettre, il s'exprime en ces termes : « L'idée de fonder un ordre pour les âmes du purgatoire vient directement du cœur de Notre-Seigneur, et il bénira ce sublime dévouement. »

Le dessein de Dieu était que l'ordre fût fondé à Paris. Il coordonne tout à cette fin; et au jour fixé par sa Providence, le 19 janvier 1856, Eugénie arrive à Paris. C'est de ce jour que date la fondation de l'Institut.

Dès le 22, la fondatrice obtient de l'archevêque, Monseigneur Sibour, l'autorisation de s'établir à Paris. Le prélat accompagne sa permission de ces mémorables paroles : « Allez, ma fille, la foi qui transporte les montagnes bâtit les maisons. Dites htiutement à la ville de Paris que vous avez la tête et le cœur de l'archevêque p:nr votre œuvre; et si vous avez besoin d'appui c' de conseil, je suis là ! »

L'Église avait parlé par la bouche de l'archevêque. Rien désormais n'arrêtera la fondatrice.

La Providence vient visiblement à son secours. Dès le 26 janvier, elle lui fait connaître une éminente chrétienne qui lui enlève en grande partie la sollicitude du temporel. Quelque temps après, cette même Providence la met en possession d'un édifice à souhait situé rue Barrouillère, à Paris, qui devient le berceau et la maison mère de l'ordre. Le jour de la Visitation de la Très Sainte Vierge, 2 juillet 1856, la fondatrice et ses fil!.3s sont déjrà dans leur nouvelle demeure.

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L'archevêque, toujours plein de bienveillance pour elles, ne tarde pas à les honorer de sa visite. « Vous n'êtes, leur dit-il, qu'un petit grain de sénevé, mais bientôt ce grain deviendra un grand arbre. » Et, comme mémorial de sa visite, il leur accorde la faveur de posséder le Très Saint Sacrement,

Elles préparent aussitôt une chapelle qu'elles décorent, disent-elles, de toutes les richesses de leur pauvreté. La fondatrice y place une petite statue de la Vierge que, dès ses jeunes années, elle possédait chez elle, et qu'elle honorait sous le titre de Notre-Dame de la Providence.

Le samedi 8 novembre 1856, elle se consacre avec toute sa communauté à cette divine Mère.

Le moment d'émettre les premier veux était enfin v:nu. La fondatrice choisit pour cette belle cérémonie la fête de l'apôtre saint Jean l'Evangéliste; ainsi, le 27 décembre 1856, elle prononce, avec cinq de ses premières compagnes, ses premiers vœux entre les mains de Monseigneur Sibour, archevêque de Paris. Elle consomme en ce jour, avec le céleste Epoux, une alliance que son cœur avait toujours uniquement ambitionnée.

A partir de cette époque, elle porte le nom de Marie de la Providence.

Il lui reste maintenant à établir sur des bases inébranlables l'Institut dont elle a conçu la pensée. Elle trouve pour cela lumière et concours dans la compagnie de Jésus. Le R. P. Michel

Fessard, alors provincial de Paris, voit d'intuition tout ce que sera cet Institut dans l'Église de Dieu, et il se détermine à le favoriser de tout son pouvoir. Ainsi il désigne pour la direction spirituelle des Auxiliatrices le R. P. Basuiau, procureur de province, qui déjà avait demandé la mission de Chine. Dès le 15 novembre 1857, fête de sainte Gertrude, ce religieux commence son ministère auprès des Auxiliatrices du purgatoire, et, par l'ordre de son provincial, il va le continuer sept années de suite avec un incomparable dévouement. De son côté, le R. P. Michel Fessard visite souvent les religieuses, il leur fait des conférences. Il est, lui aussi, en même temps que le R. P. Basuiau, le guide spirituel, le conseiller de la Fondatrice, qui, pendant plus de sept ans, lui soumet ce qu'elle a de plus intime dans son âme et le consulte sur les affaires les plus importantes.

Voilà les deux hommes qui ont fait le plus pour les Auxiliatrices du purgatoire, et auxquels leur Société doit le plus de reconnaissance. 11 est de la justice de l'histoire d'inscrii-e ces deux noms en tête de tous les autres.

Le 25 janvier, la fondatrice, avec quelquesunes de ses premières compagnes, se lie par des vœux perpétuels . Elle se prépare à ce grand acte par trois jours de retraite et par une confession générale de toute sa vie faite au R. P. Basuiau. Son Eminence le cardinal Morlot préside à la cérémonie. Dans son journal, la Mère Marie de

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la Providence résume ainsi les sentiments de son âme : « Journée trop courte, je ne vous retrouverai plus qu'au ciel ! »

Ayant eu dès son enfance une dévotion si filiale envers saint Ignace, elle veut que son Institut vive de sa vie. Elle emprunte donc au fondateur de la compagnie de Jésus ses règles, la formation des sujets par ses Exercices spirituels, et le mode de son gouvernement.

Le code des règles préparé par les soins du R. P. Basuiau est remis entre les mains des religieuses, le 25 mars 1859, jour anniversaire de la naissance de la fondatrice.

Le saint curé d'Ars, à cette nouvelle, s'écrie dans la joie de son cœur : « Les pauvres petites, elles sont sauvées! » Paroles prophétiques et testament de son affection envers l'ordre des Auxiliatrices du purgatoire ! car le 4 du mois d'août suivant, le jour de saint Dominique, ce prêtre, la perle du sacerdoce, l'honneur de l'Église, né le 8 mai 1786, recevait la couronne de ses longs travaux et intercédait au ciel -poui' cet Institut qu'il avait tant aimé !

En second lieu,la fondatrice emprunte à saint Ignace la forme de son gouvernement .

Toute l'autorité est entre les mains d'une supérieure générale, qui a quatre assistantes, avec voix active dans les affaires de la Société. C'est elle qui nomme toutes les supérieures des maisons ; par conséquent point d'élections à faire. Les supérieures locales ont une assistante et

quatre conseillères. Chaque religieuse a droit de correspondre directement avec la supérieure générale. Grâce à ce régime, la Société des Auxiliatrices du purgatoire s'est développée sans aucune secousse, sans aucune division; elle est aussi affermie que si elle avait une existence séculaire avec la certitude morale que rien dans l'avenir ne troublera son gouvernement.

Enfin, pour la formation spirituelle des sujets, la fondatrice se conforme autant qu'elle le peut à ce que safnt Ignace a établi dans son ordre.

Le noviciat des Auxiliatrices est de deux ans ; et la seconde année, elles font les grrnds exercices spirituels de saint Ignace pendant trente jours, comme les novices de la Compagnie de Jésus. Les deux ans de noviciat écoulés, celles qui en sont jugées dignes prononcent leurs premiers vœux, par lesquels elles se lient pour la vie à la Société. Pendant les cinq années qui suivent les premiers vœux, elles sont aspirantes, et elles renouvellent leurs vœux deux fois l' an * Ce terme écoulé, elles font un troisième an de probation^ Elles vaquent alors pour la seconde fois aux grands exercices spirituels de saint Ignace, pendant un mois entier. C'est après ce troisième an de noviciat qu'elles prononcent les vœux perpétuels qui lient réciproquement la Société et les religieuses.

Pour conserver la ferveur de l'esprit, les Auxiliatrices font tous les ans, pendant huit jours, les exercices de saint Ignace, qui leur sont don-

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nés par les Pères de la Compagnie. Chaque matin elles font une heure d'oraison, chacune dans sa cellule, afin que leur âme puisse s'épancher plus librement devant Dieu. Elles entendent ensuite la sainte messe, et communient très fréquemment ; elles examinent leur conscience deux fois par jour, avant midi et le soir; elles ont un temps déterminé pour la lecture spirituelle. L'office qu'elles récitent est celui des morts. Les Auxiliatrices devant aller visiter les pauvres et les malades à domicile, la Fondatrice a sagement établi que leur costume, quand elles sortiraient de la maison, serait celui des dames chrétiennes en grand deuil.

Tel est l'Institut fondé par la Mère Marie de la Providence, et que Pie IX et Léon XIII ont solennellement approuvé, le premier par son Bref du 9 juin 1873, et le second par son Bref du 25 juin 1878.

Tandis que tout prospère dans la Société des Auxiliatrices du purgatoire, le R. P. Basuiau, qui lui a consacré ses soins pendant sept années, part enfin pour cette mission de Chine qu'il a si ardemment désirée. Quelque temps après, le R. P. Michel Fessard quitte Paris pour aller prendre la direction du grand séminaire de Blois. Mais le R. P. de Ponlevoy, qui lui succède comme provincial, porte à son tour le plus haut intérêt aux Auxiliatrices, et plusieurs autres pères leur prodiguent les secours spirituels.

Cependant, le guide par excellence de la Fon-

datrice, durant les dernières années de sa vie, est le R. P. Pierre Olivaint, supérieur do la maison de la rue de Sèvres, à Paris. Le futur martyr la fait marcher à grands pas dans les voies de la sainteté.

La mère Marie de la Providence voit croître de jour en jour le nombre des dames du tiersordre,, et celui des associés de l'Institut. Les vocations se multiplient.

La catholique Bretagne est la première qui lui demande une fondation ; et, le 5 juin 1864, la mère Marie de la Providence fonde à Nantes la seconde maison de la Société.

Le 4 août 1867, M^-^ Languillat lui fait à Paris la même demande pour la mission du Kiang-Nan, confiée aux jésuites de la province de France. Heureuse de pouvoir implanter son Institut en Orient, elle lui accorde une colonie d'Auxiliatrices qu'il conduit lui-même en Chine. Et c'est le révérend père Basuiau quiles reçoit à Shang-Haï.

En 1870, pour répondre aux nobles vœux de la Belgique, elle fonde à Bruxelles une maison de son Institut. C'est la dernière colonie d'Auxiliatrices qu'elle envoie de son vivant.

Nous devons constater ici que c'est au prix des plus grands travaux et des plus grandes croix que cette magnanime vierge a fondé son Ordre.

Le divin maître dit pour elle comme pour Paul : <c Je lui montrerai tout ce qu'il lui faudra endurer de souffrances pour mon nom. »

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Il a voulu qu'elle passât par le creuset des peines spirituelles, et il l'y a longtemps retenue, en sorte qu'elle a goûté dans ce monde un martyre intérieur se rapprochant de celui des âmes du purgatoire.

Le divin maître a voulu en outre imprimer sur son corps les stigmates de sa croix. Marie de la Providence a eu son calvaire avant de monter au ciel. Sans parler de tout ce qui a précédé, que n'a-t-elle pas souffert, les dix-huit derniers mois de sa vie ! Attachée à la croix par le mal qui la consume, elle n'a d'autre adoucissement que celui de regarder son cher époux crucifié, et d'unir son crucifiement au sien.

Mais, au milieu des douleurs de l'esprit et du corps, elle demeure invincible ; l'amour l'élève au-dessus de la souffrance .

Le siège de Paris vient aggraver son état. Les privations de tout genre, la nécessité pour elle de se séparer de plusieurs de ses filles afin de les mettre en sûreté, les alarmes continuelles, le spectacle des pauvres et des blessés, ce sont là autant de sources de souffrances ajoutées au martyre qu'elle endure. Dieu se plaît à montrer alors qu'il la garde comme la prunelle de son œil ; car une bombe éclate sur la terrasse, devant sa chambre, et ne lui fait aucun mal.

Loin de fléchir sous le poids de cette complication d'épreuves, elle semble retrouver, durant quelque temps, toute son ancienne activité pour organiser une ambulance en faveur des blessés.

De ses mains elle leur prépare des aliments, des remèdes, et les soigne avec le cœur d'une mère.

Ce qu'a souffert durant toute sa carrière de fondatrice cette épouse du divin Crucifié est un mystère qui ne nous sera dévoilé que dans le monde futur.

Enfln elle touche]au terme. Les médecins ayant déclaré qu'elle peut mourir à tout instant, le Révérend Père Olivaint, son confesseur et son guide spirituel, lui donne l'extrême onction et le saint viatique. Dans la réception de ce double sacrement, sa foi éclate plus grande que jamais. Pour dernière recommandation à ses filles, elle leur dit : La charité, la charité, la charité ! c'était le 9 janvier 1871.

Contre toute espérance humaine. Dieu, pour accroître ses mérites, prolonge sa vie jusqu'au 7 février. Le Père Olivaint lui accorde de communier tous les jours, et, dans de fréquentes visites, vient lui parler du ciel. Le 7 février au matin, son oppression est telle que, malgré ses demandes et son désir, on ne croit pas pouvoir lui apporter la sainte communion. Pour la consoler, Dieu lui fait connaître par une lumière prophétique que le Père Olivaint anticipera ce jour là le moment de sa visite, et qu'il viendra à trois heures précises de l'après-midi. Elle le dit à différentes reprises à ses filles ; et au moment indiqué le Révérend Père entrait dans la maison; il se rend auprès de la malade, la dispose à remettre son âme entre les mains de Dieu, lui donne une

dernière absolution, et la laisse avec un avantgoût des joies célestes. Qnelques moments après, elle entre dans une paisible agonie et s'endort doucement dans le Seigneur à l'âge de quarantecinq ans.

En lui donnant un tel guide pendant les dernières années de sa vie, Dieu a solennellement honoré cette vierge. Car, peu de mois après, le Père Olivaint déployait le courage des premiers martyrs de l'Église. Il animait la sainte phalange qui, dans cette capitale, allait, comme lui, verser son sang pour Dieu. Et, le 26 mai 1871, ce soldat du Christ, ce fils d'Ignace, la palme en main, montait au ciel. Un des plus beaux diamants de sa couronne sera la Fondatrice de l'Institut des Auxiliatrices du purgatoire !

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