‹ Le quadrille des lanciers; saynète en cinq figuresChapitre 6 sur 8 · CINQUIEME FIGURE · texte numérisé non relu

CINQUIEME FIGURE

LE SUBSTITUT, à la veuve.

Ce que j'aime le plus en vous, c'est votre beauté 1

L\ VEUVE

Vous n'êtes pas le seul.

LE SUBSTITUT, à la vieille demoiselle.

Dimanche, au sortir de la messe.

LA VIEILLE DEMOISELLE

Parlez plus bas ! J'y serai.

LE SUBSTITUT, à la jeune fin.}.

OÙ pourrai-je vous revoir?

LA JEUNE FILLE

Dimanche, au sortir de la messe.

LE SUBSTITUT, à la femme mariée.

Vous êtes Anglaise, mademoiselle?

LA FEMME MARIÉE

Je ne suis ni Anglaise, ni demoiselle.

LE SUBSTITUT, à la veuve.

Tous les hommes vous adorent.

LA VEUVE

Oui, bien plus que les femmes.

LE SUBSTITUT, à la vieille demoiselle.

OÙ serez-vous donc?

LA VIEILLE nEMOISELLE.

Dans le tambour.

LE SUBSTITUT, à la jeune fllle.

J'en perds la tète.

LA JEUNE FILLE

Vous êtes bien aimable.

LE su BSTITUT, à la femme mariée.

Vous avez Tair fâché.

LA FEMME MARIÉE

Vous m'appelez demoiselle anglaise!

LE SUBSTITUT, à la veuve.

Ah! mon Dieu! je me suis trompé.

LA VEUVE

Qu'avez-vous fait?

LE SUBSTITUT

J'ai donné rendez- vous à la vieille demoiselle.

LA VEUVE

Elle a accepté?

LE SUBSTITUT

Naturellement.

LA VEUVE

Et à qui vouliez-vous le donner?

LE SUBSTITUT

A vous, madame.

LA VEUVE

V(}us êtes adorablement impertinent.

LE SUBSTITUT

Alors VOUS viendrez?

LA VEUVE

Oui, dimanche, au sortir de la messe.

LE SUBSTITUT

(i'est que... il y aura beaucoup de monde.

LA VEUVE

Tant mieux 1 On nous remarquera moins.

LE MARI, à la jeune fille.

Quand j'étais garçon, je conduisais le cotillon.

LA JEUNE FILLE

Mais maintenant vous êtes tout moussu.

LE MARI, à la femme mariée.

Il est temps de nous en aller.

LA FEMME MARIÉE

Allez-vous en, si vous voulez.

LE MARI, à la veuve.

Ce quadrille n'en finit pas.

LA VEUVE

Je danserais toute la vie.

LE MARI, à la vieille demoiselle.

Danser à notre âge !

LA VIEILLE DEMOISELLE

Parlez pour vous.

LE MARI, à la jeune fillo.

Ne soj'ez pas si sévère.

LA JEUNE FILLE

C'est sans y penser.

LE MARI, à la femme mariéo.

Vous êtes insupportable.

LA FEMME MARI LE

Je me ferai naturaliser en Saxe.

LE MARI, à la veuve.

Oh! les femmes!

LA VEUVE

Essayez de les supprimer.

LE MARI, à la vieille demoiselle.

Vous me donnez des leçons.

LA VIEILLE DEMOISELLE

Je ne suis pas institutrice.

LE MA RI, à la jeune fille.

On ne peut pas toujours rire.

LA JEUNE FILLE

Expliquez-moi pourquoi les maris sont déplaisanls.

LE MARI

Ce sont des hommes graves.

LA JEUNE FILLE

Moi, quand je me marierai...

LE MARI

Cela ne peut tarder, mademoiselle.

LA JEUXE FILLE.

J'exigerai que mon mari reste jeune homme.

LE MARI

Touchante innocence !

LA JEUNE FILLE

Pourquoi touchante innocence?

LE MARI

Vous saurez cela plus tard.

3u LE QUADRILLE DES LANCIERS

LA JEUNE FILLE

Oh! je sais bien quil y a des choses que je ne sais pas.

LE MAKI

Heureusement.

LA JEUNE FILLE

Sont-ce des choses très intéressantes"? Dites.

L OFFICIER, à la femme mariée.

J'adore le timbre de votre voix.

LA FEMME MARIÉE

Je suis pourtant bien enrhumée.

l'officier, à la veuve.

Vos grands yeux noirs et brillants...

LA VEUVE

Je les baisse de toutes mes forces.

l'officier, à la vieille demoiselle.

Vos longues tresses blondes.

LA vieille demoiselle.

Kilessont bien à moi.

l'officier, à la jeune fille.

Votre grâce candide.

LA jeune fille.

Alors demandez ma main.

l'officier à la femme mariée.

Votre air doux et rêveur.

LA FEMME MARIÉE

l'officier, à la veuve.

Le -atin de vos bras.

LA VEUVE

Uii'en voulez-vous faire?

l'officier, à la vieille demoiselle.

Vos manières sémillantes.

LA VIEILLE demoiselle.

Vous me faites rougir.

l'offiCIFR, à la jeuae lille.

El votre joli sourire.

LA JEUNE FILLE

Je le dirai à maman.

L^OFFICIER, à la femme mariée.

Je VOUS en supplie, donnez-moi quelque chose.

L A F E M M E MARIÉE

Ijuoi? Un sou?

l'officier.

Non, une mèche de cheveux.

LA FEMME MARIÉE

Jamais. Cela me ferait un épi,

l'officier.

Lue fleur, un bouton de gant. Que j'aie un souvenir de vous.

LA FEMME MARIÉE

Qu'est-ce que vous en ferez?

l'officier.

J'ai un tiroir exprès pour les épaves du cœur.

LA FEMME MARIÉE

Oh 1 j'ai horreur de ce bric-à-brac-là.

l'officier.

Vous me refusez tout.

Page 1