FA
24 LE QUADRIORRSS INVECTIF. ï
d ie les Réel es temps de Cadne 4 | Silla et de Marius, dont la seigneurie rommaine, plus par eulx-mesmes que par estranges ennemis, est decheue du tout et sans ressource, qui fut tele et si haulte comme les ruines le demonstrent. Ainsi le fol peuple, qui ne desire que mutation, quiert souvent et convoite ce qui plus lui est contraire. Si te dy que tes rumeurs et particulieres affections, tes mençongieres paroles et ta legiere creance, ont mis sur toy ceste tresamere division. Par toy et par les partiz que tu as choisiz
folement et soustenuz cs obstinee voulenté est ceste or
provoquee et appelee a toy, si fault que tu en seuffres les. aguillons et les pointures, car qui pourchasse guerre la doit querir par tele condicion qu’il se submete aux males aventures qui de guerre naissent. Guerre, de sa propre naissance, vient par due justice, car, se tous estions justes, force d'armes ne nous auroit besoing. Se tu veulx doncques en guerre querir tout ordre, mesure et raison, tu travailles : vain, car, se le plus juste qui oncques nasquit faisoit guerr k ce ne peut estre sans aucunement autruy BTEVEL IE tou ceulz de mauvais vouloir, qui en temps de paix ne l’osent : mectre en oeuvre, prennent hardement de soy mectre. sus. soubz umbre de guerre. 2
Par dessus tout ce, puis que tant me charges, te de j plus. Pensez tu evader la main de Dieu dont tu requiers venjance sur nous autres, quant ta vaine indignacion, ta foll cuidance et ton erreur, sont les ochoisons et les racine des maulx que nous faisons. Ayez en memoire les punicions qui, pour les murmures et impaciences du peuple!
LÉSGHENALIER-:CFAUTES, DU PEUPLE 25
d'Israël encontre leurs chiefz, vindrent sur eulx es temps de Moyse et d’Aaron, dont les aucuns furent vifs transgloutiz en terre, les autres devourez de serpens et embrasez du feu qui du ciel descendy.
Confesse maintenant ce que tu ne peus denyer et bat ta coulpe de tes mauvais pechiez et ramentoy a toy mesmes que tu crias « Noël » de grant feste et joieuse leesce du dou- Joureux fait pour lequel tu dis maintenant « Helas » cent fois le jour, et requier Dieu qu’il te pardonne ton aveuglement et ta folie, non pas qu’il pugnisse les autres, qui pour icelle erreur seuffrent avecques toy et dont tant de preudommes ont esté tant horriblement es champs enfouyz et es villes mors par aucuns des tiens a pluseurs et diverses fois et sans misericorde, tant que l’esclande en est es autres royaumes a la perpetuelle honte et diffame du peuple françois, qui es temps passez estoit renommé de toute benignité. Toutes ces choses sont cogneues et notoires et men rapporte a Dieu qui les voit, et neantmoins je les passe, car ameres sont a ramentevoir, fors tant que je ne me pourroye tenir dedire que la legiere foy muable et petite loïaulté des subgez
a ceste seigneurie est mouvement et occhoison de la venue
de noz ennemis sur nous, qui autrement n’en eussent prins le hardement. Et puis que parler en fault si avant et que tu me donnes reprouche de lascheté, je te ose dire que ton enfermeté et petite consitance est grant cause que mieulx ne se fait, car en plusieurs lieux, non pas en tous, qui ne se donroit aussi grant garde de toy que des ennemis, ta folie et - petite foy feroit de haulx dommaiges que tu mesmes et autres acheteroies puis aprés. De rechief, pour ce que tu te plains si trestristement qu’il semble que nul ait douleur ou mesaise fors que toy mesmes et ne comptes a rien les autres fortunes qui souvent aviennent a ung chascun, ét combien que chascun son dueil plaigne, ne penses tu pas que les
Ko
LR Lo
nobles hommes en leur estat aient a souffrir autant que tu | as ? Quans en est il de haulx hommes et de nobles dames exillez de leurs païs et mal receuz entre toy et les autres, despourveus de tous biens, souffreteux de confort et aggravez de douleur pour leur loiauté acquiter et garder. s. Quantes malles nuiz et disete de boire et de mengér endurent souvent ceulx qui le mestier de la guerre frequentent, chargez de fer au vent et a la pluye, sans autre Couverture À que du ciel et y perdent souvent leurs chevaulx et leur chatel, mettent leur vie en aventure de mort et de fait y 10. meurent. Et dont les pluseurs pour se mectre en point de D: bien servir ont leurs terres vendues et engaigees et F. aprés cheent en povreté. Et ung gr ant bourgois, qui eo) ds compte ses deniers par default rt besoigne, où ung riche chanoyne, qui exploicte le plus du temps a menger et 15 a dormir, criera sur nous pourquoy nous ne combatons et ; que nous ne chaçons les ennémis comme l'en chaçeroit les coulons d’une cheneviere ou d’une pesiere, et ainsi que s'il estoit aussi legier a faire comme a le deviser sur le coute, coste le vin. Mais toutesvoies ceulx qui ainsi jugent de 20 guerre en leur fouyer n’en laisseroïient ung jour de leur “ aise, ne n’en debourseroient ung denier, sinon a regret et en : le plaignant comme chose perdue, quant il fuite puissance de prince y mette la main, et, se nous avions besoing, nous recueuldroyent à paine aussi peu que les ennemis. De ceulx viennent les clameurs et les plaintes qui sont plus fourniz et plus aises que nous ne sommes, mais l’affliction est sur le peuple de labour et avons les paines et le travail. Je ne parle pas de tous, car assez en est de ‘preudommes ra constans, mais les meurs que je dy sont plus souvent trouvez en ceulx qui plus mectent avant de plaintes et de murmures, et tant y a, dont je me tays, qu’il ne chault a plusieurs qui tiengne la seigneurie, mais qu’ilz soient prouchains des ;