‹ Le quadrilogue invectif 1923Chapitre 31 sur 55 · NOUVELLE RÉPLIQUE DU CHEVALIER · texte numérisé non relu

NOUVELLE RÉPLIQUE DU CHEVALIER

encores les ensaignes, quant ung varlet cousturier et la femme d'un homme de bas estat osent porter l’abit d’ung vaillant chevalier et d’une noble dame et dont ilz souloient estre en court de prince tresbien/parez. Ceste tresscandaleuse faulte est venue de plus hault que de toy ne de moy, quant ceulx qui ont eu a departir les guerredons des biensfaiz et des honneurs les ont donnez aux robes et aux apparences de dehors, dont chascun a prins tele instruction que fort est de congnoistre l’estat des hommes a leurs habiz ne de choisir ung noble home d’avec ung ouvrier mecanique.

Encores parles tu de gast et de consumption des finances dont a moy guaires n’afñiert d’en respondre, car mien n’en a esté le proufit ne sur moy n’en doit tourner le reproche. Tant sceit-chascun que la cité qui a esté sur toutes les autres a esté tachee de murmure et de desobeissance a englouty toute celle pecune dont tu parles cy devant, et que le peuple d’icelle a entonné et recueilly la gresse du labeur et conquestz des autres pars du royaume et les derrenieres espargnes des nobles hommes, comme le gouffre et l’abisme ou tout est descendu, puis en a rendu ce guerredon que l’ampostume de son orgueil, enflee de trop avoir, est crevee de toutes pars et a respandu partout le venin et la poison de cruelle et horrible sedicion et les oeuvres de inhumaine tirannie. Veez cy l’achoison de la murmure et les mouvemens de ton impacience. Veez cy les dissolucions que tu nous reproches et mes au devant pour palier tes couvertes machinations de bouche, quetu as assez descouvertes de fait. Tu as fait cri contre l’eslargissement des despenses et les legieretez et esbaudissemens des jounes nobles homes, mais tu n’as pas gecté ton obprobrieuse voix contre les desloiales effusions de sang humain qui ont froissié le lien de justice et ouvert le ra de abhominacion. Tu as accusees les jounesses et les envoisees joieusetez, mais

tu as excusé et soustenu les traïsons et les conspirations

detestables dont tu esen ce ruineux party. De tonefreur ne des parties que tu as soustenuz ne te peus tu gueres excuser, à quant ton obstinacion y amis en aucun temps celle loy avant

la main que qui te disoit le contraire de ta faveur estoit ains

sa parolle jugié digne de mort et sa sentence donnee avant le cas ; et, se publiques exhortacions te ont.de ce imeu, je m'en.

rapporte aux publieurs du dire et a toy du croire, si en demeure le tort a qui il devra, mais de la mauvaise affection vient l’aveuglee et legiere creance et se peut aidier a decevoir

par parolles d’autruy qui dedans soy mesmes :est desja cor-

rumpu par mauvaise pensee.

Ainsi tu ne te pues par raison plaindre et ne te veulx de bienfait louer, ne tu ne sceis mettre fraïn en tes desirs, sinon vouloir tousjours le contraire de ce que tu dois. Les maulx, ce qu’il en ÿ a, sont | mis en compte, mais les biensfaiz

sont en pou d’eure oubliez, sans avoir remembrance de maintes belles aventures et honnourables esploiz que pluseurs

nobles hommes ont faiz'es jours passez en ceste guerre. Ilz ne pevent pas tout a ung coup desconfire, car ainsiique le mal que nous avons et a guerre que nous soustenons me

fut pas mise avant a une seule heure, aussi ne sera la res-.

source trouvee a une foiz, mais il faut saïllir de ce mres-

chief en souffrant les douloureux desconforts de doubtes

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