DISCOURS DU CLERGÉ
defaillans et te din mectent tout en ung raeng, que se n’est ce que vertu en donne aux bons le contentement de leur cuer, au jugement des hommes y a peu de difference. A quitu t'en prendras?ije ne scay, fors que a faulte de cognoissance, et a ce que les haulx et puissans hommes, entre les grans abondances qu'ilz ont de toutes choses, ont le plus de souffrete et de despit de ouir dire verité et que par leur puissance ilz finent de toutes autres besoignes, de langues veritables sont ilz tousjours diseteux. Toutes voies a verité celle proprieté singuliere que, quant plus est foulee, tant plus se ressourt, et sont les commencements poignans a soustenir et durs, mais son yssue est aggreable et fructueuse ; mais Ja descongnoïissance des haultes seigneuries n’en pévent souffrir l’entree et ne daigne congnoistre le fruit de l'issue. Son contraire tient autre chemin, car son entree leur est attraiant et plaisant, mais sa conclusion est triste ct plaine d’amere repentance qui a tart leur vient.
L'acteur.
Longue fut et trop attaigneuse que il n’afñert la contention de ces deux, qui estrivoient ensemble par parolles mor-
dans treshaineusement, et sans nul mot dire les escoutoit le tiers qui de coste se seoit, ne encores n’avoit ouvert sa bouchejusques a ce qu'il vit les parolles trop multiplier et approucher aux faiz et qu'il sé senti point et aguillonné de la charge que chascun boutoit de soy pour verser sur lui * couvertement, et fut l’entree de son parler tele