‹ Le quadrilogue invectif. EditéChapitre 33 sur 33 · IT'. 6,22 I · texte numérisé non relu

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reine le jour de. l'Ascension, il traça un tableau sévère des mœurs de la cour : « In tua curia domina Venus solium occupans, ipsi eciam obsequntur ebrietas et commessacio, i.]ue noctes vertunt in diem, continuantes choreas dissolutas. » Le jour de la Pentecôte, le même religieux prêcha devant le roi dans son oratoire ; revenant sur un sujet qui lui tenait à cœur il dit : « Summa ingenuitas hiis temporibus reputatur balnea frequentare luxuriose vivendo, et indui preciosis, loricatis, fimbriatis et manicatis vestibus ; et cuni tibi eciam, commune sit, dico quod simile est te induere de substancia, lacrimis et gemitibus miserrime plebis, que continue, quod compaciendo referimus, ad summum regem ascendunt, pro injusticiis sibi factis. » ^Chronique du Religieux de Saiut Denys, éd. Bellaguet, III, 266-72.)

14, 18-22. Valère Maxime, IX, m, ext. 4.

— 25. « En ce meisme an (1356), au mois d'octobre, les troi.s estas de la Langue d'Oc se assemblèrent en la ville de Thoulouse, par l'auctorité du conte d'Armagnac, lieutenant du rov au pavs, pour traictier ensemble a faire aide convenable pour la délivrance du roy... Et oultre ce, ordenerent que homme ne femme du dit pavs de Langue d'Oc ne porteroit par ledit an, se le ro\- n'estoit avant délivré, or ne argent, ne perles, ne vair, ne gris, robes ne chapperons decouppés ne autres cointises quelconques et que aucuns meuestrieus, jugleurs ne joueroient de leurs mestiers. » (Devic et Vaissette, Hist. géti. de Languedoc, IX, 670 : citation empruntée à la petite chronique de France ou de Saint-Denys ; cf. Chroniques des règnes de Jean II et de Charles V, édit. Delachenal, p. 86. j

15, 55. Forgestus et Hangestus sont Hengist et Horsa, les deu.^ frères saxons qui vinrent au secours des Bretons dans leurs luttes contre les Pietés et les Scots en Tan 449 (voir Bède, Historia Brillonwu, éd. Monimsen, p. 186-7). Alain Chartier a très probablement connu ce récit par une version du Brut (cf. Paul Me\-er, De quelques chroniques anglo-nornnuides qui ont porté le nom de Brut, dans le Bulletin de la Société des anciens textes français, 1878, p. 104 et suiv.).

64 NOTES HISTORIQL'ES

16, 7. Richard II mourut vn février 1400 ; sa fin fut un événement sensationnel que les historiens et les poètes relatèrent ; voir G. Doutrepont, La littérature franc, à la cour des ducs de Bourgogne, p. 405-6.

— 32. Tite-Live, V, xxxvii et suiv.

19, 3. A propos de cette lamentation du paysan, je citerai quelques passages de l'étude de L. Delisle, La condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture en Xorniandie au vioyen-dge (p. 642 et suiv.), qui en forment un excellent commentaire : « Pendant plus d'un siècle, la guerre ne cesse pour ainsi dire pas un instant d'exercer ses ravages. Nos campagnes furent continuellement exposées à la barbarie de troupes indisciplinées. De tous côtés on ne vit que pillages, incendies, brigandages et assassinats. Les paysans furent écrasés sous le poids des impositions levées au nom du roi de France, et des contributions, connues sous le nom d'apatis et rançons, par lesquelles ils achetaient des ennemis quelques jours de trêve et de repos. Les capitaines des deux partis les arrachaient aux travaux des champs pour les employer aux transports militaires et aux opérations de sièges. Ils ne reculaient même pas à employer la torture pour les forcer à leur fournir de l'argent et des provisions, lors même que ces malheureux manquaient de pain pour nourrir leurs familles. Les châteaux restés au pouvoir des Français et les églises transformées en forteresses n'offrirent qu'un refuge momentané à une faible partie de la population des campagnes. Un plus grand nombre prit la fuite et se cacha dans les bois les plus profonds. La famine, les maladies contagieuses et les ravages des loups mirent le comble à ces désastres. Une foule de paroisses se trouvèrent complètement dépeuplées. »

20, 3. Les provinces soumises à l'obéissance du Dauphin n'étaient pas moins cruellement éprouvées par les excès des gens de guerre, par l'absence de sécurité dans les communications, par les entraves de toute nature qu'occasionnaient les menaces de guerre, les disettes, les épidémies et aussi, il faut le dire, certaines mesures administratives nécessitées par les circonstances. Ainsi le Dauphin dut interdire, à plusieurs reprises, l'exportation du blé, du

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vin et d'autres denrées soit hors du royaume, soit hors de certaines provinces pkis voisines de l'ennemi. Les ordonnances stipulant cette interdiction présentent un triste tableau de la situation : « Les pauvres laboureurs ne peuvent ni. n'osent fumer, labourer et ensemencer leurs terres, les vivres sont devenus rhres et d'un prix excessif, par la convoitise d'aucuns faux marchands qui vont les vendre aux Anglais. » (Du Frcsne de Beaucourt, oui'r. cit., 1, 420.)

24, 9. Alain Charticr fait probablement allusion aux dernières années du xive siècle qui furent troublées par des mouvements populaires. Les soulèvements furent surtout violents à Rouea (février et août 1382), dans le Midi (i 581-1384) et à Paris (révoh des Maillotins, mars 1383).

25, 3-4. Xonihres, xvi et xxi.

— 7. Peu après l'assassinat du duc d'Orléans (23 novembre 1407) le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, rentra dans Paris accompagné de trois mille hommes environ « a l'entrée duquel fut démené tresgrant joye par les Parisiens, et mesmemcnt les petis enfans, en plusieurs quarrefours, a haultc voix crioient u Noël ». Ce qui grandement desplaisoit a la royne de France et a plusieurs autres princes estans oudit lieu de Paris » (Chronique de Monslrelet, éd. Douèt d'Arcq, I, 176). L'allusion de Chartier pourrait s'appliquer à un autre fait. Après le traité de Troyes, Henry V fit son ' entrée dans Paris accompagné de Charles VI « et lors estoient les rues couvertes et parées parmy Paris en plusieurs lieux de tapis et draps de parement moult riches. A l'entrée desquelz fut crié « Noël » par le peuple de quarrefour en quarrefour, partout ou ilz passoient « {ilnd., IV, 16). On le voit, la fidélité du peuple de Paris, à laquelle le Dauphin faisait appel, était bien fictive.

26, 6. Jean de Beuil trace dans le Jouveiicel un portrait intércsressant de la vie des gens de guerre : « Tous hommes qui ont voullenté de acquérir honneur et gloire par le moyen de la guerre, doivent porter et endurer paciemmeut la grant paine et durté qu'on y treuve au commencement. Car il est bien divers et semble bien estre très estrange a homme nourry mollement et a

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grans délices, quant il faut commencer a porter le harnois nuvt et jour, jeûner le plus du temps et a recevoir coups et donner, qui sont deux grans poins ; mais l'un est trop plus aisé que l'autre... Et qui pis est, en avoient si peu de chevaux que, toutes les fois qu'ilz alloient en une entreprise pour rencontrer leurs ennemys ou pour faire quelque course, ilz menoient tout et n'en laissoient nulz a séjour. Et encores n'estoient ilz pas trop ne assez ; mais alloient très souvent deux a deux sur un cheval et la pluspart alloient a pié. Et pour brief parler, tant d'hommes que de chevauls, les plusieurs estoient borgnes et les autres boiteux d'aucun membre, et n'v avoit cellui qui ne portast les enseignes de son mestier. » (Ed. Lecestre et Favre, I, 21-23.)

28, 19. Vegèce, lustitiita rei militaris, IV, ix, Quid faciendum sit, si uen'oriim defuerit copia.

30, 13. Du Fresne de Beaucourt donne quelques détails sur les désordres des gens de guerre : « A la faveur de l'anarchie qui régnait presque partout, des bandes d'hommes armés se réunissaient et opéraient pour leur propre compte. En août 1420 des gens d'armes et de compagnie, sous ombre des Anglais, tentèrent d'occuper les forteresses du Poitou qui n'étaient point en état de défense » {ouïr, cit., I, 432).

— 26. Sur l'affaiblissement des monnoies voir Du Fresne de Beaucourt, ouvr. cit., I, 592-404.

31, 20. 25 octobre 141 5.

32, 13-22. Valère Maxime, V, 11,4.

34, 5. Le Bourgeois de Paris dénonce souvent « la vie dampnable et de jour et de nuit » que menaient les grands seigneurs.

35, 12. Alain Chartier vise ici l'apologie de i'asssassinat du duc d'Orléans prononcée par Jean Petit, maître en théologie, le 8 mars 1408, en l'hôtel Saint-Paul, en présence du Dauphin, du roi de Sicile, du cardinal de Bar, des ducs de Berry, de Bretagne et de Lorraine, du recteur de l'L^nivcrsité et d'une très grande multitude de bourgeois et de peuple.

— 29. C'est ainsi qu'en 141 8, Rouen, assiégé par Henry V

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et abandonné par Jean sans Peur, alors nuaitre du gouvernement royal, tomba aux mains des Anglais après une résistance de six mois. En juin de la même année, des hommes d'armes français qui gardaient la rive droite de la vallée de l'Andelle ne firent aucun effort pour empêcher les Anglais de jeter un pont sur des bateaux de cuir bouilli, près de l'abbaye de Bonport : cf. Lavisse, Histoire de France, IV, 378.

36, 2. Le Bourgeois de Paris parle à différentes reprises de ces paysans qui abandonnent leurs villages, n'ayant plus rien, pour devenir brigands (ouv. cit., p. 12, 162, 164). « Souvent on s'en plaignoit (des pillages) aux signeurs dessusdiz, mais ilz ne s'en faisoient que mocquer ou rire, et en faisoient leurs gens pis trop que davant, dont le plus des laboureurs cessèrent de labourer, et furent comme désespérez, et laissèrent femmes et enffans, en disant l'un a l'autre : Que ferons nous ? Mettons tout en la main du deable, ne nous chault que nous devenons ; autant vault faire du pis qu'on peut comme du mieulx. Mieulx nous vaulsist servir les Sarazins que les Chrestiens, et pour ce faisons du pis que nous pourrons. Aussi bien ne nous peut on que tuer ou que prendre ; car par le faulx gouvernement des trestres gouverneurs, il nous fault renyer femmes et enfans et fouir au boys comme bestes esgarees. »

37, 5. En 1420. alors qu'il n'était que roi de Bourges et que l'état des finances était désespéré, le Dauphin déplorait un luxe royal. Les comptes du temps décrivent ses robes ouvragées et ses armures coûteuses. Avec Du Fresne de Beaucourt on avoue avoir peine à comprendre une telle prodigalité, en présence de la pénurie du trésor et des besoins si impérieux de la défense nationale (ouv. cit., I, 200).

— 14. Alain Chartier vise ici Paris dont la vie et l'éiat d'esprit, pendant les premières années du siècle, nous sont connus par le Journal du Bourgeois de Paris.

44, 20. haïe, XXIX, 14-15.

43, 2. Par lettres datées de Troyes, 17 janvier 1420, Charles VI défend aux habitants de la ville de Paris d'obéir en aucune manière Quadriïogue tnvedif. c.

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