SCÈNE II
Les Précédens, MORTON.
MORTO>' , entrant par le fond.
Eh bien !.. eh bien !... des cris de joie... des chants d'allégresse... quand un de vos frères vient d'être blessé.
Mon frère le baronnet !
MORTON
\on... Maître Patrick, un brave mercier de la Cité, a été renversé par une voiture qui rentrait dans cet hôtel.
DARSIE.
C'est la mienne.
GEORGINA, à ses domestiques qui sont au fond, et
qui vont et viennent.
Courez vite , que l'on s'empresse !
( Elle sort avec eux ; quelques-uns des lords sortent
avec elle.)
DARSIE*.
Pourquoi se trouvait-il là ?... Mes chevaux ne peuvent pas aller au pas... ils n'y sont pas habitués.
MORTO
Un cocher ue peut peut-être pas aller doucement !
DARSIE.
Si le mien s'en avisait , je le renverrais sur-lechamp.
* Morton , Darsie , Murray.
HOBTOX.
Et moi , frère , si j'étais de lui , j'aurais déjà renvoyé un maitre tel que toi.
DARSIE.
Oser me tutoyer!... moi, lord Darsie :...
MCRRAT.
Ne vois-tu pas à son langage et à son costume que c'est un quaker ?
DARSIE.
Un quaker!... ah ! oui.
MCltR.AY.
Qui est sans doute l'ami de maître Patrik.
MOKTO>.
Tous les hommes sont mes amis; et notre premier devoir est surtout de secourir tous ceux qui souffrent , quels qu'ils soient.
DARSIE, riant.
Quels qu'ils soient.
MORTO.X
Ce sont là du moins les principes de l'immortel Ben-Johnson , notre maître... Si ton noble coursier était blessé, je le soignerais... je te soignerais loi-même.
DARSIE.
Eh bien! par exemple... une telle comparaison...
Ce n'est pas toi qu'elle devrait fâcher, ami Darsie... le cheval est un noble animal... c'est un être utile.
DARSIE.
Air de la Partie carrée.
Il est divin de costume et de style ;
J'adore son raisonnement.
Autant que vous ne suis-Je pas utile'?
MORTO"
Peut-être ici : c'est possible.
DARSIE.
Comment ?
ilORTO'.
Dans ce séjour que le luxe décore
D'objets rares et superflus.
Dans ce boudoir, je t'admire et t'honore... Comme un meuble de plus.
D.vRSiE , avec hauteur.
C'est trop fort... qu'est-ce à dire, s'il vous plaît ?